Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

01 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

dérèglement (npa)

npa agricol

Le dérèglement climatique est là !

Une vague de chaleur, la quatrième depuis 2003, a envahi la France. Précoce, plus d’1/3 des départements (18 millions de personnes) en vigilance orange ou alerte rouge, des pointes à 40°C/42°C… la canicule s’installe.

La sécheresse annoncée dès mars

Un déficit de pluies en automne et hiver dans nombre de départements, de –20 % à – 40 %, a favorisé la sécheresse. Dès le printemps, des températures au-dessus des normes, pendant 38 jours d’affilée, ont aggravé le problème. Sécheresse mais aussi orages dévastateurs avec de phénoménales quantités d’eau, de grêlons parfois, qui ne profitent pas aux nappes phréatiques, qui tombent sur des sols de plus en plus artificialisés, bitumés, bétonnés, sur des campagnes remembrées, sans talus.

Loin d’être la solution, tant vantée par l’État et la FNSEA, les bassines (réservoirs de 10 à 20 ha, rendus étanches par des bâches plastiques) aggravent la sécheresse. Pour irriguer par grande chaleur, l’eau des crues et des nappes phréatiques, plus abondante en hiver, est accaparée par l’agriculture productiviste.

Assez de baratin !

Les gouvernants, gardiens du système, n’agissent pas. Le capitalisme vert ne nous met pas sur le chemin du « zéro émissions nettes » en 2050, indispensable pour rester sous 1,5°C de réchauffement.

Le GIEC est formel : « Sans nouvelles mesures climatiques, la température moyenne de surface du globe augmentera de 3,3 à 5,4°C d’ici 2100. Rester sous 1,5°C nécessite des réductions d ’émissions rapides et des changements structurels fondamentaux à l’échelle globale. […] une action climatique trop faible à court terme rendra les objectifs climatiques inaccessibles dans le futur. Rester sous 1,5°C avec 50 % de chance et un léger dépassement nécessite des réductions d’émissions de 35 à 60 % en 2030 et de 73 à 94 % en 2050. »

La tâche est immense

Les mesures à prendre doivent être radicales, rapides, pour réduire la production matérielle, la consommation globale et les transports, changer de modèle agricole, en finir avec les énergies fossiles et sortir du nucléaire. Ces mesures doivent aussi répondre à l’urgence sociale et permettre de vivre mieux, de mener une vie bonne tout en réduisant les émissions et les impacts sur les écosystèmes. Pour cela, elles doivent faire payer les riches et les capitalistes pour réparer la société, la nature et la relation entre la société et la nature.

La justice sociale est bonne pour le climat

Un euro dans la poche du 1 % le plus riche émet trente fois plus de CO2 qu’un euro dans la poche des 50 % les plus pauvres, il faut donc à la fois l’augmentation du SMIC, l’extension de la protection sociale et l’instauration d’un salaire maximum.

Avec une forte progressivité de l’impôt, l’abolition du secret bancaire, la mise en place d’un cadastre des fortunes, la suppression des paradis fiscaux, l’imposition des gros patrimoines, la taxation des transactions financières… la justice fiscale permet à la fois de prendre aux plus riches et de financer le secteur public, socialisé, dans lequel la logique du commun permet la gratuité pour les besoins de base, le contrôle, les choix politiques démocratiques selon les besoins sociaux et écologiques, non des profits.

Produire moins, vivre mieux !

Il faut reconnaître, valoriser le travail de santé, d’éducation, de prise en charge des personnes âgées et/ou dépendantes, d’accueil de la petite enfance, de restauration des écosystèmes. Autant d’activités indispensables à la vie, peu émettrices, aujourd’hui invisibilisées et dévalorisées par le capitalisme patriarcal.

Produire moins c’est travailler moins. La lutte pour la réduction collective du temps de travail, sans perte de salaire ni dégradation des conditions de travail, est décisive.

La transformation radicale de tous les grands secteurs soit s’accompagner de la mise en route de la reconversion et avoir comme préalable absolu la continuité du salaire des salariéEs des secteurs concernés.

Construire un pouvoir nouveau

Des projets de transformation de la société venant des milieux associatifs, syndicaux, citoyens, partisans (dont le NPA), d’expériences de terrain (ZAD…), s’élaborent, se discutent, se concrétisent. Des luttes se développent, se coordonnent, comme au travers des « Soulèvements de la terre ».

Il est plus que temps de faire converger les unes et les autres pour déclencher les vastes mobilisations sociales qui, seules, pourront nous permettre de sortir du capitalisme destructeur de nos vies.

Dimanche 26 juin 2022 Revue L’Anticapitaliste n°136 (juin 2022)

https://lanticapitaliste.org/

30 juin 2022 ~ 0 Commentaire

canicules (huff post)

bretagne

Les canicules seront bientôt constantes dans les océans et c’est dramatique

Vous pensez sans doute qu’une eau à près de 25°C est une super nouvelle pour vos vacances, mais en réalité c’est une catastrophe pour la planète.

L’océan brûle sous les canicules marines et accélère la disparition des écosystèmes marins.

“Nous sommes enfermés dans une situation où, d’ici 2050, l’ensemble de l’océan mondial sera proche d’un état de canicule marine presque constant”, alerte Robert Schlegel chercheur à l’Institut de la Mer de Villefranche (IMEV), interrogé par Le HuffPost.

À l’ouverture du sommet sur les océans à Lisbonne ce lundi 27 juin, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a lui déclaré l’”état d’urgence océanique”. Emmanuel Macron se rend sur place ce jeudi 30 juin.

Et pour cause, l’océan subit non seulement le réchauffement climatique mais il est également frappé par des canicules marines de plus en plus fréquentes. Ces épisodes sont peu connus et peu médiatisés, mais loin d’être rares, la mer Méditerranée est d’ailleurs sous le joug d’une chaleur extrême actuellement. Vous pensez sans doute qu’une eau à près de 25°C est une super nouvelle pour vos vacances, mais en réalité c’est dramatique pour la planète.

″À l’exception de la mer d’Alboran (entre le Maroc et l’Espagne), toute la Méditerranée occidentale connaît une vague de chaleur marine depuis le 16 mai environ”, détaille Robert Schlegel. La température de la surface de la mer (SST) atteint des pics à +5°C par rapport à la moyenne le long des côtes espagnoles, françaises et italiennes.

Copernicus: Certaines parties de la Méditerranée sont plus chaudes de plus de +5°C que la moyenne.

Ces vagues de chaleur se produisent lorsque les températures océaniques franchissent un seuil extrême pendant plus de cinq jours consécutifs. Robert Schlegel explique que ce seuil est calculé grâce aux enregistrements historiques des températures “basés sur une moyenne de 30 ans (par exemple, 1981-2010) et sont déterminés en lissant les températures quotidiennes moyennes sur ces années”. C’est ce qu’on appelle en sciences une “climatologie” et elle représente la température moyenne attendue pour chaque jour de l’année.

En un siècle, 50% de jours de canicule marine en plus

Dans le climat actuel, les canicules océaniques ne durent qu’une quinzaine de jours en Méditerranée. Dans le pire scénario prévu par le Giec, avec un réchauffement à +5°C, les simulations prévoient qu’elles seront quatre mois plus longues et quatre fois plus intenses, rapporte une étude sur l’évolution des canicules océaniques en Méditerranée du CNRS.

