09 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

reprise (jdd)

le fol  l valls

Christian Paul : « Le PS ne peut pas faire l’économie du droit d’inventaire »

Chef de file des frondeurs sous François Hollande, l’ancien député PS Christian Paul dresse le diagnostic de son parti. Frondeur sous François Hollande, Christian Paul réagit à la décision de Najat-Vallaud Belkacem de ne pas briguer la tête du PS.

Comment interprétez-vous la décision de Najat Vallaud-Belkacem de jeter l’éponge?

« Elle a compris que l’avenir de la France et de la gauche ne se jouerait pas dans les boutiques obscures ( nom du local de l’ex PC Italien Note du blog) du Parti socialiste. Elle a raison. Le PS, en état de coma clinique, est devenu une machine à broyer les idées, les femmes et les hom- mes. Mais elle ne jette pas l’éponge : elle pense, et moi aussi, que l’essentiel se passera ailleurs et autrement. »

Cela dit-il quelque chose de l’état du PS aujourd’hui?

Bien sûr. Le Parti socialiste s’est refermé sur lui-même. Il joue à guichets fermés. Il rassemble 30.000 adhérents et n’est plus en état d’être la locomotive de la gauche comme il l’a été depuis les années 1970. Les citoyens en ont pris acte, les historiens le feront très vite. La prochaine gauche s’inventera en grande partie en dehors des appareils d’aujourd’hui. Cela n’empêche pas que demeurent au PS des ­militants et des personnalités remarquables.

Quelle est la responsabilité de François Hollande dans cette situation?

Son quinquennat a produit l’émiettement de la gauche et la profonde dévitalisation du PS. Après 2014, le désaveu se confirme à chaque élection. Et le PS n’a jamais trouvé la juste distance à l’égard d’un exécutif sans garde-fous ni boussole, intoxiqué par les dérives libérales, et même identitaires dans le cas de Manuel Valls. Pas plus qu’Emmanuel Macron aujourd’hui François Hollande n’a mis les classes populaires au cœur de son action. C’est un choix majeur. Ce que nous lui reprochons, au fond, c’est d’avoir mené des politiques extrêmement tièdes face aux transformations qu’exigent les défis actuels : le numérique, l’écologie, les territoires abandonnés, les inégalités. Ce manque d’ambition est la tragédie du quinquennat. Najat Vallaud-Belkacem a parlé d’ »embourgeoisement ». J’évoque l’endormissement des consciences. La gauche s’est enfermée dans la routine du pouvoir.

Les socialistes doivent-ils faire l’inventaire du quinquennat Hollande?
L’inventaire, je l’ai fait, avec d’autres, en temps réel pendant trois ans, non pas comme fron- deur, terme que je n’aime guère, mais comme lanceur d’alerte qui prévoyait la catastrophe politique. Le PS ne peut faire l’économie ­aujourd’hui de ce droit d’inventaire. Nous avons surtout un devoir de réinvention de la gauche ­française.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, la gauche a surtout perdu les batailles culturelles…

Les partis n’écoutent plus les Français et ne parlent qu’à eux-mêmes. Nous avions amorcé le combat culturel avec Martine Aubry ; 2012 a signifié le retour du pouvoir technocratique. La gestion a remplacé la vision. La France, pays meurtri, attendait un projet optimiste, des pro- grès à opposer au déclinisme, au souverainisme. Ces batailles-là ont été perdues parce qu’elles n’ont pas été menées. II est absolument indispensable que la gauche, les respon- sables, les intellectuels, en dialogue direct avec les citoyens, reprenne le combat des idées. Najat Vallaud-Belkacem s’engage dans une entreprise éditoriale. Pour ma part, je rassemble des énergies pour lancer au premier trimestre une pépinière de projets, participative, ouverte, engagée. Une forme nouvelle pour penser et agir, pas un think tank à huis clos.

Combien de temps ce travail prendra-t‑il?

J’espère ardemment que nous éviterons une traversée du désert de vingt-trois ans, comme celle qui suivit 1958! Ce sera difficile, et des congrès n’y suffiront pas. Il faut écouter la société, remettre les citoyens au centre. C’est un travail de plusieurs années.

Qu’attendez-vous du congrès d’avril?

Ce sera un congrès de survie, pas de refondation : le PS n’a à ce jour ni les idées ni l’ardeur nécessaires à cette tâche. Il favorise l’exode des talents ! Le risque est réel que des hommes sans qualités s’emparent de ce qui reste de ce parti. Je soutiendrai toute démarche qui permettrait une embellie. Mais l’urgence est de donner idées et visages à la prochaine gauche. L’urgence est à l’insurrection ( ohh! NdB) de l’imagination politique. Pour le dire autrement, je me passionne davantage pour des initiatives contre le chômage de longue durée ou pour les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle, par exemple, que pour la préparation du congrès socialiste…

En tant que militant, que ressentez-vous aujourd’hui?

Un mélange de colère et d’espérance. J’éprouve une bonne dose de colère vis-à-vis des responsables de ce gâchis historique. Mais dans son histoire, la gauche a déjà connu des périodes extrêmement chaotiques. Les partis sont mortels. La gauche ne meurt jamais. Si les forces de gauche et les écologistes savent débattre et se réunir, elles s’empareront de l’im- mense espace existant entre Macron, qui incarne en fait le retour au galop des méthodes anciennes, la modernisation du pays avec les technos mais sans les citoyens et Mélenchon, dont les six derniers mois ont hélas montré la capacité d’enfermement.

Que pensez-vous des interventions de François Hollande dans le débat politique ces derniers mois?

Un ancien président n’est jamais interdit de parole. Mais je l’invite du fond du cœur à se consacrer à autre chose qu’au devenir du PS. Une nouvelle génération veut animer ce parti. Les Français ont tranché : cette page est tournée.

6 janvier 2018

http://www.lejdd.fr/

Commentaire: Si ce programme était séduisant, Hamon aurait eu plus de 6%!

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