08 mars 2017 ~ 0 Commentaire

jeunesse 1 (npa)

jeunes

Les candidats du système contre la jeunesse 1

Les promesses, évidemment, n’engagent que ceux qui veulent bien y croire. Mais en la matière, le Parti socialiste au pouvoir aura brisé les espoirs d’une gestion « progressiste » du capitalisme en crise.

Il avait pourtant réussi, ces dernières années, à se doter d’un important électorat de jeunesse étudiante, en lien avec sa base sociale enseignante, grâce à son discours sur les questions éducatives.

Telle était d’ailleurs la première fonction de la promesse de créer 60 000 postes dans l’Edu- cation nationale, dans le cadre la « priorité à la jeunesse » proclamée par le candidat Hollande lors de sa campagne de 2012. Dans les faits, non seulement les 60 000 postes sont devenus 31 000, mais ils ont aussi changé de nature puisque 24 300 de ces créations ont concerné des postes d’enseignants stagiaires en formation.

En ce sens, l’Education nationale à la mode du PS aura été celle de la précarisation, sans parler de la réforme Peillon et de la détresse vécue dans les zones d’éducation prioritaire, comme en témoigne la mobilisation en cours. Dans les universités, le quinquennat socialiste n’a fait que poursuivre la contre-réforme entamée sous Sarkozy. Après avoir entériné les lois d’autonomie des universités (LRU 1 et 2), le gouvernement Hollande a surenchéri avec la loi Fioraso, qui encourage les fusions d’établissements et aggrave la précarisation des emplois, autrement dit la mise en concurrence accélérée entre universités et entre personnels, sous les auspices de l’austérité budgétaire.

Quant à la dernière grande promesses des socialistes, celle d’une allocation étu- diante pour tous et toutes, elle n’a pas connu le moindre début d’application, y compris sous le ministère du frondeur Benoit Hamon – ce qui n’empêche pas cette « gauche du PS » de la faire aujourd’hui réapparaître comme par magie.

Génération Khatchik, Leonarda, ZAD, loi Travail, Adama…

Mais si la « priorité » annoncée ne s’est pas mise en place dans les ministères, elle s’est affi- chée dans la rue. C’est en effet la jeunesse qui, la première, aura répondu aux trahisons et mensonges du gouvernement socialiste. Fin 2013, en solidarité avec Khatchik et Leonarda, contre les expulsions de sans-papiers. En 2014, sur les ZAD de Notre-Dame-de- Landes et du Testet, contre l’impunité des policiers assassins de Remi Fraisse. En 2015, en solidarité avec les migrants et contre l’état d’urgence. En 2016, contre la loi Travail et en solidarité avec la famille d’Adama Traoré.

La rose du PS en a perdu ses pétales. Ce parti qui pendant tant d’années avait réussi à encadrer la jeunesse, par SOS Racisme dans les quartiers populaires, par l’Unef dans les universités, s’est fait déborder sur la gauche par les jeunes en lutte contre l’exploitation capita- liste et le racisme d’Etat. « OnVautMieuxQueça » aura été pendant des mois le mot d’ordre d’une génération qui sait, qu’elle soit sur les bancs de l’enseignement ou déjà sur le marché du travail, que ses conditions de vie seront moins bonnes que celles de ses parents.

Avec un chômage à 25 % et la multiplication des contrats précaires, difficile de penser autrement. Dans un récent sondage IFOP, à la question «Globalement, quel est votre état d’esprit face à la société française actuelle ?», les 18-25 ans étaient 48 % à répondre «révol- té», contre 27 % « résigné ». La réalité de la précarité contribue fortement à ces chiffres. Aujourd’hui, 80 % des jeunes accèdent à l’emploi par un contrat précaire et après quatre ans de salariat, ils sont encore 30 % (plus de 45 % pour les non-diplômés ou titulaires d’un brevet) à être maintenus dans cette situation. C’est contre cette jeunesse qui refuse de marcher au pas de l’austérité et de la logique néolibérale que les principaux candidats de 2017 ont pensé leur programme.

Alternance et ubérisation

Le candidat des Républicains compte bien continuer à appliquer les recettes qui marchent… pour le patronat. Pour mettre fin au chômage de masse qui touche de plein fouet la jeunesse (25 % chez les 18-24 ans), François Fillon met en avant sa mesure phare : l’alternance pour tous. Selon lui, il faut en finir avec le culte du diplôme et former les jeunes aux réalités de l’entreprise pour donner aux patrons envie « d’investir » en eux.

La formation en alternance permettrait de mieux insérer sur le marché du travail une jeunesse devenue encore moins chère. Le candidat veut pour cela supprimer les charges patronales sur l’emploi des jeunes en alternance et promet d’autres avantages aux entreprises dont les effectifs comprendraient au moins 4 % de jeunes sous ce statut.

De son côté, Emmanuel Macron, qui revendique la loi Travail comme évidemment celle qui porte son nom, promet de poursuivre la casse du Code du travail, au profit de l’«ubérisa- tion» dont il est le plus farouche défenseur. Vous ne trouvez pas de patron pour vous exploi- ter? Exploitez-vous vous-même !

Avant même d’officialiser sa candidature, Macron exposait que « quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long. » En fait, « 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n’est pas qualifié, je veux bien l’embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu’il effectue davantage d’heures. » Le candidat assume une position pro-patronale et ultralibérale décomplexée, en contradiction ouverte avec les intérêts des jeunes, futurs ou déjà exploités, qu’il prétend défendre.

https://npa2009.org/

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