Les scientifiques ajoutent que seul le scénario d’un réchauffement limité à +1.5 degrés par rapport à 1990 permettrait d’endiguer l’aggravation de ces canicules.

Avec le réchauffement climatique, elles seront plus longues, mais aussi beaucoup plus nombreuses. “Entre 1925 et 2016, le nombre de jours annuels de vagues de chaleur marines dans le monde a augmenté de plus de 50%”, rapporte Carole Saout-Grit, physicienne océanographe, contactée par Le HuffPost.

Ces chiffres proviennent d’une étude de la revue scientifique Nature Climate Change dans laquelle les chercheurs établissent un lien direct entre l’augmentation de ces vagues de chaleur et le réchauffement à long terme des océans.

Même si nous parvenons à contenir le réchauffement à +2°C, “la quasi-totalité des océans connaîtront des vagues de chaleur marines plus fréquentes et plus longues”, poursuit la chercheuse.

Quant aux conséquences, les canicules marines passés présagent des modifications majeures des écosystèmes. En 1999, 2003 et 2006, la Méditerranée a été touchée par une canicule provoquant “de nombreux cas de mortalité massive d’espèces”, déplore le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

L’équateur, bientôt une zone morte? 

Une hécatombe qui n’est rien par rapport à celle provoquée par “Le Blob”. On ne parle pas ici de l’espèce unicellulaire qui ressemble à une éponge, mais d’une canicule marine qui a duré trois ans, sur la côte ouest de l’Amérique du Nord entre fin 2013 et 2016. L’eau excessivement chaude pendant cette période a stoppé la croissance du phytoplancton, espèce à la base de notre chaîne alimentaire.

Des canicules moins intenses provoquent aussi des effets rebond considérables sur les écosystèmes. Sous l’effet des anomalies de chaleur, les coraux se couvrent d’un linceul blanc. Effectivement, les organismes stressés expulsent les micro-algues avec qui ils vivent en symbiose et blanchissent. A cause de ce blanchissement qui les rend vulnérables, ”il est presque certain que la grande barrière de corail aura complètement disparu d’ici 10 à 20 ans”, ajoute Robert Schlegel.

Autre conséquence, ces canicules accélèrent la migration des espècesvers les pôles où la température de l’eau est plus basse. “C’est un problème à l’équateur, qui pourrait (mais nous n’en sommes pas certains) devenir une zone morte, car il n’y aura pas d’organismes sur la planète capables de s’adapter aux températures élevées”, continue le chercheur.

Se sauver ou périr

Ce qui est sûr en revanche, c’est que les espèces incapables de migrer périront avec l’augmentation des températures. Dans l’Arctique par exemple, les écosystèmes qui dépendent de la glace seront éradiqués avec la fonte de la glace de mer.

Certes, nous ne sommes pas sur la route d’un réchauffement à 5°C, mais la direction prise par l’humanité aujourd’hui est loin de suffire pour empêcher l’océan de surchauffer. Si nous continuons sur notre trajectoire actuelle d’ici 2050, Robert Schlegel pose un bilan beaucoup plus pessimiste: “la plupart des océans du monde seront contraints de changer. Mais changer en quoi, c’est difficile à dire.”

Face à ce constat alarmant, difficile de trouver une lueur d’espoir. Mais si nous réussissons à maîtriser nos émissions, il est possible que certains écosystèmes survivent. Selon les scénarios d’une étude sur les projections marines au 21e siècle, avec une augmentation des températures à +2.5°C, la plupart des océans connaîtront “des événements de catégorie 1 (modérée) et 2 (forte)”, ce qui est mauvais, mais nous pouvons nous en accommoder. Si nous tenons les engagements pris lors de la Cop26, cette trajectoire pour “sauver” la Planète bleue est encore possible.

30/06/2022 Pauline Brault

https://www.huffingtonpost.fr

30 juin 2022 ~ 0 Commentaire

montreuil (npa)

Manif 12 avril 2014 Paris

Communiqué du NPA Montreuil 
Construisons ensemble une gauche de combat !
.
Nous nous félicitons de la victoire d’Alexis Corbière dès le premier tour, avec 63% des suffrages exprimés, à l’issue d’une campagne unitaire que nous avons appréciée. Nous sommes également ravi.es de la défaite de Macron qui se retrouve privé de majorité absolue à l’assemblée.Malheureusement, ce n’est pas la NUPES qui y est majoritaire. Nous ne pouvons pas attendre une prochaine échéance électorale car les mauvais coups vont se poursuivre immédiatement avec le président des riches qui souhaite qu’une majorité de toute la droite, RN inclus, vote ses textes.Les deux postes de vices présidences ont été attribué au RN, avec respectivement 290 et 284 voix. Les digues sautent une nouvelle fois : plus de 200 député.es des droites ouvrent la porte à une alliance avec les néo-fascistes. Aussi, la présence de 89 député-es d’extrême-droite, les moyens que va recevoir leur parti, soutenue majoritairement par la police et l’armée, indiquent que le danger grandit en premier lieu pour les personnes immigrées, racisées, pour les femmes, les LGBTI, mais aussi pour toutes les organisations de la gauche et du mouvement social.

Construire une gauche de combat pour résister et gagner

Face à cela, il faut construire une gauche de combat, sans attendre. Vendredi 24 juin s’est tenue à la Bellevilloise une réunion pour en débattre avec Philippe Poutou, mais aussi les deux députées voisines Danielle Simonnet et Aurélie Trouvé, et Samir Elyes, animateur du collectif On s’en mêle. Elle a rassemblé plusieurs centaines de personnes, un public enthousiaste qui cherche un éclairage sur la situation nouvelle, pour agir et s’organiser.

Pour nous, comme nous l’avons déjà dit, le programme de la NUPES est un socle minimum. Quels que soient les résultats de n’importe quelle élection, les besoins vitaux des classes populaires restent les mêmes. C’est pourquoi nous proposons à toutes les organisations de la NUPES, mais aussi à l’ensemble du mouvement social, d’élargir le rassemblement de la gauche pour œuvrer à son application dès maintenant, pour obtenir des victoires concrètes.

Bien sûr, et nous le disions avec beaucoup de camarades de la NUPES avant le 12 juin, l’application de ce programme nécessite des batailles, des luttes sociales, des grèves. Nous ne nous substituerons pas aux organisations syndicales, mais nous devons renforcer les mobilisations de toutes les manières possibles, par des prises de position publiques, des initiatives et des meetings unitaires.

Dès aujourd’hui, cela serait possible sur les grèves qui se multiplient pour les salaires. Dans cette perspective, nous sommes favorables à la mise en place d’un comité unitaire pour rassembler les forces de gauche, en premier lieu celles de la NUPES avec qui nous avons fait campagne, mais qui pourrait aussi accueillir d’autres regroupements ou collectifs locaux.

Pour un front écologique et social

Le monde et notre pays font face à des crises sanitaires, économiques, sociales, démocratiques, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre pour stopper les attaques antisociales, racistes, liberticides, L’urgence écologique devient chaque jour plus concrète et visible, à l’évidence il faut en finir avec le capitalisme.

Nous – organisations politiques, associatives, syndicales – devons nous parler, pour rassembler nos idées, nos revendications, et agir ensemble. Construire l’unité de notre camp social, l’unité des exploité.es et des opprimé.es, de leurs organisations et de leurs revendications, sans se substituer aux cadres collectifs existants, voilà qui renforcerait la confiance de notre classe et de ses luttes, et le poids politique de la gauche -et même en son sein des courants qui veulent rompre avec le capitalisme.

A l’initiative du comité unitaire local, des rencontres pourraient être organisées en fin d’été, avec toutes les forces locales désireuses de s’y impliquer. Nous pensons que notre circonscription est très bien placée pour initier ce travail important, grâce à un mouvement social divers, des mobilisations importantes des habitant-es, des travailleuses et des travailleurs, comme à l’hiver 2019-2020, où nous étions en pointe dans le mouvement en défense des retraites. Cela serait un excellent signal pour notre camp social, appelant à construire des combats communs avec le plus grand nombre dans une période qui s’annonce dangereuse.

Nous ne prétendons pas avoir une notice précise pour construire ces rencontres, mais nous pensons que leur organisation dans une démarche démocratique et respectueuse de chaque collectif militant est cruciale, en expliquant sincèrement et humblement nos objectifs : connaître au mieux les préoccupations et attentes de toute la gauche associative, syndicale et politique pour construire la mobilisation commune et faire reculer les projets de la bourgeoisie et de son gouvernement, soutenir les revendications et obtenir des victoires concrètes.

Des délégations pluralistes du futur comité unitaire local pourraient demander à rencontrer les collectifs, associations, syndicats, forces ou regroupements politiques, afin de leur présenter cette initiative, de les convaincre de l’utilité de ce processus et de s’y inscrire. Dans notre ville, les conditions nous semblent réunies pour aboutir à un foisonnement positif d’idées et de batailles communes.

Logement, expulsions, écologie, gentrification, démocratie, libertés : que fait-on ici ?

Enfin, le cadre commun pour la campagne législative, et la confiance mutuelle qui en résulte, doivent nous permettre d’avoir des débats francs.

Nous sommes d’accord avec Alexis Corbière lorsqu’il dit qu’un député n’est pas un maire-bis, que son rôle, ses attributions ou prérogatives sont différentes de celles du conseil municipal et de Patrice Bessac.

Nous ne mélangeons pas tout, c’est peut-être aussi pourquoi avons pu nous rassembler pour une élection nationale mais que cela n’a pas encore été possible pour une élection locale. Nous ne confondons pas non plus les responsabilités des élu.es et celles de l’Etat ou de ses préfets. Mais si nous voulons que la gauche gagne en crédibilité auprès des classes populaires, personne ne doit penser qu’elle fait, au niveau local, autre chose que -voire le contraire de- son programme national.

C’est pourquoi nous pensons qu’il serait utile de confronter nos points de vue, en toute sincérité et transparence, sur des questions comme celle du logement et des expulsions, sur l’avenir des Murs à Pêches, sur nos conceptions respectives de la pratique démocratique ou sur la place de la police à Montreuil et Bagnolet.

Nous sommes en demande de rencontres : militer ensemble, c’est échanger sur ce qui nous unit, mais aussi débattre de ce qui jusqu’ici nous a séparé-es. C’est nécessaire pour construire un cadre commun qui soit utile à notre classe, aux exploité.es et aux opprimé.es.

Montreuil, le 30 juin 2022.

30 juin 2022 ~ 0 Commentaire

new ps? (npa)

labour

New PS  ?

Gérard Filoche, inspecteur du travail, a été membre de la LCR, puis du Parti socialiste de 1994 jusqu’en 2018. Il anime la Gauche démocratique et sociale. Gérard Filoche a accepté de nous donner son point de vue sur l’état du PS et de sa direction. Il va sans dire que ces analyses, notamment son appréciation des gouvernements de gauche, n’engagent pas le NPA…

Depuis des mois et des années fleurissaient les #plusjamaisPS sur les réseaux sociaux notamment. Même des militantEs chevronnéEs et des intellectuelLEs tombaient sans trop de recul dans cette facilité. C’était le cri naturel et légitime de ceux qui se sentaient trahis par un appareil dont le nom officiel est « socialiste » et qui, en pratique, aide davantage l’actionnariat que le salariat. Le quinquennat maudit de François Hollande et Manuel Valls a démultiplié ces réflexes de façon haineuse : « Ils nous ont fait trop de mal, on n’en veut plus jamais, chassons-les de la gauche et de nos horizons. »

Sauf que l’histoire réelle est un peu plus complexe que l’histoire projetée sous le coup des indignations d’un moment. Avec la social-démocratie et le PS, il s’agit d’un vieil appareil idéologique et structurel du mouvement ouvrier français (et international) qui ne disparaît pas, comme ça, d’un seul coup, sans être remplacé physiquement et politiquement.

Tout parti traditionnel, comme les autres institutions, a une « nature de classe »

Il ne peut pas échapper au classement : soit un parti de la bourgeoisie, soit un parti du salariat. Sur quels critères en juger ? On retiendra : la genèse, l’histoire, la continuité, la référence programmatique, la fonction sociale, la base sociale et la place dans les luttes de classe.

Par exemple, la genèse : le Parti démocrate US est, à l’origine, esclavagiste, c’est un parti bourgeois de naissance ; le PS français est à l’origine ouvrier, fusionnant en 1905 au « Congrès du Globe », sous l’égide de Jaurès et de la IIe Internationale, les divers courants socialistes naissants (guesdistes, vaillantistes, jaurésiens…) en une seule « SFIO », section française de l’internationale ouvrière.

La scission entre SFIO et SFIC en 1921 n’a pas changé la nature de classe entre les deux branches.

Les deux partis ont traversé 100 ans d’histoire avec des pratiques différentes mais sans rompre avec leurs origines. Leurs trahisons, celles non pas de leurs militantEs mais de leurs appareils, l’un s’alignant temporairement sur les crimes de la contre-révolution stalinienne, l’autre s’alignant en dernier ressort sur l’impérialisme dominant, ont-elles changé historiquement leur nature d’origine ? La réponse est non : avec des hauts et des bas, les appareils ont eu un rôle contre-révolutionnaire en agissant selon les fluctuations des rapports de forces sociaux entre les classes dominantes et dominées.

C’est avec l’union des gauches en 1936, 1945, 1981, 1997 que les avancées sociales les plus importantes ont été arrachées. Le PS a trahi en 1914, sitôt Jaurès assassiné, il a trahi en 1936, en 1939, en 1945, en 1956, en 1958, en 1968, en 1983, en 1988…

Certains inventent une « rupture » en 1983 suivie d’un déclin « fatal » à la mode du Parti radical : mais cette date n’est pas celle d’une « coupure épistémologique » et, à l’épreuve des faits, ce n’est pas celle d’un changement de « nature de classe ». Car après tout, les « crimes » de l’appareil du PS sont « pires » avec Guy Mollet (et les pouvoirs spéciaux votés par le PCF) en 1956, lorsqu’ils faisaient 500 000 morts en Algérie. Tout est relatif mais c’était « pire » de rédiger la constitution antidémocratique de la 5è République que de faire la proportionnelle en 1986 (ce qui valut le départ de Rocard du gouvernement).

Et la prétendue « parenthèse » de 1983 n’a pas empêché Lionel Jospin de 1998 à 2000 d’imposer la loi sur la réduction de la durée du travail à 35 h hebdomadaire sans perte de salaire, la plus avancée au monde.

En fait le PS s’était installé durablement jusqu’à ce jour comme un parti « ouvrier bourgeois », la tête dans les institutions et les pieds dans le salariat. Cette expression « parti ouvrier bourgeois » est celle de Lénine (lui-même, à l’origine, membre de la majorité du « parti ouvrier social-démocrate russe »).

Il l’a utilisée pour le Labour party et à propos du « Lloydgeorgisme ». Elle traduit le mieux possible la caractéristique de ces partis : ils n’existent que dans la mesure où ils ont une base sociale dans le salariat, suffisante pour l’influer, le contrôler et le vendre, en échange de concessions sociales et de prébendes – pour l’appareil – que la bourgeoisie ne peut faire autrement, alors, que de céder. Ils sont à la fois « électoralistes » et « électoralistes » ce qui veut dire qu’ils n’existent pas sans être suffisamment à gauche pour obtenir des voix des salariés, et sans être suffisamment droitiers pour que la bourgeoisie les reconnaisse du fait qu’ils contrôlent ces voix.

C’est cette nature qui les distingue des partis « bourgeois-bourgeois » et qui induit des combats particuliers, une stratégie spécifique vis-à-vis d’eux, de la part des révolutionnaires au sein du salariat (la stratégie du front unique).

Le fait que le PS s’appelle « socialiste » depuis un siècle est un élément de sa continuité, de sa reconnaissance auprès de millions de salariéEs. Sa fonction sociale est fluctuante : chaque fois qu’il a été au gouvernement, il a penché du côté de la bourgeoisie tout en concédant de façon chaotique ce qui est impérativement réclamé par sa base militante et électorale : les 40 h, les 39 h, les 35 h, les 2, 3, 4, 5 semaines de congés payés, le droit du travail, la sécurité sociale, la retraite à 60 ans…

Ce sont ces concessions présentées comme des victoires qui lui valaient chaque fois, crédit pour sa renaissance. Il s’appuyait sur ces conquêtes partielles. Chaque fois qu’il est retombé dans l’opposition, l’appareil a cherché à reconstituer sa base perdue et promis à nouveau de satisfaire les revendications élémentaires, telle est l’histoire profonde et durable du PS : il s’est appuyé, pour exister ainsi, sur des liens profonds ancrés historiquement dans les municipalités, dans les départements, dans les régions, au Sénat, à l’Assemblée et aussi des liens associatifs anciens et multiples.

Il a aussi des liens syndicaux forts : la CFDT, deuxième syndicat de France, 600 000 adhérentEs, une partie de notre grand salariat, est même devenue la base forte du « social libéralisme » et des courants droitiers du PS.

C’est ainsi que le PS, balayé en 1969 à 4,5 % des voix, est arrivé au pouvoir en mai 1981 comme un « effet différé » de mai 68. Balayé en mars 1993, il s’est relevé comme le principal parti de gauche en 1995 et est revenu au pouvoir en moins de 3 ans, avec la gauche plurielle. Et en son sein une forte Gauche socialiste, militante, jeune et syndiquée a même pu se développer de 1995 à 2002 puis de 2003 à 2008, et encore davantage de 2012 à 2016 (si elle était restée unie, elle aurait pu l’emporter en fusionnant, comme c’était son projet, avec les autres composantes du mouvement social).

On ajoutera que « la classe dominée », parce que justement elle est dominée, est encore plus attachée à ses partis traditionnels que la classe dominante ne l’est aux siens. La bourgeoisie française a longtemps été décrite avec ses alternances d’orléanisme et de bonapartisme : le salariat français n’est pas encore émancipé de son histoire prolongée, partagée entre le stalinisme et la social-démocratie.

Et quand on regarde ailleurs, au Portugal de 1974, au Brésil de Lula, du Nicaragua à l’Inde, du New Labour de Blair au Labour de Corbyn, du Pasok à Syriza, ce n’est que lentement qu’on voit se dégager à une échelle de masse des courants, des luttes, des théories, des partis réellement nouveaux : les crises, soubresauts, recompositions, sont loin d’être finis, les « vieux partis » ne mourant que quand ils sont remplacés dans la vie réelle, et ils ne le seront sans doute totalement qu’à l’occasion de grandes victoires de révolutions socialistes qui changeront l’humanité.

Est-ce que le quinquennat maudit 2012-2017 de Hollande-Valls a changé la nature de classe du PS ?

Il a bien failli. Disons que ce n’était pourtant pas fatal en 2012. Hollande contrôlait les institutions comme aucun socialiste avant lui. Rien n’était joué. Pour grossir le trait : Blum sans grève générale aurait pu faire du Hollande, et Hollande avec une grève générale aurait pu faire du Blum.

Il se trouve que le mouvement social avait monté, depuis la défaite de justesse de Jospin en 2002 : grands combats de 2003 et 2010 pour la défense des retraites, CPE en 2006, grands succès électoraux en 2004, 2008. Hollande a dû sa belle victoire de mai 2012 à ce rapport de forces, il a donc été obligé de manœuvrer au tout début jusqu’au congrès de Toulouse d’octobre 2012 : mais c’est après, sans aucune « excuse », en trahissant le « programme » (pourtant pas révolutionnaire !) du PS de 2011, qu’il a imposé le rapport Gallois, l’ANI de 2013, la loi Sapin, les lois Ayrault-Touraine sur les retraites, la politique de l’offre et le CICE, puis les lois Rebsamen, Macron 1 et 2, et enfin El Khomri. Hollande a défait en droit du salariat, ce que Blum, Mitterrand, et Jospin avaient fait. Il a fait reculer le Code du travail dans ses principes fondamentaux plus d’un siècle en arrière.

Cette brutalité réactionnaire, Hollande l’a payée cher dans la mesure où il a dû agir contre le PS dont il était issu : la résistance a commencé au sein du parti et pas seulement dans la rue, mais au congrès de Toulouse et jusqu’au congrès de Poitiers en juin 2015.

Hollande et Valls ont perdu leur majorité au sein du groupe parlementaire, du CN et du BN du PS : au point qu’ils ont cherché à se débarrasser du parti… ils l’ont combattu durement du haut de l’Élysée et de Matignon, ils ont dénoncé ses opposants organisés résolument dans la Gauche socialiste, ils ont menacé de les exclure, ils y ont fait une chasse aux sorcières, ils ont dénoncé ses députés « frondeurs », ils ont voulu le dissoudre, le contourner, le changer de nom, l’intégrer dans une autre coalition (« belle alliance populaire »). Il y a eu 14 manifestations de rue contre la loi El Khomri et le gouvernement aurait basculé si cela n’avait été la brutalité de Valls et sa répression policière.

La Gauche socialiste a bataillé de toutes ses forces et a bâti une opposition sans précédent, plus qu’au temps de Marceau Pivert, plus que tous les précédents courants oppositionnels de gauche (30 % des voix ! et ce, parce que l’appareil trichait avec les voix !). Et l’Élysée et Matignon n’ont pas réussi : aucun député n’a voté la loi El Khomri, ils ont du mâter le PS à coup de 49-3. Hollande a dû se retirer dès le 1er décembre 2016. Et Valls a été balayé dans une primaire socialiste le 29 janvier 2017 ! Presque 20 % des cadres du PS ont rompu et sont passés à droite chez Macron.

