13 mars 2018 ~ 0 Commentaire

doux: séisme social en vue (le télégramme)

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Reprise de Doux. Séisme social en vue

L’Ukrainien MHP a déposé une offre chiffrée pour reprendre le groupe Doux. Il projette de réduire le périmètre de l’entreprise à la Bretagne et de réduire notablement les effectifs. Le dossier sera présenté ce mardi matin en Comité d’entreprise.

1. La proposition de l’Ukrainien MHP : un séisme social.

Un périmètre de production réduit à la Bretagne avec la fermeture des abattoirs de Chanton- nay (300 salariés en Vendée), la suppression du siège de Châteaulin (100 salariés), la réduc- tion de près de la moitié de l’effectif actuel de 1.200 salariés… Voici les premiers éléments qui ont fuité depuis le dépôt de l’offre auprès du Comité interministériel de restructuration indus-triel. Chez Doux, la modernisation pourrait prendre une nouvelle fois la forme d’un typhon. Pour mémoire, un millier de salariés avaient déjà perdu leurs emplois après l’effondrement du volailler en 2012.

2. Pour quels objectifs ? Les membres du comité central d’entreprise qui se réunit ce mardi matin à Châteaulin en sauront davantage. Il s’agirait pour MHP de désendetter Doux en transférant à terme (deux ans) la production de poulets standards en Ukraine où elle serait moins onéreuse et donc plus compétitive sur le marché international inondé par le poulet sur- gelé brésilien. Le site de Châteaulin serait revu et corrigé pour céder la place à une produc- tion de poulets de plus haut de gamme et pour la découpe de viande fraîche destinée à être intégrée dans des plats cuisinés par des clients industriels. En revanche, aucune information n’a fuité sur le devenir des sites de Plouray (poules, dindes) et de Quimper (produits élaborés).

3. Les banques font pression sur Terrena. Devenu le principal actionnaire du volailler breton en 2016, le groupe coopératif d’Ancenis (44) cherche un partenaire de toute urgence. Il l’a annoncé à plusieurs reprises : pas question de renflouer « éternellement » les caisses de
Doux qui a enregistré des pertes en 2016 et 2017 de près de 40 millions. L’ultimatum a été fixé à la fin du mois de mars. À défaut de repreneur, le volailler breton pourrait être placé en liquidation judiciaire. Lui-même en difficulté, le groupe Terrena est soumis à une forte pression de ses banques.

4. Un reformatage à quel prix ? Si Terrena estime à 100 M l’enveloppe nécessaire pour opérer la mue de Doux, le groupe ukrainien intéressé se dirait prêt à apporter 150M et attendrait 70M des pouvoirs publics, selon le magazine Challenges. Nul ne sait pour l’instant si les charges sociales impayées de l’ordre de 6M sont comprises dans cette enveloppe.

5. La Bretagne ne laissera pas tomber l’outil industriel. Pas d’information pour l’instant sur la forme que pourraient prendre ces aides publiques sans être censurées par l’Europe. La région Bretagne, de son côté, serait disposée à entrer dans le capital de Doux (jusqu’à 10M€) à certaines conditions liées à l’emploi.

6. Des annonces amères pour les salariés. « En reprenant Doux, Terrena a récupéré Père Dodu qui était rentable. On a dépecé la bête et maintenant on l’a laissé crever ! ». Nadine Hourmant (FO) est ulcérée. « Terrena ne veut pas prendre en charge un plan social et donc, il refile l’entreprise aux Ukrainiens, en restant actionnaire minoritaire. Alors qu’on n’est pas sûr de la viabilité du projet. On oublie les salariés déjà secoués. Certains font des malaises. Dans le groupe, on a des familles, des couples… »

7. Quid de l’amont ? Si à terme la production de l’entrée de gamme se fait hors de France, c’est l’amont de la production qui va aussi souffrir. À ce jour, aviculteurs, salariés du couvoir et de l’usine d’aliment et même transporteurs sont eux aussi dans l’expectative.

Christian Colin 12 Mars 2018 à 20h33

http://www.letelegramme.fr/

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