Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

25 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (csp conlutas)

psol

L’Amazone brûle, nos coeurs brûlent

L’Amazone brûle, nos cœurs brûlent…  Et le gouvernement Bolsonaro (PSL) l’ignore.

Face à la négligence, dans un mouvement initié par Twitter, les utilisateurs des réseaux sociaux préparent des manifestations ce week-end pour la défense de l’Amazone. Les actions auront lieu dans plusieurs capitales du pays. Les mouvements et les ONG rejoignent l’initiative.

Le Brésil est confronté à la plus grande vague de feu de ces six dernières années, selon les données de INPE (Institut national de recherche spatiale). Il y a 67 000 départs de feux enre-gistrés jusqu’à cette semaine. Le feu avance et détruit des kilomètres de forêts et de bois. L’Amazonie est la région la plus touchée avec 51,9% des incendies.

bres

Ce n’est pas la sécheresse ! C’est une action humaine !

Selon les experts, cette période de l’année, marquée par un temps sec, est considérée comme propice à la survenue des feux. Mais il est entendu que dans la grande majorité des cas, les incendies sont le résultat d’actes humains. Et notamment, sous le gouvernement Bolsonaro, nous assistons à une croissance record.

Dans une interview avec UOL, Ane Alencar, directrice scientifique d’IPAM, a déclaré que l’augmentation des incendies ne pouvait s’expliquer que par l’augmentation de la déforestation, puisqu’aucun événement météorologique extrême ne justifiait pas cette situation.

« Cette année, nous n’avons pas eu de sécheresse extrême, comme en 2015 et 2016. En 2017 et 2018, nous avons eu une saison des pluies suffisante. En 2019, nous n’avons pas d’événe-ment météorologique affectant la sécheresse, comme El Niño. Le climat ne peut en aucun cas expliquer cette augmentation [des incendies] », a-t-elle déclaré.

Selon les données d’INPE, il y a eu une augmentation de 88% de la déforestation dans la forêt amazonienne en juin par rapport au même mois de l’année dernière.

La forêt produit 20% (pas sûr blog) de l’oxygène de la planète. Donc, l’inquiétude avec l’Amazone n’est pas seulement la nôtre. Des mouvements, des ONG promeuvent des actions en faveur de la défense de l’Amazonie et rejoignent la Grève mondiale pour le climat du 27 septembre prochain. Une grève en défense de l’environnement.

Dans 125 pays, se mobilisent des milliers d’organisations, de réseaux internationaux, de collectifs locaux et de groupes de citoyens indignés par le réchauffement climatique, la dévastation de la nature sur la planète au service du capitalisme.

La préparation de cette grève coïncide avec le moment tragique où nous vivons: la dévastation de nos richesses naturelles, de notre bio-diversité, de nos forêts brésiliennes.

Le Brésil a un rôle important à jouer lorsque l’Amazonie et d’autres régions sont dévastées par l’agroalimentaire, les mines, l’abattage illégal et les latifundistes.

Manifestons en défense de l’Amazonie comme une étape dans la préparation de la grève mondiale. Des actions seront également organisés dans les prochains jours en défense de l’Amazonie.

23 août 2019 CSP-Conlutas

psol1

http://www.laboursolidarity.org/

http://cspconlutas.org.br/

25 août 2019 ~ 0 Commentaire

incendies (pùblico.es)

affrik 2

Ces autres régions de la planète qui brûlent en silence tandis que le monde regarde l’Amazonie

L’Alaska, la Sibérie ou les îles Canaries subissent également d’importants incendies de forêt qui continuent leur progression sans recevoir aucune attention. Ces incendies arrivent après le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré.

L’Amazone brûle et ses flammes ont alimenté la conscience sociale. Avec #PrayForAmazonas  Twitter était inondé de la revendication populaire réclamant davantage d’attention pour la situa-tion dramatique dans la forêt tropicale. L’un des poumons de la planète, responsable d’environ 20% (Pas sûr! blog) de la production mondiale d’oxygène, a été brûlé sous le parrainage indi-rect des politiques environnementales du président de droite brésilien Jair Bolsonaro.

Sous son mandat, qui a débuté en janvier 2019, le nombre d’incendies de forêt au Brésil a augmenté de 83% en un an soit 72 843. Plus de la moitié d’entre eux ont été enregistrés en Amazonie, selon les dernières données fournies par l’Institut national de recherche spatiale (INPE).

Cependant, cette région n’est que l’une des nombreuses autres qui subissent de graves incendies pendant cet été chaud et sec sans recevoir une attention médiatique et sociale en fonction de leurs dimensions.

Si les incendies sont dans un climat général de manque d’attention, les incendies du continent africain se développent dans un silence sépulcral. Les images satellites de FIRMS, un départe-ment de la NASA dédié au suivi des incendies, ont déclenché toutes les alarmes concernant les incendies en Amazonie. Cependant, personne n’a remarqué l’Afrique, qui semblait simultanément complètement teintée en rouge.

Selon une étude publiée en février par l’Agence spatiale européenne (ESA), l’Afrique subsaha-rienne accumule environ 70% des superficies brûlées dans le monde. L’agence a utilisé cette région comme point de départ pour étudier l’impact de la fumée d’incendie dans l’atmosphère, estimant qu’elle « contribuait pour 25 à 35% » des émissions de gaz annuelles responsables de l’effet de serre.

Bien que les images de la NASA révèlent que la zone touchée en Afrique est plus vaste que celle d’Amérique du Sud, les informations sur ce qui se passe sur le continent brillent par leur absence. Pour l’institution spatiale américaine, les incendies soient une constante dans la région à la suite de pratiques agricoles et d’élevage. Selon la NASA, l’utilisation de la combustion pour nettoyer la terre et la rendre fertile à nouveau grâce aux cendres est la cause habituelle des incendies sur le continent.

Les flammes continuent leur avance en Sibérie

Revenant sur les incendies dans l’hémisphère nord, l’événement le plus grave de cet été s’est produit en Sibérie, où de nombreux incendies sont encore actifs dans cette région forestière de la Russie, qui occupe environ 45% du pays. Cette affaire est un peu plus complexe que les autres, la situation étant particulièrement aggravée par le droit russe.

Il y a quatre ans, le gouvernement Vladimir Poutine avait approuvé une série de mesures autorisant l’exécutif à laisser les incendies s’éteindre dans les forêts isolées, à moins que cela ne soit économiquement rationnel de l’éteindre, comme le rapporte le Los Angeles Times.

Au début, la population ne s’est pas opposée à cette modification de la législation, malgré les avertissements des experts sur la manière dont cette initiative pourrait aggraver la saison des feux dans la région. Cet été, les incendies de fumée ont touché des villes de plus d’un million d’habitants, telles que Novossibirsk et Krasnoyarsk. C’est à ce moment-là que la population a réagi et après elle, Poutine, qui a finalement décidé d’envoyer l’armée pour contrôler les incendies.

À ce stade, les incendies multiples ne sont pas encore définis. Comme rapporté jeudi par le Moscow Times local, il existe encore plus de 200 incendies actifs qui affectent plus d’un million d’hectares situés dans les régions de Sakha et de Krasnoyarsk.

Aux moments les plus intenses, les sources officielles parlent de 3 millions d’hectares affectés, une superficie de la taille de la Belgique. « Il est impossible d’être plus précis, car nous devons analyser les zones où l’incendie s’est déclaré », a déclaré le chef de l’Agence fédérale des forêts, Mikhail Klinov.

Selon les estimations, le coût des incendies de forêt pour la Russie atteindrait plus de 100 millions de dollars cette année. Greenpeace, pour sa part, prévoit des chiffres plus élevés, assurant au début du mois que depuis le début de l’année, 13,1 millions d’hectares ont brûlé.

La Sibérie n’est cependant que l’un des foyers de la région particulièrement touchée par les incendies de cet été: l’Arctique.

Dans d’autres régions voisines telles que l’Alaska, les incendies ont libéré plus de dioxyde de carbone que l’ensemble de l’État en brûlant des combustibles fossiles en un an. Selon des données du Service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus (CAMS), associé à l’Union européenne, certains incendies en Alaska et en Sibérie ont couvert des zones équivalant à 100 000 terrains de football. En Alberta, au Canada, il y en a eu plus de 300 000.

Selon cette institution, les incendies dans la région arctique établissent des chiffres record pour les émissions de dioxyde de carbone cet été. Le CAMS a commencé à surveiller ces incendies lorsqu’ils ont détecté une ampleur sans précédent d’incendies de forêt dans l’Arctique au début de juillet. Depuis lors, l’agence a analysé plus de 100 incendies intenses ayant émis plus de 50 mégatonnes de dioxyde de carbone en juin seulement.

Ils ont ensuite poursuivi leurs activités en juillet, enregistrant un record absolu dans l’Arctique avec 79 mégatonnes de dioxyde de carbone émises dans l’atmosphère au cours du mois. Actuellement, les incendies brûlent depuis 11 semaines et ont émis 38 mégatonnes au cours des 18 premiers jours d’août, selon le CAMS.

Autres zones touchées

Les images satellites, ainsi que les dernières données sur les zones brûlées, mettent en garde contre d’autres zones également touchées par un incendie et qui ne sont pas connues au-delà des frontières. C’est le cas en Thaïlande, où des incendies soupçonnés d’être causés intentionnellement dans le sud du pays ont eu lieu fin juillet, ils ont brûlé plus de deux millions d’hectares, selon les médias locaux Khao Sod.

Pour trouver des exemples proches, il ne faut pas aller trop loin, car à Gran Canaria, nous avons vécu cet été un incendie de forêt qui a dévasté plus de 9 000 hectares de l’île. Déclaré le 17 août, quelques jours seulement après avoir réussi à éteindre d’autres incendies localisés dans l’archipel, les incendies de 112 kilomètres de périmètre ont forcé l’évacuation de plus de 9 000 personnes. C’était l’un des plus graves de la dernière décennie dans le pays. Cependant, il convient de noter que cet événement est devenu l’une des principaux intérêts médiatiques au cours de son développement.

Sans quitter la péninsule, le Portugal est un autre pays qui doit affronter tous les étés les incendies. Cette année, un incendie en juillet a brûlé plus de 8 000 hectares dans une région du centre du pays.

Cependant, cet incendie remarquable n’était guère grave comparé à celui de Pedrógão Grande en 2017, où plus de 60 personnes sont mortes et environ 45 000 hectares brûlés, ce qui a nécessité l’aide d’autres pays, tels que l’Espagne, pour réduire les flammes. À la suite de ces événements, au Portugal, des solutions sont déjà envisagées pour tenter de résoudre ce problème environnemental.

Le mois de juillet le plus chaud est l’une des causes

Outre la main de l’homme et les politiques environnementales défavorables de pays tels que le Brésil ou la Russie, certaines des raisons possibles de cette succession d’incendies de forêt graves pourraient être liées aux conditions météorologiques actuelles.

« Ces régions ont connu des températures exceptionnelles et un environnement sec au cours de cette année, deux conditions qui contribuent à l’apparition d’incendies et durent longtemps », a déclaré le scientifique de CAMS, Mark Parrington.

En juillet dernier, la température mondiale a enregistré une augmentation de 1,71 degrés

Cependant, ces conditions ne sont pas exclusives au cercle polaire arctique, mais elles existent dans le monde entier. Selon l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère, relevant du Département du commerce des États-Unis, ce mois de juillet a été le plus chaud jamais enregistré. Au cours de ce mois, la température globale a augmenté de 1,71 degrés Fahrenheit par rapport à la moyenne du 20ème siècle. De cette manière, le mois de juillet est devenu le mois de juillet avec les températures les plus élevées jamais enregistrées.

Des conditions climatiques défavorables et des politiques environnementales peu ou pas préoccupées par la préservation du patrimoine naturel mondial se sont avérées être le carburant qui alimentait la progression de ces incendies de forêt dans le monde entier. Une avancée qui se produit souvent dans le silence et l’ignorance du reste du monde.

23/08/2019 Juan Corellano

https://www.publico.es/

25 août 2019 ~ 0 Commentaire

afrique (pùblico.pt)

afrik

L’Afrique est championne des feux de forêt

Le continent africain est victime de 71% des incendies de forêt dans le monde et la plupart sont causés par des mains humaines.

Il n’y a pas de jour où une partie de la planète ne brûle pas et l’Afrique est le champion des incendies, dit la NASA. Ils se produisent plusieurs fois par an et dans différentes parties du continent et sont principalement des incendies d’agriculture, certains étant incontrôlables.

L’Afrique est victime de 71% des incendies dans le monde, même si peu d’attention y est portée, selon la NASA. La plupart des incendies ont lieu pendant les saisons sèches, dans l’espoir de préparer le sol pour la saison des récoltes. Il existe deux saisons climatiques différentes: entre novembre et mars en Afrique subsaharienne et de juin à septembre en Afrique australe.

La NASA explique que les incendies, une technique ancienne, continuent d’être utilisées par les agriculteurs du continent car leur coût et leur technologie sont bas. Cependant, il est difficile de savoir combien d’incendies se déclarent et quelle est la superficie brûlée, en grande partie en fonction de la capacité des satellites et de l’analyse des images. En 2016, par exemple, on a brûlé quatre millions de km2, selon les auteurs d’une étude publiée dans le numéro de mars de la télédétection de l’environnement.

« Les cendres produites confèrent au sol nouvellement défriché une couche riche en nutriments pour aider à fertiliser les cultures », poursuit l’agence spatiale américaine, soulignant que « les incendies destinés à renouveler les champs agricoles sont souvent hors de contrôle vents et tempêtes.  » Les réponses des autorités sont très rares, leur permettant de grandir et d’avancer avec peu de résistance.

Les incendies sont si nombreux et parfois si puissants que de gigantesques nuages ​​de fumée se forment, empêchant ainsi le rayonnement solaire d’atteindre le sol, a expliqué le scientifique Xiaohong Liu de l’Université du Wyoming dans un article de l’ Académie nationale des sciences.

Ricardo Cabral Fernandes 23 août 2019

https://www.publico.pt/

affrik 2

Lire aussi:

Otras zonas del planeta que arden en silencio mientras el mundo mira al Amazonas (Pùblico.es)

 

24 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (rtbf)

bio

Cinq choses à savoir sur le véritable rôle de la forêt amazonienne

Elle est décrite comme un sanctuaire de biodiversité. Mais que savons-nous de la forêt amazonienne, en proie aux flammes depuis plusieurs jours.

1. Elle nous aide à lutter contre le dérèglement climatique

Comment ? La forêt amazonienne est la plus grande forêt du monde et à ce titre elle capte 10% du CO² mondial. Dans le même temps, elle libère de l’oxygène indispensable à la vie sur terre. Elle est donc ce qu’on appelle un puits de carbone. Or, quand un puits de carbone est détruit, il relâche tout ce qu’il emmagasinait. Ce qui augmente la quantité de CO² dans l’atmosphère et accentue le dérèglement climatique.

2. Sa déforestation a stagné ces dernières années… avant de repartir à la hausse

Entre 1988 et 2004, plus de 28 000km² ont été détruits chaque année. C’est l’équivalent de quatre millions de terrains de foot rasés annuellement. Néanmoins, sous le président de gauche Lula, cette quantité a diminué drastiquement entre 2004 et 2012, à 4 500km²/an. Depuis 2012, la situation stagnait mais le mois de juillet 2019 a battu tous les records. En seulement 31 jours,   2  254km² de forêt ont disparu (contre 596,6km² en juillet 2018). La faute aux décisions du nouveau président climatosceptique, Jair Bolsonaro.

L’Amazonie s’étend sur près de six millions de km², mais à cause de l’activité humaine on estime que 20% ont disparu en cinquante ans.

3. Un véritable sanctuaire de la biodiversité

Selon les chiffres, la forêt amazonienne concentre plus de la moitié des espèces animales et végétales terrestres. 30.000 espèces de plantes, 1500 d’oiseaux, 500 mammifères différents, 550 sortes de reptile et 2,5 millions d’insectes. De plus, grâce au fleuve Amazone qui la traverse, elle abrite 2500 espèces de poissons et 20% de l’eau douce terrestre non gelée.

4. Le moteur de la déforestation : l’agroalimentaire

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le déboisement n’est pas dû seulement aux feux de forêts, aux mines d’extraction d’or ou à l’industrie du bois. La cause principale est à chercher du côté de l’agro-industrie.

Ainsi, selon Greenpeace, les élevages de bœufs sont responsables de 80% de la déforestation amazonienne brésilienne. Le plus grand cheptel commercial du monde avec 211 millions de bêtes paissent sur des terres anciennement boisées. Des pâturages mais aussi des champs : la culture du soja représente plus de 30% des nouveaux terrains accessibles. 

5. 420 tribus

L’Amazonie, habitée depuis au moins 11 000 ans, compte aujourd’hui 34 millions d’habitants, dont les deux tiers sont citadins. Près de trois millions d’Indiens forment quelque 420 tribus, selon l’Organisation du Traité de coopération amazonienne (OCTA).

Une soixantaine d’entre elles vit dans un isolement total. Les Indiens d’Amazonie parlent 86 langues et 650 dialectes. La tribu amazonienne la plus nombreuse est celle des Tikuna, forte de 40.000 membres, qui vit au Brésil, Pérou et Colombie, selon l’ONG Survival international.

Le chef indien brésilien, de la tribu kayapo, Raoni Metuktire, est la grande figure de la lutte contre la déforestation en Amazonie. Il voyage à travers le monde depuis 1989 pour la préservation de la forêt et des peuples indigènes.

Martin Bilterijs  jeudi 22 août 2019

https://www.rtbf.be/

24 août 2019 ~ 0 Commentaire

bolsonaro (le monde)

24 août 2019 ~ 0 Commentaire

incendies (ouest france)

eco

Amazonie, Sibérie…

Comment les feux de forêt accélèrent le réchauffement climatique

En Amazonie, mais aussi en Sibérie, d’immenses incendies ravagent des dizaines de milliers de kilomètres carrés d’arbres. En brûlant, les plus grandes forêts du monde contribuent à court et moyen terme au changement climatique.

« Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20 % ( pas sûr blog) de notre oxygène, est en feu. » Emmanuel Macron s’est ému des gigantesques incendies qui ravagent la plus grande forêt tropicale jeudi 22 août, qualifiant la situation de « crise internationale ». Un avis partagé par le secrétaire général de l’ONU, qui a exprimé sa « profonde préoccupation ».

Depuis mi-août, le « poumon vert » de la planète est la proie des flammes. 2 500 départs de feu ont été recensés en quelques heures le 22 août. De l’autre côté du monde, en Sibérie, de gigan-tesques feux de forêt font rage depuis plusieurs semaines. Au-delà de la perte d’écosystèmes uniques, ces incendies ont un impact à court et moyen terme sur la production de CO2 et le réchauffement global de la planète tout entière.

Plus de CO2 émis que l’Autriche

Il est encore difficile de savoir combien d’hectares ont brûlé en Amazonie, mais les départs de feu sont en augmentation de 83% par rapport à l’an dernier, et un nuage de la taille du Mexique flotte au-dessus de la forêt. En Sibérie, ce sont 120 000 kilomètres carrés de bois qui ont brûlé en quelques mois.

En Asie comme en Amérique du Sud, les conséquences sont désastreuses pour le climat. « Les forêts tropicales […] stockent le carbone, quand elles brûlent, elles rejettent d’immenses quanti-tés de CO2 dans l’atmosphère », explique le porte-parole et chargé de campagne climat et forêts chez Greenpeace, Clément Sénéchal, au micro d’Europe 1 jeudi matin. 100 ha de forêt amazo-nienne brûlés rejettent au minimum 15 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère, ont calculé nos confrères du Parisien. Soit l’équivalent des émissions annuelles d’une ville moyenne.

Bien qu’elles contiennent moins de gaz à effet de serre, les forêts arctiques rejettent elles aussi du CO2 dans l’atmosphère en brûlant : l’ONG Greenpeace estime que les incendies en Sibérie ont émis plus de carbone en quelques mois que l’Autriche en une année entière. Ces émissions de CO2 de chaque côté de l’Atlantique viennent s’ajouter aux 33 milliards de tonnes rejetées dans l’atmosphère par les activités humaines en 2018.

Les fumées accélèrent la fonte des glaces

En plus de contenir des substances toxiques potentiellement dangereuses pour la santé humaine, les fumées dégagées par les incendies en Sibérie ont aussi un impact sur le climat global : « la suie […] tombe sur la glace ou la neige, la faisant fondre ou l’assombrissant et réduisant ainsi la capacité de sa surface à réfléchir » la chaleur, avertissait ainsi l’Organisation météorologique mondiale (OMM) en juillet dernier.

Les cendres contribuent aussi à la fonte du permafrost arctique, libérant des gaz qui, eux-mêmes, renforcent le réchauffement climatique, selon l’expert de Greenpeace Russie, Grigori Kouxine. Et de pointer un cercle vicieux : « Plus les incendies influent sur le climat, plus les conditions sont favorables à de nouveaux incendies dangereux ».

À long terme, une capacité de stockage réduite

La forêt tropicale absorbe davantage de CO2 qu’elle n’en rejette : elle stocke 90 à 140 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, et absorbe 14 % des rejets dans l’atmosphère. Bien que moins efficace, la forêt sibérienne emmagasine aussi du carbone, ce qui contribue à réguler le réchauffement climatique dans le monde, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Les millions d’arbres partis en fumée ne pourront plus jouer leur rôle, amplifiant doublement le réchauffement climatique. Et la perte de surface boisée en Amazonie « affecte aussi l’évapo-transpiration », à savoir la couche nuageuse qui modère le climat sud-américain et celui des océans selon Robert Muggah, directeur de recherche à l’institut Igarape.

Le « poumon vert » de la planète qui brûle, « ce n’est pas seulement mauvais pour le Brésil et les villes du Brésil qui sont touchées par la pollution et les pénuries d’eau, c’est un problème pour le monde » entier, conclut le chercheur.

