Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

omerta (reporterre)

algues

Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie

En Bretagne, des journalistes se sont réunis en collectif contre la « loi du silence » imposée par l’agroalimentaire. Procès-bâillons, intimidations… Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

Quinze journalistes viennent de créer le collectif Kelaouiñ — Kelaouiñ signifie « informer » en breton — qui lutte pour la liberté d’informer sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Menaces, pressions, poursuites judiciaires, auto-censure… Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

Dans les témoignages des journalistes, pas de pneus crevés. Mais des pressions souvent insidieuses, qu’ils ne veulent plus taire. « Un coup de fil de l’agroalimentaire à une rédaction, ça n’arrive jamais. C’est beaucoup plus pernicieux… » souligne Pierre-Yves Bulteau, journaliste et membre du collectif. Pour Hélène, pigiste dans la région, « ces pressions, sans être hyper spectaculaires, finissent par influencer le travail des journalistes ».

Elle a choisi de témoigner anonymement de ce qu’elle a vécu après la publication d’une enquête sur une pratique agricole controversée : « J’ai reçu un SMS d’une chambre d’agriculture me disant qu’elle voulait porter plainte. Puis un courriel d’un laboratoire de recherche public qui disait que j’avais écrit des fake news. Ils m’ont demandé d’écrire un correctif et m’ont signifié que si je refusais, ils entameraient des poursuites pour diffamation. »

Une réaction disproportionnée, estime-t-elle. « Quand quelqu’un n’est pas content d’un papier, on s’explique. Si nécessaire, il y a un droit de réponse. Mais une menace de procès, c’est assez violent. » Pour la journaliste pigiste, « la technique de dissuasion des procès-bâillons fonctionne très bien. C’est de l’intimidation. »

La journaliste Inès Léraud a également fait l’objet de menaces de poursuites à la suite de ses enquêtes bretonnes. Fin 2019, Christian Buson, président du GES — un bureau d’études environnementales mis en cause dans l’enquête que la journaliste a réalisé pour la Revue dessinée Algues vertes, l’histoire interdite (éditions La Revue dessinée — Delcourt, 2019) — lui a intenté un procès en diffamation.

L’ouvrage ne fait pourtant que citer ses propos lors d’une conférence filmée par France 3. En janvier 2020, Christian Buson a finalement renoncé à sa plainte quelques jours avant l’audience. Dans sa bande dessinée, Inès Léraud évoque aussi les menaces du chargé de communication de la préfecture des Côtes-d’Armor. Aujourd’hui, la journaliste explique à Reporterre :

« C’était fou qu’un représentant de l’État laisse aussi clairement entendre que le sujet était gênant et cherche à m’intimider, je n’avais jamais vu ça. »

« Si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction »

À la suite d’une enquête parue dans le média Basta sur le groupe Chéritel, grossiste en fruits et légumes, pris en flagrant délit de « franciser » des tomates venues d’ailleurs, Inès Léraud a fait l’objet d’une poursuite pour diffamation.

Son procès aura lieu les 20 et 21 janvier prochain devant le tribunal de grande instance de Paris. « Le cas d’Inès Léraud n’est que la partie immergée de l’iceberg » souligne Erwan, membre du collectif et journaliste précaire qui a travaillé au journal Le Télégramme. Il préfère ne pas donner son vrai nom « de peur de ne plus retrouver de travail au sein des journaux locaux qui m’embauchent ». Pour lui, « la presse bretonne doit composer avec l’agroalimentaire tout comme les collectivités locales, le milieu associatif et chaque citoyen individuellement. On doit faire attention à ce qu’on dit par peur de subir des pressions… C’est systémique ».

Parfois, estime t-il, les pressions viennent de l’intérieur même des rédactions. « C’est un secret de polichinelle : si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction. Dans l’article, si on donne la parole à des opposants, il faut abso-lument laisser de la place, voire plus de place, au syndicat FNSEA, la chambre d’agriculture ou les représentants de l’agro-industrie. À l’inverse, vous lirez rarement la parole des opposants dans un article qui parle d’un nouveau projet agroalimentaire », dénonce Erwan.

Pour exemple, il se souvient des journaux du Télégramme parus le 5 septembre 2018. « La veille, des pseudos manifestations de salariés avaient été organisées devant les sites de Triskalia à l’appel de la direction, pour dénoncer le « Triskalia bashing » dont la coopérative faisait l’objet d’après eux. »

Triskalia était notamment poursuivie pour l’intoxication de salariés ayant travaillé dans des entrepôts de pesticides. « Le lendemain de ces manifestations, toutes les antennes locales du Télégramme concernées avaient chacune écrit un compte-rendu avec le témoignage des dirigeants, et une pleine page dans toutes les éditions donnait aussi la parole à Triskalia » énumère Erwan. Pour lui, « ce jour-là, Le Télégramme a été le journal de Triskalia ».

Les pressions commencent parfois très tôt. C’est ce qu’ont constaté deux étudiantes en journalisme de l’IUT de Lannion, lors d’une immersion à l’hebdomadaire Le Poher, en Centre-Bretagne en 2017.

« Contrairement aux articles des autres étudiants, leur enquête sur l’ouverture d’une nouvelle usine de lait en poudre à Carhaix-Plouguer (29) n’a pas été publiée, raconte le journaliste Pierre-Yves Bulteau qui enseignait à l’IUT à l’époque.

L’enquête révélait, contrat à l’appui, que contrairement à la promesse d’emplois pérennes pour dix ans, les investisseurs chinois de Synutra se réservaient le droit de quitter Carhaix en fonction de la rentabilité financière du projet. » Ce qui a fini par arriver deux ans plus tard.

Mais au moment de l’inauguration, on préfère la version optimiste « de la bouffée économique » offerte à ce territoire régulièrement frappé par la crise du lait. « Un responsable éditorial a alors refusé la publication de l’enquête sous prétexte qu’elle manquait de contradictoire alors que les étudiantes avaient proposé à la direction de l’usine de s’exprimer, en vain. Il avait surtout anticipé que la sortie de l’enquête sur « son » territoire aurait pu fermer les sources aux journalistes du Poher. »

L’enquête a finalement été publiée sur la plateforme en ligne Alimentation générale. « Il n’y a pas eu de poursuites lors de sa publication. Ça montre bien que ce n’est pas le fond qui était en question mais bien le rapport aux sources, notamment institutionnelles. Pas évident quand on travaille sur un petit territoire où l’on rencontre ceux sur qui l’on écrit à la boulangerie », conclut Pierre-Yves Bulteau.

De telles histoires sont courantes en Bretagne, d’où la création du collectif Kelaouiñ : « On ne monte pas ce collectif pour se plaindre, prévient Pierre-Yves Bulteau. On en parle parce que ces pressions vont de pair avec le droit de savoir des citoyens sur ce qui se passe autour de chez eux. » (Extrait voir lien)

9 juillet 2020 / Klervi Le Cozic (Reporterre)

Lire aussi :

Algues vertes en Bretagne : 4 points pour comprendre le problème

10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

médiapart (révolution permanente)

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Mediapart révèle la présence de l’extrême-droite à l’armée

Néo-nazis, suprémacistes, une enquête 

Le 8 juillet dernier, Mediapart publiait une enquête sur la présence de l’extrême-droite dans l’Armée. Ce travail prouve l’actuelle réalité des liens étroits entre les forces de répression et de la sécurité et les idéologies les plus réactionnaires. 

Ainsi, [l’enquête à source ouverte de Mediapart (c’est-à-dire basée sur des informations publiques et accessibles à tous), recense les commentaires et images que ces militaires ont posté depuis 2015.

En 2018, Alan V., jeune militaire du 27e bataillon des chasseurs alpins explique sur Facebook qu’il faudrait coller « une bonne balle dans la nuque » des migrants. Piou Turon a partagé, sur le même réseau et la même année la chanson « Fumeur de Spliff » du groupe identitaire Insurrection, avec ce commentaire : « Une pensée à toutes les grosses merde qui fument des spliffs et qui se disent NS [National Socialistes] ».

Une image vaut plus que mille mots

Sur les réseaux sociaux, un des militaires enquêtés s’affiche avec des vêtements ayant le logo du réseau « Blood & Honour », dont le nom provient des Jeunesses hitlériennes Blut und Ehre et dont la filiale française a été interdite en 2019. Un autre se montre dans les locaux de Casa Pound, le mouvement néofasciste italien. Teddy et Maxime, du 2e régiment étranger parachu-tiste, apparaissent ensemble sur plusieurs photos avec Marc Bettoni, « co-fondateur du groupe néonazi « Combat 18″ (les chiffres font référence à la place des lettres A et H dans l’alphabet, en hommage à Adolf Hitler ») comme le rapporte Mediapart.

« Piou Turon » est le pseudo d’un sous-officier de la Légion étrangère, hérité du groupe néonazi « Loups Turon » dont il était membre au début des années 2010. Beaucoup de posts montrent ces militaires faisant un geste similaire au salut nazi. Valentin, ex-militaire au 17e régiment du génie parachutiste apparaît dans une vidéo du groupe « Animus Fortis », proche de la mouvance de l’ex-Bastion social. Aussi il a pour photo de profil sur Instagram l’image du terroriste Brenton Tarrant, mythifié devant un soleil noir. C’est l’australien auteur de 51 morts dans deux mosquées à Christchurch (Nouvelle-Zélande).

De même, les enquêteurs ont recensé les tatouages de certains militaires : s’y mêlent des références aux SS (la devise « mon honneur s’appelle fidélité », Meine Ehre heiβt Treue ; la rune d’Odal ou encore la totenkopf, emblème d’une division de la Waffen-SS affectée à la garde des camps de concentration et d’extermination nazis), ou encore plus directement à Hitler et au nazisme (le chiffre 88 en référence à la huitième lettre de l’alphabet pour « Heil Hitler », le soleil noir sur l’épaule, la kolovrat) et au suprémacisme (une croix celtique au niveau du cœur surmontée du mot « White », une kolovrat surmontée du slogan « White Pride », le chiffre 14 en référence à un slogan du suprémaciste blanc américain David Lane).

Par la suite, l’article rapporte les déclarations du général Jean-Marc Cesari, sous-directeur de l’anticipation opérationnelle (service de renseignements de la gendarmerie) :

« À l’évidence, il n’y a pas de place chez nous pour des personnes qui véhiculent des idées antirépublicaines et extrémistes violentes, quelle que soit l’idéologie qui les sous-tend. » . Suivant les chiffres donnés par la DRSD aux enquêteurs, la proportion de radicalisation (« qu’elle soit islamique ou politique ») est évaluée à 0,005 % dans l’armée de terre, à 0,03 % dans la marine et pour ce qui est l’armée de l’air, « aucun aviateur n’est actuellement suivi pour radicalisation clairement démontrée. ».

La DRSD a affirmé qu’elle « ne communique aucun chiffre » concernant l’identification des soldats comme étant ou soupçonnés d’être d’extrême droite. En Allemagne, le service de renseignements militaire allemand a rapporté que 592 soldats ont été identifiés comme d’extrême droite en 2019.

Les enquêteurs affirment quant à eux que : « le profil d’anciens militaires est particulièrement recherché par les groupuscules de l’ultra-droite. ». Mais l’enquête démontre que plusieurs militaires en service sont proches ou membres de ces groupuscules.

Ainsi, Valentin est membre actif du groupe néonazi « Arsouille Naoned » basé à Nantes, et l’un des enquêteurs l’a identifié comme impliqué dans l’agression d’une militante LGBT en décembre 2019. Il a aussi participé à divers événements organisés par Génération identitaire. Pendant l’été 2019, Maxime et Teddy ont fréquenté plusieurs membres de Zouaves Paris, « jeune groupe héritier du GUD qui a récemment multiplié les actions violentes dans la capitale. ». François, le chasseur alpin est militant du groupuscule néonazi EdelweiSS-Savoie, à Chambéry.

Ainsi, lorsque le général Cesari se rapporte à « l’évidence » pour affirmer que l’armée est libre « d’extrémisme violent », on ne peut qu’en douter. De plus, lorsque l’on apprend que certains des militaires ont des tatouages ou photo sur les réseaux sociaux exprimant clairement leurs appartenances à des groupes ou idéologies d’extrême droite, on peut penser que leur hiérarchie et l’ensemble de l’institution a plutôt fait le choix de fermer les yeux.

L’enquête de Médiapart rappelle par ailleurs qu’en « 2017, la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la DGSI démantelaient une cellule dans laquelle on trouvait un élève de l’école de formation des sous-officiers de l’armée de l’air. Ladite cellule projetait des actions violentes contre des migrants et des assassinats politiques – Jean-Luc Mélenchon puis Cristophe Castaner avaient été envisagés comme cibles – dans les Bouches-du-Rhône. »

Des militaires et ex-militaires français se sont également engagés dans la rébellion au Donbass, en Ukraine, alors que d’autres ont tenté de se charger (comme le remarquent les enquêteurs, « en vain »), du service d’ordre des gilets jaunes.

Des forces, mais de quel ordre ?

L’opacité et le nombre très limité d’enquêtes pour tenter de radiographier la constitution idéologique de l’Armée, qui se déclare inapte « par construction, [à] suivre les publications de [leurs] 140 000 personnels lorsqu’ils s’expriment sur internet », en dit long de la présence de l’extrême droite dans les forces de l’ordre et de la sécurité.

Le pouvoir de ces mêmes forces vient de leur possession de la violence légitime. Le rôle de l’armée est d’étendre et de défendre la nation et ses intérêts, indissolublement liés à ceux des capitalistes.

La présence de l’idéologie d’ultra droite ne fait que grandir selon les affirmations rapportées par l’enquête, et un rapport confidentiel d’Europol « tire la sonnette d’alarme : l’ultra-droite européen-ne s’arme et est en train d’embaucher dans les rangs des militaires. ». Toujours d’après cette enquête, la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) organise des réunions de sensibilisation, afin d’améliorer l’échange d’informations sur les militaires suspectés d’appartenir à la mouvance de l’ultra-droite. Mais on n’a jamais guérit une maladie chronique avec un pansement ; et on ne peut réformer ces forces qui sont là pour préserver l’ordre actuel, capitaliste et raciste.

Lola Alduna jeudi 9 juillet

Source:

https://www.mediapart.fr/

Note:

« Meine Ehre heißt Treue », que l’on pourrait traduire en français par « Mon honneur s’appelle fidélité ». Dans certains pays, comme l’Autriche, à partir de 1947, ou l’Allemagne (article § 86 a du Code Pénal sur l’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles), l’utilisation de cette devise, ou de variations de cette devise, est proscrite.

10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

langoélan (collectif)

poulle

Le Collectif contre les poulaillers des 120 000 poulets invite à un pique-nique militant.

Un an après l’enquête publique, nous voulons nous réunir pour réaffirmer notre opposition au projet de ferme-usine de l’EARL de Kermaria, qui prévoit de construire deux bâtiments de 2 200 m2 chacun pour produire plus d’un demi-million de poulets par an.

Partout en Bretagne, les projets de poulaillers géants se multiplient. Ils sont soutenus par le Plan Volaille de la Région Bretagne qui offre une aide publique de 50 000 euros par poulailler industriel.

Face à cela, un fort mouvement citoyen s’est levé. Nous dénonçons les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux de ce plan, qui conduit à concentrer l’élevage des poulets en un petit nombre de très grosses structures, avec pour conséquences la perte d’emplois paysans, des émissions d’ammoniac massives, l’importation de soja d’Amérique du Sud et la destruction de la forêt Amazonienne, la pollution de l’eau, etc…

Notre mobilisation se fera l’écho de la manifestation qui aura lieu le même jour à Saint-Michel-en-Grève (22) contre les algues vertes. En effet, comme l’a si bien montré la bande-dessinée de Inès Léraud « Algues vertes, l’histoire interdite », les algues vertes sont une conséquence directe de l’agriculture industrielle.

Il est donc tout à fait hypocrite de la part des décideurs de prétendre lutter contre ce fléau tout en autorisant et soutenant la multiplication des fermes-usines !

Soyons nombreux le dimanche 19 juillet à Langoélan
pour crier « Non aux fermes-usines, Oui à l’agriculture paysanne ! »

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10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

palestine (npa)

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Que se passe-t-il autour de l’annexion de la Palestine ?

Depuis des mois, le Premier ministre israélien se vantait du fait que la date du 1er juillet serait celle du début de l’annexion de larges parties de la Cisjordanie, en commençant par les centaines de colonies et la vallée du Jourdain.

Mais alors que la date s’approchait, Netanyahou s’est mis à parler d’une annexion sur une plus petite échelle, déclarant qu’il commencerait par annexer les trois plus grosses colonies de Cisjordanie : Ma’ale Adumim, Gush Etzion et Ariel.

Divergences en Israël

Quelques jours avant le 1er juillet, le partenaire de Netanyahou dans sa coalition, Benny Gantz, a commencé à adoucir ses discours sur l’annexion, fragilisant la position du Premier ministre. Gantz a non seulement exprimé son opposition à une annexion unilatérale, mais il a en outre ajouté que le 1er juillet n’était pas une « date sacrée » pour l’annexion, et a expliqué qu’il fallait prioriser la crise actuelle liée au Covid-19, et non l’annexion.

En plus des querelles au sein du gouvernement Netanyahou, et de l’absence de plan concret d’annexion proposé par le Premier ministre, Diana Buttu, analyste politique palestinienne, souligne que le report peut également être dû aux pressions internationales croissantes sur Israël :

« Les pressions internationales peuvent aider dans la mesure où c’est la première fois qu’il y a un focus sur les agissements israéliens ; il y a une condamnation mondiale, et c’est la première fois que l’on voit les gens s’intéresser à la vie des Palestiniens dans la vallée du Jourdain et d’autres zones concernées par l’annexion. »

L’absence de toute annonce officielle de Netanyahou le 1er juillet, ainsi que la montée des pressions internationales et les menaces de l’Autorité palestinienne de se soustraire à ses obligations, ont conduit beaucoup de gens à se demander si l’annexion allait se produire. Mais pour certaines voix critiques, la question n’est pas de savoir si l’annexion va avoir lieu, mais quand.

Une priorité pour Netanyahou

« L’annexion s’est imposée comme la principale priorité du gouvernement israélien, qui veut profiter du feu vert donné par Donald Trump avec son « Deal du siècle » », explique Noura Erakat, militante et universitaire américano-palestinienne. Avec l’hypothèse d’une fin de mandat pour Trump en novembre, certains analystes estiment que Netanyahou pourrait être pressé d’agir, avec au moins une annexion partielle avant les élections US de novembre.

Diana Buttu estime que, quand bien même Trump serait battu par Joe Biden, l’annexion ne passerait pas à la trappe. « Je pense que Netanyahou regarde l’ »alignement politique des planètes » avec deux éléments à l’esprit », explique-t-elle.

« Le premier est l’élection US qui arrive. Mais même si Trump était battu, je ne pense pas que Biden reviendrait sur l’annexion, tout particulièrement s’il s’agit d’une annexion « à petite échelle », par exemple l’annexion des colonies. Et en plus de cela, avec l’Allemagne désormais à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU, la probabilité que l’Allemagne fasse pression pour que des condamnations ou des sanctions soient prononcées contre Israël est très faible, et Netanyahou le sait. »

Maintenir la porte ouverte

Dans le même temps, alors que l’annexion a produit un nouvel intérêt international pour la situation d’occupation de la Cisjordanie, beaucoup de Palestiniens font part de leur inquiétude : si Israël arrêtait temporairement le processus d’annexion, la communauté internationale pourrait céder à une fausse impression de réussite, et en revenir à la complicité habituelle avec l’occupation israélienne illégale.

« C’est exactement ce dont j’ai peur », explique Diana Buttu. « Nous n’avons pas encore vu la communauté internationale se féliciter, mais c’est aussi parce que nous n’avons pas encore entendu de déclaration officielle de Netanyahou affirmant qu’il renonçait à l’annexion.

Maintenant que la porte a été ouverte par l’attention portée sur l’annexion, nous devons en profiter pour aller de l’avant et montrer au monde comment Israël met en œuvre une annexion rampante, une annexion de facto. »

Pour l’heure, des militantEs et dirigeantEs palestiniens utilisent la situation pour non seulement avertir contre l’annexion, mais aussi pour mettre en avant des nouvelles idées et projets pour le paix, et de plus en plus de gens en viennent à reconnaître la réalité : la solution à deux États est morte.

Après des années de conflits politiques, les factions palestiniennes rivales Fatah et Hamas se sont retrouvées jeudi [2 juillet] et ont fait le vœu de travailler à lutter ensemble contre l’annexion. Et pendant ce temps, les discussions sur l’avenir de la solution à un État deviennent de plus en plus mainstream, mais chez les dignitaires du gouvernement palestinien.

Traduction Julien Salingue Yumna Patel Mercredi 8 juillet 2020

Version intégrale (en anglais)  https://mondoweiss.net/

https://npa2009.org/

09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

famine (courrier inter)

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La famine engendrée par la pandémie pourrait tuer davantage que le virus lui-même

Dans un rapport repris par The Daily Telegraph, l’ONG Oxfam tire la sonnette d’alarme quant aux conséquences économiques et sociales de l’épidémie et des confinements, qui pourraient faire basculer les plus pauvres de l’humanité dans la famine.

“Davantage de gens vont mourir de la faim engendrée par la pandémie que du coronavirus lui-même cette année.” L’avertissement, sans appel, a été lancé par l’organisation non-gouvernementale britannique Oxfam dans un rapport repris ce jeudi 9 juillet notamment par The Daily Telegraph.

Comme le relate le quotidien britannique, “un nombre estimé à 122 millions de personnes parmi les plus pauvres du monde pourraient basculer plus profondément dans la famine et la pauvreté, ce qui équivaudrait à 12 000 morts excédentaires par jour, selon l’ONG”. En comparaison : Le niveau quotidien de mortalité mondiale liée au Covid-19 a atteint un pic de 10 000 personnes au mois d’avril.”

Cette prévision inquiétante, précise The Daily Telegragh, est liée “aux effets secondaires de la pandémie et des confinements, qui ont provoqué un chômage de masse, une plongée des revenus, des perturbations de la production de nourriture et le déclin de l’aide humanitaire”.

De plus, “le rapport révèle les dix pires ‘points chauds’ de la faim dans le monde, notamment l’Afghanistan, la Syrie, le Yémen et le Soudan du Sud. Certains pays à revenu moyen comme l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil connaissent aussi des hausses rapides de la faim, avec des millions de personnes au bord du précipice.”

Les pays riches touchés aussi

Enfin, ajoute le Telegraph, “les pays les plus riches du monde ne sont pas immunisés non plus”. Citant Oxfam, le journal explique qu’“au Royaume-Uni, pendant les premières semaines du confinement, 7,7 millions d’adultes ont réduit l’ampleur de leur repas ou sauté des repas, et 3,7 millions se sont approvisionnés en nourriture auprès d’associations ou de banques alimentaires”.

Le quotidien rappelle que “l’an dernier, 821 millions de personnes ont souffert d’insécurité alimentaire” dans le monde, dont “149 millions ayant fait face à un niveau critique de faim”.

Et ajoute qu’“Oxfam a appelé les gouvernements à mener des actions urgentes pour mettre fin à cette crise alimentaire en répondant pleinement, sur le plan financier, à l’appel humanitaire des Nations unies, à construire des systèmes alimentaires plus justes et plus résilients, à promouvoir la participation des femmes dans la réparation du système alimentaire brisé, et à agir urgemment pour s’attaquer à la crise climatique”.

09/07/2020

https://www.courrierinternational.com/

09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

saint malo dockers (fr3)

dockers

Saint-Malo : les dockers manifestent en soutien aux 32 licenciés

200 dockers ont manifesté jeudi sur le port de Saint-Malo (35) contre la perte de 32 emplois. Placée en liquidation judiciaire, leur entreprise leur aurait adressé une lettre de licenciement sans plus de précisions. Des dockers venus de Lorient et du Havre ont rejoint les rangs par solidarité.

La société Saint-Malo Manutention SMM a été placée en liquidation judiciaire sans reprise d’activité le 24 juin dernier par le tribunal de commerce de Saint-Brieuc. L’entreprise, qui emploie 34 personnes, était déjà dans une situation financière compliquée. La crise du Covid-19 n’a fait qu’accroître les difficultés.

Les dockers auraient reçu une lettre sans davantage d’explication. Une décision inconcevable pour la CGT. L’objectif est ni plus ni moins de maintenir tous les emplois.

Sauver les 32 emplois !

