05 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

ps (jdd)

hollane ps

Édito politique: La « verdisation » du PS ou comment l’art de la synthèse a bloqué le parti

Le Parti socialiste a tenu lundi soir son bureau national de rentrée. L’occasion pour les socialistes, toujours très divisés, de tenter un état des lieux.

Les socialistes n’arrivent pas à trancher. Le communiqué final du bureau national est un modèle du genre : « le PS soutient les manifestations syndicales contre la loi Travail, mais n’appelle pas explicitement à manifester ». La beauté d’une motion de synthèse en une seule phrase !

Le « soutien sans participation », ça vous rappelle quelque chose ? On est là au cœur des errances actuelles des socialistes : pas d’accord entre eux sur le mot d’ordre, les uns ayant déjà appelé à se joindre aux cortèges de la CGT le 12 septembre, d’autres n’excluant pas de défiler derrière Jean-Luc Mélenchon le 23 septembre, les derniers refusant catégo- riquement de s’afficher à la remorque des uns ou des autres tant que l’unité n’a pas été trouvée, mais n’excluant pas de lancer leur propre journée de mobilisation.

De nombreuses interrogations, et aucune réponse claire. Certes, Les socialistes sont unanimes à vouloir exprimer leur opposition viscérale à cette loi Travail. Ils en réclament aujourd’hui le retrait, mais comment faire oublier qu’ils défendaient, il y a 6 mois encore, la loi El Khomri portée par un gouvernement auquel, cette fois, ils participaient sans que tous d’ailleurs le soutiennent.

Une posture politique délicate qui n’est pas la seule à faire l’objet de contentieux entre eux. Faut-il vendre le siège pour tourner la page, et accessoirement retrouver du cash-flow ? Faut-il changer le nom du parti pour signifier son renouvellement ?  Stéphane le Foll s’est empressé de lancer le débat en proposant tout de go « Socialistes ». Avec un s. Une proposition ébouriffante qui lui a valu des moqueries. « Pourquoi mettre un s ? On n’est plus si nombreux », a immédiatement ironisé un responsable.

Une page difficile à tourner, un positionnement impossible à trouver. En réalité, c’est leur identité que les socialistes doivent réinventer. Socialistes ? Socio-démocrates ? Socio-libéraux ? Socio-réformistes ? C’est la page du congrès d’Epinay de 1971 qu’il faut tourner. Aujourd’hui, c’est un chas d’aiguille dans lequel ils doivent se glisser entre un Macron qui a inventé l’a-socialisme, et un Mélenchon qui incarne à lui seule tout le champ de la contestation politique.

Trop de démocratie tue la démocratie. Les socialistes ont décidé de s’attaquer aux statuts du parti. À les écouter, c’est à se demander s’ils ne sont pas train de se « verdiser » à vitesse grand V. Ce syndrome du parti écolo qui longtemps a fonctionné ou dysfonctionné sur une démocratie interne tatillonne où ils passaient leur temps à voter pour savoir s’ils s’autorisaient à voter. Aujourd’hui, le PS s’en remet à ses militants, consultés le 28 septembre pour savoir s’ils doivent ou non faire évoluer leur fonctionnement interne. « Ne vous y trompez pas, c’est très politique », confie un membre du parti. Il a raison, les règles internes, faites de contribu- tions, résolutions, motions qui se terminent en synthèse bancale depuis plus de vingt ans, ont empêché une clarification de la ligne du PS et tout leadership incontesté de se dégager. Ce fut entre autre ce compromis boiteux qui a nourri les fractures du quinquennat précédent.

Mais ergoter sur le crochet et la petite ficelle qui permettent de tenir un cadre vide en dit long sur le désarroi d’un parti désormais sans leader naturel, sans référence historique évidente, sans héritage à assumer, sans alternative à proposer. La défaite électorale des socialistes n’est rien face au travail de reconquête doctrinale qui les attend.

5 septembre 2017

http://www.europe1.fr/

frondeurs

Olivier Faure contredit François Kalfon et Luc Carvounas : « Le PS n’appellera pas à manifester les 12 et le 23 septembre »

Le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale Olivier Faure a annoncé, vendredi 1er septembre, que le Parti socialiste « ne sera pas présent le 12 et le 23 septembre » lors des manifestations contre les ordonnances réformant le code du travail. Voici ce qu’il a déclaré lors d’une conférence de presse à Solférino :

Le Parti socialiste n’appellera pas à manifester le 12 et le 23 septembre prochain car ce sont des organisations syndicales et un mouvement politique qui sont à l’initiative. C’est donc la position officielle du Parti socialiste. Enfin presque, car la direction collégiale à 28 membres n’est pas un long fleuve tranquille. Lundi, le conseiller régional François Kalfon, membre de la direction collégiale provisoire du parti, avait affirmé que le PS serait « aux côtés des salariés » le 12 septembre. « Le 12 septembre nous participerons à la manifestation », avait aussi dit le même jour le député socialiste Luc Carvounas.

Auprès de L’Obs, François Kalfon, ex-directeur de campagne d’Arnaud Montebourg, dit sa « surprise » face à l’annonce d’Olivier Faure :

« Chaque adhérent prendra sa décision à titre personnel », a poursuivi Rachid Temal, le numéro deux du parti. À croire que François Kalfon n’est qu’un simple adhérent… « Je préfère le cadre collectif » et souhaite mener des « discussions informelles » avec les syndicats et les autres partis de gauche, a-t-il ajouté. Sur le fond, a-t-il précisé, le PS « refuse cette loi travail » car « c’est un recul du dialogue social qui crée de l’insécurité sociale ». « C’est un texte inutile et une mesure uniquement de droite », a quant à elle déclaré Rita Maalouf, chargée du pôle Production et répartition des richesses.

Le syndicat Force ouvrière, qui avait été un des fers de lance de l’opposition à la loi travail en 2016, a annoncé mercredi qu’il ne manifesterait pas le 12 septembre avec la CGT et Solidaires. La CFDT s’abstiendra également de défiler, son secrétaire général Laurent Berger estimant que « le combat syndical ne se résume pas à la rue, il est tous les jours dans les entreprises ». Pour sa part La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon appelle à manifester le 23 septembre contre « le coup d’état social » que constituent selon lui les ordonnances.

Amandine Réaux 1er septembre

http://lelab.europe1.fr/

tract ps

Pour protester contre la loi Travail, le PS va « éditer un tract » et puis c’est tout

Ce mois de septembre, plusieurs manifestations se tiendront contre la loi Travail, portée par la ministre Muriel Pénicaud. Au Parti socialiste, il y a ceux qui n’appellent pas à manifester (Olivier Faure en tête) et d’autres (comme Benoît Hamon) qui aimeraient bien se joindre aux syndicalistes le 12 septembre prochain.

Heureusement, le PS a décidé de clarifier la situation. Enfin, presque. Ce lundi 4 septembre, lors d’une conférence de presse, Karim Bouamrane, porte-parole du parti a exposé la position du Bureau national. Le PS appelle ainsi ses fédérations « à mener des actions de mobilisation » et va  »éditer un tract national contre la loi Pénicaud », tract qui devrait être publié d’ici quelques jours. Et sachez-le, « tout le monde a été unanime pour stigmatiser les ordonnances ».

Mais pas d’emballement. Car si le PS « respecte l’indépendance syndicale et pousse, sou- tient toutes les démarches syndicales », le parti ne compte pas appeler à manifester le 12 septembre avec les syndicats, et encore moins y participer. Alors, pour ce qui est de la manifestation du 23, à l’appel de La France insoumise, c’est compliqué. Au PS, pour parler de l’incompatibilité qui existe entre socialistes et Insoumis, on parle de « clarification idéologique ».

Il y aura bien quelques représentants du PS le 12 septembre : le député Luc Carvounas, le conseiller régional François Kalfon, membre de la direction collégiale provisoire du parti, le député européen socialiste Guillaume Balas et Benoît Hamon (lequel pourrait même se joindre aux Insoumis). Mais la grande majorité du PS reste sur la position du « oui mais non ». Une ligne exposée par Olivier Faure vendredi dernier. Le patron des députés socialistes était assez clair :

Le Parti socialiste n’appellera pas à manifester le 12 et le 23 septembre prochain car ce sont des organisations syndicales et un mouvement politique qui sont à l’initiative.

04 septembre 2017 Loïc Le Clerc

http://lelab.europe1.fr/

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