01 mars 2018 ~ 0 Commentaire

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Le souverainisme : altermondialisme et France insoumise  comment la confusion profite à l’extrême droite

Le confusionnisme

La convergence apparente de ces deux courants autour de la même position anti-UE n’est pas sans créer la confusion.  Le discours faussement social de l’extrême droite, FN en tête, assorti à un discours anti UE ressemble beaucoup à celui de la gauche radicale : opposition aux délocalisations, à la mondialisation, pour des emplois pour tout le monde, de vraies politiques sociales (pour les nationaux), et augmentation des salaires. Rappelons que Florian Philippot (par ailleurs issu de la gauche souverainiste) a même déclaré que « la victoire de Syriza est un camouflet pour la caste UMPS Européiste  ».

Bien entendu ce discours n’est que poudre aux yeux, mais la confusion va être encore renforcée par les tenants de la gauche souverainiste qui vont « nationaliser » leur discours. Le champion de cette « nationalisation » est Jean-Luc Mélenchon qui ne rate pas une occasion d’affirmer son patriotisme et d’arborer des symboles nationaux (drapeaux et marseillaise)

Ne se privant pas de dénoncer l’Union Européenne, l’Euro mais aussi les allemands, par exemple dans son ouvrage au titre ridicule : Le hareng de Bismarck. Par ce double mouve- ment, les discours de ces deux types de formation, pourtant au départ bien distincts, se ressemblent de plus en plus. Au niveau de l’expression publique, la seule différence d’ampleur est le rejet de l’immigration et la xénophobie que la gauche radicale ne cautionne pas.

Ce confusionnisme tourne bien souvent à l’avantage de l’extrême droite, qui en plus de pouvoir mobiliser sur le thème de la sortie de l’UE, fait aussi campagne contre l’immigration et parvient à surfer sur des sentiments racistes et anti-immigration de plus en plus largement répandus.

Dans un concours de discours assez similaires, ce sont souvent les meilleurs communicants qui l’emportent. 

Par exemple les discours du Front de Gauche et du FN peuvent avoir des similitudes troublan- tes, mais à ce petit jeu le FN est souvent plus audible car plus rompu aux ficelles de la déma- gogie et de la propagande, liant un discours de rejet de l’UE et du « système » à celui de l’immigration et à la peur de l’Islam. L’affrontement pour obtenir le soutien des classes popu- laires glisse donc vers des thématiques marquées à droite, ainsi, si Mélenchon réalise un bon score aux élections présidentielles de 2017, c’est Marine Le Pen qui parvient au second tour.

Mais ces similitudes sont dangereuses pour d’autres raisons plus profondes : alors que la stratégie des sociaux-démocrates avait été pendant des années de créer un «cordon sani- taire» autour de l’extrême droite en France, celui-ci vole en éclats. Le fait que ces deux types de formations tiennent un discours similaire crée un état de brouillage et de confusion qui ne peut qu’être favorable à une extrême droite en ordre de bataille.

L’  « Union Nationale »

Un des exemples les plus extrêmes de ce confusionnisme est le discours appelant à une «Union nationale» des opposants à l’UE et à l’Euro mêlant gauche radicale et extrême droite, dont le centre de gravité aurait bien entendu tendance à être à droite, voire du côté de l’extrê- me droite. Il a été tenu par Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République (qui appelle à voter FN en 2017), mais aussi par l’économiste anciennement proche du Front de Gauche et financé par la Russie Jacques Sapir, dont les déclarations en faveur d’une telle union nationale suscitent un tollé .

Cette convergence confusionniste ne peut qu’à terme bénéficier à l’extrême droite, et s’éloigne de l’internationalisme du mouvement ouvrier, sans pour autant pouvoir apporter de solutions au camp des travailleurs.

Nous pouvons aussi remarquer qu’en Grèce, Syriza a cumulé deux trahisons :  tout d’abord, après des gesticulations anti UE, le gouvernement a capitulé et mis en place des mesures d’austérité sans aucune contrepartie sociale. Mais en plus de cela il s’est allié à la droite souverainiste de l’ANEL, petit parti défendant des positions semblables à celles de Debout La République, et proche de l’armée grecque.

Par ailleurs, nous rajouterons que d’un point de vue révolutionnaire, il ne faut absolument jamais accepter le piège mortel représenté par la fausse alternative entre d’un côté l’Europe de l’austérité et de l’autre un capitalisme national promettant de relancer l’économie. Celui-ci n’aboutirait qu’à un durcissement de l’exploitation dans un contexte d’économie en crise. Si nous sommes d’accord avec le fait qu’il soit nécessaire de sortir de l’Euro, nous pensons que cette sortie ne peut se faire que dans le cadre d’une sortie du capitalisme. Se positionner pour une sortie de l’Euro dans d’autres conditions ne peut qu’aboutir à un écrasement supplémentaire du prolétariat.

L’extrême droite, sans parvenir au pouvoir, depuis quelques années exerce une importante influence sur la vie politique en France et en Europe. Chasse aux pauvres sous couvert de lutte contre l’insécurité, violences policières légitimées et exacerbées, panique morale vis-à-vis de l’Islam, état d’urgence, tentatives de mettre en place la déchéance de nationalité…

Toutes ces politiques ont un point commun : être nées dans les esprits de l’extrême droite, et sont devenues la norme. Cette série d’articles extraits du livre « Temps obscurs, extrême droite et nationalisme en France et en Europe », écrit par des contributeurs au site 19h17.info et du blog Feu de prairie, ont pour objectif de mieux comprendre ce retour en force et le danger qu’il implique pour nous.

26 février 2018 Par Oulianov

https://www.19h17.info/

Lien vers le livre : 

https://editionsacratie.com/temps-obscurs-nationalisme-et-fascisme

http://www.anti-k.org/

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