En soutien à leurs collègues malouins, tous les syndicats de la fédération des dockers appe-laient leurs adhérents à cesser le travail pendant 24 heures. Des ouvriers portuaires venus de Lorient et du Havre sont venus en solidarité défiler ce matin.

Des négociations doivent avoir lieu vendredi 10 juillet à 14h à la sous-préfecture de Saint-Malo.

09/07/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

hop morlaix (fr3 rp)

npa_interdiction_des_licenciements_et_des_suppressions_demplois

Morlaix : nouvelle mobilisation des salariés de Hop contre la fermeture du site

Le site de maintenance de la compagnie aérienne Hop de Morlaix est menacé de fermeture, avec la suppression de 276 emplois. Salariés, élus sont mobilisés ce 8 juillet, alors qu’une rencontre est prévue avec le PDG Pierre-Olivier Bandet, pour donner les conditions de ce plan de fermeture.

Salariés, élus, habitants sont réunis ce 8 juillet devant le site de la compagnie aérienne à Morlaix. Ils contestent sa fermeture annoncée. 276 postes sont en jeu. A Morlaix, la moitié des emplois sont consacrés à la maintenance des appareils, une quarantaine à la formation des pilotes et les autres sont occupés par les services administratifs. Pierre-Olivier Bandet, le PDG doit préciser ce plan de fermeture.
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« Entre chômage et délocalisation c’est comme choisir entre la peste le choléra »
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Sur place, Morgane est venue avec ses deux enfants, Margot et Antoine. Ils arborent une pancarte sur laquelle on peut lire « Famille en Air Souf-France ». Le poste de son mari qui travaille à Hop va être délocalisé à Paris.« Mon mari fait partie des sacrifiés. Notre vie est ici, moi j’ai un CDI ici, je suis titulaire de mon poste. Comment on s’organise ? C’est hyper compliqué, ce sont des choix infaisables. » 
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Des  élus affichent leur soutien.Yohann Nédélec, adjoint au maire de Brest et Jean-Paul Vermot, conseiller départemental sont présents. Ils condamnent « la casse sociale et économique dans le Pays de Morlaix. » En fin de matinée, les échanges se poursuivent avec la direction.
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Une réunion aura lieu à 16 h, avec les élus locaux.Secouée par le coronavirus, la direction du groupe Air France prévoit au total la suppression de 7 580 emplois, 1 020 concernent la filiale court-courrier Hop. Mardi, ce sont les salariés de Lille-Lesquin qui s’étaient rassemblés. Eux aussi affichaient leur incompréhension et leur déception. Leur site doit fermer en 2023.
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Emilie Colin 8/07/2020
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Lire aussi:
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09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

janzé (lutte ouvrière)

greve-poste-privatisation

Centre Tri courrier Janzé : un exemple à suivre

Prétextant protéger les facteurs contre le Covid-19, la direction de La Poste de Janzé, en Ille-et-Vilaine, a imposé en mai de nouveaux horaires plus contraignants et créé deux équipes, l’une commençant à 7 heures et l’autre à 10 heures.

La canicule des 25 et 26 juin a encore détérioré les conditions de travail, déjà très dégradées. Le vendredi 27 juin, 80 % des facteurs ont fait valoir leur droit de retrait, se mettant de facto en grève. Le directeur, qui se veut un homme à poigne et dit ne pas vouloir entendre parler de grève, a commencé par ignorer le mouvement.

Mais, face à la détermination du groupe, très soudé, il a dû en rabattre. Et le mercredi 1er juillet, une visio-conférence s’est tenue avec trois facteurs, le médecin du travail et le directeur, prudemment resté dans son bureau à Fougères.

La direction a accepté l’ensemble des revendications, l’embauche se fera à 6 h 46 pour la grande majorité et à 9 h 00 pour celles et ceux ayant des obligations familiales. Même la prime dite de « collation », disparue depuis quelques années, a été rétablie !

C’est sur cette victoire que le travail a repris le 2 juillet, dans une ambiance joyeuse, tous fiers d’avoir su se faire respecter d’une direction qui, jusqu’ici, se croyait toute puissante.

