21 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

plogoff (essf)

fem mes de plog

Plogoff (1975-1981)

Tandis que les paysans du Larzac luttent contre l’invasion des militaires, les Bretons de Plogoff (Finistère) mènent bataille contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire. En dépit de la promesse faite par le candidat à l’élection présidentielle Valéry Giscard d’Estaing en 1974 qu’aucune infrastructure de ce type ne serait édifiée contre l’avis des populations, leur bourg de quelque 2 000 âmes a été choisi d’un commun accord, dès 1975, par le conseil régional de Bretagne et le Conseil économique et social.

Entériné fin novembre 1978 par le conseil général du Finistère, le projet concerne 24 hectares de lande en bordure de la baie d’Audierne et exige le dynamitage de 17 millions de tonnes de granit pour ramener de 40 à 10 mètres l’à-pic permettant aux quatre réacteurs de 1 300 mégawatts d’avoir les pieds dans l’eau. A deux pas de la pointe du Raz, site le plus touristique de Bretagne…

Dès septembre 1978, 5 000 personnes manifestent au cap Sizun tandis que 15 000 autres simulent la mort dans les rues de Brest pour symboliser leur combat antinucléaire. Des mani- festations se succèdent jusqu’au 30 janvier 1980 où, devant la mairie de Plogoff, les opposants font un autodafé des dossiers d’enquête d’utilité publique à peine livrés. C’est le début de six semaines d’échauffourées, jets de pierre contre jets de grenades incapacitantes.

L’enquête est effectuée dans des camionnettes faisant office d’annexes, escortées par les forces de l’ordre.

En l’absence de leurs époux majoritairement marins de commerce, les femmes de Plogoff mènent la vie dure aux sept escadrons de gendarmes mobiles déployés sur le village qu’un hélicoptère survole et que des véhicules du génie militaire sillonnent pour franchir les barri- cades. Le 16 mars 1980, 50 000 personnes manifestent à l’occasion de la clôture de l’enquête d’utilité publique. Le 24 mai 1980, 100 000 à 150 000 opposants fêtent la fin de la procédure, et 50 000 à 60 000 organisent sur place un fest-noz.

Le 3 décembre 1980, le gouvernement donne son feu vert à EDF pour débuter les travaux de terrassement mais, peu après son élection au printemps 1981, François Mitterrand classe le projet sans suite comme il s’y était engagé durant sa campagne. Pour la première fois, un projet d’aménagement d’« intérêt général » porté par l’Etat est abandonné en France.

http://www.europe-solidaire.org/

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