Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

29 août 2016 ~ 0 Commentaire

douarnkini (fr3)

curé

Avec une croix, tout devient laïque!

 Une baignade tout habillés pour dénoncer la grotesque polémique autour du « burkini »

Une cinquantaine de militants du planning familial, d’humanistes et simples citoyens ont pris un bain de mer tout habillés, ce dimanche à Douarnenez. Objectif : dénoncer le côté grotesque de la polémique autour du burkini qui occupe tout l’espace médiatique depuis plusieurs semaines.

Robes noires, foulards, passe-montagne, pyjamas, ou costumes de marin… ce diman- che 28 août à Douarnenez une cinquantaine de personnes est venue prendre un bain de mer tout habillé sur la plage des Dames. Parmi elles des militants du planning familial, des partici- pants du festival de Cinéma ou de simples citoyens. Tous sont venus dénoncer à leur manière la grotesque polémique autour du burkini qui occupe les politiques et les médias français depuis déjà plusieurs semaines.

Ici on se baigne comme on veut, quand on veut et avec qui on veut … et sans en faire une affaire d’état ! Voilà le message que voulait faire passer ce groupe de joyeux Penn Sardin. C’est donc dans une ambiance festive, conviviale et pleine de drôlerie que chacun et chacune est venu participer à ce bain collectif.

« Il faut faire quelque chose pour dénoncer l’absurdité des arrêtés anti-burkini et du tapage qui va avec »

L’initative est née vendredi soir dernier au Festival de cinéma de Douarnenez. Autour de la table des militants du planning familial, des féministes mais aussi de simples festivaliers qui se sont dit qu’« il fallait faire quelque chose pour dénoncer l’absurdité des arrêtés anti-burkini et du tapage qui va avec », nous explique Monique Prévost, une des responsable du planning familial de Douarnenez.

L’idée du bain de mer tout habillé s’est évidemment imposée d’elle même. Dès le samedi alors qu’aucune communication officielle n’a été faite, la proposition a circulé sur les réseaux sociaux et s’est propagée comme une traînée de poudre.  Au final une cinquantaine de personnes s’est jetée à l’eau aux alentours de midi. Le ciel étant lui aussi couvert, tout le monde est parti se réchauffer chez soi après une heure sur place !

Le respect des femmes avant tout

Pour Monique Prévost et tous les participants « il n’est pas question de défendre le burkini, il est question de respecter ces femmes ». « Ces femmes sont contraintes, par leur mari, leur famille ou leur religion de porter ce vêtement » insiste cette dernière. En leur interdisant l’accès à la baignade dans les lieux publics la société française leur inflige donc une double peine et les oblige à rester chez elle et à se cacher. En conséquence les enfants aussi sont le plus souvent privés de plage. C’est donc dans le pur respect des traditions douarnenistes et de leur esprit de dérision que l’opération s’est déroulée, sous les regards amusés des vacanciers.

Un planning familial toujours militant

Cette action reste dans la lignée de toutes celles menées jusque là par le Planning Familial de Douarnenez, à savoir le respect des femmes et de leurs droits. En novembre dernier ce même Planning familial avait suspendu des vêtements de femmes pour dénoncer les violences faites à ces dernières, rappelant ainsi que chaque année 150 femmes meurent sous les coups de leur conjoint.

Maylen Villaverde 29 août 2016

http://france3-regions.francetvinfo.fr/une-baignade-pour-denoncer-la-grotesque-polemique

29 août 2016 ~ 0 Commentaire

benoit hamon (jdd)

loi-macron-socialistes-heureux

Un jeune précaire qui a enfin trouvé un job!

Il se rêve en premier opposant de gauche à Hollande

Candidat à la primaire, l’ancien ministre de l’Education a pointé dimanche l’échec du quinquennat de François Hollande, manière de reprendre l’espace de l’opposition au sein de la majorité à son rival, Arnaud Montebourg.

Les discours nimbés par la chaleur étouffante de la fin de l’été, Benoît Hamon connaît. Au Parti socialiste depuis les années 1980, le Breton a participé à presque tous les rassemblements annuels de La Rochelle, les derniers jours d’août, où les différentes écuries de la gauche socialiste défilent au pupitre. Mais cette année, point de joutes charentaises pour l’ancien ministre de l’Education nationale du gouvernement Valls. En 2016, Benoit Hamon est candidat à la primaire de la gauche et a fait sa rentrée seul avec les siens, à Saint-Denis, samedi et dimanche.

Longtemps, il a hésité à se présenter à la présidentielle. Certains de ses propos, pronon- cés dans l’ancienne chocolaterie dionysienne qui a servi de salle de meeting ce week-end, trahissent une conception différente de la fonction par rapport à ses concurrents. « Je ne res- sens pas en moi ce feu qui transforme une simple candidature en providence », allusion à la grande ambition de son rival à la gauche du Parti socialiste, Arnaud Montebourg, qui a quitté le gouvernement au même moment, il y a tout juste deux ans, pour protester contre la ligne économique prônée par François Hollande et Manuel Valls.

« Le juge, ce sera le peuple de gauche »

Entouré d’environ 500 personnes, dont les proches parlementaires de son courant « Un monde d’avance », le député des Yvelines s’est livré à une charge anti-Hollande, déclinée sur tous les thèmes. Trahison des promesses de 2012, soumission aux injonctions des instances europé- ennes, abandon de la culture… Hamon veut s’ériger en rassembleur d’une gauche déçue, comme lui. « Le drame de la gauche, affirme-t-il, c’est l’échec du quinquennat Hollande. »

Pourtant, le candidat Hamon se montre un cran moins critique qu’Arnaud Montebourg envers le chef de l’Etat, dont la participation à la primaire est incertaine. A commencer par son point de vue sur le rôle de la primaire dans la désignation du candidat socialiste pour 2017 : quand Montebourg entretient le flou sur sa vision du scrutin, Hamon y est favorable car, selon lui, « le juge, ce sera le peuple de gauche ». Mais les divergences portent aussi sur la nécessité ou non de mettre l’unité de la gauche au premier rang des priorités, afin d’éviter une multipli- cation des candidats de gauche au premier tour de l’élection présidentielle. Concrètement, si Hollande arrive en tête le 29 janvier prochain, Hamon sera derrière le président sortant, a-t-il dit en substance ce dimanche.

Programme mi-novembre

La campagne de Benoit Hamon est désormais lancée, avec plusieurs objectifs, parmi lesquel- les le besoin de fédérer autour de lui les opposants à François Hollande, sans critiquer de manière trop virulente le président. “La violence, ça ne nous intéresse pas”, justifie-t-on dans son entourage. L’équipe du candidat planche actuellement sur un programme, qui devrait être présenté aux alentours de mi-novembre. Revenus universel d’existence, remise en cause de la loi Travail… Benoît Hamon doit maintenant convaincre. Pour la première fois, ce sont ses propres idées pour la France qu’il va défendre.

Thibaud Le Meneec – leJDD.fr dimanche 28 août 2016

http://www.lejdd.fr/Hamon-se-reve-en-premier-opposant-de-gauche-a-Hollande

29 août 2016 ~ 0 Commentaire

toulouse mélenchon (jdd)

meelcnon

Mélenchon veut prendre de la hauteur

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon a fait sa rentrée lors d’un pique-nique de La France insoumise à l’Observatoire de Toulouse, le point le plus haut de la ville rose.

Certains pique-niquent, les enfants jouent, d’autres discutent tranquillement, en attendant le discours de Jean-Luc Mélenchon. Dimanche, c’est dans les jardins de l’Observatoire de Tou- louse, le point le plus haut de la ville, qu’il a réuni ses troupes de La France insoumise. La dernière fois, c’était au meeting de Stalingrad le 5 juin dernier à Paris.  »On y était », lance quel- qu’un dans le public. Ils seront certainement aussi le 18 mars prochain à la Bastille. Dimanche, Jean-Luc Mélenchon leur a donné rendez-vous. Comme il y a cinq ans. Avant cela, c’est à Lille que sera organisée mi-octobre la première convention du mouvement des insoumis.

« Mieux vaut être seul que mal accompagné »

Dans les jardins, plusieurs stands ont été installés. Dont un qu’on ne peut pas rater sur l’allée principale : un espace parrainages. Pour l’heure, le candidat a collecté 200 promesses et la tâche est rude, sans notamment le soutien des communistes. « Depuis le début, nous identifions des volontaires à qui on envoie le kit, et qui prennent rendez-vous avec les maires », explique Gabriel Amard, cadre du Parti de gauche. La semaine prochaine, une application destinée aux 120.000 personnes qui ont « appuyé » la candidature de Mélenchon sera lancée. « Quand une mairie aura été contactée, elle disparaîtra de la liste. » Objectif : toucher le plus grand nombre d’élus en impliquant les citoyens.

« La marche reste haute », confirmera quelques minutes plus tard Jean-Luc Mélen- chon, qui n’oubliera « jamais ceux qui devraient être à nos côtés dans la fraternité, mais nous disputent leur soutien ». « Mieux vaut être seul que mal accompagné », analyse le candidat, en chemise blanche et pantalon noir. « Le candidat d’un nouvel indépendantisme français. […] Je suis un écolo, un républicain et je suis pas mal socialiste, au sens du socialisme, pas le machin de la fabrique », s’est-il lui-même défini. Le gouvernement? « Ils vont commencer la tournée d’adieu à Colomiers dès demain. » Lundi, à quelques kilomètres, plusieurs ministres participeront à un rassemblement intitulé « L’essentiel c’est la République » : Manuel Valls, Najat Vallaud-Belkacem, Stéphane Le Foll, Marisol Touraine, Audrey Azoulay, Patrick Kanner…

« La farce sans nom » du burkini

«Ils vont mesurer les barbes pour savoir qui est un hipster ou un fondamentaliste?»

La République, Jean-Luc Mélenchon aussi en a parlé dimanche. En pleine polémique sur le burkini, « une farce sans nom qui est une honte pour notre pays et pour nous-mêmes ». « La République garantit avant tout, et avant même la laïcité, une vertu fondamentale qui est la liberté de conscience », a-t-il affirmé, devant 2.500 sympathisants, selon les organisateurs. « La liberté de conscience, ce n’est pas humilier les autres. » Réagissant à l’actualité et dénonçant ceux qui disent vouloir légiférer, le candidat a ironisé sur cette « police des habits » : ils vont vérifier « si les chaussettes sont sous ou sur le jean? Et mesurer les barbes pour savoir qui est un hipster ou un fondamentaliste? »

Alors Jean-Luc Mélenchon, dans sa foulée, a pris des engagements. S’il est élu, il n’y aura « aucun financement public du moindre édifice religieux à construire » ; le concordat en Alsace-Moselle sera abrogé ; hauts fonctionnaires, préfets, ministres ne pourront pas « participer à quelque exercice religieux que ce soit » ; les rencontres d’Etat à Etat seront « refusées à ceux qui imposeraient les ministres femmes à s’accoutrer de manière contraire à la dignité républi-caine »…

« On ne va pas attendre » les communistes

Pour « prendre de la hauteur », il a ensuite déroulé plusieurs points de son futur programme : l’urgence de la planification écologique, la lutte contre la loi El Khomri sur laquelle il reviendra une fois au pouvoir, l’importance de « parler aux pauvres », les impôts qui seront « payés par tous, à hauteur de ses moyens », l’espace – passage obligé dans les jardins de l’Observatoire – ou encore l’école. « Les programmes [des différents candidats] doivent être confrontés. Si tu veux qu’ils dégagent, ben va voter », a lâché le candidat reprenant l’un de ses récents slogans. Et pour conclure son discours, il a cité l’empereur romain Marc Aurèle : « Si on veut les vaincre, il faut éviter de leur ressembler.

«Pas un seul candidat ne sera investi aux législatives s’il n’a pas pris position pour Jean-Luc Mélenchon»

D’ici 2017, les communistes entendront-ils ce discours? « Il y en a plein ici », assurent les cadres du Parti de gauche. « La question c’est plutôt où en est Pierre Laurent avec les communistes? », s’interroge Danielle Simonnet, coordinatrice du PG. « Il est en train de se mettre dans une impasse », estime cette élue parisienne, qui dit avoir déjà donné en tant que tête de liste à Paris lors des municipales de 2014. « Ça les regarde. On ne va pas les attendre. J’espère qu’ils reviendront à la réalité des choses », complète son collègue Eric Coquerel.

Et s’ils vont à la présidentielle divisés, ils pourraient bien en être de même aux élections législatives suivantes, où La France insoumise compte présenter 577 candidats. « Pas un seul ne sera investi s’il n’a pas pris position pour Jean-Luc Mélenchon. C’est une même campagne, avec deux temps différents », indique Danielle Simonnet. Ce n’est pas une surprise, mais la dynamique du Front de gauche est vraiment très loin.

Anne-Charlotte Dusseaulx – leJDD.fr dimanche 28 août 2016

http://www.lejdd.fr/Melenchon-veut-prendre-de-la-hauteur

29 août 2016 ~ 0 Commentaire

podemos story (lcr.be)

AAAC

Les anticapitalistes au sein de Podemos

Podemos n’est pas une formation politique anticapitaliste. Elle a pourtant été cofondée par Anticapitalistas (à l’époque encore Izquierda Anticapitalista), l’organisation de la Quatrième Internationale de l’État espagnol.

Après plus de deux ans de travail politique intensif au sein de Podemos, Anticapitalistas a décidé d’éditer un livre sur le sujet.

Anticapitalistas en Podemos commence avec une introduction sur la problématique qui est suivie par une approche thématique. Une dizaine de responsables d’Anticapitalistas sont interviewé.e.s sur plusieurs sujets précis : les origines de Podemos (avec le cofondateur, anticapitaliste et député européen Miguel Urbán), les questions de la démocratie interne et de l’auto-organisation, le municipalisme (avec Kichi, le maire anticapitaliste de Cádiz), le féminisme, l’activisme dans les institutions, la jeunesse, l’economie et finalement la stratégie politique après l’échec de Syriza.

De parti anticapitaliste à la participation à un projet anti-néolibéral large

Après la chute du Mur de Berlin, les anticapitalistes avaient opté pour une ligne politique de maintien d’une perspective post-capitaliste. Pendant cette période, les anticapitalistes for- maient une organisation très minoritaire, avec une base dans certains milieux alternatifs, mais loin des classes populaires. Jusque 2008, les anticapitalistes formaient encore un courant dans la coalition de gauche Izquierda Unida. Au cours de cette année un nouveau projet anticapi- taliste naquit dans le sillage du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) français : Izquierda Anticapitalista.

Avec le “15M”, le mouvement des “indigné.e.s” du printemps 2011 , des milliers de jeunes se sont politisé.e.s contre le néolibéralisme et contre le système politique. Les antica-pitalistes étaient actifs/ves dans ce mouvement de masse mais sans pouvoir faire basculer le mouvement dans une direction anticapitaliste ou de renforcer leur propre organisation de manière significative. Le potentiel du mouvement était pourtant grand : face à la politique institutionnelle du « moindre mal » du gouvernement social-démocrate, se levait soudainement une masse de jeunes avec l’envie d’un changement politique.

Izquierda Anticapitalista était dans cette situation un instrument important en tant qu’organisation de cadres révolutionnaires mais ceci était insuffisant pour donner une expres- sion politique à la politisation récente des jeunes masses. La ligne politique de l’organisation au début de l’année 2014 pouvait être résumée de la manière suivante : la nécessité de cons- truire un mouvement politico-électoral anti-néolibéral qui s’inspirerait des pratiques démocra- tiques du mouvement des indigné.e.s et qui devrait permettre de sortir de l’impasse des luttes sociales qui n’ont pas réussi à obtenir des victoires concrètes (comme la « vague blanche » contre le démantèlement du système de soins de santé, la « vague verte » dans le secteur de l’éducation,…).

L’efficacité réduite des mouvements sociaux contre l’austérité était analysée par l’atomisation sociale avancée de la classe travailleuse. Les travailleurs et travailleuses « fordistes » des grandes usines et administrations avaient réussi dans une certaine mesure à préserver leurs conquêtes sociales mais en face se trouve un nouveau prolétariat urbain précaire et massif, sans organisations syndicales.

Pour l’auto-organisation de ces masses avec une conscience anti-néolibérale crois- sante, une nouvelle forme d’organisation dans les quartiers était nécessaire. Une ouverture était créée pour un nouveau projet politique, construit d’en bas et à partir de la mobilisation : les « círculos » ou cercles de Podemos.

Podemos nait le 17 janvier 2014 à Madrid. La nouvelle organisation politique était à ce moment fortement inspirée par les idées organisationnelles et politiques des anticapitalistes. Vice versa, la participation dans Podemos eut aussi des conséquences pour les anticapita- listes. Anticapitalistas fit connaissance avec la « politique de masse ». Cela a généré la possibilité d’entrer en contact avec des espaces et secteurs sociaux qui constituaient la réalité matérielle de « celles-ceux d’en bas ».

Anticapitalistas est passé par un processus d’apprentissage pour s’adapter à cette nouvelle réalité politique : l’utilisation d’un leadership visible avec comme dirigeants et dirigean- tes Teresa Rodríguez, Miguel Urbán, Kichi et d’autres, le travail politique dans les institutions, la nécessité de nouvelles formes de communication politique, une définition plus précise du programme politique, un murissement dans des questions et débats politico-stratégiques etc.

 Problèmes et défis

Podemos n’est plus le projet politique de janvier 2014 et des élections européennes de mai de cette même année, qui comprenait l’activation de gens dans les cercles et l’écriture participa- tive d’un programme politique. Au Congrès de fondation de Vista Alegre de septembre 2014, le mouvement Podemos ne fut pas seulement constitué en part,i mais surtout furent créées des structures de parti qui encourageaient la bureaucratisation de la formation et qui dépouillaient les cercles de tout leur pouvoir politique .

Le « secteur critique » de Podemos, avec les militant.e.s organisé.e.s d’Anticapita- listas ainsi que beaucoup d’autres militant.e.s du « Podemos d’en bas », a dû céder la place au projet centralisé et plébiscitaire du double groupe qui, à ce moment, prenait le pouvoir au sein de Podemos, constitué par la tendance néo-réformiste autour de Pablo Iglesias et le courant populiste (d’après le populisme comme théorisé par l’idéologue argentin Ernesto Laclau) de Iñigo Errejon.

Les problèmes auxquels fait face Podemos aujourd’hui sont parmi d’autres : le manque d’une mobilisation d’en bas – liquidée par Vista Alegre, l’oligarchisation du parti avec la formation d’une nouvelle élite politique qui cherche à conquérir des fonctions dans l’État et la faiblesse relative des anticapitalistes au sein de Podemos face à des tendances néo-réfor- mistes et populistes plus fortes qui – malgré les désaccords et bagarres entre-elles – sont responsables pour ces changements et pour la droitisation de Podemos.

Pour Anticapitalistas il est important de continuer le travail et la lutte pour un Podemos radical d’en bas. Au cours des différents entretiens dans le livre , sont précisément présentées les différentes pistes thématiques qui veulent contribuer au renforcement, à la démocratisation et à la radicalisation de Podemos.

L’« hypothèse politique Podemos » reste actuelle pour les anticapitalistes qui, jusqu’à présent, ne lâchent rien et continuent leur combat pour un Podemos d’en bas ; prennent des engagements dans l’organisation et comme élu.e.s ; s’engagent dans des débats politiques avec d’autres courants au sein du projet ; travaillent au renforcement des mouvements sociaux et sur la relation entre Podemos et ces mouvements ; ont cherché la confluence de la gauche aux élections locales de 2015 et aux dernières élections parlementaires de juin 2016 ; etc.

Neal Michiels 21 août 2016

Coll, Andreu ; Brais Fernández & Joseba Fernández (ed.) (2016), Anticapitalistas en Podemos, Construyendo poder popular. Barcelona, Sylone, 153 pages

http://www.lcr-lagauche.org/les-anticapitalistes-au-sein-de-podemos/

http://www.europe-solidaire.org

29 août 2016 ~ 0 Commentaire

galiza (pùblico)

drap galiz

Selon un sondage, la gauche obtiendrait 38 députés contre 37 au PP aux élections galiciennes
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Santiago Les conservateurs frôleraient de nouveau la majorité absolue mais en perdant quatre sièges, mis ils seraient mis en minorité d’un seul siège par les partis d’opposition. En Marea gagnerait 18 députés, le PSdeG en obtiendrait 15 et le BNG 5.
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Aux élections galiciennes du 25 Septembre prochain, les partis de gauche obtiendraient 38 députés:  «En Marea 18,  PSdeG 15 et cinq pour le BNG contre 37 au PP,  selon un sondage publié aujourd’hui par le journal la Voz de Galicia.
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Les 18 sièges qu’obtiendrait En Marea représentent le double des sièges obtenus aux élections de 2012 par la coalition AGE qui ainsi supplanterait le PSdeG et ses 15 députés, trois de moins que lors des élections précédentes, alors que le BNG en obtiendrait cinq, deux de moins. L’enquête, a été menée par l’Institut Sondaxe début Août, après l’annonce de l’appel aux élections du Président de la Xunta, Alberto Nunez Feijoo, qui aspire à sa réélection à la tête du PPdeG.Marea pour sa part, dont les principaux candidats proviennent de partis comme Podemos, Anova, Esquerda Unida, pourrait atteindre 23,8% des voix alors qu’ AGE n’en avait reçu que 13,9%.
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Selon l’enquête, 44,9% des répondants seraient prêts à voter pour le PPdeG, presque un point de moins que lors des dernières élections régionales, suivis de 23,8% pour Marea, 18,3% pour le  PSdeG (2.3 points de moins que lors des élections précédentes) et de 7,4% à BNG (2,7 points de moins).
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En ce qui concerne les dirigeants sur un score de zéro à dix, seuls  Feijoo avec 5,03 points, suivi par le vétéran leader nationaliste galicien Xosé Manuel Beiras avec 3,88 et le candidat du PSdeG, Xoaquín Fernández Leiceaga avec 3,60 émergent.
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Le pourcentage d’électeurs indécis ou qui préfèrent ne pas révéler leurs préférences a augmenté jusqu’à 21% et ceux qui seraient prêts à s’abstenir a augmenté de plus de 26%, selon l’enquête.
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Commentaire:
En Marea est la combinaison de « Marées locales » : Pontevedra, Vigo, A Coruña, Compostela Aberta, avec des partis: Podemos, Esquerda Unida, Anova. Le Bloque Nacionalista Galego qui a pour correspondant l’UDB en Bretagne, n’en fait pas partie.

28 août 2016 ~ 0 Commentaire

sakozy (reporterre)

Coca-Cola-

Les rêves agricoles de Nicolas Sarkozy sont nos cauchemars

Les épaules qui bougent frénétiquement. Le phrasé lent mais vif. Nicolas Sarkozy a retrouvé du panache. Et il frappe fort ! Dans une vidéo diffusée en février dernier, l’auteur du célèbre « l’écologie, ça commence à bien faire » a réalisé l’exploit de caricaturer en quarante secondes aussi bien les paysans et l’agro-écologie que les circuits courts. Un record d’efficacité et de bêtise. «Quant à l’expression bizarre d’agro-écologie, c’est le faux nez d’une véritable obses- sion pour la destruction de notre puissance agricole », dit-il, en introduction. Nicolas Sarkozy s’accroche aux vieilles idoles. La puissance que l’on fantasme, la croissance que l’on cherche « avec les dents ».

Ses rêves sont nos cauchemars. En attaquant l’agro-écologie, il se fait le chantre de l’agri- culture industrielle, qui ne produit plus de la nourriture mais de la marchandise. De la matière première qui se cote en bourse et s’exporte. Qu’importe qu’elle n’ait plus de goût si elle aug- mente la balance commerciale ! Cette puissance économique n’est qu’une chimère. Prenons le temps d’y revenir. Cela durera plus de quarante secondes.

Signy, c’est un petit village, dans le Poitou, entouré de monocultures et de champs de céréales. Une histoire comme il y en a des milliers en France. Au début, les habitants ont cru au progrès: «De l’engrais, de la drogue, de l’engrais, de la drogue… Ça faisait des poi- reaux gros comme des poignets ! Ah ! ça oui, ils étaient beaux, les poireaux ! », raconte au micro d’Arte radio, une paysanne du coin.

Ils arrosaient le sol de produits chimiques en tenue de cosmonaute. Les commerciaux de Bayer disaient « qu’on pouvait en boire un verre ». Puis, la puissance de l’homme sur cette terre ingrate s’est évanouie. La réalité a éclaté au grand jour. À Signy, aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de malades, «deux leucémies, un cancer du pancréas, un du poumon, un autre du rein, des ganglions…». Le fatalisme plane sur le village. «On nous a dit qu’il fallait produire», résume un agriculteur retraité, lui-même souffrant.

La photo du béret, c’est l’arme de l’agro-business pour tromper le consom-mateur

La puissance agro-industrielle vantée par M. Sarkozy est un leurre. Un dopage artificiel, alors que la terre et ses travailleurs se meurent. Le système vit sous perfusion, dépendant des produits phytosanitaires et de l’énergie fossile. Les thuriféraires du progrès on cru gagner au sprint, ils perdent au marathon. Car il n’y a pas de puissance sans résilience. On subit mainte- nant les conséquences sanitaires et environnementales du productivisme. Sarkozy a écrit récemment un livre, La France pour la vie, mais il prône des campagnes mortes, transformées en succursale de marché.

L’agro-écologie dessine justement une autre voie. Elle oppose à la mondialisation libé- rale l’ancrage local et la relocalisation de notre économie. À la sur-mécanisation et aux con- naissances venues d’en haut, les savoir-faire paysans empiriques. L’agro-écologie défend l’autonomie au sein de sa ferme et la souveraineté alimentaire à l’échelle d’un pays. C’est un courant profond. Le réseau international Via Campesina compte ainsi 200 millions de paysans. Aujourd’hui, c’est l’agriculture paysanne qui nourrit le monde : 70 % de l’alimentation est le fait de petits paysans sur seulement 25 % des terres agricoles.

Mais Nicolas Sarkozy n’en a que faire. Il surenchérit dans le mépris : « Notre puissance agricole serait remplacée par la possibilité donnée aux bobos d’aller faire leurs courses à la ferme dans le cadre des circuits courts. Et pendant qu’on y est, on pourrait même toucher le béret et on aurait le droit, pour chaque produit acheté, de prendre une photo. »

Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture, en 2015.

Hallucinant ! Les premiers qui utilisent l’image nostalgique et champêtre du paysan, ce ne sont pas les bobos mais bien les industriels. Il suffit de jeter un coup œil sur l’étalage d’un super- marché. La photo du béret, c’est l’arme de l’agrobusiness pour tromper le consommateur. Une publicité mensongère pour continuer de nous faire croire à « l’ordre éternel des champs ».

L’agriculture biologique n’est pas un luxe. Si les classes aisées en bénéficient le plus, c’est parce que Nicolas Sarkozy et ses amis de la FNSEA la maintiennent dans une niche et verrouillent le modèle. Le Grenelle de l’environnement avait fixé l’objectif de 20 % de surface en bio d’ici à 2020 ; il ne sera pas atteint. Les outils pour une démocratisation du bio sont en permanence relégués, méprisés. Au Sénat, il y a une dizaine de jours, les sénateurs ont supprimé l’objectif de 20 % de produits bio en restauration collective. Le bio est cantonné à la marginalité alors qu’on subventionne largement les produits industriels nocifs.

Dans le modèle conventionnel, un tiers des agriculteurs sont obligés d’être pluriactifs 

Livrés à eux-mêmes, les acteurs de la filière se mobilisent et agissent au quotidien pour les classes populaires. Yves est maraîcher bio dans le Morbihan, il fournit régulièrement les Res- tos du cœur à Vannes, parce que « l’écologie, c’est social », dit-il. Fabrice et Sarah, dans les Vosges, distribuent leurs pains faits maison au Secours catholique. Certaines Amap ont aussi mis en place une péréquation des prix. Les familles plus aisées paient le panier de légumes 12 euros, les autres, en difficulté, 8 euros. Loin d’être un zoo, les circuits courts créent du lien entre la ville et la campagne et au sein du monde rural, qui se désertifie. Ils rompent avec l’isolement de certains agriculteurs, leur redonnent de la fierté et le bonheur de maitriser toute la chaine de production.

Nicolas Sarkozy conclut son propos avec une chute néolibérale : « Les agriculteurs ne sont pas des cantonniers, ce sont des entrepreneurs (…) Ils ne sont pas une espèce en voie de disparition. »

Sa persistance dans l’idéologie productiviste en devient risible. Lorsque l’on vend son lait en-dessous de ses coûts de production, lorsque son revenu dépend à 97 % des aides, il est difficile de se proclamer entrepreneur. Pour survivre dans le modèle conventionnel, un tiers des agriculteurs sont même obligés d’être pluri-actifs. Ils travaillent dans les espaces verts, ils sont aussi parfois cantonniers…

La démarche de Sarkozy est symptomatique de l’attitude des dominants et de l’agro-industrie. Avec la crise agricole, la situation leur échappe complètement. De plus en plus d’agriculteurs se tournent vers des modèles agro-écologiques, des filières de qualités, des circuits courts. Pour les rappeler à l’ordre, les partisans de l’agro-business caricaturent les alternatives.

Alors que de nombreux paysans tissent des liens avec les zadistes en Loire-Atlantique, Xavier Beulin menace de déloger les futures ZAD avec ses milices. Alors que la région Rhône-Alpes est pionnière dans l’agriculture biologique, Laurent Wauquiez fustige « le lobby écologiste » dans une lettre adressée aux agriculteurs. Ils se complaisent tous dans le déni, l’hypocrisie et la violence. Mais partout, leur vieux monde se craquelle. L’agro-écologie est l’avenir.

26 mars 2016 / Gaspard d’Allens

https://reporterre.net/Les-reves-agricoles-de-Nicolas-Sarkozy-sont-nos-cauchemars

28 août 2016 ~ 0 Commentaire

valls ( npa + divers)

Valls-Mad-Max-Fury-Road-délirius

Portrait de l’homme politique en agent de la guerre civile

L’offensive islamophobe va continuer

Le Premier ministre Manuel Valls a immédiatement réagi, lui qui avait déjà soutenu les maires en question.Rapidement après l’annonce de la décision du Conseil d’État, il a déclaré que celle-ci « n’épuisait pas le débat » et a précisé : «Dénoncer le burkini, ce n’est en aucun cas mettre en cause une liberté individuelle. Il n’y a pas de liberté qui enferme les femmes ! C’est dénoncer un islamisme mortifère, rétrograde ».

Qu’annonce-t-il par ces déclarations ? Non qu’il porte un intérêt pour les droits des femmes ; qu’a-t-il fait contre les violences qui leur sont faites ou les discriminations sexistes structurelles ? Ce que dit cette déclaration, c’est tout simplement que la bataille est très loin d’être terminée, et qu’elle ne se jouera pas essentiellement sur le terrain juridique. Comme dans les années 1990 et 2000, une offensive idéologique et politique a d’ores et déjà commen- cé, dont l’objectif est simple : accélérer l’entreprise de stigmatisation, de discrimination et de ségrégation visant spécifiquement les millions de musulman·e·s vivant en France.

La décision du Conseil d’Etat est une victoire, mais elle est partielle : elle n’annule pas les lois et circulaires islamophobes passées dans les quinze dernières années, et elle n’est qu’un coup d’arrêt provisoire. Souvenons-nous qu’en 1994, le Conseil d’Etat avait invalidé le règlement intérieur d’un lycée prétendant interdire les signes religieux dans l’établissement. Il avait annulé au passage un jugement du tribunal administratif de Nantes, et du même coup empêché l’exclusion scolaire de plusieurs élèves. Quelques années plus tôt, en 1989, le même Conseil d’Etat avait déjà précisé : « Dans les établissements scolaires, le port par les élèves de signes par lesquels il entendent manifester leur appartenance à une religion n’est pas par lui-même incompatible avec le principe de laïcité, dans la mesure où il constitue l’exercice de la liberté d’expression et de manifestation de croyances religieuses ».

L’un des principaux agents de la guerre civile

Valls s’inscrit clairement dans cette dynamique islamophobe. Comme tout professionnel de la politique, il aime se référer aux valeurs de la « République », en particulier au « vivre-ensem- ble ». C’est d’ailleurs au nom du « vivre ensemble » qu’il somme les musulmans d’ « aider la République », sous peine de rendre « de plus en plus dur » la garantie du libre exercice du culte.

Nul doute pourtant qu’il est devenu en quelques années à peine l’un des principaux agents de la guerre civile. Une guerre de basse intensité et qui ne s’avoue pas comme telle certes ; mais une guerre, qui combine les traits d’une guerre de classe et d’une guerre (néo-)coloniale, qui cherche à briser les résistances des opprimés et les solidarités potentielles pouvant s’établir entre eux/elles, et prend pour cela des formes idéologiques et militaires.

De ce point de vue, l’état d’urgence a permis d’intensifier encore davantage le quadril- lage répressif des quartiers populaires en multipliant les contrôles au faciès, les assignations à résidence, les raids de la BAC, voire le siège par des compagnies de CRS ; en somme l’arbi- traire et le racisme policiers. La mort d’Adama Traoré durant l’été a malheureusement rappelé la réalité – devenue banale depuis des décennies – des crimes policiers visant les Noirs et les Arabes, toujours impunis.

Cette guerre prend donc pour cible les musulman·e·s et les habitant·e·s des quar- tiers populaires, mais aussi les Rroms. On se souvient de sa déclaration en 2013, qui lui avait valu un procès pour provocation à la discrimination raciale  et visait essentiellement à justifier la multiplication des démantèlements de camps: « respectueuse des personnes, mais particulièrement ferme » annonçait-il.  « Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation » avec les populations locales, a-t-il ajouté. «C’est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations rroms à travers uniquement l’insertion ». Il n’y aurait « pas d’autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire (ces populations) à la frontière. […] Les Rroms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie, et pour cela il faut que l’Union européenne, avec les autorités bulgares et roumaines, puissent faire en sorte que ces populations soient d’abord insérées dans leur pays ».

Ces discours ne sont pas sans conséquence : outre leur connexion intime avec le ciblage systématiquement raciste de la police, ils construisent des figures de l’ennemi intérieur et pré- parent le terrain à des déchaînements racistes, en donnant confiance aux éléments les plus racistes dans la population, organisés ou non dans le cadre de l’extrême droite. À Calais, des migrant·e·s sont régulièrement enlevé·e·s et tabassé·e·s, voire laissé·e·s pour mort.

À Marseille, un camp de Rroms a récemment été attaqué à coup de cocktails Molotov. À Sisco en Corse, si l’on ne peut dire avec précision l’origine de ce que les médias dominants ont décrit comme une « rixe », il est avéré qu’une foule de plusieurs centaines de personnes s’est dirigé aux cris de « On est chez nous » vers le quartier populaire de Lupino, en périphérie de Bastia et a agressé à l’hôpital un homme d’origine maghrébine qui avait déjà subi des vio- lences la veille. Menacé de mort, celui-ci a d’ailleurs depuis décidé de quitter l’île où il habitait depuis 13 ans. Comment ne pas voir le lien direct entre la campagne raciste menée par les  barons locaux autour du « burkini », le soutien de Valls aux arrêtés municipaux, et ces actes racistes ?

Vers une riposte politique

Valls se tient aussi fermement que possible du côté des classes possédantes et sait que la loi travail ne suffira pas pour faire accepter aux salarié·e·s le type de cure néolibérale que Shrö- der imposa en Allemagne au début des années 2000. Au contraire, la mobilisation de ce printemps a de nouveau montré la profonde défiance d’une majorité de la population au projet néolibéral porté en commun par le PS et LR, et plus profondément par la bourgeoisie française.

Ce mouvement a en outre pris des formes radicales, qui pourraient annoncer un proces- sus d’insubordination généralisée encore à venir. Tout cela souligne de fait la crise d’hégémonie qui taraude la classe dominante française depuis une dizaine d’années, et qui aboutit aujourd’hui à l’approfondissement de la dynamique autoritaire/sécuritaire dans les quartiers populaires, et son extension aux mouvements sociaux, des manifestant·e·s des cortèges de tête arrêtés arbitrairement aux travailleurs de Goodyear ou d’Air France condamnés par la justice pour s’être battus pour sauver leurs emplois.

Le racisme, sous la forme notamment de l’islamophobie, vise non seulement à empêcher les descendants de colonisé·e·s d’ « exister politiquement » de manière autonome  mais égale- ment à résoudre cette crise d’hégémonie, en bâtissant une « communauté nationale » soudée contre les musulman·e·s.

Pour autant, il n’y aura pas de raccourcis : les combats à venir dans les semaines qui viennent contre le gouvernement sont cruciaux mais ils doivent s’inscrire dans une lutte durable, sans trêve  qui se poursuivra après la prochaine élection présidentielle ; les batailles juridiques doivent être menées car elles sont l’une des armes possibles, mais une riposte politique est nécessaire sur le terrain de l’antiracisme, trop longtemps délaissé par la gauche radicale et le mouvement syndical.

Un mouvement antiraciste, politique et autonome, animé par les premiers·ères concerné·e·s, se constitue et se renforce depuis des années. Sans empiéter sur ses terrains d’action, la gauche radicale et le mouvement syndical doivent prendre leur responsabilité ; c’est à ce prix que la peur pourrait changer de camp.

Ugo Palheta

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue du NPA

http://npa2009.org/valls-portrait-de-lhomme-politique-en-agent-de-la-guerre-civile

Lire aussi:

Burkini : Manuel Valls « se transforme en pyromane », dénonce Noël Mamère

Douarnenez, of course:

Solidaires des femmes qui portent le burkini, ils se baignent habillés

Alternative Libertaire:

Pas assez ou trop habillé selon eux, le corps des femmes est le champ de bataille des hommes

Anti-k:

La gauche de l’entre-soi et le burkini

28 août 2016 ~ 0 Commentaire

québec solidaire (lapresse.ca)

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Caucus de Québec Solidaire : priorité au salaire minimum à 15$

La hausse du salaire minimum à 15 dollars sera un des dossiers prioritaires de Québec Solidaire lors de la prochaine rentrée parlementaire. Le parti de Françoise David, Amir Khadir et Manon Massé se réunit dès dimanche et pour 3 jours à Contrecoeur, en Montérégie, pour tenir son caucus présessionnel.

En entrevue à La Presse Canadienne, Manon Massé assure que la hausse du salaire minimum sera le cheval de bataille de Québec solidaire, dont un des objectifs est de mieux répartir la richesse, rappelle-t-elle.

Elle se réjouit que le premier ministre Philippe Couillard soit ouvert à un débat sur le sujet. Mais elle veut plus. Selon la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, une commission parlementaire serait de mise pour, selon ses dires, «déconstruire les peurs de la droite» en ce qui a trait à une éventuelle hausse du salaire minimum à 15 dollars. Québec solidaire profitera de son caucus pour peaufiner sa stratégie. Les dossiers environnementaux, Énergie-Est et Anticosti entre autres, seront également prioritaires. Manon Massé indique que le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, sera également dans la mire de son parti, concernant notamment l’industrie du taxi.

Québec solidaire entend aussi poursuivre sa lutte contre le gouvernement «sur les inégalités créées dans la société par les mesures d’austérité».

28 août 2016

http://www.lapresse.ca/quebec-solidaire-priorite-au-salaire-minimum |

Le salaire minimum ou l’arrogance des riches

Commentaire: Québec Solidaire, comme Podemos en Espagne, compte avec une tendance anticapitaliste proche du NPA. En Bretagne nous partageons cette amitié avec l’UDB.

Pour suivre la politique au Québec

28 août 2016 ~ 0 Commentaire

lait (via campesina + npa)

Indiadairy

Souveraineté alimentaire et commerce: les excédents de lait européens pourraient noyer les petits producteurs indiens.

L’Inde est autosuffisante en lait et protège assez bien son marché intérieur. Mais pour combien de temps ?

Car les petits producteurs indiens sont menacés par nos excédents. Ce que Kannaiyan Subramaniam, porte-parole de la Coordination des mouvements paysans de l’Inde du Sud, est venu expliquer en Europe en janvier (1). L’Inde est devenue le champion des pays émergents, avec un taux de croissance qui devrait dépasser celui de la Chine en 2016 et une population qui s’accroît de 15 millions d’habitants par an. C’est donc un nouveau marché à conquérir pour l’Europe, notamment pour le lait.

Les négociations d’un accord de libre-échange sont engagées entre l’Inde et l’UE depuis 2007, mais de nouvelles pressions européennes s’exercent actuellement. François Hollande a demandé un assouplissement pour l’importation de nos produits laitiers lors de sa récente visite en Inde, en janvier. Cela pourrait se traduire par un affrontement direct entre deux mondes laitiers que tout oppose. L’Inde est un très grand pays laitier. Avec une croissance de 5 millions de tonnes par an, sa production devrait dépasser celle de l’Union Européenne d’ici quelques années.

D’après les experts de la Commission, cette croissance couvrira largement l’accrois- sement de la population pour la prochaine décennie. Ce sont 80 millions de petits trou- peaux qui produisent ce lait et font vivre autant de familles. C’est le paradoxe indien: ces micro-troupeaux de 1 à 2 vaches ou bufflonnes produisant 1500 kg de lait par an, repartis sur  l’en- semble du pays, arrivent à produire bien plus de lait que le voisin chinois qui a misé sur de très grands troupeaux.

La consommation moyenne par habitant est de 110 litres de lait en Inde, contre 30 en Chine. Ce modèle laitier indien qui fait vivre directement près d’un demi-milliard de personnes – paysans, colporteurs, collecteurs et transformateurs et semble bien répondre à une demande urbaine croissante devrait être considéré comme un garant de la stabilité sociale d’un pays encore très rural. Un modèle à suivre pour d’autres pays d’Asie ou d’Afrique où les petits paysans restent prédominants.

C’est un modèle très économe, sans mécanisation et avec peu de terres car valorisant bien les coproduits des cultures comme la paille de riz ou les déchets de légumes. C’est aussi une formidable organisation collective pour acheminer le lait vers les villes. Dans chaque villa- ge, il y a un tank collectif où les paysannes et paysans vont apporter les quelques litres non consommés par la famille. Ce lait est pesé, analysé pour la teneur en matière grasse, donne droit à un reçu pour un règlement hebdomadaire. Ce système mis en place il y a près de 40 ans a largement contribué à la formidable croissance de la production laitière de l’Inde.

Mais le modèle est menacé car le pays est aussi un énorme marché à conquérir pour l’industrie agroalimentaire et la grande distribution européennes. Celles-ci veulent convaincre les dirigeants indiens et les classes moyennes que les petits troupeaux ne pourront jamais respecter les standards d’hygiène et de sécurité alimentaire occidentaux.

Les laiteries sont déjà dans la place: Bongrain, depuis 15 ans, et Lactalis qui vient de racheter le groupe laitier indien Tirumala afin de développer sa gamme de produits frais, réor- ganiser la collecte et la chaîne du froid. Les Européens ne sont pas seuls: Fonterra, le géant néo-zélandais du lait, veut développer de très gros cheptels et les investisseurs privés indiens se lancent dans cette course aux gros troupeaux « modernes », avec la bénédiction des pouvoirs publics.

Un troupeau de 1 000 vaches Holstein va produire autant que 4 000 à 5 000 familles paysannes dont le lait est la première source de protéines pour l’alimentation et les quelques litres vendus par jour souvent la seule source d’argent frais. Les grandes fermes vont donc éliminer les petites. Au moment ou Phil Hogan, le commissaire européen à l’Agriculture, cher- che de nouveaux marchés pour nos surplus de lait qu’il a lui-même encouragés, voilà ce que Kannayian Subramaniam est venu dire aux paysan.ne.s et aux politiques européens à Bruxel- les, mais aussi à Berlin, Vienne et Londres en janvier 2016. Mais la Commission persévère dans sa logique de conquête de nouveaux marchés à tout prix.  Cependant, le conseil des ministres de l’agriculture du 14 mars a entrouvert la porte pour un début de régulation de la production laitière européenne. Un premier pas dans la bonne direction.

André Pflimlin  vendredi 26 août

NB: André Pfimlin a travaillé à l’Institut de l’élevage de 1970 à 2009. Il a écrit en 2010 un livre référence : « Europe laitière – Valoriser tous les territoires pour construire l’avenir ».

(1) Le débat de cette rencontre du 14 janvier 2016 à Bruxelles a été animé par Geneviève Savigny, de la Coordination européenne Via campesina (ECVC), avec la participation des deux éleveurs belges, Yvon Deknudt, de la Fugea, et Henri Lecloux, du Map, la Fugea et le Map étant eux-mêmes membres d’ECVC.

https://viacampesina.org/Souverainte-alimentaire-et-commerce-mainmenu

Lire aussi:

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Les producteurs indépendants et la Confédération Paysanne ne feront pas le siège de Lactalis

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28 août 2016 ~ 0 Commentaire

ce n’est qu’un début… (npa)

ce n’est qu’un début… (npa) dans A gauche du PS

Les dockers, un des secteurs qui se sont retrouvés en pointe de la lutte. Photothèque rouge/JMB

Mouvement contre la loi travail : 

Quatre mois de mobilisations soutenues n’auront donc pas suffi à imposer le retrait du projet de loi « Travail ». Mais ce mouvement laisse des traces profondes et a ouvert une nouvelle étape de luttes.

Dès le mois de mars, il était clair que pour que le mouvement gagne, deux conditions allaient être requises. Il fallait d’une part qu’il se massifie, que la classe ouvrière et le peuple « déferlent », dans la rue et/ou dans la grève. Et, d’autre part, face à des directions syndicales qui, sans « trahir » les mobilisations, ne leur ont jamais donné les moyens d’aller jusqu’au bout, que l’auto-organisation se développe à grande échelle, en particulier à travers des comités de grève et des AG interpros. C’est l’absence de ces deux facteurs qui explique la non-victoire.

Quoique largement soutenu par l’opinion publique, ce mouvement est en effet resté limité a une « avant-garde de lutte » (dont la composition précise a changé au long de ces quatre mois). A certainement joué dans ce sens le fait qu’il ait surgi après plusieurs années  de recul (depuis 2010), et ait été confronté à la nouveauté que représentait la nécessité de s’opposer frontalement à un gouvernement « gauche ».

Quant à l’auto-organisation, elle n’a pas non plus été au rendez-vous à l’exception de quelques cas, comme les comités de grève formés dans plusieurs gares parisiennes ou, un peu plus tôt, les AG de grève ou de lutte de quelques universités et leurs tentatives de coordination. Il est symptomatique qu’elle ait été en recul y compris par rapport au mouvement de 2010 en défense des retraites. Il manquait l’expérience de luttes d’ampleur récentes, qui aurait permis de prendre plus largement la mesure des limites de la politique des directions syndicales.

Les AG inter-luttes qui se sont organisées dans plusieurs villes, parfois dans le cadre des Nuits Debout, ont rassemblé un secteur des militants les plus conscients. Elles ont joué un rôle très utile, tout en représentant une sorte de substitut à la généralisation des AG locales interpros qui avait marqué notamment le mouvement de 2003.

Du mouvement étudiant aux grèves ouvrières

Le mouvement étudiant a été le déclencheur de la mobilisation, mais il est retombé au bout de deux mois et n’est pas parvenu à s’étendre significativement aux lycéens – il est vrai en butte à un niveau rarement vu d’intimidation et de répression.

Les manifestations, qui ont rythmé le mouvement du début à la fin, n’ont jamais été réellement « de masse ». Il y a en France (et pas seulement à  gauche) une habitude consis- tant à multiplier, parfois de beaucoup, le nombre réel des participants. Mais en même temps, dans ce pays,  les cortèges de rues massifs ont toujours été exceptionnels : 500 000 person- nes dans la rue, cela peut faire tomber un gouvernement voire menacer un régime.

La manifestation la plus nombreuse a été celle – nationale – du 14 juin, qui a regroupé en « chiffres réels » près de 150 000 participants. C’était impressionnant, mais néanmoins inférieur aux plus grosses démonstrations de 2003 (plan Fillon), 2006 (CPE) et 2010. Ceux et celles qui ont defilé étaient des militants, essentiellement syndicaux  – et des salariés en lien ou directement influencés par eux. Un « déferlement », une irruption de masse, c’est ce qui s’était produit par exemple dans l’entre-deux tours de la présidentielle de 2002, avec les centaines de milliers voire millions de personnes descendues dans la rue après le choc de la qualification de Le Pen.

A partir du 31 mars, le mouvement Nuit Debout a joué un rôle très positif pour l’élargis-sement et la poursuite du mouvement, en jetant un pont entre les mobilisations de la jeunesse et les grèves des salariés, et en offrant un cadre permettant à une série de secteurs mobilisés (étudiants, postiers, cheminots, hospitaliers, travailleurs sociaux…) de se cordonner. Cepen- dant, à son plus haut, il n’a jamais réuni plus de quelques milliers de participants, à Paris comme en régions. Très loin par conséquent des déferlantes du 15-M (« Indignés ») en Espagne, d’Occupy aux Etats-Unis ou du mouvement des places en Grèce.

Enfin, les grèves ont été significatives durant les mois de mai et juin, mais se sont limitées à l’échelle nationale à quelques secteurs (chimie/pétrole, ports et docks, traitement des déchets…). La direction confédérale de la CGT a fait des déclarations en faveur de leur «généralisation», sans néanmoins agir réellement dans ce sens,  Un rôle particulièrement négatif a été joué par la direction fédérale CGT des cheminots, qui a tout fait pour empêcher la jonction de la lutte contre le « décret-socle », touchant directement les travailleurs de l’entre- prise, avec celle, plus globale, engagée contre la loi El Khomri ; tout en « profitant » du mouve- ment général pour obtenir à la SNCF des concessions, substantielles quoique précaires, à travers un accord qu’elle a avalisé sans le signer.

Plus généralement, Hollande et Valls ont fait une série de concessions (parfois en les imposant à des directions d’entreprise réticentes) à des secteurs en lutte, dans le but de désa- morcer le mouvement général et de préserver la loi El Khomri, en particulier son emblématique article 2 sanctionnant l’inversion de la hiérarchie des normes. Les prochains mois diront si cette tactique leur aura servi pour démobiliser durablement ou si, au contraire, les petites victoires engrangées alimenteront de prochaines mobilisations.

Une rupture de masse avec le gouvernement

Ces limites n’invalident cependant pas les nombreux acquis du mouvement. En lien avec l’ex- périence accumulée,  le fait décisif de ce printemps aura été qu’il a sanctionné, tout en l’approfondissant,  une rupture de masse, au cœur du « peuple de gauche », avec le PS et son gouvernement. Une nouvelle opposition a ainsi surgi dans la rue, très différente de celle des forces réactionnaires et de leurs « manifs pour tous ».

Une de ses illustrations a été la participation importante (peut-être jusqu’à un tiers du total ?) des militants de Force ouvrière à la manifestation nationale du 14 juin : c’est le secteur le plus ouvrier et militant de l’électorat traditionnel du PS qui défilait au milieu (et en harmonie avec) des pancartes brocardant Hollande, Valls et les trahisons des « socialistes ».

Une spécificité du mouvement a été la diversité des secteurs du monde du travail – au sens large, incluant les travailleurs en formation, les retraités, les chômeurs, les « indépen- dants » ou « ubérisés » – qui y ont pris part. Avec, dans ce cadre, un poids significatif des tra- vailleurs du privé. On a ainsi vu, pour la première fois depuis des années, quelques mouve- ments de grève dans l’automobile. Fin juin, de nouvelles grèves pour des revendications spé- cifiques ont éclaté dans une série d’entreprises, comme l’audiovisuel ou les éboueurs de Bordeaux. Dans un nombre de cas non négligeable (comme pour les facteurs de Rivesaltes après 212 jours de grève), les revendications ont été totalement ou en partie satisfaites.

Une autre caractéristique, qui n’est pas la moindre, est la dimension anti-système (si ce n’est anticapitaliste) des mobilisations, qui s’est notamment exprimée dans le slogan, surgi à Nuit Debout, « Contre la loi El Khomri et son monde ». C’est une différence notable avec la période de 1995 à 2010, dont la conscience était majoritairement tournée contre les « excès » du capitalisme néolibéral, d’où l’importance qu’avait prise alors la défense des services publics et des autres « acquis de la Libération »1. Cette dynamique devrait pousser à la poursuite des luttes. C’est très probablement un nouveau cycle qui s’est ouvert.La situation est différente de celle de l’après 2010, quand l’échec avait marqué l’épuisement et la fin du cycle initié en 1995.

Les prochains enjeux

La première des questions sera évidemment de savoir si la mobilisation trouvera un prolonge- ment dès la rentrée de septembre. La perspective d’une journée d’action interprofessionnelle, si elle se concrétise, pourrait y contribuer. Mais par ailleurs, nous entrerons aussi, dès ce moment, dans une phase plus « politique », marquée par la proximité et la préparation des élections présidentielle et législatives.

Dans cette séquence, une question centrale sera celle de savoir qui, quel courant politi- que, se montrera capable de rallier tout ou partie des milieux très larges qui viennent de rom- pre avec Hollande et le gouvernement. Les concurrents réformistes, de Mélenchon aux gau- ches du PS (sans oublier le PCF, même s’il est aujourd’hui mal en point), ne manqueront pas. De même sera-t-il nécessaire d’assumer, dans la jeunesse, un affrontement politique et idéo- logique avec les courants autonomes ou autonomistes. Les anticapitalistes et révolution-naires seront dans tous les cas confrontés à des responsabilités et possibilités renouvelées.

Jean-Philippe Divès

1. Une série d’auteurs ont insisté sur ce point, parmi eux Pierre Rimbert (cité ailleurs dans cette revue) dans les pages du « Monde Diplomatique ». Voir http://www.monde-diplomatique.fr/2016/05

http://www.npa2009.org/idees/-ce-n’est-qu’un-debut

http://www.anti-k.org/Mouvement-contre-la-loi-travail-ce-n’est-qu’un-debut

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