25 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Des hommes féministes ? (3)

yanne

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Les hommes peuvent-ils participer à la lutte féministe ?

Derrière cette interrogation est posée tout le principe d’auto-organisation des oppriméEs. Or ils sont bien rares, les mouvements féministes qui excluent toute possibilité de soutien de la part des hommes.

Les hommes peuvent donc s’investir dans cette lutte, bonne nouvelle ! Oui mais comment ? Certains militants proféministes et chercheurs y ont précisément réfléchi : par exemple John Stoltenberg, dont l’ouvrage « Refuser d’être un homme » a été enfin traduit en françaisen avril dernier, ou Léo Thiers-Vidal dont les textes ont été rassemblés dans un ouvrage posthume sous le titre Rupture anarchiste et trahison proféministe, paru en février dernier. Sa thèse, De « L’ennemi principal » aux principaux ennemis : position vécue, subjectivité et conscience masculines de domination, a été préfacée par Christine Delphy, tout comme l’ouvrage de Stoltenberg.

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Respecter les stratégies Bien sûr, il s’agit de ne pas prendre le pas sur les femmes, et leur imposer une stratégie pour leur propre émancipation. C’est à ce titre que les organisations d’hommes féministes se revendiquant comme telles doivent interroger, quand, pour soutenir les revendications de certains groupes féministes, elles s’opposent à d’autres (comme cela peut être le cas d’un collectif comme Zéro Macho).

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Le fait que des hommes se retrouvent en position de déterminer la « bonne » stratégie et de peser davantage que les porte-parole féministes dans les médias peut se révéler problématique. Ainsi encore, lorsqu’à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, une AG « non mixte hommes » a diffusé son texte urbi et orbi alors qu’aucun écho des AG non-mixtes femmes n’a été relayé…

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Ne pas confisquer la parole, ni bien sûr reproduire des rapports de domination (y compris dans la sphère privée). Cela veut donc dire respecter les stratégies et les agendas des féministes auxquels on choisit de se rattacher.

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Thiers-Vidal et Stoltenberg convergent sur deux autres aspects essentiels de l’investissement des hommes dans le mouvement féministe : lire les ouvrages féministes et assumer un travail de terrain sur ces questions. À ces conditions, et à ces conditions seulement, un homme peut se déclarer militant féministe : il ne suffit pas de le dire pour l’être ! C.M.

http://npa2009.org/node/39684

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