17 avril 2017 ~ 0 Commentaire

le genre (tv5)

Touche pas parodie

Le genre, toute une encyclopédie pour un mot si détesté

Dans un ouvrage de plus de 700 pages, des chercheur-es ont planché sur le genre à travers plusieurs angles. La première « encyclopédie critique du genre » en France questionne le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Entretien avec la chercheure Juliette Rennes qui a coordonné le projet. 

Consommation, handicap, virginité, danse, espace urbain, Internet, autant de sujets abordés dans cette encyclopédie par le prisme du genre.

Mais au fait, c’est quoi la notion de genre exactement ?

« Le genre c’est d’abord une question de recherche que l’on pose au monde social. (…) Il s’agit d’observer le monde social, par exemple, un univers professionnel en posant la question du rapport entre les sexes, comment le féminin et le masculin organisent l’espace, …. » explique, sur le plateau de TV5MONDE, Juliette Rennes, enseignante-chercheure à l’Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS – Paris). « Longtemps dans les sciences sociales, la question du genre ne s’est pas posée.«   Le genre, c’est d’abord un système qui organise le monde social à travers des catégories de féminin et de masculin

« Le genre » est au centre de cet ouvrage unique sur le fond et dans la forme car les auteurs ont tenu à respecter aussi des règles de l’écriture inclusive qui permet de faire apparaître le féminin et le masculin dans le texte (intellecutel.le ; auteurs-actrices ; mot épicènes non genrés comme « une personne »).

Il y a bien sûr la définition du dictionnaire.  »L’origine du terme en français ‘le genre’ est gram- matical, le genre féminin/masculin, explique Juliette Renne. Mais le genre, c’est d’abord un système qui organise le monde social à travers des catégories de féminin et de masculin, non pas seulement les personnes mais aussi les objets, l’espace, ….« 

Cette encyclopédie s’intéresse plus particulièrement à trois thèmes :  le corps, la sexualité, les rapports sociaux de sexe. Ces thèmes incluent par exemple le sport où le genre a souvent été en question ces dernières années.

« Le sport est organisé par cette différence entre les sexes et quand des personnes ne sont pas tout à fait classables dans cette bi-catégorisation femme/homme, elles rencontrent des problèmes », souligne Juliette Rennes. Ce fut le cas en 2014 de l’athlète indienne Dutee Chand qui secrète de la testostérone naturellement. Cette hormone qui peut accroître la masse musculaire est réputée améliorer les performances sportives. Dutee Chand a refusé de participer à une compétition après avoir dû se soumettre à un test hormonal sensé prévenir le dopage.

La bicatégorisation de la société en deux sexes est aussi un impératif social

« Cette affaire nous dit que la bi-catégorisation de la société en deux sexes est aussi un impé- ratif social comme lorsque par exemple un enfant doit être déclaré à l’état civil garçon ou fille. On invoque la nature mais elle n’est pas si rigide. Selon que l’on prend des critères génétiques, hormonaux, anatomiques, il y a des personnes qui naissent avec des identités moins stricte- ment binaires que d’autres. » souligne encore Juliette Rennes. Les chercheur-es préfèrent dans ce cas parler de « personnes inter-sexe« .

Une alimentation genrée ?

La question du genre se retrouve aussi là où on n’y fait peut-être toujours attention, comme l’alimentation. « Dans notre société les garçons et les filles n’ont pas la même alimentation, confirme la chercheure. Il y a des normes d’alimentation assez genrées.«  Plus de gras ou d’aliments pourvoyeurs en protéine par exemple pour les hommes.

Les auteur-es de cet ouvrage ont aussi voulu mettre en avant les inégalités soulevées par l’étude des genres.

« La mondialisation a des effets sur les inégalités entre les sexes et entre femmes. Les femmes des pays riches profitent de la venue de femmes de pays pauvres à qui elles font faire le ménage, la garde d’enfants. Cela permet aux femmes occidentales d’accéder plus facilement à des métiers valorisés.« 

La théorie du genre

Quid des détracteurs de la « théorie du genre » ? « Il ya beaucoup de confusion autour de la « théorie » du genre, employée de manière péjorative par ses adversaires qui veulent la restrein- dre à une « théorie », à des éléments spéculatifs détachées d’études empiriques. Il y a beaucoup de craintes autour des effets de ces travaux qui montrent que ce que l’on voudrait considérer comme naturel est le fait de l’éducation, de l’environnement… » Cela fait bien longtemps qu’outre Atlantique, dans les pays anglo-saxons, ou en Allemagne et d’autres pays européens, ces peurs et rancoeurs semblent déjà d’un autre âge…

TV5MONDE Léa Baron 17.04.2017
Editions La Découverte, Paris, 2017, 35 €

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