23/08/2019

https://www.ouest-france.fr/

24 août 2019 ~ 0 Commentaire

déforestation (le télégramme)

foret

L’intensification de la déforestation est responsable des feux »

Selon vous, quelles sont les causes des incendies qui dévastent la forêt amazonienne?

Deux choses qui sont étroitement liées : la sécheresse et la déforestation, la seconde favorisant la première. Les arbres ont une fonction régulatrice du climat en gardant l’humidité et forcément si on les enlève, cela entraîne la sécheresse…

Soyons clairs : la déforestation de la forêt amazonienne existe depuis des années (1). il y a déjà eu des incendies aussi, mais jamais d’une telle ampleur. Ils sont visibles depuis l’espace ! Près de 72 000 feux ont été signalés depuis le début de l’année, c’est du jamais-vu. C’est l’intensifica-tion de la désertification prônée par le président brésilien Bolsonaro qui en est responsable (2). C’est un climatosceptique qui veut exploiter les ressources naturelles de l’Amazonie (or, cuivre, tantale, fer, nickel, manganèse…), faire de l’agrobusiness (élevage, soja…). Et, pour cela, il faut couper les arbres…

Concrètement, comment cette politique se manifeste-t-elle auprès des populations locales ?

L’invasion des zones protégées, où vivent des communautés amazoniennes, et des réserves naturelles, comme celles de carbone, a débuté et les pressions sont de plus en plus fortes sur les chefs indiens (Le chef des indiens Waiapi a été retrouvé mort le mois dernier, des orpailleurs sont les principaux suspects).

Mais personne ne fait rien car les gens qui peuvent tirer profit de l’exploitation de la forêt se disent : « On a quartier libre. Personne ne nous arrêtera puisque c’est même la volonté du président du pays », qui ne fait que tenir des propos dégradants sur ces communautés et n’a aucune considération pour elles.

Il faut aussi savoir que Bolsonaro a remplacé le directeur (Ricardo Galvão) de l’Institut national de recherche spatiale brésilienne (INPE), l’organisme qui suit la déforestation de la forêt amazo-nienne par satellite, en l’accusant d’en exagérer l’ampleur, et songe à confier ce suivi à une entreprise privée. Je suis allé ce matin sur leur site : il y avait une page blanche…

Comment ces incendies et la déforestation de la forêt amazonienne sont-ils perçus par la population brésilienne ?

Elle n’est pas du tout informée : il a fallu attendre lundi, que Sao Paulo soit plongée dans le noir en plein jour, pendant une heure, sous une pluie grise, pour que les Brésiliens entendent parler de ces incendies. Et Sao Paulo est située à 3 000 kilomètres de là !

Vous vous rendez compte : c’est comme si des incendies en Europe de l’Est étaient ressentis en France ! Donc, oui, les Brésiliens sont choqués depuis le début de la semaine et prennent cons-cience de l’ampleur des dégâts.

Globo, le plus grand média du pays, en parle désormais mais les Brésiliens s’interrogent aussi sur l’accès à l’information. Le Brésil est un pays jeune, donc très porté sur les réseaux sociaux, où beaucoup de choses, vraies ou fausses, se font et se disent, et où les revendications politiques ont une grande place.

Combien de temps avez-vous vécu en Amazonie ?

Huit mois en tout, une première fois trois mois, en 2014, puis en 2015. Je suis toujours en contact avec des familles que j’ai connues au sein des communautés ribeirinhas, qui sont installées dans l’état du Pará, sur la côte Atlantique. Loin des incendies, plutôt localisés sur la côte Est. Par contre, je travaille à distance avec la communauté kuikuro qui vit dans le Mato Grosso, une région touchée par les feux. J’ai envoyé un message hier (jeudi), pas de nouvelles…

Parlons des Ribeirinhos. Pouvez-vous nous décrire leur mode de vie ?

Il y a plein de modes de vie en Amazonie, c’est immense, et il n’y a pas que la forêt, il y a aussi des grandes villes comme Manaus ou Belem, où la vie ressemble à celle des autres grandes villes brésiliennes comme Rio ou Sao Paulo.

Les Ribeirinhos, eux, vivent sur un affluent de l’Amazone, dans des maisons à pilotis, sous un climat très humide, entre 25 °C et 35 °C. Ils n’ont pas beaucoup de revenus mais ils n’en cherchent pas plus que cela.

Toute leur vie tourne autour de l’eau : ils font la sieste ou se baignent quand il fait trop chaud, leur nourriture est surtout constituée de poisson, de farine de manioc et de fruits de la forêt, comme l’açai, une baie avec laquelle ils font des soupes et qui se vend en glaces à Rio. On trouve aussi quelques micro-élevages de poules et la viande prend de plus en plus de place car les bateaux à moteur, qui se sont répendu ces dernières années, cela a grandement facilité les déplacements. Et les Ribeirinhos se déplacent toujours en bateau, rarement dans la forêt.

Que savez-vous des Kuikuro ?

Je sais que leur accès à l’électricité n’est pas non-stop et je ne préfère pas trop m’avancer car je n’y suis jamais allée. Mais, pour certaines populations amazoniennes, il faut imaginer que tout va infiniment vite : ils ont découvert internet et l’électricité en même temps.

Quel regard portez-vous sur la situation en Amazonie ?

J’ai très peur pour l’avenir et je suis très affectée, à la fois par la politique de Bolsonaro et la situation en Amazonie, et pourtant je ne suis pas de nature pessimiste. Ce sont de grosses pertes pour les indigènes, pour les populations amazoniennes, mais aussi pour le monde entier.

L’Amazonie est la plus grande réserve du monde, alors, oui, on peut parler de crime contre l’humanité. Mais maintenant que le monde entier a les yeux tournés vers le Brésil, cela pourrait jouer sur la politique de Bolsonaro.

J’assisterai tout à l’heure (17 h, heure locale) à la manifestation de Rio, il y en a une aussi à Brasilia. Le Brésil est mon pays de cœur mais il n’est plus le pays prospère que l’on présentait il y a quelques années. C’est un pays en déclin et cela a commencé avant l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro, entre crise économique et politiques sociales et environnementales désastreuses.

Chargée de coopération scientifique pour le CNRS (centre national de la recherche scientifique), installée à Rio de Janeiro, Laura Person se dit « très affectée » par les incendies qui frappent son « pays de cœur ». Diplômée d’un master d’anthropologie, cette Bretonne de 26 ans, originaire de La Roche-Maurice, a passé plusieurs mois dans la forêt amazonienne.

1. Selon WWF, 20 % de la forêt amazonienne a disparu en 50 ans.

2. En juillet 2019, la déforestation a été quatre fois supérieure à celle de juillet 2018 (2 254 km2 contre 596,6 km2, soit une augmentation de 278 %), selon l’institut national de recherche spatiale brésilienne (INPE)
  23 août 2019 Eric Daniellou

 https://www.letelegramme.fr/

24 août 2019 ~ 0 Commentaire

pc ps (psl.be)

elephnats

Retour sur l’échec du gouvernement de gauche PS-PCF sous la présidence de François Mitterrand

France, 1981-1984 : de l’espoir au ‘‘tournant de la rigueur’’

10 mai 1981. A Paris, 200 000 personnes se rassemblent à la Bastille et crient leur joie. Des scènes de liesse éclatent dans toutes les villes du pays. François Mitterrand vient de remporter le 2e tour du scrutin présidentiel avec 52% des voix. Pour la première fois de l’histoire de la 5è République (instaurée en 1958), c’est un président de gauche qui est élu. Exprimant l’effroi patronal, le quotidien de droite Le Figaro écrivait au lendemain des élections : “Le collectivisme d’inspiration marxiste est désormais à nos portes”. Et pourtant…

La conquête du pouvoir

François Mitterrand avait été ministre à 11 reprises sous la 4è république (1946-58), il n’avait rien d’un révolutionnaire, mais avait bien remarqué à quel point les événements de Mai 68 avaient profondément radicalisé les travailleurs. Lorsqu’il prend la tête du tout nouveau Parti Socialiste (PS) en 1971, il l’engage sur la voie d’une alliance électorale avec le Parti Communis-te Français (PCF) qui, en freinant les grèves de ’68, avait démontré qu’il savait rester dans les limites du système.

En 1972, l’Union de la Gauche est constituée autour d’un programme commun réunissant le PS, le PCF et le Mouvement des radicaux de gauche (MRG) et reposant sur des réformes sociales et la nationalisation de neufs grands groupes industriels ainsi que du crédit. Chez les patrons et les riches, on craint le pire, d’autant plus qu’éclate peu après la crise économique de 1973-74. Les fermetures d’usine et les licenciements massifs s’enchaînent, un nouveau phénomène fait son apparition : le chômage de masse. Entre 1974 et 1981, le nombre de chômeurs triple et atteint le million et demi.

Aux élections de 1976 et 1977, le PCF est devancé par le PS. Désireux de regagner sa position de première force de gauche, le parti quitte l’Union de la Gauche et justifie son départ en raison du nombre insuffisant de nationalisations prévues. Dans les rangs du mouvement ouvrier, où l’on aspire à un changement de politique, la politique de zigzags du PCF est mal perçue alors que le PS est considéré comme le parti unitaire à gauche.

1981-1982. Une politique de relance keynésienne et le sabotage des capitalistes

Le programme électoral de Mitterrand contient un programme de relance économique grâce aux investissements publics (création de 150 000 emplois dans les services publics, politique de grands travaux publics, construction de logement sociaux,…), à l’augmentation du pouvoir d’achat, à l’instauration de la semaine des 35 heures pour combattre le chômage et à la redistri-bution des richesses via l’introduction d’un impôt sur les fortunes des plus riches (ISF). Le PS de l’époque va même plus loin en défendant la nationalisation de neuf grands groupes industriels, du crédit et des assurances. Il n’est cependant pas question d’une transformation socialiste de la société.

Finalement, c’est la victoire au second tour de l’élection présidentielle et un gouvernement comprenant 4 ministres du PCF initie une batterie de réformes : embauche de 55 000 fonction-naires ; augmentation du salaire minimum de 10%, des allocations familiales et logement de 25%, de l’allocation pour les personnes handicapées de 20% ; abolition de la peine de mort; abrogation de la loi ‘‘anti-casseurs’’ ; régularisation de 130.000 sans-papiers ; création de l’impôt ISF; augmentation de 40% à 500% des budgets pour le logement, la culture, l’emploi et la recherche ; blocage des prix ; nationalisation des 36 premières banques de dépôt ainsi que de Paribas, de Suez et de 5 grands groupes industriels (CGE, PUK, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Thomson) ; introduction de la semaine des 39 heures, de la 5e semaine de congés payés, de la pension à 60 ans et d’une nouvelle législation du travail ; encadrement et plafonnement des loyers ; abrogation du délit d’homosexualité.

Le gouvernement lance une politique de relance keynésienne – par la consommation et les investissements – mais l’exceptionnelle période de croissance économique prolongée d’après-guerre était terminée.

Depuis la moitié des années ’70, le capitalisme était en crise. Les États-Unis étaient entrés en récession et le ralentissement économique de l’Allemagne, avait un profond impact sur l’écono-mie française. Le pays était en pleine stagflation : une récession économique combinée à une inflation galopante.

Le gouvernement va alors tout faire pour convaincre le patronat du bienfondé de sa politique de relance afin de restructurer le capitalisme français et de renforcer sa position concurrentielle. Mais les capitalistes veulent écraser les espoirs des travailleurs et organisent donc le sabotage de la politique du gouvernement.

Le gouvernement ayant voulu respecter le cadre légal plutôt que s’appuyer sur l’action du mouvement ouvrier, la droite et les patrons saisissent le conseil constitutionnel, font valoir le droit de propriété privée et arrachent 39 milliards de francs de l’État en compensation pour l’ensemble des nationalisations. Certains patrons se frottent les mains : avec la crise, ce sont aussi des pertes qui ont été nationalisées à grands frais.

De nombreux riches franchissent la frontière suisse avec des valises ou des sacs poubelles remplis d’argent et de l’or planqué dans les roues de secours. Les capitaux étrangers quittent également le navire. Le contrôle de taux de change sera instauré ainsi qu’un renforcement des contrôles à la frontière, mais les transferts de fonds vers le Suisse se poursuivront.

Le ‘‘tournant de la rigueur’’

Très vite, le gouvernement PS-PCF recule. Un blocage salarial de 4 mois prend place en juin 1982, suivi de la suppression de l’indexation automatique des salaires. Le PCF dénonce, mais ses ministres ne remettent pas en cause leur soutien au gouvernement. Le patronat applaudit : la gauche vient de réussir sans la moindre résistance ce que la droite n’avait jamais pu qu’espérer.

Le 21 mars 1983, c’est le ‘‘tournant de la rigueur’’, c’est-à-dire l’abandon des politiques économi-ques keynésiennes pour embrasser le monétarisme néolibéral. PS et PCF décident que la France reste dans le Système monétaire européen (SME). Pour résorber les déficits, le ‘‘plan Delors’’ d’austérité est mis en place.

En mars 1984, les ministres du PCF participent à une dernière attaque d’envergure : la suppres-sion de 21 000 emplois dans la sidérurgie d’Etat, soit le même nombre que la droite en 1978. 150.000 travailleurs manifestent en Lorraine, mais la marche vers Paris organisée par les direc-tions syndicales prend des allures d’enterrement.

L’échec du gouvernement PS-PCF qui devait combattre le chômage et sauver la sidérurgie est total. Aux élections de juin 1984, le Front National obtient 11% et réalise sa première percée au niveau national. Le PS chute à 21% et le PCF à 11%. Le PCF quitte le gouvernement, mais jamais plus il ne regagnera ses bastions ouvriers perdus.

En 1986, Henri Emmanuelli (secrétaire d’État du gouvernement de 1981 à 1984) a résumé son avis sur le virage de mars 1983 en ces termes : ‘‘Les socialistes ont longtemps rêvé d’une troisième voie entre le socialisme et le capitalisme. À l’évidence, elle n’est plus possible. La solution, c’est de choisir clairement l’un des deux systèmes et d’en corriger les excès. Nous avons choisi l’économie de marché.’’  (Résumé voir lien)

22 août 2019 Boris

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24 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (bruxelles)

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24 août 2019 ~ 0 Commentaire

amazonie (france info)

amazonia

La forêt amazonienne est-elle vraiment le « poumon de la planète » ?

Comparer l’Amazonie à un « poumon » qui produit « 20% de l’oxygène » que nous respirons est trompeur et réducteur. Le véritable « poumon de la planète », ce sont plutôt les océans. L’Amazo-nie est, en revanche, d’une importance capitale pour la biodiversité et la régulation du climat du continent américain.

« Le poumon de la planète est en feu », peut-on lire, partout sur les réseaux sociaux. « L’Amazonie, le poumon de notre planète, produit 20% de notre oxygène », a même tweeté Emmanuel Macron.

Des centaines d’incendies grignotent l’Amazonie, depuis plusieurs semaines. Ce drame envi-ronnemental est dû en partie à la sécheresse, mais surtout à la déforestation, encouragée par le président brésilien, Jair Bolsonaro. Les feux sont notamment provoqués par les défrichements par brûlis utilisés pour transformer des aires forestières en zones de culture et d’élevage ou pour nettoyer des zones déjà déboisées.

Partout dans le monde, des militants se mobilisent, et la santé de l’Amazonie, qui a suscité un début de crise diplomatique entre la France et le Brésil, va s’inviter parmi les sujets au menu au sommet du G7 de Biarritz. Mais peut-être faudrait-il trouver une métaphore plus adaptée que « poumon de la planète », pour évoquer cet écosystème complexe, qui produit de l’oxygène, retient des gaz à effets de serre et abrite une biodiversité inégalée.

Le jour, l’Amazonie fait l’inverse d’un poumon

« Inspirez… Expirez… » Lorsque vos poumons fonctionnent correctement, et sans même que vous en ayez conscience, ils trient l’air que vous inspirez pour alimenter votre corps en oxygène et éliminer ce dont il n’a pas besoin : le dioxyde de carbone (CO2). Les plantes aussi « respirent » en continu. Mais le jour, elles font surtout l’exact inverse de nos poumons.

Les végétaux puisent dans le sol de l’eau et des minéraux pour se nourrir. Avec leurs feuilles, ils captent le dioxyde de carbone (ou gaz carbonique) présent dans l’atmosphère. Les plantes utili-sent ensuite l’énergie solaire pour oxyder l’eau et réduire le gaz carbonique afin de produire des glucides, et donc de l’énergie, pour vivre et grandir.

