14 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

barbacha béjaia (pst)

akrour

Elections locales: l’inépuisable Sadek Akrour porte la liste du PST à Barbacha.

Sadek Akrour n’est plus à présenter pour l’ancienne génération, s’il doit l’être pour la nouvelle, c’est pour faire preuve d’un devoir de mémoire pour l’un de ces révoltés permanents. Figure de proue du Mouvement Culturel Berbère, Sadek est aussi ce militant politique dont la simple évocation ferait frémir les bureaucrates les plus zélés.  A l’avant-garde du mouvement qui a ébranlé la localité de Barbacha, il conduit pour la prochaine bataille électorale la liste du Parti Socialiste des Travailleurs (PST). Des convictions taillées dans le roc, le verbe intact, il nous a accordé cet entretien.

Béjaia News : La localité de Barbacha a vécu un mouvement autogestionnaire extraordinaire dont vous étiez à l’avant-garde. Est-ce que vous pouvez revenir brièvement sur son origine et où en est-il aujourd’hui ?

Sadek Akrour : Notre premier mandat de 2007/2012 a dérangé énormément le pouvoir en place et ses acolytes dont les prédateurs locaux. C’est difficilement que Zerhouni a annoncé la victoire du PST à Barbacha (Iberbacen) au lendemain du scrutin du 27 novembre 2007. Quand, nous sommes revenus en 2012 pour un deuxième mandat, en vue de continuer notre dynamique, le wali de l’époque, Hammou Ahmed Touhami, a rejeté notre liste. Il a motivé ce rejet par le fait que nous participions à tous les combats sociaux et politiques (marches, ras- semblements, grèves, etc.) des travailleurs et des opprimés, tout en mettant à leur disposition les moyens (de transport, notamment) de la mairie. Suite à notre recours auprès du tribunal administratif de Bgayet, celui-ci a tranché en notre faveur et nous avons eu la majorité, certes relatives (38,92 %), des suffrages exprimés lors des élections du 29 novembre 2012.

Pour nous bloquer, Ould Kablia a accouché d’une instruction donnant droit aux partis mino- ritaires de se constituer en alliance, remettant ainsi en cause la souveraineté populaire. Nous nous ne sommes pas laissé faire. Aux côtés de l’héroïque majorité de la population d’Iberba- cen, nous avons mené le combat pour remettre en cause cette instruction de Ould Kablia. Nous n’avons pas obtenu la dissolution de la fameuse APC, mais nous avons empêché l’alliance RCD-FFS-FLN de gouverner notre historique Commune, tout en permettant à la mairie de fonctionner.

Le temps nous a donné raison : cette instruction est abolie, l’APN a voté un code électoral interdisant des alliances post-élection, tel que revendiqué par notre mouvement (Assemblée Générale Ouverte de la Population d’Iberbacen, sise à Axxam n Caâb). La suite est connue par toutes et tous : en 2016, cinq des six membres de ladite alliance ont dénoncé leur leader qui a reconnu qu’il a atteint son objectif en s’acquittant de la mission qui lui a été assignée par ce wali et qui consiste à empêcher le PST d’y gouverner.

B.N. : Vous conduisez la liste du PST avec une équipe de militants qui vous ont accompagné durant ce mouvement. Un mot sur cette liste ?

S.A. : La quasi majorité des membres de cette liste n’est pas militante du PST, mais notre parti s’est ouvert à toutes les énergies intègres et militantes du combat antilibéral, démocratique et social. Aussi, si le PST a été l’initiateur de la contestation, son fer de lance et sa vraie force furent la mobilisation de la majorité de la digne population d’Iberbacen, y compris des honnêtes et sincères militants de base des partis de l’alliance, qui refusé que leur voix soient détournées.

B.N. : Question inévitable, quel sens donnez-vous à votre participation dans un contexte économique et social caractérisé par une crise multidimensionnelle et dont seuls les couches déshéritées payent et en payeront davantage les conséquences ?

S.A. : Vous avez raison, la crise algérienne est multidimensionnelle. Mais, la vraie crise est celle de la gouvernance. Le système en place a réussi à maintenir le paradoxe qui a caractérisé le contexte colonial (génialement dénoncé par notre chantre, feu Dahmane El-Herrachi), à savoir celui d’un PAYS RICHE/PEUPLE PAUVRE. En effet, au moment où les multinationales des pays impérialistes – dits développés – sucent les richesses du pays et procèdent à des transferts de quantités faramineuses de capitaux nationaux, et en devises, vers leurs pays, OUYAHIA, au nom de Fakhamatihi et son régime, ne jure que par l’austérité.

Nous sommes donc revenus pour, qu’au moins à Barbacha, nous remettrons en cause cette politique, dont les chiens de garde sont les trois grands kabyles de service qui constituent la tripartite : Abdelmadjid SIDI SAÏD autoproclamé représentant des travailleurs, Âli HEDDAD (patronat) et Ahmed OUYAHIA (Etat/pouvoir). Aux côtés des autres oligarques du régime en place, ces sadiques énergumènes ne se privent, quant à eux, leurs familles et leurs clientèles, de rien. Ainsi, nous ambitionnons de faire de l’APC et du territoire d’Iberbacen un exemple de gouvernance participative et démocratique, de respect de la souveraineté populaire et au service des besoins matériels et immatériels de la population.

B.N. : La forte mobilisation de la population de Barbacha à induit à l’amendement de la loi organique régissant les élections communales. Pouvez-vous nous donner plus de précisions ?

S.A. : Oui, comme signalé ci-dessus, le mouvement populaire d’Iberbacen, après de dures et douloureux sacrifices, a poussé le pouvoir en place, par le biais de son APN, de retirer l’ins- truction de Ould Kablia et d’interdire les alliances postélectorales. Mais attention !!! Les méca- nismes de blocage des APC demeurent intacts. Certes, la liste qui obtient la majorité relative des suffrages exprimés peut prendre l’exécutif de la mairie, mais une majorité malintentionnée et pratiquant la politique politicienne peut se constituer en force de blocage lors des séances de délibération, à l’exemple des 500 communes, et plus, qui sont bloquées durant le mandat en cours (2012-2017).

Le cas l’APC d’Akbou reste le plus éloquent : 1000 milliards de centimes non dépensés. Aussi, les électrices et électeurs assument seuls la responsabilité de cet éventuel blocage. Ils peuvent l’éviter en se mobilisant le jour du scrutin (le 23 novembre 2017) pour empêcher tout trucage des urnes et élire massivement la liste des candidates et candidats qui vont réellement les servir et non les prédatrices et prédateurs qui viennent dans le seul objectif de se servir. Ainsi, les listes du PST (APC et APW), portant le numéro 49 constituent la seule alternative de l’espoir. La digne population d’Iberbacen  mérite bien cet ESPOIR.

B.N. : Vous avez porté en vous le combat pour l’amazighité, la démocratie et le socia- lisme qui vous ont façonné et ont fait de vous un inconditionnel des luttes de mas- ses populaires pour leurs besoins sociaux. Qu’en est-il de ce combat aujourd’hui ?

S.A. : Ce combat est dévoyé par la droite kabyle. Elle l’a réduit, et encore, à la seule reven- dication linguistique : Tamazight, langue nationale et officielle. Tout l’aspect identitaire, culturel, démocratique et social est renié et exclu du champ de sa lutte. Le MCB que nous avons fait renaître de ses fraiches cendres (en juillet 1989) après que le RCD a proclamé sa mort, au lendemain de sa création issue des assises dites du MCB tenues les 9- 10 et 11 février 1989, est brisé et instrumentalisé par le FFS et ses acolytes à la veille, mais surtout après les législatives de 1991.

Le boycott scolaire de 1994-95 chutant sur la création du HCA et, plus loin, lors des doulou- reux événements d’avril-mai 2001, l’inter-wilaya dite des ârouchs qui s’est démarqué de la dynamique identitaire, démocratique et fondamentalement sociale du Comité Populaire de la Wilaya de Bgayet (CPWB), notamment après l’historique marche du 14 juin 2001, ont achevé ce qui reste de la dynamique du mouvement de 80.

Les deux jambes sur lesquels est assise cette dynamique, à savoir Tamazight et le vrai socia- lisme qui sont devenus ses principes inaliénables, sont brisés. Aujourd’hui, si, pour moi, ces deux principes restent mes vrais attaches, je considère que, pour le moment, les appels de Dda Rachid ÂLI YAHIA doivent trouver écho chez celles et ceux qui n’ont pas été impliqués dans la casse de ce mouvement amazigh, identitaire, culturel, démocratique et social et qui restent attachés à la dynamique unitaire de sa relance, pas en tant que parti comme le propose Dda Rachid, mais en tant que mouvement de lutte consciente er véritablement organisée et, aussi et surtout, plus jamais comme auberge espagnole.

Nazim

http://www.bejaia06.com/

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