12 août 2017 ~ 0 Commentaire

facebook (jdd)

« Insoumeetic » : quand les Insoumis se rencontrent sur Facebook

Huit sympathisants de la France insoumise administrent depuis les élections législatives un groupe Facebook, « Insoumeetic », qui favorise les rencontres entre militants. Un lieu sous le signe de l’amour et de l’humour, qui accueille également des jeunes communistes. Le groupe Facebook Insoumeetic comptabilise plus de 1.000 membres

Une page Facebook pas comme les autres. Dans ce groupe fermé, huit administrateurs insoumis font vivre depuis quelques mois une agora particulière. Son nom? « Insoumeetic », contraction d’ »Insoumis » et du célèbre site de rencontre Meetic. Les échanges y sont à la fois humoristiques et séduisants et rassemblent déjà 1.148 membres, qui se présentent comme des sympathisants de La France insoumise ou du Parti communiste. Si l’idée de départ est de favoriser des rencontres entre personnes du même bord politique, elle vise également des échanges dépolitisés, des rencontres au feeling, au cœur même d’un terroir de gauche.

« On évite de trop parler politique »

Le créateur de la page, un fonctionnaire de 39 ans qui a voté Jean-Luc Mélenchon, explique au JDD la genèse de cette idée : « C’est parti de rien. Dans un groupe Insoumis consacré aux législatives, une adhérente avait fait une publication dans le style d’un site de rencontre. Son message a fait beaucoup réagir, plus de 800 commentaires, au point que l’administrateur a dû les suspendre. De fil en aiguille, on a rigolé là-dessus, j’ai créé le logo en faisant le jeu de mot puis on a créé la page. » Une idée ex-nihilo, qui « à la base est pour rire, mais s’il y a des rencontres, c’est tout bénéf », ajoute le responsable. « Ce qui serait dommage, c’est que ça devienne un vrai site de rencontre comme tous les autres, ajoute encore le fonctionnaire. On fait les publications qu’on a envie de faire, on évite de trop parler politique. C’est une ramification des Insoumis, on est là pour parler dans la légèreté et le respect. »

Pour un autre administrateur, militant très engagé de 45 ans depuis décembre dernier et ex-candidat LFI aux législatives, l’initiative peut servir à « éventuellement rencontrer quelqu’un du même bord politique ». Mais, pour le moment, il existe un problème pratique : « On n’a pas spécialement ciblé région par région, bien qu’il y ait une carte qui répartisse les lieux d’où viennent les membres. On discute avec des personnes à l’autre bout de la France. »  Ce qui, de fait, peut limiter les relations amoureuses… Globalement, les personnes interrogées disent ne pas avoir fait de « rencontre marquante ».

L’ambiance est colorée, de multiples bannières portant des interrogations diverses parcourent la page, tel un « Qui serait prêt à faire des kilomètres d’Amour? » sur fond rose, agrémentés de commentaires comme « l’amour n’a pas de frontière », ou la chanson de Grand Corps Malade « les voyages en train ». Entre deux photos de Jean-Luc Mélenchon, on trouve des photos de fleurs, des paysages, des citations de Racine, et diverses plaisanteries. Mais, malgré les souhaits de son créateur, les discussions sont souvent liées à la politique.

« De l’humour beauf ou sexiste »

Moins enthousiaste, une ancienne militante du Front de gauche, « virée du groupe », résume toutefois cette page à « trois ou quatre mecs chelous qui postent de l’humour beauf ou sexiste ».

Les communistes contre « l’esprit de meute des Insoumis »

La présence de communistes, pour sa part, ne fait pas l’unanimité. D’ailleurs, cette page est parfois révélatrice de l’ambiance régnante entre pro-Mélenchon et leurs anciens alliés… Ainsi, l’un des administrateurs de la page « n’aime pas » la présence d’utilisateurs se revendiquant comme des jeunes communistes : « Un groupe comme ça ne devrait pas rester ouvert aux autres groupes politiques. Le but est de faire des rencontres, pas de parler à longueur de journée de politique. »

Âgé de 22 ans, Stéphane, un jeune militant communiste, étudiant à Toulouse, dit avoir intégré Insoumeetic justement grâce à des amis jeunes communistes   »qui passent leur temps à troller sur les réseaux sociaux ». Pour lui, la forte activité communiste sur le groupe est au contraire positive : « On peut discuter avec des personnes avec lesquelles on a beaucoup de mal à communiquer en temps normal. Ça passe sur le ton de la blague, on a une piste pour le débat, puisque la situation est assez tendue entre Insoumis et communistes. Après, on ne va pas non plus se sauter dans les bras au bout de deux mois, mais ça permet de se détendre. On ne mange pas les enfants, d’un côté comme de l’autre. »

Un autre militant communiste, pour qui il doit « bien y avoir 200 communistes sur les 1.000 membres du groupe », trouve toutefois le concept « malsain » : « L’idée peut être attirante, mais c’est un lieu d’entre soi. J’ai vu des gens écrire qu’avoir des relations hors Insoumis était très grave. Certains sont vraiment là pour trouver l’âme sœur. »

Stéphane, l’étudiant communiste toulousain, trouve également le concept de rencontres politiques du même bord « sectaire ». Il précise qu’il « ne sortira jamais avec un facho », et il constate une spécificité « communautaire » chez les Insoumis : « Parfois, ça fait un peu peur. Ils ont un symbole, le Phi, et un sentiment d’appartenance à un groupe très fort. Si on les critique, qu’on se met à débattre, on sent qu’on touche à un esprit de meute. Chez les communistes, on peut s’engueuler, mais chez les Insoumis, quand on touche à un membre, on peut se mettre à dos tout le groupe. »

« L’esprit est bon enfant »

Une autre administratrice et militante Insoumise depuis un an, défend au contraire son mouve- ment. Elle rappelle concernant les jeunes communistes qu’il faut être « ouvert d’esprit, une valeur dans la lignée de la France insoumise »: « Les jeunes communistes ne sont pas des personnes qui sont contre notre esprit. » Elle se défend d’être sectaire, même s’ils doivent « surveiller » certaines publications. Mais avant tout, « l’esprit est bon enfant ».

Sophie, 50 ans, militante insoumise elle aussi et ancienne candidate suppléante aux législatives, l’assure également : « LFI est ouvert, ce n’est pas un parti mais un mouvement, personne n’a de carte. » Mais « les communistes ne me font pas rire », dit-elle en riant. Utilisatrice du groupe, elle se défend de leurs propos, « je n’ai pas l’impression de faire de l’entre soi, il me serait difficile de passer des soirées avec des gens qui votent Front national. Envisager une relation avec quelqu’un qui a un discours très libéral, à droite, ça partirait au clash. Je connais un couple dont l’un vote extrême droite et l’autre très à gauche, et je ne sais pas comment ils font. » Plus encore, elle affirme : « Je pourrais tomber amoureuse d’un communiste. J’essayerai juste d’expliquer à Pierre Laurent qu’il faut sortir du nucléaire. » A quoi tiennent les relations.

10 août 2017

http://www.lejdd.fr/

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin