19 avril 2017 ~ 0 Commentaire

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Non Mélenchon, tou-te-s les candidat-e-s n’aiment pas la patrie

Lors du journal télévisé de France 2 du 07/04/2017, Jean-Luc Mélenchon a répondu à la question : pourquoi se présenter ? Il a dans un premier temps parlé de l’acte d’un citoyen républicain et démocrate qui agit dans la Cité, et puis qui aspire à jouer un rôle par ses propositions. Il rappelle qu’il a passé sa vie à ça. Il a parlé de son amour pour la patrie et de l’histoire de France, dans laquelle il choisit ses héros, tout en disant que tous les candidat-e-s à cette présidentielle sont animé-e-s d’un amour de la patrie.

Quelle histoire de France ?

Son amour de l’histoire de France n’est pas le nôtre. Mélenchon n’a pas cette analyse1 qui met au centre de l’histoire la classe des travailleur/ses, et plus particulièrement la lutte de classe. Mélenchon en parlant de l’histoire de France fait l’impasse sur qui la raconte, de quel point de vue. L’histoire de la France officielle c’est celle de nos manuels scolaires, celle racontée par les classes dirigeantes, qui tait la Commune de Paris, qui diminue les atrocités du colonialisme, qui tait le néo-colonialisme, l’impérialisme français, c’est celle qui fait confondre les partisan-e-s de Lénine et les partisan-e-s de Staline…

L’histoire qui nous intéresse, c’est l’histoire des exploité-e-s, des opprimé-e-s de France, mais aussi de tout pays, de toute région, qu’elles soient nationales ou non2. Ce qui nous intéresse, ce sont les mouvements sociaux qui font que les exploité-e-s, les opprimé-e-s, prennent conscience de la force qu’ils et elles ont, de la centralité de leur position dans la société, prennent conscience que tout ce monde repose sur elles et eux.

Nous ne choisissons pas quelques héros (héroïnes aussi?) dans l’histoire des exploiteurs. Les seuls héros et héroïnes, ce sont les travailleur/ses, les exploité-e-s, les opprimé-e-s qui s’organisent, et qui elles et aux aussi monsieur Mélenchon, en plus de leur travail, font de la vraie politique.

La patrie, un amour ?

Comment est-il possible que Mélenchon, qui connaît pourtant les positions du NPA et de Philippe Poutou, comme celle de LO et de Nathalie Artaud, puisse dire que tous les candidat-e-s sont animé-e-s d’un amour de la patrie ?

Même si Mélenchon ou les militant-e-s de la France Insoumise peuvent rappeler facilement que ce terme de « patrie » a été réapproprié par la propagande révolutionnaire de 1789 (« amour sacré de la patrie » dit la Marseillaise), depuis au moins la politique impérialistes et chauvine de la Troisième République, qui a contribué préparer la boucherie de 1914, il a pris un sens nationaliste. Et même dans le sens dit révolutionnaire, il efface là encore, au même titre que le terme « citoyen-ne »3, la notion fondamentale de classe, et des intérêts antagonistes entre deux classes centrales : la classe des travailleur/ses et la classe des grands patrons.

Ne pas mettre ceci en perspective est révélateur du fait que le programme de la France Insoumise ne permettra pas de changer la société fondamentalement. L’exploitation capitaliste, tant qu’elle est faite par de « bons » patrons respectueux de la France, n’est pas un problème

Dans le programme de Mélenchon, cela conduit à substituer à l’antagonisme des classes fondamentales l’idée selon laquelle il serait possible de distinguer de « bons » patrons, qui seraient d’accord pour respecter les lois de la future VIe République et pour bien investir par l’incitation fiscale, et les mauvais patrons soumis à la « Finance ».4

Ni patrie, ni patron

Pour nous, ce n’est pas en donnant carte blanche à un bon tribun au service de « la France » que nous pourrons changer la société et en construire une nouvelle, sans exploitation, sans oppressions. Il n’y a pas photo, deux travaileur/se-s de Roumanie et de France ont mille fois plus d’intérêts communs que les travailleur/se-s de France et les patrons français. C’est en ces termes que nous analysons notre rapport à la nation, cadre qui nous est imposé par l’histoire des dominants, mais dont nous voulons nous débarrasser en luttant dans une perspective internationaliste :

ll va absolument de soi que, pour pouvoir ne serait-ce que lutter, la classe ouvrière doit s’organiser chez elle en tant que classe, et que le territoire immédiat du combat est son pays. C’est dans cette mesure que la lutte de classes est nationale, non dans son contenu, mais, comme le dit le Manifeste communiste, dans sa forme. »5

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Lucas Battin (17 avril 2017)

http://tendanceclaire.org

Commentaire: La Tendance Claire est un courant du NPA

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