Parce que Hollande n’a pas respecté l’histoire et la réalité de ce « parti ouvrier bourgeois » ni la façon « électoraliste » et « électoraliste » dont il dépendait de sa base sociale, il a été minorisé (il lui est resté autour de 25 %) aux congrès suivants d’Aubervilliers (avril 2018) et de Villeurbanne (septembre 2021).

Olivier Faure, devenu majoritaire, était l’ancien chef du groupe parlementaire PS et en juillet 2016 (fidèle aux votes unanimes du congrès de Poitiers de 2015) il avait refusé le « renversement de la hiérarchie des normes » dans le Code du travail (la fin de l’état de droit dans l’entreprise, la loi l’emportant sur le contrat).

Le PS était passé de 180 000 membres en 2012 à 18 000 membres en 2018 : ses députés étaient passés de 300 à 28 élus. Soit il justifiait la trahison de Hollande-Valls, et mourait, avatar ayant perdu sa base sociale et définitivement passé dans le camp bourgeois, soit il effectuait un sursaut, et se retournait vers l’unité de la gauche pour se ressourcer.

Ceux qui, alors, criaient « #plusjamaisPS » étaient les plus nombreux à gauche mais n’exprimaient qu’une indignation morale sans avoir de recul théorique et historique suffisants : en fait l’appareil PS, quasi détruit, s’est auto-défendu et il a survécu, en recherchant ce qui était sa tradition historique dans la mesure où le reste de la gauche ne construisait pas encore un autre grand parti de gouvernement.

L’unité de la gauche est une aspiration profonde au sein du salariat (devenu majoritaire sociologiquement avec 88 % des actifs)

Les exploités savent d’instinct qu’il faut se grouper pour faire face aux exploiteurs, et ils cherchent à utiliser tous les éléments organisés qui se qui se situent dans leur camp. Olivier Faure, a proposé dès 2018, un « un candidat commun qui ne soit pas socialiste, ni vert, ni communiste, ni insoumis mais qui soit tout ça à la fois ». Cela lui a valu une forte guerre de tous les droitiers « Hollandais » (Stéphane Le Foll, François Rebsamen, Bernard Cazeneuve, Hélène Geoffroy, Jean-Christophe Cambadélis, Carole Delga) et il s’est fait attaquer sur son propre terrain de défense et de renouveau du PS : « puisque s’il proposait l’unité c’était pour ne pas reconstruire le PS, il le bradait… »

En été 2019, la rupture s’est effectuée brutalement entre François Hollande et Olivier Faure quand ce dernier a été plus incisif aux journées de Blois : « Si Mélenchon doit être candidat, c’est au travers d’une candidature collective. […] S’il y a des désaccords, ils doivent être tranchés publiquement par un vote démocratique populaire. […] Rassemblons-nous d’abord sur les idées et désignons ensuite le candidat pour les porter. » Ce furent des hauts cris de la part des membres de la « TOA » (texte d’orientation A, la motion des droitiers « Hollandais »). Dans cette dispute, le conseil national de septembre 2020 vota à 90 % pour l’unité de la gauche contre Hollande à 10 %.

Dans le Monde (25/01/2022) Michel Noblecourt raconte : « Olivier Faure n’a pas hésité en 2019 à dénoncer la “trahison” de Hollande, incriminant la déchéance de nationalité et la loi travail ».

Stéphane Le Foll dans Ouest France est entré violemment en guerre : « Je n’aime pas la manière dont ma propre famille politique traite les anciens ministres de François Hollande, dont je suis. » « Quand j’étais au bureau du PS, il y avait Jospin, Strauss-Kahn, Aubry, Delanoë, Mélenchon, Fabius, Mauroy… Quand on se réunissait, je peux vous dire que ça volait haut. Vous avez vu qui y siège aujourd’hui ? On n’est même pas descendu en deuxième division. Là, on est en DH ! » « Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la faiblesse dans laquelle se trouve le Parti socialiste aujourd’hui. »

Mais à ce moment-là, en 2019, 2020 et 2021, hors du PS, ni LFI ni le PCF ni EELV ne voulaient écouter sérieusement Olivier Faure : celui-ci, isolé, se vit donc, en interne, imposer la candidature Hidalgo dont il ne voulait pourtant pas. Et il ne réussit pas à la faire se retirer à l’occasion de la « primaire populaire » du 29 janvier 2022 puisque ni Mélenchon ni Jadot ni Roussel ne voulurent y participer. Anne Hidalgo, « aubryste », se réfugia « dans les bras de Hollande » croyant ajouter de la notoriété à sa campagne, alors que ça la fit reculer à 1,70 %.

Le « retour » de Faure avec la NUPES n’est donc pas, de ce fait, une surprise. Faure a obtenu le 19 avril 2022, après le désastre du premier tour de la présidentielle, une majorité de 167 voix contre 101 au CN du PS pour engager des négociations unitaires avec LFI, EELV et PCF.

L’enjeu est toujours clair, toujours le même, pour l’appareil : s’unir ou périr. Et c’est aussi ce qui explique le « gauchissement » des bases politiques qu’a pu proposer Faure pour l’alliance : Smic à 1 500 euros, retraite à 60 ans, limitation des non-CDI à 5 % par entreprise, salaire maxima à 20 smic, abrogation de la loi El Khomri, rétablissement de l’ISF, blocage des prix, allocation jeunesse à 1 063 euros, réduction de la durée du travail, transition écologique, et VIe République. Avec le « programme partagé », le PS revient sur des positions voisines du « programme commun » et des 110 propositions de François Mitterrand. Cela ne surprend que ceux qui n’ont pas la bonne théorie politique et historique pour comprendre ce qu’est la nature du PS.

L’union NUPES aurait dû et pu se faire il y a des années : on a vérifié que ça marchait, l’unité ça paie. Si elle avait été faite plus tôt, elle aurait été consolidée plus tôt, la dynamique aurait été encore plus forte.

Tout ça permet aussi de comprendre que rien n’est joué : les droitiers autour de Hollande, Delga, Cazeneuve, Mennucci, Cambadélis, Assouline, ne baissent pas les bras. Ils mènent une bataille d’enfer pour renverser Olivier Faure et les siens : les dirigeants de Paris sont allés jusqu’à saisir la justice contre « leur » parti pour faire invalider statutairement l’accord de la NUPES mais ils ont perdu le procès en appel.

Ils font feu de tout bois, sans pour autant être d’accord sur les modalités de la stratégie de rupture, entre ceux qui partent seuls, ceux qui veulent d’abord organiser une scission collective, ceux qui ont présenté d’autres candidats anti NUPES, ceux qui appellent déjà à un autre parti comme Le Foll au Mans le 16 juillet, ceux comme Cambadélis qui veulent « gagner le prochain congrès ».

François Rebsamen a démissionné et appelé à créer un autre « parti progressiste ». Cazeneuve a démissionné puis est revenu avec Hollande et Carole Delga soutenir des candidats anti NUPES à Tulle. Delga a présenté 73 candidats dissidents hors sigle du PS, hors plateforme unitaire, qui ont réussi dans bien des cas à empêcher la NUPES d’être au 2e tour, mais tout en faisant eux-mêmes des scores minables. De façon générale en scissionnant le parti à 1,70 % des voix, tous ces droitiers dissidents n’ont guère d’avenir.

