22 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

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Salaires mirifiques, cumuls étonnants… ce monde à part dont viennent nos députés

Les déclarations d’intérêts des députés, publiées ce jeudi 19 octobre, montrent que la grande majorité d’entre eux gagnent plus de 3.500 euros par mois. Certains y ajoutent des cumuls juteux ou des collaborations aberrantes… Enquête sur une bulle.

Au PSG, Roland Lescure aurait été dans le peloton de tête des joueurs les mieux payés. Sauf que le frère de Pierre Lescure n’est pas footballeur mais député des Français d’Amérique du Nord. Celui qui était le mieux rémunéré avant son élection, même. Selon sa déclaration d’intérêts, publiée ce jeudi 19 octobre par la Haute autorité de transparence de la vie publique (HATVP), le parlementaire a gagné pas moins de 3,72 millions d’euros sur les cinq premiers mois de 2017, pour son job de vice-président de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, le deuxième fonds de pension canadien. Ce qui revient à plus de 744.000 euros mensuels. Vous avez bien lu.

Gagner autant d’argent n’a évidemment rien de disqualifiant, ni de répréhensible. Constater que le président de la commission des Affaires économiques, censée plancher sur la consom- mation, le logement ou l’appareil industriel des Français, a gagné 2.515 Smic en 2017 n’est pourtant pas totalement anecdotique. Car les déclarations d’intérêts des nouveaux députés, toutes rendues publiques ce jeudi, laissent entrevoir le monde à part dans lequel vit une partie de la classe politique. Dans ce microcosme, ceux qui gagnent plus de 3.544 euros mensuels, censés correspondre aux 10% les mieux rémunérés de la population, constituent la grande majorité de l’espèce.

Député et lobbyiste à 10.000 euros par mois

Il y a d’abord les surhommes, capables de s’adonner à mille et une activités rémunérées en même temps. Par la magie des lois de moralisation à la mise en œuvre toujours différée, ceux qui effectuaient du lobbying avant le texte sur la transparence de 2013 (interdisant aux parlementaires toute nouvelle activité de conseil) ont pu continuer leur petit business. Thierry Solère s’est particulièrement bien débrouillé. En 2016, il a empoché plus de 10.300 euros mensuels en tant que directeur du développement de Chimirec, une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets. Le tout en étant à la fois député, président du groupe Les Républicains (LR) au Conseil régional d’Ile-de-France et président de l’organisation de la primaire de la droite. Quelle force de la nature !

Richard Ferrand a quant à lui gardé un pied au sein des désormais légendaires Mu- tuelles de Bretagne, celles qui lui ont valu une enquête préliminaire classée sans suite.

En 2016, le député du Finistère a ainsi été rémunéré un peu plus de 1.300 euros par mois en tant que «chargé de mission auprès de la directrice générale». Dans le même temps, l’ex-jour- naliste siégeait à l’Assemblée et structurait En Marche, dont il a été le stakahnoviste secrétaire général à partir d’octobre. En janvier 2017, en pleine campagne présidentielle, le Breton a encore travaillé un peu pour ses amis des Mutuelles, empochant au passage encore 1.253 euros.

Payée par RTL… pour défendre Mélenchon

Certains cumuls paraissent carrément aberrants. En janvier et février 2017, la députée FI Clémentine Autain a par exemple touché… 1.350 euros brut de RTL, au titre de «chroniques ». Il s’agit sans doute de sa participation à l’émission «On refait le monde», dont Aurélie Filippetti a récemment révélé qu’elle y était rémunérée 150 euros la pige. Pendant la campagne prési- dentielle, la militante féministe a donc été payée pour faire à la radio la propagande de son candidat, Jean-Luc Mélenchon, une à deux fois par semaine. Pratique ! Grâce à divers reve- nus annexes, en tant que conseillère régionale d’Ile-de-France, directrice de la revue de gauche Regards ou journaliste pour «Le Tremblay Magazine», commune dont elle est proche du maire Front de Gauche, elle émargeait à environ 4.400 euros net mensuels avant son élection.

Dire que tout le monde s’en sort sans problème serait toutefois exagéré. Le député LREM Patrice Anato révèle ainsi qu’il est resté au chômage d’avril 2014 à juillet 2017. Il gagnait alors 1.465 euros net par mois. Quant à Typhanie Degois, la benjamine de l’Assemblée, elle  béné- ficiait d’une gratification de 463 euros net mensuels en tant que stagiaire dans un cabinet d’avocats. Maigre. Le cas de la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet, est aussi étonnant : présentée comme une brillante avocate au moment de son élection, elle n’a pourtant justifié d’aucune rémunération au cours des cinq dernières années !

Les astuces d’Alexis Corbière

L’autre intérêt de ces déclarations d’intérêts est de lever le voile sur les rémunérations en vogue dans l’univers politique. Scoop : tout le monde ou presque dépasse la barre symbolique des 3.500 euros. Le cas le plus flagrant est celui de Marine Le Pen. Alors que la présidente du FN est parlementaire depuis 2009, elle touche depuis 2014 un salaire complémentaire de son parti, à hauteur de 3.000 euros net par mois. En juillet, elle s’est même augmentée pour passer à 5.000 euros par mois. « Je ne touche pas de salaire comme présidente du FN, c’est un remboursement forfaitaire de frais », s’est-elle justifiée sur France 2 ce jeudi.

Au sein de cette bulle, seuls certains députés Insoumis sont nettement moins bien rémunérés : en 2017, Mathilde Panot et Bastien Lachaud ont touché respectivement 1.700 et 1.800 euros net mensuels, en tant que permanents de l’association dérivée du mouvement. Modeste. Alexis Corbière gagnait lui un peu mieux sa vie, en bossant pour deux organismes directement reliés à la sphère FI : Mediascop, l’entreprise de la directrice de communication du mouvement So- phia Chikirou, et l’Association de financement de la campagne. Il a dans les deux cas empoché 2.000 euros brut par mois en 2017. Au passage, on notera que ce professeur d’histoire a encore obtenu 3.013 euros net de la part de l’Education nationale en 2017. Et ce, alors qu’il expliquait récemment à Marianne avoir monté son affaire après s’être mis « en disponibilité de l’Education nationale ». Or, il est impossible de toucher une rémunération lorsqu’on est placé en disponibilité…

3.700 euros de salaire au PCF

(…) Au PCF, où 100% des députés sont des professionnels de la politique, on s’aligne égale- ment sur les tarifs pratiqués chez les adversaires capitalistes. Fabien Roussel, assistant parle- mentaire au Sénat, et Pierre Dharréville, premier secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône, le savent bien. Ils gagnaient respectivement 3.660 et 3.700 euros net mensuels.  Alain Bruneel et Elsa Faucillon, eux aussi permanents PCF, pourront l’avoir mauvaise. Eux palpaient « seulement » 2.400 euros et 2.700 euros net mensuels en moyenne. (…)

(Résumé)

Étienne Girard 20/10/2017

Source: « Marianne »

http://www.anti-k.org/

Commentaire: Le NPA est contre la « professionnalisation » des fonctions électives, elles devraient être momentanées (renouvelable une fois?) et les revenus plafonnés au niveau de Philippe Poutou par exemple: ouvrier qualifié: environ 2000 euros, plus frais.

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