23 février 2018 ~ 0 Commentaire

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Langue bretonne. Une place dans les francophonies

Un pavé est sorti, en fin d’année, aux éditions allemandes de Gruyter : le « Manuel des francophonies ». Son contributeur pour la partie Bretagne, Fañch Broudic, nous explique la démarche novatrice.

Son tarif (200 €) le réserve presque aux bibliothèques ou aux structures comme le Centre de recherche bretonne et celtique. Le « Manuel des francophonies », aux éditions (allemandes) de Gruyter, 745 pages, présente les francophonies (on ne parle pas le même français partout) sur tous les continents.

« L’approche d’Ursula Reutner, de l’université de Passau (Allemagne), qui en est à l’origine, est nouvelle et audacieuse : c’est la première fois que la France est considérée comme un pays francophone comme les autres, et non comme la mère de la francophonie. Cela donne une acception géographique neutre », explique Fañch Broudic, journaliste et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique.

Elle l’a contacté il y a au moins trois ans pour rédiger une vingtaine de pages sur la Bretagne et les langues qui y sont parlées. Il y évoque le français qui y est parlé, des bretonnismes, le breton et le gallo. « Je suis surpris de voir figurer la Bretagne dans ce type d’ouvrage », sur les francophonies. « Mais il y a des situations plurilingues en France aussi, comme sur d’autres continents ».

Parmi d’autres « langues de France »

Les statistiques de Fañch Broudic datent de 2007. Elles indiquent que le breton était alors parlé (très bien ou assez bien) par 246.000 personnes, en baisse de 30 % par rapport aux dix années précédentes. Elles sont sans doute moins de 200.000 aujourd’hui, plus d’un million au moment de la Seconde Guerre mondiale.

« C’est une langue qui a perdu 80 % de ses locuteurs en deux générations », résume l’auteur. D’autres langues régionales (on dit paraît-il, désormais, « langues de France ») et d’autres régions figurent dans ce recueil : l’Alsace, le Pays Basque, la Catalogne, la Corse… Par ailleurs, Fañch Broudic met en ligne progressivement sa thèse de 1993, parue deux ans plus tard aux Presses universitaires de Rennes, et aujourd’hui épuisée, sur la pratique du breton. Avec quelques chapitres inédits et des données.

Pratique:
« Manuel des francophonies », aux éditions de Gruyter, 199,95 €, sur commande.

Un exemplaire est disponible au Centre de recherche bretonne et celtique, à la fac Segalen, à Brest.

23 février 2018

www.degruyter.com

www.univ-brest.fr/crbc

Le Blog « Langue Bretonne » de Fañch Broudig

Brezhoneg Digor (Un site d’enregistrements)

Commentaire sur les chiffres:

Il y a environ 200 000 locuteurs du brezoneg selon les scientifiques. « Locuteurs natifs » comme dans tous les pays, ce n’est pas l’école mais la famille qui leur a enseigné. Ils ne sont pas passés par l’école (jacobine) et ne connaissent pas « le breton » enseigné, ce qui exaspère les militants, qui considèrent qu’ils résistent volontairement « au bon parler ». Les vieux ne reconnaissent pas leur langue prononcée et pensée à la française et peinent à communiquer. De plus il n’a pas en Bretagne le sentiment nationaliste qui fait adopter la « normalisation linguistique » en Euskadi par exemple.

Mais il y a aussi 10 000 personnes (?) qui on été en contacts (sporadiquement) avec le breton: stages, écoles, médias, méthodes. Certains en font une langue quotidienne. Scientifiquement parlant, ils ne sont pas locuteurs natifs, puisque leur langue première est le français. Certains se « plient » volontiers à la syntaxe et à la prononciation des vrais locuteurs. D’autres ne modifient en rien leur accent français. Le résultat est que l’inter-compréhension entre les deux groupes est parfois impossible. Le futur de la langue est pourtant dans ce groupe.

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