09 avril 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (le parisien)

revanche

Poutou : «Avec moi, les gens ont pris une revanche!»

Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 10 mars. « A quoi ça rime de s’en prendre aux immigrés ? » s’indigne Philippe Poutou à propos du FN.

Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste pour la présidentielle, Philippe Poutou, qui milite entre autres pour l’interdiction des licenciements, espère capitaliser après son coup d’éclat lors du dernier débat télévisé. À deux semaines du premier tour de la présidentielle, le candidat ouvrier espère capitaliser après son coup d’éclat lors du dernier débat télévisé.

Vous avez fait sensation lors du débat avec votre formule sur l’«immunité ouvrière» visant Marine Le Pen et François Fillon sur les affaires…

Philippe Poutou. Beaucoup de gens viennent me voir, me reconnaissent, me demandent une photo et surtout me remercient d’avoir osé dire les choses franchement. C’est touchant. Les gens sont fiers. Mais je reste surpris de l’impact de cette séquence. Ça montre le niveau de colère qui existe sur ces sujets. Avec ce moment de télé, les gens ont pris une revanche.

Cette réplique était-elle préparée ?

Nous avions l’intention de parler de la corruption des politiciens. Mais la manière dont c’est sorti était spontanée. Il y avait une grosse pression pour ne pas le faire. On nous a demandé de rester fair-play et de nous concentrer sur les programmes. Il ne fallait pas que ça dérape. Et puis voilà, c’est sorti.

Il y a eu aussi des critiques sur votre tenue. Marion Maréchal-Le Pen a dit que vous étiez « en pyjama et pas rasé »…

C’est marrant. On sent qu’ils ont la haine. Ça relève du mépris social.

Vous avez refusé de serrer la main à Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron. Pourquoi ?

J’ai toujours refusé de serrer la main de la droite et de l’extrême droite. On n’a rien à faire ensemble. On n’a rien à voir. Ça n’est pas ma famille. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai refusé de faire la photo.

En 2012, vous n’aviez atteint que 1,15 % des voix, quel est votre objectif cette fois ?

Faire entendre la révolte sociale, dénoncer ce système capitaliste, ses richesses indécentes. Il faut arrêter de subir. On nous parle de vote utile. Mais être utile, c’est arrêter de baisser la tête.

Quelle est la mesure phare de votre programme ?

L’interdiction des licenciements, la retraite à 60 ans et la réduction du temps de travail. C’est la suppression du chômage, en fait.

Vous défendez les ouvriers mais c’est vers Marine Le Pen qu’ils se tournent aujourd’hui…

Dans l’usine où je travaille, il y a des collègues un peu paumés qui vont voter pour elle. C’est lié au climat social, au désarroi. Les gens se replient sur eux-mêmes. Le Pen profite de ça. Comme elle a des idées de m…, elle profite bien des situations merdiques. A quoi ça rime de s’en prendre aux immigrés ? C’est malsain et violent. Les exploités ont intérêt à se battre ensemble et à se serrer les coudes.

En dix ans, les scores de l’extrême gauche se sont réduits comme peau de chagrin. Jean-Luc Mélenchon a-t-il siphonné votre électorat ?

Jean-Luc Mélenchon est en train d’absorber le PS. Il devient l’incarnation de la gauche institutionnelle. Nous, on pense que la solution est du côté de la révolte.

Regrettez-vous l’annulation du débat sur France 2 le 20 avril ?

Oui. Le soir du premier débat, on a compris qu’il n’y en aurait pas de deuxième. Les petits candidats ont emmerdé les gros. Ils n’allaient pas prendre le risque que cela se reproduise.

Myriam Encaoua |08 avril 2017

http://www.leparisien.fr/

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