Correspondant LO 08 Juillet 2020
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09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

nokia (npa rp)

nok

Des milliers de salariés de Nokia manifestent à Paris contre le plan de licenciements

08 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

vague verte (npa)

eco

« Vague verte » : forte, ambiguë mais propice au débat

Avec toute la prudence nécessaire compte tenu du phénomène d’abstention record, il semblerait malgré tout que se confirme et s’amplifie un glissement électoral significatif.

Les consciences, les idées, les représentations bougent : ces mouvements sont à analyser avec sérieux car des conclusions politiques doivent en être tirées. EÉLV avait réalisé un bon score aux européennes l’an passé, 13,5%. Transformer l’essai n’était pas gagné d’avance. Dans le contexte d’écœurement démocratique, de la crise du Covid-19 dont l’origine écologique est perçue très largement, les espoirs des militantEs d’EÉLV sont même dépassés.

Succès impressionnants

Marseille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg auront unE maire EÉLV. Grenoble confirme son vote de 2014. Des villes moyennes comme Tours, Poitiers, Colombes, Besançon, Annecy sont gagnées par des listes conduites par EÉLV…

À Lille, ça c’est joué à peu de choses. Dans de nombreuses villes dirigées par le PS et recon-duites, et à Paris en premier lieu, EÉLV conforte ses positions. Certains commentaires affirment que ces succès sont limités aux villes, et les analysent comme vote de couches moyennes. Cette analyse est hâtive car en milieu rural où le score d’EÉLV aux européennes était comparable à celui dans les villes, les appartenances partisanes aux municipales ne s’affichent que rarement.

Alliances à gauche…

Clivage droite-gauche pas mort, n’en déplaise à Yannick Jadot ! C’est sur fond de discrédit massif et rapide du macronisme, suite principalement aux batailles des Gilets jaunes et sur les retraites mais tout autant de l’affaiblissement très important du PS lors des scrutins de la présidentielle et des européennes, de la marginalisation historique du PCF, que EÉLV a réussi bien souvent à s’ériger en « leader à gauche ».

Ce n’était pas le « plan Jadot 2019 » qui stigmatisait « les vieux clivages » mais c’est cela qui s’est réalisé pragmatiquement dans les villes. Avec souvent, il faut bien le noter, des ambiguïtés soigneusement maintenues. Les réalités locales sont diverses bien sûr, et on a pu voir des PS macronistes s’activer sur certaines de ces listes « d’union de la gauche » comme à Metz où la tête de liste EÉLV était macroniste en 2017 avec un passé à l’UDI. À l’opposé, le lien entre les fortes marches pour le climat et l’élection est assez évidente à Lyon.

… parfois contre le PS

Strasbourg gagnée sur une réelle dynamique et Lille sauvée in extrémis par Martine Aubry en sont les exemples les plus nets : la bataille a parfois été celle de « la jeunesse contre le vieux monde ». EÉLV, parti aux effectifs pourtant modestes et à l’orientation très institutionnelle, a réussi à être pôle de rassemblement dans cette campagne électorale.

Vote EÉLV, symptôme du changement d’époque

Les luttes émancipatrices se mènent très rarement dans la plus grande clarté, c’est un euphémisme ! Le capitalisme et son productivisme intrinsèque nous ont fait entrer dans une nouvelle ère, l’anthropocène. Il ne s’agit pas d’un nouveau paragraphe dans la description de la crise du système capitaliste, un paragraphe s’ajoutant aux dimensions sociales, politiques ou démocratiques.

L’écologie nous parle des conditions matérielles de toutes les luttes. Et même si c’est de manière bancale, non explicite, partielle, floue, le vote écolo lors de ces municipales a porté cette idée.

Vitupérer la « vague verte » ou préparer la vague écosocialiste ?

Léo Ferré moquait les fourreurs, petits-bourgeois boutiquiers, « vitupérant l’époque » : quel triste renversement ce serait de voir les révolutionnaires se contenter, en se limitant aux critiques (légitimes) d’EÉLV, de « vitupérer », la « vague verte », n’osant pas révolutionner leur pensée, distinguer le neuf, le radicalement neuf, rechignant à remettre l’ouvrage sur le métier, à travailler les questions écologiques si urgentes et à réorganiser leur pensée !

Mercredi 8 juillet 2020 Commission nationale écologie

https://npa2009.org/

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