10 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

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« Président raté », « ego démesuré »: une tribune dans le New York Times assassine Macron

Dans une tribune publiée dans le prestigieux quotidien américain, un professeur d’université attribue la chute de popularité du président français au « macronisme »: cette manie du chef de l’Etat de concentrer sa politique autour de sa personne.

Le 9 mai, au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle, la presse internationale poussait un soupir de soulagement. Marine Le Pen avait été battue, et pour beaucoup, l’élection d’Emmanuel Macron était de bonne augure. Aux Etats-Unis, le New York Times y voyait notamment « un nouvel espoir pour l’Europe ». Quatre mois plus tard, presque jour pour jour, le ton a bien changé.

De ce côté de l’Atlantique, la popularité du chef de l’Etat s’effrite, forçant nos voisins à s’inter- roger sur les raisons de ce désamour. C’est ce qui est fait dans le New York Times. Dans une tribune publiée ce jeudi, Chris Bickerton, qui enseigne la politique européenne à l’université de Cambridge, s’attaque au président français. Et l’auteur, considéré comme pro-Brexit, n’y va pas de main morte contre l’actuel chef de l’Etat.

« Son projet politique est trop centré sur sa personnalité »

« Emmanuel Macron will be yet another failed french president », titre-t-il sa tribune, estimant qu’après tout, Emmanuel Macron sera lui aussi un « président français qui a échoué ». Dans le Times, le chercheur rappelle tout d’abord qu’il bénéficie toujours d’une certaine aura à l’étranger, notamment parce qu’il a redonné un coup de jeune à la diplomatie française « en tenant tête à Donald Trump et à Vladimir Poutine ». « En France, c’est une toute autre histoire », relève-t-il, citant les mauvais chiffres du Président dans les derniers sondages. Il attribue sa chute de popularité au « macronisme ».

« Son projet politique entier est bien trop concentré sur sa personnalité. Son attrait vient essentiellement de sa jeunesse, de son dynamisme, de son allure et de ses qualités oratoires », estime-t-il dans le New York Times. « Cette approche hyper-personnalisée comporte toujours le risque qu’une fois le charme rompu, il ne reste rien à ses soutiens pour l’apprécier, ce qui est exactement en train de se passer », poursuit le texte, qui évoque notamment l’épisode du Congrès de Versailles et son impact sur les Français, « irrités par ses accents monar- chiques ». « Son attitude arrogante à l’égard du pouvoir a détruit l’image anti-establishment qu’Emmanuel Macron a cultivé durant sa campagne », estime aussi l’auteur.

Ego démesuré et vide politique

Avant la présidentielle, Emmanuel Macron et son projet avaient parfois été qualifiés de « bulle ». L’auteur de cette tribune ne fait pas un constat moins sévère quatre mois après l’élection et estime que le « vide de son projet politique » est en train de se découvrir. Chris Bickerton se montre en particulier sceptique sur la réforme du code du travail menée par l’exécutif et, de manière plus générale, par la politique économique du Président.

« Toute baisse continue du chômage en France serait la bienvenue, mais l’expérience d’autres pays suggère que cela impliquerait de nouvelles formes d’inégalité. En Allemagne, la réforme du marché du travail a mené à la prolifération de « mini-jobs », un travail à temps partiel peu régulé et qui a pris la place du travail à temps plein dans certains secteurs », analyse le chercheur, qui cite aussi l’exemple britannique.

Pour Chris Bickerton, « la politique économique d’Emmanuel Macron favorise les employeurs par rapport aux salariés et ébrèche ce qui reste de l’Etat-providence français ». Reprochant au président français son « ego démesuré », il lui reconnaît cependant le mérite d’avoir profon- dément et pour longtemps renversé un paysage politique moribond. Mais sa conclusion est tout aussi sévère que son analyse: « Emmanuel Macron est toujours l’enfant chéri de l’élite libérale mondiale, mais son impopularité grandissante nous donne une meilleure image de ce qu’il a à offrir. »

Charlie Vandekerkhove
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moi presidnet
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« Une attitude arrogante », « un président raté » : une tribune dans le New York Times accable Macron

Dans une tribune publiée dans le « New York Times », un chercheur  juge sévèrement les premiers mois de la présidence Macron. Une tribune publiée vendredi 8 septembre, dans le prestigieux « New York Times », étrille les premiers mois de la présidence Macron. Sous une plume acide, Chris Bickerton, professeur qui enseigne la politique européenne à l’université anglaise de Cambridge, attribue la chute de popularité du président au « macronisme » : cette manie du chef de l’Etat de concentrer sa politique autour de sa petite personne.

Une critique qui contraste sévèrement avec l’enthousiasme dont faisait preuve la presse internationale, le 9 mai dernier, lors de la victoire de l’ancien banquier au second tour de la présidentielle, face à Marine Le Pen. Au lendemain de son élection, ce même  »New York Times » y voyait notamment « un nouvel espoir pour l’Europe ».

Quatre mois plus tard, force est de constater que l’optimisme n’est plus au rendez-vous. Emmanuel Macron a bien œuvré « pour une meilleure image de la France dans le monde »,  reconnaît toutefois Chris Bickerton. Selon lui, le président bénéficie toujours d’une certaine aura à l’étranger, notamment parce qu’il a redonné un coup de jeune à la diplomatie française  »en tenant tête à Donald Trump et à Vladimir Poutine ».

« Une politique centrée sur sa personne »

Pour autant, « en France, c’est une autre histoire », souligne-t-il dans sa tribune au titre volon- ntiers provocateur (« Emmanuel Macron sera encore un autre président français raté »). Tentant d’analyser la chute de popularité inédite du chef de l’État, l’universitaire explique d’abord qu’ »il a remporté le scrutin parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Mais surtout, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme ».

« Tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne, regrette-t-il. Une grande partie de son attrait provient de sa jeunesse, de son dynamisme, de son allure et de ses qualités oratoires »

Et de poursuivre, toujours plus acerbe :

« Cette approche hyper-personnalisée a toujours présenté le risque qu’une fois le charme rompu, il ne reste plus rien, ce qui est exactement en train de se produire »

Le chercheur évoque au passage l’épisode du Congrès de Versailles et son impact sur les Français, « irrités par ses accents monarchiques ».

« Une attitude arrogante »

« Son attitude arrogante à l’égard du pouvoir a détruit l’image anti-establishment qu’Emmanuel Macron a cultivée durant sa campagne », estime-t-il également. Outre son image et son style, Chris Bickerton s’attaque également au projet politique de l’ancien banquier dont il estime que « le vide » est en train de se révéler au grand jour.

S’appuyant notamment sur la réforme du Code du Travail, le chercheur dénonce « la politique économique de M.Macron qui favorise les employeurs par rapport aux salariés et ébrèche ce qui reste de l’État-providence français ». L’universitaire rappelle enfin qu »en matière de lutte contre le chômage, les expériences d’autres pays montrent que des résultats peuvent s’obtenir au prix de nouvelles inégalités », avant de citer l’exemple des « mini-emplois » répandus en Allemagne.

Chris Bickerton mentionne également l’exemple de la Grande-Bretagne, où on observe « un niveau record d’embauches parallèlement à la faible productivité, à la stagnation des salaires et à la prolifération de contrats à court terme. Est-ce ce futur que la France veut ? », s’alarme finalement le professeur.

La défense de la « Team Macron »

Au lendemain de la publication de cette tribune, l’équipe de soutien du président a accusé sur Twitter, Chris Bickerton, d’être « un pro-Le Pen ». La « Team Macron » s’appuie sur un article co-écrit par le chercheur et publié dans la revue américaine « Foreign Affairs » en 2016, qui… analyse tout au plus la politique et la stratégie menées par le Front National. Face à cette attaque, l’universitaire a lui-même répondu sur Twitter, accusant la « Team Macron » de « diffamation ». Et d’ajouter : « Le vide du Macronisme vous oblige a traiter vos critiques de fascistes. Pathétique ».

L’ObsPublié  09 septembre 2017

http://tempsreel.nouvelobs.com

Lire aussi:

Emmanuel Macron Will Be Yet Another Failed French President (NewYork Times)

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