26 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

venezuela: les élections offrent un répit à la révolution (avanti.e)

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A la fin du mois d’octobre dernier, le gouvernement vénézuélien du président Maduro était au bord de l’abîme à cause de la crise économique.

Un mois plus tard, il a triomphé aux élections municipales (du 8 décembre). L’opposition voulait utiliser ces dernières afin de provoquer la destitution du gouvernement Maduro. Que s’est-il passé en un mois ? Pourquoi s’est-il produit un tel changement d’état d’esprit dans le peuple bolivarien ? Est-ce que ce résultat raffermit la position du gouvernement ?

Le triomphe électoral en quatre comparaisons

Les résultats des élections apportent de nombreux éléments à analyser, mais l’espace nous manque ici pour le faire amplement. Néanmoins, quatre éléments permettent de comprendre le résultat :

a) L’écart entre les votes en faveur du chavisme et l’opposition a été multipliée par trois à l’échelle nationale : du faible 1,8% des élections présidentielles, on passe à 6% d’écart, mais c’est encore loin des 12% d’octobre 2012.

b) Le nombre de mairies contrôlées par le chavisme passe des deux tiers du total au trois quarts.

c) Mais le chavisme n’a pas réussi à récupérer les deux principaux districts : la Mairie du Grand Caracas et celle de Maracaibo, ni les principales villes. L’opposition a marqué un point en récupérant la ville de Valence.

d) Le taux d’abstention de 41% est très élevé en comparaison avec les présidentielles, il est historiquement le plus bas par rapports aux précédentes municipales.

Impact des mesures d’urgence

La période électorale a été marquée par la crise économique et par les mesures d’urgence qui, depuis le 6 novembre, sont parvenues à freiner l’usure et la spéculation, modifiant ainsi l’état d’esprit populaire. Ainsi, alors qu’il était courant d’entendre jusqu’en octobre les chavistes dire qu’ils ne voteraient pas pour leurs candidats ou voteraient nul, à partir de la mi-novembre il y a eu un revirement de l’opinion populaire.

Pour mieux comprendre cela : novembre et décembre sont les mois où le peuple qui vit de son travail, majoritairement chaviste, profite des primes de fin d’année pour résoudre les problèmes laissés en suspens. Remplacement d’appareils domestiques, achats de vêtements pour l’année pour toute la famille, repeindre la maison… C’est une période de fête et de sentiment d’un bon niveau de vie.

Voyons comment les choses se présentaient concrètement ; si une famille avait besoin de remplacer la table de sa salle à manger, elle était confrontée au fait qu’une table similaire lui aurait coûté 120.000 bolivars, quelque chose comme 40 salaires minimums. Avec les mesures prises par le gouvernement, la même table revient à 2.500 bolivars, moins qu’un salaire minimum. C’est un cas extrême, mais il se reproduit, dans une moindre proportion, avec tous les produits. Et bien que la majorité n’ait pas directement bénéficié de ce type d’actions, le changement dans la politique gouvernementale et sa décision d’agir dans ce sens ont rappelé, pour la première fois depuis longtemps, la politique de Chávez.

La croisée des chemins est toujours là

Le ballon d’oxygène obtenu par le gouvernement se gonfle avec le résultat électoral. Mais les bases structurelles de la crise sont toujours là. Le président Maduro subit deux pressions simultanées mais opposées. La bourgeoisie cherche à élargir sa participation dans la distribution de la rente pétrolière. Pour ce faire, le gouvernement devrait remettre en cause les conquêtes des travailleurs. Le peuple bolivarien, de son côté, exige qu’on approfondisse les mesures actuelles et qu’on restaure son niveau de vie durement frappé par la crise.

Ce qui vient n’est donc pas un conflit conjoncturel. L’année 2014, où aucune élection n’est prévue, verra se produire le choc entre ces deux pressions opposées. Pour le gouvernement, le choix se résume à ceci : conclure un pacte avec la bourgeoisie ou approfondir le processus populaire. Le peuple bolivarien déploiera toute son énergie révolutionnaire pour défendre ses conquêtes. Les dés sont maintenant jetés.  23 décembre 201

Carlos Carcione est chercheur du Centre International Miranda et membre de Marea Socialiste, courrant anticapitaliste au sein du PSUV (Parti Socialiste Uni du Venezuela).

Source :
http://as.mst.org.ar/2013/12/12/venezuela-triunfo-del-chavismo-detras-de-los-numeros/

http://www.avanti4.be/analyses/article/dossier-venezuela-les-elections-offrent-un

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