07 mars 2018 ~ 0 Commentaire

brest forum social (npa)

forunmu

Forum social brestois : une expérience unitaire prometteuse.

Les 2 et 3 février à Brest, entre 200 et 300 personnes ont participé au Forum social brestois. Le projet était une déclinaison locale de l’appel de Solidaire qui, comme le Front Social, avait appelé en septembre à la création d’un « front unitaire » contre la politique de Macron.

La CGT Educ’action, la CNT, ATTAC, le collectif Tout A Faire, le PCF, France Insoumise, le NPA et le Front Social 29 avaient répondu à l’appel et entrepris d’organiser des rencontres autour des luttes sociales, des stratégies pour les rendre victorieuses et d’une réflexion sur le projet de société par l’intermédiaire d’une réflexion sur le travail.

La répression : force et faiblesse…

Le forum s’est ouvert sur une projection du film « Acharnement, poursuivis pour l’exemple » à la suite de laquelle, Mourad Laffitte, réalisateur du film, a animé un débat autour de la répression sociale hier et aujourd’hui.

Ce premier débat a été l’occasion de montrer qu’il n’y avait pas de répression sans peur, de la part du pouvoir, des forces sociales qui remettaient en question l’ordre social. Le débat a aussi été l’occasion d’évoquer un mouvement social qui s’adapte à la répression en trouvant ou retrouvant des initiatives solidaires pour résister : caisses de grève, création de collectifs pour ne pas laisser les camarades seul.e.s face à la répression policière ou judiciaire.

Le lendemain, lors des ateliers, les discussions se sont poursuivies autour de l’intervention d’un avocat du SAF venu expliquer l’origine coloniale du principe d’état d’urgence et la manière dont les gouvernements successifs se servent de la question du terrorisme en stigmatisant les musulmans et en étendant aujourd’hui la répression à l’ensemble du mouvement social.

L’Assemblée des blessés n’ a pas manqué de faire le parallèle avec la militarisation de la Police qui, dans les année 90, avaient trouvé un terrain d’expérimentation aux « périphéries » : supporters et habitant.e.s des quartiers populaires, pour aujourd’hui s’appliquer à une échelle de masse. Une des idées fortes de cette présentation a aussi été l’idée qu’aujourd’hui la répression s’appliquait beaucoup à l’individu pour l’extraire du mouvement collectif . En rapport avec le film d’Images Contemporaines, on pourrait dire « blessé pour l’exemple ».

Quelle stratégie pour gagner ?

Pour les discussions sur la stratégie, les organisateurs.rices avaient prévu deux ateliers, « Lutter hier et aujourd’hui », avec des camarades venues présenter l’expérience de Radio Lorraine Coeur d’Acier et des Fralib (Scop-ti).

Nous avons pour notre part participé à l’atelier « Front populaire et mai 68 : à quand la prochaine ? » animé par Mathias Bouchenot et Ludivine Bantigny.

Leurs connaissances en Histoire ont notamment permis de prendre du recul sur quelques idées reçues. Par rapport à l’idée que la grève générale est peu envisageable aujourd’hui du fait de la disparition des grandes concentration ouvrières, il a par exemple été rappelé que de grandes grèves avaient eu lieu au début du 20ème siècle alors que les lieux de référence en matière de concentration n’existaient bien souvent pas encore.

Aussi, en mai-juin 68, la grève générale a aussi concerné les petites unités de production et dans de nombreuses régions qui jusqu’alors n’étaient pas particulièrement contestataires. Une autre image d’Épinal a être déconstruite est, bien sûr, celle d’un mouvement essentiellement estudiantin et parisien.

Lors de cet atelier, le dilemme entre réforme et révolution a trouvé un ancrage concret autour des stratégies employées par les partis de gauche et les syndicats qui, dans une perspective d’accession au pouvoir politique par les élections, n’avaient pas favorisé voire avait endigué le développement de l’autoorganisation et la jonction du monde ouvrier et étudiant.

Ces évocations des deux intervenants ont suscité des échanges que nous n’avons hélas pas eu le temps d’approfondir mais qui pourraient faire l’objet d’un prochain rendez vous. Une personne a évoqué le fait que puisqu’il n’y a effectivement pas eu de révolution, c’est qu’il était peut être sage d’investir dans les élections. Ludivine Bantigny et Mathias Bouchenot ont de concert répondu que dans ce genre de mouvements de masses, c’est l’incertitude qui domine et qu’il est très difficile de tirer ce genre de conclusions à partir de leurs issues.

Nous n’avons hélas pas pu participer à l’atelier « Repenser le travail » animé par Denis Bayon du Réseau salariat et Sylvain Chicote, ex-inspecteur du Travail mais nous avons eu des échos très positifs quand à l’esquisse du projet de société suscitée.

La Conférence gesticulée animée par Anthony Pouliquen « Une autre histoire des classes sociales » abordait la question de la conscience de classe, de la subjectivité, de l’idéologie dominante et du sentiment d’appartenance à un groupe social susceptible d’impul- ser des bouleversements sociaux en faisant référence à Marx, Bourdieu, Gramsci mais aussi Jean-Paul Belmondo ou Eddy Merckx ! Le tout s’est achevé autour d’un repas et des concerts pendant lesquels les participant.e.s ont continué, ou pas, à échanger dans une ambiance fraternelle.

« S’unir pour ne pas subir ! »

En démontrant qu’il était possible de s’unir dans la diversité, ce forum social a constitué une goutte d’antidote à l’atomisation des liens sociaux orchestrée par un gouvernement Macron au service des capitalistes. Généralisons l’antidote !

Correspondants brestois ( 7 mars 2018)

https://tendanceclaire.org/

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