01 mars 2018 ~ 0 Commentaire

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Le souverainisme : altermondialisme et France insoumise, comment la confusion profite à l’extrême droite

Depuis quelques années, une certaine confusion s’est installée entre la social-démocratie radicale et le Front National : ces formations ont désormais des pans entiers de leur programme en commun. Si ces mouvements restent différents, et qu’il n’est pas possible de les amalgamer, cette confusion ne peut à terme bénéficier qu’à l’extrême droite…

La critique de l’Union Européenne est aussi un point de convergence et de confusion entre l’extrême droite et une certaine gauche souverainiste, qui dénonce l’Union Européenne comme outil de mise en place de politiques néolibérales. Par contre, cette gauche va se borner à réaffirmer la nation républicaine comme outil d’émancipation, bien loin de l’internationalisme du mouvement ouvrier. Cette proximité entre les discours de la gauche souverainiste et de l’extrême droite crée des passerelles, de la confusion, et contribue donc à la dédiabolisation du discours réactionnaire.

L’union Européenne, un outil aux mains de la bourgeoisie

Sur le papier, l’idée d’Union Européenne pourrait sembler porteuse d’idéaux intéressants : paix entre les peuples, internationalisme, libre circulation des personnes…  Pourtant, il faut se rendre à l’évidence, l’UE est un outil aux mains des bourgeoisies européennes. Ses politiques sont totalement inféodées aux intérêts du capital, qui tente d’attaquer ce qu’il reste de l’Etat social dans les différents pays membres.

Tout d’abord, rappelons que la liberté de circulation est à relativiser : si elle est effective dans la plupart des cas et qu’elle permet la circulation de flux de personnes et de marchandises qui rapportent énormément d’argent, il ne faut pas oublier qu’elle est facilement limitée lors d’évènements politiques comme durant les contre-sommets ou encore face à un afflux de migrants trop élevé.

Elle ne fonctionne pas non plus dans toute l’Europe, comme le montre par exemple la situation à Calais où des migrants stagnent en attendant de passer la frontière britannique. C’est surtout aux frontières européennes qu’elle s’avère illusoire : l’Europe forteresse laisse de nombreux migrants mourir en mer alors qu’ils tentent de rejoindre cet « eldorado » xénophobe.

L’Union Européenne est principalement le vecteur de politiques néolibérales, visant à marchandiser de plus en plus de secteurs (privatisations), mais aussi à abaisser les salaires directs et indirects par le biais de politiques d’austérité tout en mettant en concurrence les travailleurs à l’échelle européenne.

Les plus récents traités européens (MES et TSCG), avec la mise en place du méca- nisme de stabilité (MES), imposent aux états membres des normes de gouvernance de plus en plus contraignantes.

Celle-ci vont systématiquement dans le sens de la bourgeoisie, que ce soit dans des cas particuliers (à l’échelle d’un secteur industriel) ou de la ligne politique générale. L’Union européenne est un outil d’ « harmonisation » par le bas, pour ne pas dire un outil d’écrasement du prolétariat, bien loin du projet kantien d’harmonie entre les peuples et de paix perpétuelle.

Le paroxysme de cette politique a été l’écrasement du peuple grec au nom d’une dette insoutenable, dont l’humiliation du parti social-démocrate Syriza est un triste épisode.

L’extrême droite et la « gauche radicale » contre l’UE

Les partis d’extrême droite, bien qu’ils prétendent avoir un discours social, ne sont pas vrai- ment opposés aux politiques décrites plus haut, et encore moins en faveur de la liberté de circulation. Par contre, ils surfent habilement sur le ressentiment causé par ces politiques. La question de l’Union Européenne va également brouiller les clivages politiques entre deux types de mouvements qui pourtant n’ont pas les mêmes fondements.

Nous avons vu que l’extrême droite est contre l’Union Européenne principalement par nationalisme et que son discours anti libéral n’est que poudre aux yeux.

Par contre, de l’autre côté, la « gauche radicale » de type Syriza ou Podemos et ses clones dans d’autres pays, comme le Front de Gauche et la France Insoumise va mobiliser les an- ciens électeurs des partis sociaux-démocrates avec un discours anti austérité aux accents radicaux.

Nous n’allons pas nous étendre sur les programmes de ces partis, mais pour résu- mer, à part une critique virulente de la corruption et un discours en faveur de la démocratie participative, leur principale perspective est de tenter de gagner les élections sans recourir aux luttes sociales afin de mener de mener une politique keynésienne de relance nationale. Ils réclament plus d’impôts, un recours à l’emprunt et à la planche de billets, un Etat social, des aides aux ménages pour relancer la consommation, etc.

A ce niveau, leur objectif est de relancer l’économie en mettant en place un capita- lisme « à visage humain », plus social et qui taxerait un peu plus les patrons – bref, un réformisme avec de nouveaux habits, proposant un retour aux « Trente glorieuses » idéalisées, assorti d’une régénération de la « démocratie ».

Ce courant politique s’oppose à l’Union Européenne.

Les membres de ces mouvements se partagent entre partisans d’une « autre Europe », plus sociale, et les partisans de la rupture avec l’UE et l’Euro, qui assument ce que l’on peut appeler un souverainisme de gauche. En Europe, parmi les partisans de ce souverainisme de gauche, on peut compter pêle-mêle Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de gauche, puis de la France Insoumise, le POI trotskiste, des économistes tels que Frédéric Lordon ou Jacques Sapir, des titres comme Le Monde diplomatique mais aussi en Grèce le KKE, la scission de gauche de Syriza « Unité Populaire », ainsi que le Bloc de Gauche au Portugal et des courants de Podemos.

Ce phénomène s’explique par le fait que dans un contexte où l’Union Européenne est l’outil de l’austérité, la question de l’acceptation du cadre européen de l’austérité et de l’euro est devenu un des clivages politiques les plus importants. Comme l’a montré la défaite humiliante de Syriza, celui qui refuse de s’y opposer ne peut que se résoudre à courber l’échine. Comme cela avait déjà été le cas lors du référendum de 2005 sur la constitution européenne, face à ce clivage, ce sont bien deux tendances en apparence opposées qui se retrouvent sur des positions similaires.

D’un côté, il y des réformistes radicaux veulent une politique keynésienne de redistribution de la production, en prônant une série de réformes démocratiques assez illusoire dans le cadre du capitalisme mondialisé. Ils conçoivent l’Etat national comme un outil d’action politique leur permettant de mener à bien ces politiques.

De l’autre, l’extrême droite fait son beurre sur le sentiment populaire anti-UE, assumant pleinement la sortie de l’UE et de l’Euro. S’il y a convergence autour de ce clivage majeur, au-delà de leurs discours, les deux courants présentent pourtant des diffé- rences importantes. Comme nous l’avons vu, le programme économique de l’extrême droite est composé de mesures d’austérité organisant un transfert massif de richesse vers le patronat. Le cœur du programme anti UE de l’extrême droite, malgré un faux discours social, est xéno- phobe et nationaliste. Il vise à se donner les mains libres pour mener des politiques anti-sociales. (Voir partie 2)

26 février 2018 Par Oulianov

https://www.19h17.info/

Lien vers le livre : 

https://editionsacratie.com/temps-obscurs-nationalisme-et-fascisme

http://www.anti-k.org/

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