09 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

inspiration interdite (les échos)

respire

Des pesticides, dont certains interdits, respirés dans les Hauts-de-France

Fongicides, insecticides, herbicides… Ils sont émis dans la plupart des terres agricoles de la région mais nous les respirons partout en ville. Les derniers résultats sur ces perturbateurs endocriniens que révèle ATMO, association chargée par l’État de la surveillance de l’air dans les Hauts-de-France, ne sont pas rassurants. La situation ne s’est pas améliorée ces dix dernières années.

Parce qu’une grande partie de la population régionale est exposée aux pesticides présents dans l’air, l’association ATMO de surveillance de la pollution atmosphérique avait décidé d’installer en 2013 un capteur de ces molécules dans le quartier lillois de Fives. À ce jour, les pesticides dans l’air ne sont pas réglementés : les valeurs réglementaires n’existent pas et les connaissances restent très insuffisantes sur leur comportement au-dessus de nos têtes (comment réagissent-ils avec les autres polluants par « effet cocktail » ?).

En pleine ville

C’est donc tout l’intérêt de l’étude ATMO réalisée en pleine ville du 6 avril au 29 septembre 2016, avec des prélèvements hebdomadaires répartis sur vingt-cinq semaines. Soixante-quatre molécules étaient recherchées, elles sont caractéristiques des cultures agricoles les plus répandues dans le Nord et le Pas-de-Calais, à savoir les céréales, les betteraves et les pommes de terre.

Sur ces 64 molécules recherchées, 17 substances ont été détectées en ville. Et parmi elles, trois sont sans autorisations de mise sur le marché. Elles sont interdites car certifiées dangereuses pour la santé mais nous pouvons les respirer. L’utilisation du lindane* est prohi- bée en France depuis 1998 en tant que produit phytosanitaire et depuis 2006 en tant que biocide. «  On le mesure encore aujourd’hui, explique Hélène Devillers, directrice d’ATMO. Ce produit était utilisé dans les champs mais aussi dans le traitement des charpentes des maisons anciennes, notamment celles des agriculteurs.» Le lindane n’avait pas été détecté en 2008 et 2009 mais « depuis septembre 2010, indique l’étude, il est de retour dans l’air de l’agglo- mération lilloise et cette année, il est détecté sur la quasi-totalité de la période de mesure  ».

Autre molécule interdite (mais encore diffusée en Europe et en Belgique), la terbuthylazine* n’a plus cours depuis quinze ans mais on la respire encore. Non mesurée dans l’air de 2003 à 2008 (sauf en 2005), elle fait également son « come-back » dans cette dernière campagne, relevée comme les autres fois entre mai (le mois où les épandages sont les plus importants) et septembre.

Bientôt un deuxième capteur ?

La troisième molécule interdite mais relevée est la trifluraline*, révolue depuis dix ans en France. Retrouvée dans le fond de l’air en 2003 et 2004, elle a disparu des mesures mais revient en 2016. La chambre régionale d’agriculture tente une hypothèse : très persistante dans les sols, elle pourrait avoir été relarguée après travail d’un sol traité les années précédant son interdiction.

Globalement, la situation ne s’est donc pas améliorée. «Nous constatons une légère hausse de la présence des pesticides dans l’air, avec une prédominance pour les herbicides  », estime Céline Derosiaux au sein d’ATMO dont le travail autorise un recul sur quinze ans, les premières évaluations ayant été réalisées avec l’Institut Pasteur de Lille en 2003. Ce travail depuis le capteur de Fives inspire l’idée d’un élargissement au plan national et fait espérer le gain d’un deuxième capteur dès l’an prochain dans notre région, cette fois-ci en zone rurale.

Lexique:
* Le lindane est classé cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé. Il figure comme l’amiante dans le groupe 1, celui du premier échelon de dangerosité. La trifluraline et la terbuthylazine sont des herbicides moins dangereux, moins volatiles. La terbuthylazine est utilisée surtout dans les cultures du maïs, elle est irritante pour les yeux et les voies respiratoires, principalement au moment de sa manipulation par les agriculteurs.

Les pesticides, parfois dénommés sous le terme plus restrictif de produits phyto-sanitaires, sont des substances chimiques minérales ou organiques, de synthèse ou natu- relles, entre autres destinées à « protéger » les végétaux consommables contre les organis- mes nuisibles à leurs cultures (insectes, « mauvaises herbes », champignons…). Les pestici- des sont épandus par pulvérisation, par application sur les sols ou par traitement des semen- ces et sont employés aussi bien pour le traitement des zones agricoles que pour celui des zones non agricoles : désherbage des axes routiers et des voies ferrées, des communes, des parcs publics et des propriétés privées (jardins, potagers, toitures, terrains de sport…).

Les biocides sont des pesticides qui détruisent, repoussent ou rendent inoffensifs les organismes nuisibles. On les trouve dans des désinfectants, produits d’hygiène ou de protection contre les microbes du bois, du plastique, du textile ou du cuir.

Yannick Boucher 30/12/2017

http://www.lavoixdunord.fr

Commentaire: En Bretagne, ce ne sont pas les mêmes cultures! Ouf! Et on ne traite pas! Heu!

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