Mais il reste à Olivier Faure la tâche difficile d’assurer durablement une majorité de son parti capable de participer sur une base de gauche à la reconstruction de la gauche : lui-même se dit volontiers favorable à un nouveau « congrès du Globe » refondateur à la manière de Jaurès en 1905. Pour le retour à « une maison commune » de toute la gauche, démocratique, pluraliste, unitaire et sur un programme dont il restera à confirmer qu’il est ambitieux dans la transformation sociale.

Les « #plusjamaisPS » deviennent parfois laudateurs de façon excessive de ce qui apparaît à tort comme un « new PS » : l’expression est utilisée dans les réseaux sociaux, par des militants qui étaient haineux à son égard hier et qui en deviennent étonnamment amoureux excessifs.

Ils ont bien raison de se réjouir que cela participe avec la NUPES du retour de la gauche unie et donc des chances de vaincre la droite, mais il reste à consolider tout cela, à créer une dynamique unitaire à la base seule capable de contrôler les appareils et de les pousser plus loin dans la révolution sociale que ce qu’ils veulent et pensent atteindre.

Soyons favorables à une grande maison commune de toute la gauche pourvu que le pluralisme y soit minutieusement, démocratiquement, scrupuleusement organisé. N’opposons pas, ne clivons pas a priori, réforme et révolution, les deux se nourrissent pour faire la course vers « la sociale » : réformistes et révolutionnaires doivent partir ensemble sinon il n’y a même pas de course et soyons-en certains, quand il y a l’unité réussie de tous, ce sont les révolutionnaires qui l’emportent dans les derniers kilomètres.

Revue L’Anticapitaliste n°136 (juin 2022) Lundi 27 juin 2022

https://lanticapitaliste.org/

Sources :

• Mémoires Gérard Filoche tome 2, les années PS de 1994 à 2018, le quinquennat maudit, Ed. Atlande, 2022.

• Histoire du Parti socialiste, Jacques Kergoat « Coll. Repères », La Découverte.

• « Union » de G. Filoche 2019, supplément à la revue mensuelle Démocratie & socialisme (30e année), Ed. Atlande.

29 juin 2022 ~ 0 Commentaire

croisières (bourrasque)

1-4ac6e

2-33ee2

https://bourrasque-info.org

29 juin 2022 ~ 0 Commentaire

nupes (jdd huffpost)

gauche arabe

Pluralisme, culture du compromis… La France insoumise va-t-elle faire sa mue ?

Manuel Cervera-Marzal, chercheur qualifié au FNRS, à l’Université de Liège, décrypte le fonctionnement actuellement très vertical de la France insoumise, autour de Jean-Luc Mélenchon, et évoque les défis qui attendent ce mouvement à l’heure de la Nupes et alors que d’autres tendances internes peuvent s’affirmer.

L’épisode d’effervescence politique que connaît actuellement la France et ses trois principales forces politiques – le centre-droit incarné par Emmanuel Macron et ses alliés, le Rassemblement national (RN) et l’alliance de gauche autour de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) – interroge non seulement les modalités de la participation politique, à l’aune d’une abstention toujours plus importante, mais aussi la position qu’occupent ces trois forces.

Le RN, fort de ses 89 députés, peut désormais compter sur une assise solide au parlement. Emmanuel Macron et ses soutiens tirent les leçons du revers législatif. Le chef de l’État espère plusieurs compromis : partisans mais peut-être aussi programmatiques et institutionnels, afin d’assurer une continuité gouvernementale. Enfin, au cœur de la Nupes, La France insoumise, LFI, détermine sa stratégie pour les semaines à venir.

Or beaucoup s’interrogent : son leader, Jean-Luc Mélenchon , peut-il garder une forme de mainmise sur la vie parlementaire en n’étant plus lui-même député ?

Après les résultats, le leader de 73 ans a très vite appelé ses alliés de la Nupes à poursuivre l’alliance électorale et programmatique sous la forme d’une vraie force politique au sein d’un seul groupe parlementaire. Proposition qui a été immédiatement rejetée par les principaux intéressés, désireux et capables de s’émanciper des stratégies du leader des Insoumis. En effet, grâce à cette alliance, les partis obtiennent le découpage suivant : 72 sièges pour LFI, 24 pour le Parti socialiste (PS), 12 pour le Parti communiste français (PCF) et 23 pour Europe-Ecologie Les Verts (EELV).

Au sein de LFI en revanche, s’affranchir de la ligne directement portée par Jean-Luc Mélenchon demeure plus complexe. Le mouvement créé en 2016 – et non parti, terme que le fondateur et les militants récusent – est principalement incarné par l’ancien sénateur de l’Essonne.

C’est lui encore qui a formé une génération de jeunes trentenaires, souvent issus de sa formation précédente, le Parti de gauche. Ainsi, en témoignent les parcours de Mathilde Panot, Adrien Quatennens, Manuel Bompard, Ugo Bernalicis, députés dont le capital politique se fonde sur celui de leur mentor.

Dans ce contexte, difficile d’imaginer que ses lieutenants se désolidarisent de ce qui a fait le noyau dur de LFI, rassemblé autour de son chef.

Plus de courants qu’il n’y paraît

En revanche il convient d’analyser les autres tendances au cœur de LFI qui ont été déterminantes dans la création et le projet d’union de la gauche. Le mouvement n’est pas, selon nos recherches , un bloc monolithique. S’il existe un courant « mélenchoniste » il existe aussi un courant « ruffiniste » autour du militant François Ruffin et son réseau issu notamment du média Fakir.

Des divergences existent. Par exemple, au sujet du concept de France périphérique de Christophe Guilly, expression utilisée par François Ruffin, mais récusée par le chef de file des Insoumis.

Concernant l’Union européenne ensuite. Ainsi, François Ruffin revendique ses « pulsions protectionnistes » quand Mélenchon a tergiversé en abandonnant progressivement la stratégie dite du plan B qui envisageait une possible sortie de l’UE.

Rappelons par ailleurs qu’aux élections législatives de juin 2017, François Ruffin fut le seul député français élu avec le soutien de l’ensemble des partis politiques de gauche. Il préfigurait, avec cinq années d’avance, la future Nupes.

Une autre tendance apparaît aussi autour de Clémentine Autain. C’est elle qui dès juin 2019 avait appelé à un « big bang de la gauche ». Jean-Luc Mélenchon rejetait à l’époque cette option stratégique avant d’admettre, après la présidentielle de 2022, le projet de la Nupes comme seule issue possible pour imposer les forces de gauche sur l’échiquier politique.

La Nupes est donc aussi bien une victoire pour Ruffin et Autain que pour Mélenchon.

Or rien ne garantit aujourd’hui, à l’issu des législatives, que ces trois tendances ne vont pas effriter peu à peu le ciment sur lequel elles reposent.

Sous un vernis consensuel, une culture de la verticalité

Autain comme Ruffin, et bien sûr Mélenchon, ont réussi à agréger et consolider un solide réseau militant. Et, comme je le montre dans mes enquêtes de terrain pendant trois ans au sein de LFI, s’il existe parfois une forme d’admiration chez les plus jeunes pour le leader, les relations entre les cadres et les militants demeurent assez souples.

Il n’existe pas, par exemple, de mainmise hiérarchique, d’intermédiaires tout puissants, comme peuvent parfois l’affirmer d’anciens courtisans qui dépeignent désormais la France insoumise en mouvement « dictatorial ». Certes la culture autour de l’homme providentiel, le leader puissant existe, mais elle assez banale dans la culture politique de la 5è République et la médiatisation des personnalités politiques comme le montre d’ailleurs Vincent Martigny .

En revanche, il est intéressant d’analyser la façon dont LFI structure ces réseaux et pense le mouvement. La base militante bénéficie d’une grande autonomie, la charte du mouvement promet une forte horizontalité, plus de démocratie, de consensus. Cependant, on observe que les moyens financiers et matériels mis en œuvre pour parvenir à cette promesse font défaut. Dans les faits, les décisions sont prises de façon verticale et le mouvement fonctionne de manière assez rigide.

Ainsi, la stratégie LFI a été de faire de la présidentielle un enjeu politique principal au détriment d’autres formes de militantisme. De la même façon, les militants n’ont pas accès aux grandes décisions stratégiques, et ont une faible marge de manœuvre sur les décisions programmatiques. Il n’existe pas de système de vote sur les programmes ou les investitures contrairement au PS par exemple, au PC et à EELV : Mélenchon décide seul avec sa garde rapprochée.

Un turn-over important

Ce fonctionnement suscite un turn-over important dans le mouvement. Le départ de Charlotte Girard, responsable du programme durant la campagne présidentielle de 2017, en constitue l’exemple le plus éloquent.

Il n’existe pas de fidélisation des militants LFI hormis ceux qui ont eu accès à des postes d’assistants parlementaires par exemple lors du premier quinquennat, soit quelques dizaines de personnes sur un mouvement comptant une base militante de plusieurs milliers.

Dès la fin de l’année 2017, 9/10e des personnes ont quitté le mouvement, même si elles ont pu poursuivre leur engagement politique ailleurs : associations pour le climat, bénévolat, syndicalisme. Rappelons aussi que le fait d’adhérer à LFI (gratuitement et en quelques clics sur Internet) n’engage aucunement à s’investir au sein d’un groupe d’action. Autrement dit, le nombre de militants est largement inférieur au nombre de membres.

Ce mode de gouvernance au sein de LFI peut être déstabilisant pour les alliés de la Nupes qui ont un tout autre fonctionnement. La gauche dans sa globalité s’est réorganisée et a, d’une manière inédite au 20è siècle, fait union autour de la plus radicale des formations politiques de gauche.

Ces militants doivent désormais apprendre à collaborer ensemble : en dépit des hypothèses émises par certaine, une désunion semble, à court terme, difficilement envisageable. L’union a été plébiscitée par une part importante des sympathisants de gauche, et si la victoire n’a pas été complète, notamment pour Jean-Luc Mélenchon, le fossé qui sépare la Nupes et la Macronie demeure plus important que les tensions entre les formations de gauche.

Une délicate culture du compromis

Reste à imaginer comment LFI parviendra à s’imposer dans l’arène politique sur le temps long. Le manque de pluralisme et la verticalité imposée par Jean-Luc Mélenchon a certes laissé place à une accélération de la culture du compromis lors de la constitution de la Nupes. Mais cet assouplissement de la machine idéologique pour travailler de concert avec des alliés peut-elle se traduire par un investissement équivalent sur les bancs de l’Assemblée ?

Les règles institutionnelles de la 5è ne favorisent pas cette culture. Le fait majoritaire et la prééminence de l’exécutif sur le législatif n’incitent pas ou peu à passer des compromis.

Notons cependant que la 5è République a beaucoup évolué au cours des soixante dernières années et il semble que, tant du côté de la majorité présidentielle que du côté de la Nupes, la quête de compromis s’impose désormais.

28 juin 2022 Manuel Cervera-Marzal

https://www.lejdd.fr/

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original .

Lire aussi:

Mélenchon lance son « quatrième tour » en rêvant d’une dissolution à l’Assemblée

29 juin 2022 ~ 0 Commentaire

npa 31

NPA

31

28 juin 2022 ~ 0 Commentaire

maroc ( sde )

refugees

La dictature marocaine tue 37 migrants à la frontière de Melilla et Pedro Sánchez les félicite et les remercie pour leur travail

C’est insensé mais c’est la réalité, l’amère et terrible réalité. Vendredi 24 juin, 37 immigrants subsahariens sont morts à Nador, à la frontière marocaine avec Melilla, victimes d’une charge sauvage de la police du dictateur marocain. 37 morts, bien que ce chiffre puisse augmenter, et plus de 150 blessés, qui faisaient partie des milliers de personnes qui tentaient de franchir la frontière à la recherche d’une vie meilleure, fuyant la faim, la guerre et la violence.

Mais contrairement à ce que nous voyons dans le cas de l’Ukraine, ce qu’ils ont rencontré était une répression si bestiale que le résultat a été 37 morts, 37 victimes innocentes des lois racistes et du système pénal de l’UE. Cet acte atroce a été condamné par toutes les associations de défense des droits de l’homme, mais a été salué par Pedro Sánchez, qui a félicité la police marocaine pour son action.

Jusqu’où ce gouvernement est-il prêt à aller ?  Dans quelques jours, ils tiendront le sommet de l’OTAN à Madrid et ces 37 cadavres ne feront l’objet d’aucune discussion et encore moins d’excuses officielles. Les images de ces 37 innocents morts et de centaines d’autres empilés les uns sur les autres sous le regard défiant des polices marocaine et espagnole nous rappellent que c’est en Occident que ces crimes d’État sont commis en toute impunité et sont justifiés et blanchis aux yeux de l’opinion publique.

Lors d’une conférence de presse, s’adressant solennellement à la société espagnole, Pedro Sánchez et son ministre des affaires étrangères, José Manuel Albares, ont tous deux salué l’action brutale du Maroc, se félicitant du fait qu’ils avaient « mis le paquet », et justifiant la répression par la Guardia Civil et l’utilisation de gaz lacrymogènes comme les moyens les plus efficaces de « défendre la souveraineté » contre cet « assaut ».

Un discours nauséabond qui aurait tout aussi bien pu être prononcé par Santiago Abascal. Cette harmonie avec la droite et l’extrême droite, ainsi qu’avec les propos de son collègue de parti Josep Borrell, qui n’a pas hésité à qualifier d’envahisseurs les immigrants de Syrie, d’Afghanistan ou d’Afrique du Nord, démontre sans ambages pourquoi la social-démocratie est le plus fidèle laquais de l’impérialisme, du militarisme, et ouvre grand les portes au racisme et à la xénophobie.

Ce sont précisément ces types de politiques réactionnaires qui encouragent la croissance de l’extrême droite. Après tout, s’il s’agit de défendre l’Espagne contre une invasion, qui de mieux pour le faire que le PP et Vox.

Une gauche repliée sur l’impérialisme

Nous ne pouvons oublier que cette action brutale contre des milliers d’immigrants désespérés et misérables est précédée par le revirement honteux de Pedro Sánchez sur le peuple sahraoui.

C’est un gouvernement PSOE, avec des ministres de l’UP, qui a trahi la lutte pour l’indépendance nationale du peuple sahraoui en reconnaissant le droit de la dictature marocaine à s’approprier ses terres, ses ressources, et à continuer à occuper ses territoires, tout comme le régime sioniste d’Israël le fait avec les Palestiniens.

