05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

vannes (ouest france)

jeunes

Vannes. Malgré un CDI, Sabrina dort dans sa voiture

À 38 ans, Sabrina, agent de restauration en lycée, se retrouve à la rue après une séparation. Depuis le 4 octobre 2017, elle attend de passer en commission pour habiter un logement social.

Témoignage

Tous les soirs, c’est la même rengaine. Sabrina Kedzierski se couche sur la banquette arrière de son Kadjar. À 38 ans, elle dort dans sa voiture. « Je suis ce qu’on appelle une sans domicile fixe. », lance-t-elle, gênée. Car il y a quelques années, Sabrina habitait encore dans une maison. Le 4 octobre dernier, suite à une séparation, la Vannetaise se retrouve à la rue. « J’ai fait une demande de HLM mais on me dit que je gagne trop. » Pourtant, Sabrina peut justifier d’un contrat à durée indéterminée dans la restauration.

La peur, c’est son quotidien. Peur de l’hiver qui approche, « franchement ça caille. » Peur de se faire agresser aussi. Comme cette nuit où un groupe de jeunes hommes tente de forcer la porte de sa voiture. « Depuis, je m’endors avec un couteau. » Peur enfin de la réaction des gens. « Je me cache pour dormir. »

« On ne dort jamais vraiment »

Ses six enfants, placés en foyer, Sabrina ne les voit que très peu. « Je les accueille où ?, soupire-t-elle. L’autre jour, mon gamin m’a demandé à quoi ça servait de travailler si c’est pour en arriver là où je suis… » Heureusement, Sabrina peut compter sur ses amies de Kercado, son ancien quartier. « Je me lave et me prépare chez elles, avoue-t-elle. Pour être présentable, quand même. »

Au Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), qui accueille les personnes sans abri ou mal logées, on a proposé à Sabrina de dormir dans un mobil-home. «Mais j’ai refusé, avoue-t-elle, j’ai ma dignité.» Chez les Copains d’abord, association qui vient en aide aux démunis, on explique qu’elle est suivie de très près et qu’il y a bon espoir pour qu’elle trouve un logement.

Quant à Bretagne Sud Habitat, Sabrina reste interloquée de leur réaction.

« Ils m’ont dit que je gagnais trop ». Mais ce qui la révolte, c’est de voir des logements vides à Kercado, le quartier où elle aimerait retourner vivre. « J’ai habité dix ans là-bas, j’aime ce quar- tier, soupire-t-elle. Je ne demande pas du luxe. » Pourtant, Sabrina attend avec crainte le soleil qui se couche. « Toutes les nuits, j’ai mal partout, j’ai des courbatures… » Ce soir, elle s’endormira dans sa voiture.

04/11/2017  Hugues GESBERT

https://www.ouest-france.fr/

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