23 février 2018 ~ 0 Commentaire

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La solitude de Raúl Castro

«Personne ne critique Staline en ma présence.» Raúl Castro

Le 24 février, Raúl Castro fêtera ses dix ans à la tête de l’Etat cubain. (Il occupa le poste de président par intérim depuis que Fidel Castro avait pris sa retraite pour des raisons de santé à l’été 2006 et fut élu président en février 2008.) Si tout se passe comme prévu, Raúl Castro quittera la présidence cubaine, en avril 2018, à l’âge de 86 ans. Il laissera inachevée sa tentative d’instaurer un «socialisme prospère et durable». L’ère post-Castro approche à grands pas. Dans ce commentaire pour El Barrio Antiguo et le site mexicain 30-30, je fais une brève évaluation sur une longue période pour situer l’ère raúliste dans la large épopée qui a commencé avec le triomphe de Staline en URSS.

L’ADN du communisme cubain

Le révolutionnaire Léon Trotsky, dans ses dernières années de vie, a défini l’Union soviétique sous Staline comme un «totalitarisme». Trotsky, à son tour, avait repris ce concept d’un autre exilé bolchevique, Victor Serge, qui résumait bien les origines de la dégénérescence stalinien- ne. D’une part, Serge a affirmé qu’il était certain que la dictature de fer du parti bolchevique exercée pendant la guerre civile «contenait les germes du stalinisme».

D’autre part, Serge a aussi insisté sur le fait que le bolchevisme et la révolution «contenaient d’autres germes, en particulier ceux d’une nouvelle démocratie». Le régime de Staline fut la victoire de certaines «semences» sur d’autres, sa contre-révolution triomphant sur des personnages comme Trotsky et Serge.

Le totalitarisme de Staline a été imposé au moyen d’un cannibalisme politique qui a nécessité l’effusion de litres et de litres de sang.

En revanche, les nouveaux États qui ont rejoint le «bloc socialiste» après la Seconde Guerre mondiale sont nés totalitaires. En leur sein, il n’y avait pas besoin d’un bain de sang entre les communistes qui étaient en faveur de la normalisation de l’état d’exception (en temps de paix) et les partisans communistes favorables à un retour et à une consolidation d’une nouvelle démocratie. Les nouveaux États socialistes, alignés d’une manière ou d’une autre sur Moscou, n’ont fait que reproduire le modèle stalinien dans leur pays. Cuba, bien sûr, était l’un parmi ces États.

La touche caribéenne

Contrairement aux autres «révolutions communistes», à Cuba, le Parti communiste n’était pas l’initiateur de la révolution, mais un produit de cette dernière. Le Parti communiste cubain a tenu son 1er Congrès en 1975, bien qu’il ait été fondé en 1965 (six ans après la révolution).

Jusqu’à ce moment-là (et en partie plus tard), le bastion du pouvoir politique résidait dans les Forces armées révolutionnaires (FAR), dont l’origine était l’armée rebelle: la guérilla de Fidel Castro qui renversa Fulgencio Batista [en 1959]. C’est pourquoi le titre que Fidel Castro mettait prioritairement en avant était celui de son rôle de Commandant en chef, et non celui de Secrétaire général du Parti, comme Staline par exemple. A Cuba, l’armée n’était pas le bras armé du parti, mais le parti fut le bras politique des forces armées.

Comme d’autres révolutions communistes propres (autonomes) par exemple la You- goslavie, le Vietnam ou la Chine, Cuba ne fut pas seulement une marionnette de Moscou. Toutefois, le communisme cubain s’est affirmé au cours de la même décennie où s’est inten- sifiée la rupture entre la Chine et l’Union soviétique [dès 1965]. Les dirigeants cubains, con- frontés à ce dilemme, décidèrent d’arrimer leur jeune révolution au camp soviétique (URSS). Cuba conservera un degré d’autonomie, tout comme Israël n’a jamais perdu la sienne face à Washington. Cuba ira même jusqu’à imposer des choix politiques à Moscou, comme son impli- cation dans la guerre d’Angola [1975], où les FAR enverront des troupes contre l’armée sud- africaine du régime d’apartheid.

Cette autonomie se traduit finalement de la sorte: l’effondrement de l’Union soviétique n’a pas entraîné l’effondrement du régime cubain socialiste. Comme la Corée du Nord, la Chine et le Vietnam, Cuba a survécu.(…)

Alencontre  23 février  2018

 Ramón I. Centeno

http://alencontre.org/

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Cela s’est passé un 24 février 1965, Che Guevara prononce un discours mémorable à Alger (Babzman)

 

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