05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

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Les députés LREM votent une baisse de 9,8% du budget du logement

Le budget du Logement chute ainsi de 1,7 milliard d’euros. Il passe de 18,3 milliards d’euros en 2017 à 16,5 milliards en 2018.

Le vote de la partie logement du budget, du ministère de la Cohésion des territoires est intervenu la nuit dernière.

Après avoir rejeté tous les amendements, une majorité de députés « godillots » de La répu- blique en marche (LREM) a voté une baisse de 9,8%  du budget du logement pour 2018 et promet de faire pire encore pour 2019 et 2020 en s’attaquant toujours à l’aide personnalisée au logement dont bénéficient près de 6 millions de locataires en France.

Les députés de La République en marche (LREM) ont adopté dans la nuit du 2 au 3 novembre, la première partie du budget du ministère de la Cohésion des territoires, qui intègre désormais la politique du logement.

On sait en effet que le président Macron n’a pas voulu d’un ministère du Logement de plein droit. Jacques Mézard, 69 ans, ancien sénateur radical-socialiste du Cantal est le ministre en charge de la Cohésion des territoires et donc du Logement. Il s’est vu attribuer ce poste après avoir été un éphémère ministre de l’Agriculture durant quatre semaines dans le premier gou- vernement dirigé par Edouard Philippe entre le second tour de l’élection présidentielle en mai et l’élection des députés en juin.

Loin d’être seul dans ce cas, Jacques Mézard doit sa carrière tardive de ministre au seul fait d’avoir soutenu Emmanuel Macron dès que ce dernier est parti en campa- gne pour l’élection présidentielle.

Son avenir politique étant pour l’essentiel derrière lui, il peut désormais se consacrer au sale boulot que le président de la République attend de lui. Le budget du Logement chute ainsi de 1,7 milliard d’euros. Il passe de 18,3 milliards d’euros en 2017 à 16,5 milliards en 2018, soit une baisse de 9,8%.

Dans un premier temps, le gouvernement avait annoncé une baisse mensuelle de 5€ de l’Aide Personnalisée au Logement (APL) dont bénéficient plusieurs millions de locataires afin de pouvoir payer leur loyer.

Dans un second temps, le gouvernement a décidé de faire supporter cette charge par les bailleurs sociaux que sont les Offices HLM en les obligeant à baisser les loyers de 800 millions d’euros en 2018, de 1,2 milliard d’euros en 2019 et de 1,5 milliard d’euros en 2020. Ce qui ne manquera pas de leur poser des problèmes de trésorerie se traduisant parfois par un endette- ment accru en plus d’un manque de moyens pour l’entretien des bâtiments et pour construire de nouveaux logements.

« On va casser un modèle HLM que beaucoup nous envient », a dénoncé le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu, fustigeant une « politique mûrement réflé- chie, cohérente, visant à affaiblir le secteur HLM et à renforcer le secteur privé. Partout où cette politique a été menée en Europe, elle a été une catastrophe », a-t-il  dénoncé.

Les effets pervers de la défiscalisation offerte aux bailleurs privés

Ne semblant pas très informé de ce que fut l’histoire du ministère du Logement depuis près de 40 ans, Jacques Mézard a fait état de la volonté du gouvernement de « réinterroger l’efficacité de notre politique en matière d’aides personnelles au logement et de soutien à la construction, « nous avons face à un investissement d’environ 40 à 41 milliards d’euros, quatre millions de nos concitoyens qui sont mal logés », a-t-il déclaré devant le députés.

Au regard de son ancienneté en politique, l’ancien sénateur du Cantal devrait se souvenir que le peu d’efficacité qu’il attribue à l’APL, provient du fait que les revalorisations successives sont absorbées à hauteur de 94% par des hausses de loyers initiées par les bailleurs privés.

Cette politique remonte à la présidence de Valéry Giscard d’Estaing avec Raymond Barre comme Premier ministre  et Pierre Méhaignerie au ministère du Logement, peu avant l’élection de François Mitterrand à l’Elysée.

La droite décida, à cette époque, de réduire considérablement l’aide à la pierre dont bénéficiaient les bailleurs sociaux pour pouvoir construire des logements à loyer modéré, les HLM étant justement  des « Habitations à Loyer Modéré ».

La droite au pouvoir voulut faire croire au pays que la difficulté à payer un loyer tous les mois n’allait plus concerner qu’une petite frange de locataires dont les effectifs seraient en diminu- tion constante. Du coup, l’aide à la personne serait moins coûteuse au budget de l’Etat que l’aide à la pierre offrant des loyers modérés à la masse des locataires en HLM. Mais la mondia- lisation libérale de l’économie avec les délocalisations d’emplois industriels quittant la France pour des pays à bas coûts de main d’œuvre en ont décidé autrement, de la sidérurgie à l’auto- mobile en passant par l’industrie du textile et celle de l’électroménager. Au fil des ans, la Fran- ce a compté de plus en plus de chômeurs et de travailleurs pauvres et précaires et cette tendance continue de s’amplifier de nos jours.

Périssol, Besson, De Robien, Duflot, Pinel, tous on servi les bailleurs privés

Privés de moyens du fait de la baisse de l’aide à la pierre mais aussi des impayés de loyers par des  locataires de plus en plus pauvres, les offices HLM ont moins construit, certains maires de droite ne voulant pas de HLM dans leur commune. Comme on manquait de logements, les  gouvernements successifs dirigés par la droite et les socialistes ont fait appel aux bailleurs privés en leur offrant jusqu’à douze années de défiscalisation sur l’achat d’un bien destiné à la location.

De Périssol en Besson pour arriver à Pinel en passant par De Robien, Scellier, Benoît Apparu et même le Cécile Duflot, on ne compte plus les ministres du logement, voire les députés, dont le nom évoque une aide à l’enrichissement des bailleurs privés.

Car le budget de l’Etat a payé deux fois: une fois à travers la défiscalisation offerte aux investisseurs, une seconde via le paiement de l’APL sans laquelle les locataires ne pourraient pas payer es loyers de ces logements plus élevés que ceux des HLM.

Quand Jacques Mézard fait mine de s’interroger sur le manque d’efficacité de l’aide personnalisé au logement afin de la réduire, il omet de faire le bilan d’une politique qui depuis des décennies enrichit une catégorie de bailleurs privés et appauvrit les locataires. Comme ces projets immobiliers défiscalisés sont parfois construits dans des zones mal desservies, il arrive aussi que les logements restent vides.

Par ailleurs, la politique de métropolisation des activités économiques du pays accentuée par le récent regroupement des régions fait de sorte que l’offre est insuffisante pour répondre à la demande dans les zones de tension tandis le taux de vacance des logements ne cesse d’augmenter dans les villes moyennes et petites comme dans les cantons ruraux.

Le vote de la nuit dernière aggravera tous ces problèmes sans en résoudre un seul.

Gérard Le Puill  VENDREDI, 3 NOVEMBRE

http://www.anti-k.org/

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