C’est ce qu’on appelle la photosynthèse. Au passage, les végétaux rejettent dans l’air du dioxygène (O2). Mais cet oxygène sert en majorité à sa propre consommation. Quand la photosynthèse s’arrête, la nuit, les plantes n’émettent plus d’O2, mais elles continuent à respirer.

Elle ne produit pas « 20% de notre oxygène »

Près de 6 millions de kilomètres carrés, 16 000 essences d’arbres différentes… C’est la plus grande forêt tropicale du monde, la plus célèbre sans aucun doute. On lit souvent, y compris sur les sites d’ONG environnementales, qu’elle produit « 20% de notre oxygène ». C’est lui faire porter une bien lourde responsabilité. « La formule est belle, mais elle n’est pas scientifique », estime d’ailleurs Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, interrogé par Le Parisien.

La plupart des scientifiques s’accordent pour estimer que l’Amazonie produit entre 5 et 10% de notre oxygène. Pas plus. Sur Twitter, Jonathan Foley, directeur de l’institut de l’environnement de l’université du Minnesota (Etats-Unis) explique que ses calculs lui permettent d’arriver « au maximum à 6%. Probablement moins ».

En réalité, au moins la moitié de notre oxygène provient des océans, où vit le phytoplancton, constitué d’organismes végétaux vivant en suspension dans l’eau. Sa biomasse totale est nettement supérieure à celle des forêts. C’est lui le premier producteur d’oxygène et le plus grand piège à CO2 du monde, le « poumon bleu de la planète ».

Cela laisse aux forêts du monde 50% de la production d’oxygène. L’ensemble des forêts tropi-cales produit, selon Jonathan Foley, 24% de l’oxygène produit sur la terre ferme et 12% de l’oxygène total, « terre et océan inclus ». En admettant que l’Amazonie émette à elle seule la moitié de ces 12%, Foley arrive à 6% de la production d’oxygène mondiale. « Il est biologique-ment et physiquement impossible pour l’Amazonie de produire 20% de l’oxygène du monde« , insiste-t-il.

Elle consomme presque tout l’oxygène produit

Sans oublier que la forêt amazonienne n’est pas toute jeune. Si des arbres en pleine croissance peuvent en effet émettre beaucoup d’O2, d’autres, en vieillissant et en mourant, dégagent surtout du CO2. En 2005, par exemple, une seule tempête a tué 500 millions d’arbres en Amazonie, selon une étude de 2010 financée par la Nasa. Et ces millions d’arbres morts ont relâché toute leur réserve de CO2 dans l’air.

« Pour faire simple, le bilan de la forêt en elle-même est nul quand elle est à son état d’équili-bre », résume Pierre Thomas, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure de Lyon, au Parisien« Il peut même arriver qu’une forêt émette plus de CO2 qu’elle n’en absorbe », explique Alain Pavé, ancien directeur du programme Amazonie du CNRS, au HuffPost. La déforestation massive pourrait avoir cette conséquence. Surtout, la forêt tropicale est un écosystème complexe, habité par des milliards de consommateurs d’oxygène. Des champignons, des bactéries, des animaux, et quelques millions d’humains.

L’Amazonie est bien plus qu’un stock d’oxygène

L’Amazonie n’est donc pas tout à fait « le poumon de la Terre », pas seulement en tout cas. Ce serait « réducteur », explique à L’Express Plinio Sist, qui dirige l’unité Forêts et sociétés au sein du Cirad, organisme de recherche agronomique international. « C‘est une source de biodiversité inestimable, c’est un réservoir de carbone face au réchauffement, c’est un régulateur du climat sur tout le continent sud-américain », liste-t-il.

Cette forêt tropicale abrite une biodiversité unique : 40 000 espèces de plantes dont 16 000 essences d’arbres, 2,5 millions d’espèces d’insectes, 3 000 poissons d’eau douce, 1 500 oiseaux, 500 mammifères, 550 reptiles… Et sûrement encore beaucoup à découvrir. Plus de 2 000 nouvelles espèces ont été identifiées et décrites depuis 1999.

La forêt amazonienne régule aussi tout le climat de l’Amérique du Sud.

C’est elle qui maintient l’humidité en produisant de la vapeur d’eau. « Si la déforestation se poursuit au rythme actuel, la région risque de graves problèmes de sécheresse », avertit Plinio Sist. Avec un impact inévitable sur l’agriculture et la production d’énergie du Brésil qui « repose en partie sur des barrages au niveau du bassin amazonien, menacé par un déficit de pluies avec le dérèglement climatique ».

Mais pas seulement.  »La déforestation en Amazonie influence aussi les précipitations du Mexique au Texas », selon une étude menée par la Nasa en 2005. « Cela ne modifie pas la quantité de précipitations, mais leur distribution sur le territoire », explique encore la Nasa.

La déforestation et les incendies ont de lourdes conséquences aussi pour le climat mondial : de piège à CO2, l’Amazonie pourrait se changer en véritable cheminée recrachant des gaz à effets de serre. « Le calcul est simple : une tonne d’arbre qui part en fumée, et ce sont aussitôt presque deux tonnes de CO2 qui s’évaporent », résume Le Parisien. Et ce gaz, la forêt affaiblie est de moins en moins apte à le réabsorber.

« Il y a de nombreuses raisons de s’inquiéter de ces pics de déforestations de l’Amazonie », conclut Jonathan Foley. Le carbone, le climat, l’eau, la biodiversité, les humains… « Mais heureusement, au moins, on n’a pas à s’inquiéter pour l’oxygène. »

Camille Caldini 24/08/2019

https://www.francetvinfo.fr

Lire aussi:

Forêt amazonienne : peut-on vraiment parler du « poumon de la planète »? (le Hufffinton Post)

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