09 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

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« J’ai pleuré tous les jours » : après l’annulation de leur contrat aidé, elles témoignent

A quelques jours de la rentrée de nombreux bénéficiaires de contrats aidés ont vu leur contrat annulé.

En plein milieu du mois d’août, le gouvernement a annoncé qu’il souhaitait mettre un frein aux contrats aidés qui permettent un retour vers l’emploi à des jeunes sans qualification, des chômeurs de longue durée ou encore des seniors exclus du marché du travail. Même si la ministre du Travail a affirmé que l’Éducation nationale restait un secteur préservé, à quelques jours de la rentrée scolaire, de nombreuses personnes ont appris que leur contrat ne serait finalement pas signé. Elles témoignent.

Les collectivités et associations ont fréquemment recours aux contrats uniques d’insertion (CUI), autrement dit contrats aidés, notamment dans le secteur périscolaire. Mais le dispositif est jugé onéreux et « peu efficace » par le gouvernement qui a annoncé cet été vouloir réduire le nombre de ces contrats. Résultat, à quelques jours de la rentrée de nombreux bénéficiaires ont vu leur contrat annulé.

Emma Cyprien-Racine a 38 ans et trois enfants de 5, 10 et 14 ans. Reconnue comme tra- vailleuse handicapée, elle devait travailler en contrat aidé dans un collège privé sarthois. «Le mercredi, je devais participer à l’aide aux devoirs dans un collège, à Sillé-le-Guillaume, et les autres jours de la semaine, j’étais détachée comme Asem (agent spécialisé des écoles ma- ternelles) dans une école à Tennie (une commune sarthoise d’un millier d’habitants NDLR). »

Mais mardi 22 août, le couperet est tombé. « J’ai déjà travaillé deux ans, il me restait trois ans. Mais à treize jours de la rentrée, on m’a dit : « désolé Emma on ne peut pas te renou- veler… » Je savais que ça allait s’arrêter un jour… Mais là je n’étais pas préparée. J’ai trois enfants et des factures qui tombent toujours… Toute la semaine dernière, j’ai pleuré tous les jours. Mais maintenant ça suffit, il faut que j’essaie de m’organiser dans ma tête. »

Un yo-yo émotif pour Kristell

Dans la Sarthe, Kristell, 34 ans, a vécu la même expérience douloureuse qui a néanmoins connu ce mercredi un dénouement heureux. Jointe au téléphone mardi, elle racontait alors qu’elle devait bénéficier d’un contrat aidé à la rentrée pour un poste d’auxiliaire de vie scolaire (AVS) pour accompagner une petite fille handicapée, dans une école privée.

« En juin, j’ai passé tous les entretiens et j’ai eu un accord verbal de la direction qui m’avait dit que je signerai mon contrat après le 15 août. Or lundi 21 août, au lieu d’avoir un appel de l’école, c’est Pôle Emploi qui m’a appelée pour me dire que suite à la décision du gouver-nement Macron, je ne pouvais plus bénéficier de mon contrat aidé et que l’école n’avait pas les finances pour m’embaucher sans cette aide de l’État. C’était l’emploi dont je rêvais. »

Lundi 28 août, sur France Info, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées affirme pourtant que « les 50 000 contrats aidés [d’auxiliaires de vie scolaire] seront sanc- tuarisés pour l’accompagnement des élèves handicapés ». Mais cela ne semble pas concerner les écoles privées, lâchait ce mardi, dépitée, Kristell après avoir contacté l’école. Une décep- tion au final de courte durée, puisque le lendemain, mercredi, alors qu’elle ne s’y attendait plus, Pôle emploi lui a appris que finalement son contrat allait être signé. « On nous a dit que le préfet de région avait débloqué des fonds pour les AVS », explique-t-on à l’OGEC (Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique).

Reste que tout n’est pas réglé pour la petite école sarthoise, elle avait prévu un autre contrat, qu’a priori elle n’aura pas, d’employé de vie scolaire pour la garderie et la cantine notamment. En attendant une solution, ce sont les parents qui devraient aider au fonctionnement de l’école.

Contrat annulé cinq jours avant la rentrée

Pour Catherine Gay, de la région bordelaise, ça a aussi été la douche froide. Ce mardi matin, à cinq jours de la rentrée, elle a reçu ce courrier : « Nous revenons vers vous concernant la prolongation de votre contrat unique d’insertion (CUI). À ce jour, les moyens qui sont alloués pour l’emploi de contrats aidés sont en diminution. […] Nous avons donc le regret de vous annoncer que le contrat que vous occupez sur des fonctions administratives ne sera pas prolongé. »

Jusqu’au 31 août, cette femme de 56 ans, avait un contrat aidé en qualité d’employée de vie scolaire (EVS) dans une école élémentaire de la banlieue de Bordeaux. Elle était chargée de l’aide administrative auprès du directeur. « Lundi, mon lycée employeur ne savait toujours pas si mon contrat allait être renouvelé », confie-t-elle. À quelques jours de la rentrée, l’école va alors devoir trouver une solution d’urgence pour fonctionner.

Ces trois cas ne sont pas isolés. De nombreuses personnes ont réagi à l’appel à témoins que nous avons lancé à ce sujet sur Facebook. Il y a Déborah qui devait travailler dans l’une des écoles de la commune de Valorbiquet (Calvados) qui a décidé de reporter de cinq jours la rentrée. Il y a aussi Elodie qui attend « la boule au ventre » de savoir si son contrat sera renouvelé, ou encore Christelle, Claire, Morgane, « en attente mais pas de nouvelles… »

01/09/2017 Janik LE CAÏNEC.

http://www.ouest-france.fr/

Commentaire: La « lutte des classes », c’est rarement les pauvres contre les riches, (on appelle cela une « révolution »), c’est  la lutte quotidienne que mènent les riches pour « faire des économies » qui vont directement sur leurs comptes!

 

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