Et tout ça en échange de quoi ? Pour que les policiers de Mohamed 6 retiennent à tout prix et quelles qu’en soient les conséquences des milliers de migrants à leurs frontières.

Le degré de cynisme et d’hypocrisie de l’Union européenne et de ses gouvernements, ainsi que du gouvernement de Pedro Sánchez, ne connaît aucune limite. Les mêmes personnes qui, jour après jour, dénoncent le danger de famine, pointant faussement du doigt Poutine comme seul responsable, ferment les frontières, battent et assassinent ceux qui tentent de chercher une vie meilleure et qui fuient cette famine. Une faim directement provoquée sur les bourses de Paris ou de Chicago par les monopoles capitalistes occidentaux qui n’hésitent pas à spéculer sur les récoltes si cela leur permet d’augmenter encore leurs profits obscènes.

Mais le pire, c’est que ces politiques racistes et réactionnaires sont menées par un gouvernement dans lequel siègent des ministres ayant la carte de Podemos, du PCE et de l’IU. Comment est-il possible qu’après le drame vécu à la frontière, après les déclarations de Pedro Sánchez et Albares, ces ministres maintiennent un tel silence complice ?

Si quelqu’un pense encore qu’en soutenant ces politiques, la droite sera exclue, il va avoir la surprise de sa vie. Le désaccord rhétorique ne sert à rien. Le soutien de facto de l’UP à cette action gouvernementale suscite le scepticisme, la démoralisation et la colère croissante de milliers de militants. Et c’est tout à fait logique. Agir en tant qu’écuyer d’un parti redevable aux États-Unis et à leurs intérêts impérialistes, qui ne manque pas de mettre en œuvre l’agenda de la CEOE et de l’IBEX 35, est une erreur qui sera chèrement payée.

La présence d’UP au Conseil des ministres consentant à ce type d’actions ne cesse de donner des ailes à la droite, alimentant sa croissance, comme nous l’avons vu en Andalousie. Il ne suffit pas de critiquer verbalement la tournure prise par le Maroc et la lutte du peuple sahraoui, ou l’OTAN, puis de soutenir l’envoi d’armes en Ukraine, ou maintenant cette répression brutale à la clôture de Melilla. Ce dont nous avons besoin, c’est que les discours et les paroles soient suivis d’actes. L’UP ne peut se maintenir dans un gouvernement qui agit selon les diktats des patrons et un appareil d’État complètement réactionnaire, sauf au prix de sa propre destruction.

Les images et les morts de Melilla mettent en évidence la barbarie que le capitalisme entraîne, et qui va s’aggraver dans la période à venir. La politique soi-disant réaliste de gestion du système signifie en fin de compte céder à la réaction. C’est pourquoi nous devons construire une gauche militante qui affronte cette barbarie dans les faits et avec un programme socialiste et internationaliste. C’est la seule façon de rendre justice pour ce crime d’État, qui restera très probablement impuni grâce au gouvernement espagnol.

27 juin 2022

https://sindicatodeestudiantes.net/

Drame de Melilla : l’ONU pointe du doigt le Maroc et l’Espagne

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a accusé le Maroc et l’Espagne d’avoir eu recours à Melilla à « un usage excessif de la force » contre des migrants qui s’est traduit par « la mort de dizaines d’êtres humains, demandeurs d’asile, migrants ». Et de poursuivre que ce drame « doit faire l’objet d’une enquête ». Le bilan définitif, qui s’établit à 38 morts, prouve bien sûr la férocité, le mépris, voire le racisme des polices marocaine et espagnole à l’égard de ces personnes pauvres venues le plus souvent d’Afrique sub-saharienne. Mais cette violence policière ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Les vrais responsables de ce drame, ce sont d’abord et avant tout les dirigeants de l’Union européenne qui tentent de maintenir à l’écart de leurs frontières, par tous les moyens, ces damnés de la terre qui veulent rejoindre l’Europe. Ce sont eux les criminels en chef. 29 juin 2022

Note:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Unidas_Podemos

28 juin 2022 ~ 0 Commentaire

npa (you tube)

28 juin 2022 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

« My body my choice ! »

Mon corps mon choix !

Le 24 juin, la Cour suprême des États-Unis est revenue sur l’arrêt Roe vs Wade garantissant le droit à l’avortement. Depuis, la liste des États interdisant l’IVG ou réduisant drastiquement son accès ne cesse de s’allonger : le Missouri, l’Arkansas, l’Oklahoma, le Kentucky… Certains n’acceptant aucune exception, même en cas de viol, même en cas d’inceste, même en cas de risque vital pour la femme.

50 pas en arrière

Pour les centaines de milliers de femmes concernées dans ces États, la situation est catastrophique : tenter d’accéder à l’avortement dans un État ou un pays voisin pourrait les mettre en danger, et pour les femmes précaires, parmi lesquelles nombre de femmes racisées, cela ne sera de toute façon pas une option, le voyage étant trop cher. C’est un retour en arrière terrible en matière de droits humains et d’accès à l’autonomie pour les femmes. Et la Cour suprême pourrait ne pas s’arrêter là : l’accès à la contraception, notamment la contraception d’urgence, et le mariage entre personnes du même sexe pourraient aussi être menacés. 

Pouvoir planifier sa grossesse, pouvoir choisir de faire des enfants ou non devrait être un droit inaliénable. Ceux qui attaquent ce droit sont des hypocrites car les femmes ont pratiqué, pratiquent et pratiqueront toujours des avortements. Autoriser l’avortement ne fait pas augmenter le nombre d’avortements, interdire l’avortement ne fait pas diminuer le nombre d’avortements. La seul chose qui change lorsque l’on interdit l’avortement, c’est le nombre de femmes qui en meurent.

Interdire l’avortement c’est volontairement laisser des femmes mourir. Dans le monde, une femme meurt toutes les neuf minutes d’un avortement clandestin et, bientôt, des milliers de femmes étatsuniennes se tourneront vers des avortements non sécurisés et ne pourront pas compter sur leur médecin en cas de complications. Elles ne pourront pas demander d’aide sous peine de poursuites.

Déjà, nombreuses sont celles qui se partagent des « conseils maison » en cas de grossesse non désirée, ou qui suppriment l’application de suivi de leurs règles par peur d’être fichées…

Lorsque lune dentre nous tombe, nous tombons toutes ensemble

Cette situation dramatique nous rappelle à quel point nos droits sont fragiles, et pas qu’aux USA. Ainsi, en Pologne, le gouvernement veut dorénavant ficher les femmes enceintes. En Italie, la clause de conscience des médecins entrave fortement l’accès à l’IVG.

En France, moins de 24 heures après l’annonce de la Cour suprême aux USA, certains représentants de courants religieux et politiques demandaient déjà de « relancer le débat »… Et même avec la possible constitutionnalisation du droit à l’IVG, il va falloir continuer à se battre pour y avoir accès de manière réelle : pour l’ouverture de centres et de lits d’IVG, l’allongement des délais légaux, la suppression de la clause de conscience.

Notre solidarité est internationale, et nous soutenons toutes les femmes en lutte pour obtenir le droit à disposer librement de leur corps, que ce soit aux USA, en Pologne, à Malte, au Maroc, au Brésil, au Chili…

Solidarité avec les femmes du monde entier !

Mardi 28 juin 2022

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin