08 février 2017 ~ 0 Commentaire

quimper police (ouest france + street press)

violence

Quimper. « Samedi soir, la charge des CRS était démesurée »

Gilbert Nicolas a 83 ans. Samedi, ce pasteur manifestait contre une réunion d’extrême droite à Quimper (Finistère). Trois coups de matraque dans le dos, un au visage : deux dents cassées, une balafre. Témoignage.

Une balafre sur la lèvre. Quand il sourit, il manque deux dents. Gilbert Nicolas, 83 ans, porte les stigmates de la soirée de samedi. Il est 19 h 40 lorsqu’il participe, à Quimper, à une mani- festation extérieure contre le déroulement dans les halles d’une rencontre d’extrême-droite organisée par le site Breizh Info. « On était une centaine à crier le slogan : Bretagne ouverte et solidaire », raconte ce pasteur, militant de la première heure, membre de l’Union pacifiste de France et du Mouvement international de la réconciliation.

«  Une charge démesurée  »

Un cordon de CRS se déploie. « On était à vingt mètres. Je dois reconnaître que, dans notre groupe de manifestants d’extrême gauche, il y avait des gens incontrôlés qui portaient des foulards. » Le directeur de cabinet du préfet, Jean-Daniel Montet-Jourdran, leur demande de démasquer leur visage. Ils refusent : « Cela a été pris comme une provocation des antifas- cistes. Je pense que c’est ça qui a provoqué cette charge démesurée », dénonce Gilbert Nicolas.

« Je n’ai pas entendu les sommations. J’étais dans les trois premiers rangs et je ne suis pas parti tout de suite. Je sens trois coups qui me font très mal dans le dos. Je me penche et le même CRS me met un coup de matraque en pleine tête. » Bilan : deux dents supérieures de devant complètement cassées et une balafre à la lèvre. « D’autres copains ont été frappés à coup de matraque et un autre renversé violemment par un bouclier. »

Une vie d’engagement

Gilbert se réfugie dans l’entrée d’un restaurant. Sa femme, qui participe aussi à la manifesta- tion, est prévenue. Elle le rejoint et ils retrouvent les manifestants. « J’ai mal dormi la nuit suivante. Mais on ne va pas en parler jusqu’au réveillon ! », minimise cet homme dont toute la vie a tourné autour de l’engagement avec son épouse, biologiste. Contre les essais nucléaires, pour le démantèlement de Brennilis et contre Notre-Dame-des-Landes. Ils sont aussi pros migrants, faucheurs volontaires d’OGM et Brigades de paix internationales.

S’il reconnaît que ce matraquage est « malheureux », Jean-Daniel Montet-Jourdran, le direc- teur de cabinet du préfet Pascal Lelarge, justifie la charge des CRS : « Un événement de la sorte a dégénéré la veille à Nantes. La manifestation antifasciste n’avait pas été déclarée et j’ai demandé à ceux qui avaient le visage caché de se démasquer : ils ont refusé. Le but était que les deux groupes ne se rencontrent pas. Et il fallait vraiment être sourd pour ne pas entendre les sommations. »

«  C’est regrettable  »

Elles ont été données par le commissaire Laurent Hurst : « C’est regrettable pour ce monsieur. Mais on peut faire usage de la force pour disperser des manifestants qui le refusent. » Gilbert n’en démord pas : « Absolument rien ne justifiait l’intervention des CRS. On était là en dehors de toute organisation. Pour la promotion et la défense des droits humains, et nous opposer à toutes ces violations des droits de l’homme. Elles prennent une telle proportion au départ qu’on ne sait plus où ça finit. Les événements les plus abominables de l’histoire commencent par un peu de violence, puis un peu plus… Pour notre couple, c’est un combat quotidien. »

07/02/2017 Pierre FONTANIER

http://www.ouest-france.fr/

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Gilbert, pasteur de 83 ans matraqué par les CRS : « La douleur a été extrême » (Street Press)

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