16 août 2017 ~ 0 Commentaire

pollution (jdd)

ozone

La pollution cause 50.000 morts chaque année en France

En France, la pollution à l’ozone et aux particules fines cause chaque année 50.000 morts. Ce bilan risque d’être alourdit à l’avenir par le réchauffement climatique.

À chaque coup de chaud, la France tousse. Au début du mois, la procédure d’alerte a été activée sur le bassin grenoblois, où les habitants devaient limiter les activités intenses et les sorties. En cause : la pollution à l’ozone liée aux conditions météo. À l’horizon 2050, l’Hexagone pourrait subir des épisodes plus graves et plus nombreux. Des concentrations en ozone ­noci- ves pour la santé (supérieures à 100 microgrammes par mètre cube d’air) pourraient survenir entre cinquante et cent jours par an en Europe, quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise de ne pas s’exposer plus de vingt-cinq jours par an à de telles valeurs.

« Si la qualité de l’air s’améliore actuellement en Europe, ailleurs les émissions continuent d’augmenter »

Ces projections sont le fruit de travaux publiés en juillet dans Nature ­Communications par une équipe internationale, dont des chercheurs français du CNRS, du CEA et de l’université Paris- Est Créteil. Ils se sont penchés sur la qualité de l’air en 2050, dans le cadre d’un scénario de réchauffement global de 3 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Soit l’hypothèse vers laquelle nous allons si les engagements de baisse d’émissions de gaz à effet de serre de l’accord de Paris sont respectés.

L’ozone est un gaz produit sous l’effet du rayonnement solaire à partir des activités humaines (industrie, trafic automobile, peintures…). « Ce n’est pas la seule hausse glo- bale de 3 °C qui influence la qualité de l’air, mais ses causes et ses conséquences : l’augmen- tation des émissions de polluants accompagnant celles de gaz à effet de serre qui vont créer de l’ozone, notamment les oxydes d’azote et le méthane », explique Robert ­ Vautard, directeur de recherche CNRS à l’Institut Pierre-Simon-Laplace, l’un des coauteurs de cette étude. « Or si la qualité de l’air s’améliore actuellement en Europe, ailleurs les émissions continuent d’augmenter. »

Des millions de morts en 2100 avec la chaleur

combinée à l’absence de vent et aux activités ­humaines, l’ozone se retrouve piégé au sol. Lorsqu’il est présent en trop grande quantité, ce gaz est toxique et irritant. Les plus vulnérables sont les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant de maladies respiratoires et cardiovasculaires. En France, la pollution à l’ozone et aux particules fines cause déjà chaque année 50.000 morts.

Le réchauffement climatique accroîtra cette mortalité, avertit l’OMS. « Dans les années 2000, on estime que la pollution à l’ozone a entraîné 400.000 décès par an sur la planète. Selon les projections, avec le réchauffement climatique, ce seront plusieurs millions de morts en 2100″, résument Béatrice Josse et ­Virginie Marécal, chercheuses à Météo France et au CNRS. Si le réchauffement se limite à + 2 °C en 2050, la législation européenne permettra encore de contrer la hausse de concentration en ozone, estime Robert Vautard. « Mais à + 3 °C, ce ne sera plus possible. Du fait des émissions hors du continent, la concentration en méthane doublera et fera bondir la teneur en ozone. Les mesures européennes seront alors très insuffisantes. »

15 août 2017

http://www.lejdd.fr/

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