08 mars 2017 ~ 0 Commentaire

jeunesse 2 (npa)

le peril jeune

Les candidats du système contre la jeunesse 2

Génération bleu-blanc-rouge ?

Mais pour faire passer ces contre-réformes, qui ne feront que renforcer la précarité dramatique dans laquelle vit toute une partie de la jeunesse, les candidats de droite comme de gauche n’hésitent pas à ressortir des placards les plus vieilles recettes de l’encadrement des jeunes. Après l’état d’urgence, la répression des manifestations et les violences policières dans les quartiers populaires, voilà le retour du service militaire !

Cette mesure fait accord entre la candidate du Front national et… le Parti socialiste, qui l’a intégrée fin novembre à son programme pour la présidentielle, le « rétablissement de la conscription » devant permettre, selon le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, de créer « une véritable garde nationale ». Les anciens candidats à la primaire socialiste, Valls et Montebourg, se retrouvaient sur cette même ligne. Pour le second notamment, il faudrait « rétablir un service national, civil et militaire, égalitaire et universel, pour tous les jeunes hommes et jeunes femmes, obligatoire pour une durée de six mois ».

Certes, Benoit Hamon n’a pas intégré le service militaire dans son propre programme (pas plus que Fillon, qui signale cette évidence que l’armée française n’a plus les structures capables d’accueillir des appelés). Comme Macron, Hamon lui préfère un « service civique », facultatif et… non rémunéré, mais qui, selon le vainqueur de la primaire socialiste, pourrait déboucher sur une « validation des acquis », y compris par l’octroi d’un semestre universitaire – les bras en tombent. Mais rassurons-nous, si l’on peut dire, cela ne fait pas pour autant de Hamon un antimilitariste : pour lui, la priorité budgétaire en matière militaire est en effet… la construction d’un second porte-avions !

Il manque un nom pour que l’énumération soit complète : celui de Jean-Luc Mélenchon. Lui aussi, comme Cambadélis et l’actuelle direction du PS, souhaite le retour de la conscription, appelée «service civique», pour participer à «la garde nationale» ou «garde républicaine»…

Avec Philippe Poutou, approfondir le printemps

Lors d’une récente conférence de presse, une journaliste du Figaro demandait à Philippe Poutou, malgré les neuf mois écoulés depuis les faits, s’il se désolidarisait des « violences » dont la jeunesse aurait fait preuve pendant les manifestations contre la loi Travail. Mais de quelles violences parle-t-on ? Pas de celle qui plonge les jeunes dans la précarité et la misère, les empêchant parfois même d’avoir accès à un logement décent et les faisant renoncer à des soins de santé. Ni de celle qui réprime la contestation, militarise les quartiers populaires et cherche à museler la jeunesse…

Contre le chômage, la précarité et la misère vécus par la jeunesse, contre les diktats et le chantage patronaux, nous revendiquons la réquisition des logements vides, le partage du travail entre tous et toutes, l’interdiction des contrats précaires et un CDI pour tous.

Contre le salariat étudiant imposé et l’échec scolaire, nous nous battons pour l’autono- mie de la jeunesse, pour un pré-salaire d’autonomie financé par les cotisations patronales. Cette autonomie financière est aussi politique, car elle est la seule base sur laquelle les jeunes pourront décider de leurs choix de vie, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre…

En termes d’éducation, contre la privatisation des savoirs, nous revendiquons des universités accessibles à tous et toutes, jeunes ou travailleur-se-s, gratuites, sans cette sélec- tion qui nous pousse à la compétition avec nos voisin-e-s de classe. Pour cela, il faut en finir avec les coupes budgétaires, les fermetures de classes dans les lycées et de filières dans les facs, et refuser que des grandes entreprises du CAC 40 siègent dans les conseils d’administration.

Nos lieux d’études doivent être des lieux de débats et non d’imposition du discours gouvernemental, patronal, nationaliste et militaire.

Loin d’être utopique, notre programme puisera sa force dans la combativité des jeunes étu- diants et travailleurs qui s’en empareront. La candidature de Philippe Poutou, qui porte ces revendications et aspirations, nous servira pour approfondir le printemps et organiser la riposte, contre tous leurs projets de 2017, mais aussi pour fêter comme il se doit la révolution des jeunes travailleurs russes de 1917, qui étaient partis à l’assaut du ciel contre la société capitaliste et ses violences.

 Sarah Macna

Revue L’Anticapitaliste n°84 (février 2017)

https://npa2009.org/

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin