Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

26 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (rue 89)

Manif 12 avril 2014 Paris

Philippe Poutou et Bordeaux en Luttes prêts à cogner tous azimuts

Alliance du NPA et du collectif Bordeaux Debout, soutenu par la France insoumise, la liste de gauche radicale veut donner un débouché politique local au mouvement social. Elle écarte d’office tout soutien à Bordeaux Respire, la liste de l’écologiste Pierre Hurmic.

Présenter la liste Bordeaux en luttes ce vendredi 24 janvier, « jour de grève nationale et de manifestation, ça nous correspond totalement », démarre Philippe Poutou à l’Utopia. « On est tous investis dans la contestation contre la réforme des retraites et avec les Gilets jaunes, poursuit le syndicaliste de la CGT Ford. C’était con qu’on n’arrive pas à concrétiser sur le terrain électoral les liens tissés sur le terrain. »

Car l’union de la gauche radicale a bien failli ne pas voir le jour – le NPA (nouveau parti anticapitaliste) de Poutou et Bordeaux Debout, un collectif animé notamment par les membres de la France insoumise, étaient à deux doigts de faire liste à part.

Anticapitalisme municipal

Finalement, ils ont conclu une « plateforme d’accord », où « Bordeaux en Luttes » s’affiche comme une liste « de militant(e)s ou sympathisant(e) d’organisations politiques, syndicales, associatives révolté(e)s par la société actuelle (…). Nous sommes anticapitalistes parce que nous luttons contre ce système qui exploite sans limite la majeure partie de l’humanité et la nature. »

Aux côtés de Philippe Poutou, candidat aux municipales à Bordeaux en 2014 (2,5%) entre ses deux tentatives aux présidentielles, cinq premiers candidats ont été présentés la presse.

Chapelle sans catho basque

Parmi eux, Antoine Boudinet, étudiant et militant du collectif des « Mutilés pour l’exemple » – il a perdu une main dans l’explosion d’une grenade, le 8 décembre 2018 à Bordeaux lors d’une manifestation des Gilets jaunes et Sylvie Nony, universitaire et membre d’Alerte Pesticides Haute Gironde et de Bordeaux Debout.

« On représente un espoir car les autres candidats n’étaient pas là pendant les manifs, dit cette dernière. Certains attendent beaucoup de nous et ont poussé pour qu’on sorte de nos chapelles. »

Mais pas trop quand même… Le texte d’accord acte ainsi que Bordeaux en Luttes « ne soutiendra pas, en aucun cas, ni ne fusionnera avec la liste Bordeaux Respire lors d’un second tour éventuel, que nous y soyons ou pas ». Philippe Poutou s’en justifie ainsi :

« On ne divise en rien car les candidats déjà en lice n’ont rien à voir avec nous. Ce sont des représentants des possédants, de la bourgeoisie bordelaise, ils sont tous libéraux. Ils représentent un autre camp social. »

Alors que la France insoumise n’écartait pas l‘option d’un rapprochement avec les écologistes, Bordeaux en Luttes ferme la porte à Pierre Hurmic et ses alliés socialistes. Le premier, surnom-mé le « catho basque », « n’a jamais été là ni dit un mot pour soutenir le combat des Ford, il est du mauvais côté de la barrière », selon Philippe Poutou. Les seconds ont « trahi » et leur passif (loi travail sous le quinquennat Hollande, cogestion avec la droite au niveau métropolitain) ne passe pas à l’extrême-gauche.

La dialectique peut-elle casser des briques ?

Celle-ci ne craint-elle pas de contribuer au maintien de la droite à la mairie de Bordeaux, même si elle « étouffe la ville » depuis 75 ans ? Le leader des Ford Blanquefort ne voit de différences entre ses rivaux, et ne se projette ni dans une victoire ni dans quelque accord incontournable pour gérer la ville, et a fortiori la métropole.

Car à quoi bon remporter des élections municipales qui « pas plus que les autres, ne modifient le système dominant »… Derrière cette dialectique toute trotskiste, l’accord de Bordeaux en Luttes ajoute néanmoins que ce scrutin permet « de montrer que des solutions concrètes aux problèmes des habitante(e)s d’une ville passent par d’autres choix ».

Lesquels ? Le programme, qui sera en construction tout au long de la campagne, revendique d’emblée une « démarche d’exigence démocratique », à travers le référendum d’initiative communale ou les conseils de quartier décisionnaire – notamment dans ces quartiers populaires dont Bordeaux en Luttes rêve de susciter la participation.

Pose ton gun

A l’instar de la gratuité des transports en commun, mantra de la FI pour les municipales, Philippe Poutou souhaite en outre que « tout l’argent de Bordeaux réponde aux besoins des plus pauvres », que plus personne n’y dorme à la rue, ou que les services publics (eau, transports, énergie, logements, déchets…) soient gérés en régie.

Enfin, l’équipe de Bordeaux en Luttes réclame « une enquête indépendante pour vérifier les agissements du préfet Lallement » pendant le mouvement des Gilets jaunes. « Si un préfet peut faire ce qu’il veut, envoyer les blindés, il y a un problème politique, estime l’ancien candidat à l’Elysée. C’est aussi pour cela que nous sommes contre l’armement de la police municipale. »

Créditée de 6% avant même d’entrer en campagne, la liste Bordeaux en Luttes a en revanche bien l’intention de défourailler.

Simon Barthélémy 25/01/2020

https://rue89bordeaux.com/

26 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

1789 (révolution ucl)

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La Révolution française de 1789 /1794

La Révolution française de 1789 / 1794 a marqué la fin du régime féodal en France. Pourtant, la bourgeoisie française éprouve aujourd’hui de la gêne, voire de l’hostilité, face à cet événement fondateur de son propre règne.

Seuls les débuts de la Révolution sont glorifiés, présentés comme la victoire d’un peuple uni face aux injustices de l’Ancien Régime. La suite est souvent présentée comme le déferlement de violence d’une populace inculte et manipulée par des révolutionnaires fanatiques.

Contrairement à ce qu’on entend trop souvent, la Révolution française n’a pas été l’aboutissement des « progrès de la Raison ». Elle marqua surtout l’entrée en action des classes populaires contre un régime politique et économique qui les étouffait. Comme l’écrivait Trotsky, une révolution est avant tout « une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées ». C’est à ce titre que la Révolution française est toujours riche en leçons, pour ceux qui veulent transformer la société.

Les contradictions de la société féodale

A la veille de la Révolution, la population française est composée à 80 % de paysans. Le secteur industriel est nettement moins important qu’en Grande-Bretagne, où le développement du capitalisme est plus avancé. L’« industrie » française peine à dépasser le stade de l’artisa-nat. Dans tout Paris, on ne compte qu’une cinquantaine d’usines et d’ateliers employant entre 100 et 800 travailleurs. Il n’existe qu’un prolétariat embryonnaire.

Des éléments de capitalisme existent, pourtant.

Il y a bien une bourgeoisie riche et puissante, mais son développement « normal » est entravé par les restrictions féodales. Les corporations encadrent les activités de leurs métiers avec une telle rigueur qu’elles freinent le développement des forces productives.

Par exemple, la règle à calcul (ancêtre de la calculatrice) n’est quasiment pas employée en France, alors qu’elle est largement utilisée dans les usines et les chantiers navals de Grande-Bretagne. C’est que la production d’un tel outil nécessiterait l’entente entre plusieurs corps de métiers différents, ce qui contreviendrait aux règles du corporatisme, lesquelles interdisent de divulguer les savoir-faire de métiers.

L’ensemble du système féodal est à bout de souffle.

La société d’ordres (noblesse, clergé et tiers-état) profite aux deux premiers, au détriment de l’immense majorité de la population. Les paysans doivent payer des redevances à leur seigneur, auxquelles s’ajoute l’impôt dû au clergé (dîme). Ils subissent aussi des impôts royaux directs (taille, vingtième) et indirects (gabelle). Une fois le tout payé, il ne reste plus grand-chose aux paysans, pour survivre.

A l’autre pôle de la société, la monarchie en pleine décadence se gave et continue de mener des guerres lointaines, qu’elle finance par de nouveaux impôts. Alors que les révoltes de la faim se multiplient, le gouvernement en déficit veut mettre en place un nouvel impôt, mais la noblesse refuse d’y contribuer.

Pour tenter de trouver une solution à la crise financière, Louis 16 convoque des « Etats Généraux ». Mais le résultat de la manœuvre n’est pas celui escompté : les « cahiers de doléances », rédigés par le peuple, réclament la fin des privilèges des nobles.

Ce manque de discernement de la majorité de la classe dirigeante, qui bloque des mesures rognant légèrement ses privilèges, alors que ces mesures pourraient sauver le système qui la nourrit, est typique d’une situation pré-révolutionnaire.

Comme le faisait remarquer Lénine, une révolution commence toujours par une division au sommet de la société. Incapable de faire avancer la société, la classe dirigeante commence à se fissurer, à la recherche de solutions contradictoires. Et c’est par ces fissures que s’engouffre la révolte des masses.

Du « Règne de la Raison » à l’idéologie libérale

La Révolution qui commence en 1789 ne se fait pas pour le compte de la majorité de la population. Si elle abolit les anciens ordres, seule une minorité en profite pleinement. En effet, dans cet ensemble hétérogène (le tiers) se côtoie la totalité de la population n’appartenant ni à la noblesse, ni au clergé. S’y trouvent donc mélangés les paysans pauvres et les grands bourgeois, les salariés et leurs patrons, les petits artisans et les riches fournisseurs : autant de couches sociales aux aspirations bien différentes.

Si la masse des paysans et des artisans espère que l’abolition des droits seigneuriaux débouchera sur la fin des famines et de la misère, la bourgeoisie, elle, aspire à la « liberté d’entreprendre », c’est-à-dire d’exploiter les pauvres.

Mais à elle seule, la bourgeoisie n’est pas assez forte pour renverser le régime.

Elle doit s’appuyer sur la mobilisation des masses. L’abolition des privilèges, le 4 août 1789, n’a pu être obtenue qu’à la suite de la « Grande Peur », une vague de soulèvements spontanés des paysans contre leurs seigneurs. Or, pour mobiliser les couches les plus opprimées de la société, la bourgeoisie doit s’appuyer non sur les valeurs du « libre marché », mais sur les aspirations à davantage de justice et d’égalité.

Engels expliquait ainsi cette dynamique :

« A côté de l’opposition entre la noblesse féodale et la bourgeoisie qui se donnait pour le représentant de tout le reste de la société, existait l’opposition universelle entre exploiteurs et exploités, riches oisifs et pauvres laborieux. Et c’est justement cette circonstance qui permit aux représentants de la bourgeoisie de se poser en représentants non pas d’une classe particulière, mais de toute l’humanité souffrante. »

C’est de ce tour de passe-passe qu’est sortie l’idéologie républicaine, qui prétend établir une égalité « légale » entre exploités et exploiteurs, entre affamés et affameurs. Les dirigeants bourgeois de la Révolution française ont beau en appeler à la Raison et à l’Egalité, son résultat sera le transfert du pouvoir d’une minorité à une autre minorité.

La bourgeoisie possédante est représentée à l’Assemblée par les Girondins.

Dans un premier temps, ils se situent au centre ( à gauche des monarchistes) et font figure de républicains « modérés ». Ils appliquent le programme de leur classe : le maintien de l’ordre et de la propriété. La Constitution de 1789 définit le droit de propriété comme « inviolable et sacré ». Pourtant, la Révolution déborde à plusieurs reprises ce carcan bourgeois, sous l’impact de l’entrée en action des masses, qui poussent en avant leurs représentants jacobins.

L’action des masses et la Terreur

Le 14 juillet 1789 n’est que le début de la Révolution. La focalisation des commémorations sur 1789 n’a rien d’anodin. Cette année-là, la grande bourgeoisie – aux côtés de la noblesse « réformiste » – domine encore les débats politiques. Mais en mobilisant les masses contre le régime, elles les ont mises en mouvement et en ont perdu le contrôle.

A de nombreuses reprises, c’est l’intervention directe des masses, en particulier à Paris, qui pousse en avant la Révolution. C’est le cas en octobre 1789, lorsque l’Assemblée cherche un moyen légal de limiter le pouvoir royal.

Les femmes de Paris envahissent le château de Versailles et ramènent le roi à Paris, sous la surveillance directe du peuple. C’est de nouveau le cas en août 1792, lorsque le roi attend son salut des armées monarchistes qui envahissent le pays. Alors, le peuple de Paris n’attend pas la fin des délibérations de l’Assemblée ; prenant d’assaut, les armes à la main, le palais des Tuileries, il arrête le roi et met fin, de facto, à la monarchie.

De nos jours, les historiens bourgeois se lamentent sur la « Terreur révolutionnaire ».

Les « massacres de septembre » 1792, pendant lesquels la foule parisienne tue les aristocrates prisonniers à Paris, sont souvent présentés comme la preuve qu’une Révolution se termine toujours dans un bain de sang.

Mais, en réalité, tout comme la Terreur de 1793 / 1794, cet acte de fermeté sanglante est une réponse aux menaces des royalistes insurgés et des armées d’invasion envoyées par les monarchies coalisées d’Europe.

A l’été 1792, le Manifeste de Brunswick exige la reddition sans condition du régime révolu-tionnaire et le retour à l’ordre monarchique, faute de quoi les armées prussiennes livreront Paris à « une exécution militaire et une subversion totale ».

La réaction du peuple à ces menaces doit être analysée comme un acte d’autodéfense visant à terroriser les ennemis de la Révolution. Ceux qui s’en scandalisent se montrent souvent beaucoup plus tolérants à l’égard de la « Terreur blanche » qui a sévi – contre les révolutionnaires.

Les limites objectives de la Révolution

Au fil des événements, la situation se polarise : les jacobins sont poussés vers la gauche par les masses plébéiennes, ce qui entraîne la Révolution au-delà de ses cadres bourgeois. Paradoxalement, ils se battent contre ceux qui hériteront ensuite des conquêtes de la Révolution : la grande bourgeoisie naissante.

Mais, malgré les tendances communistes qui transparaissent dans certains de ses épisodes, la Révolution française ne pouvait déboucher sur une société socialiste. Pour cela, il lui manquait à la fois une base sociale et des forces productives suffisamment développées.

La classe ouvrière était encore trop faible, numériquement et socialement, pour prendre conscience d’elle-même comme classe spécifique, sans même parler de prendre le pouvoir. Le capitalisme n’avait pas eu le temps de jouer son rôle, qui était de poser les bases nécessaires à la transformation socialiste de la société.

La chute de Robespierre et des jacobins, en juillet 1794, marque un tournant.

Le pendule révolutionnaire repart vers la droite. Le mouvement insurrectionnel des masses plébéiennes est à bout de souffle – et la bourgeoisie reprend le contrôle de la situation, livrant à sa vengeance sanglante tous ceux qui avaient été en avance sur l’histoire.

La Révolution française a balayé l’Ancien Régime et instauré, sur ses ruines, l’empire de l’exploitation capitaliste et du « libre marché ».

L’implication des masses populaires l’a poussée au-delà de sa base bourgeoise, mais ce mouvement a fini par se heurter à ses limites objectives.

Aujourd’hui, la République française se gargarise d’être le « pays des droits de l’homme ».

Mais la République capitaliste actuelle ne contient plus un seul atome de contenu progres-siste ; elle cache de plus en plus mal la domination économique et politique de la grande bourgeoisie.

Il nous reste la « liberté » de manifester sous les gaz lacrymogènes, « l’égalité » des chances face au chômage de masse, et la « fraternité » des contrôles de police… Il nous faut une nouvelle révolution, socialiste, cette fois-ci !

22 septembre 2019 Marie L.

https://www.marxiste.org/

Lire aussi:

Les classiques de la subversion : « Bourgeois et bras nus »

« Bourgeois et bras nus » de Daniel Guérin

BOURGEOIS ET BRAS-NUS : réédition du livre de Daniel Guérin 

Club breton

26 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

macron (essf)

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En lutte pour les retraites

Le mouvement se poursuit, l’isolement de Macron aussi

Depuis le 20 janvier, le mouvement pour le retrait du projet Macron-Philippe de contre-réforme des retraites est entré dans un deuxième acte.

Malgré, ces derniers jours, l’arrêt de la grève reconductible à la SNCF et à la RATP, la mobili-sation est loin de s’éteindre et les centaines de milliers de manifestant-e-s du 24 janvier ont clairement affirmé dans les rues être déterminé-e-s à se battre encore pendant plusieurs semaines.

En effet, la journée du 24 janvier, appelée par l’intersyndicale a encore été le témoin de cette forte mobilisation avec, dans la plupart des villes, un net regain du nombre de manifestant-e-s une fois et demie supérieur, en moyenne, au 16 janvier.

Même si cette mobilisation a été inférieure aux deux grosses manifestations de décembre 2019, et malgré l’arrêt de la grève reconductible dans les transports, l’ambiance était quasi-ment partout combative, joyeuse et déterminée. Beaucoup de cheminot-e-s et d’enseignant-e-s dans les manifs, mais aussi du reste de la Fonction publique, de l’Energie, des Ports et Docks, de la culture… Et beaucoup d’avocats.

Le gouvernement et les médias dévoués à sa cause voudraient bien faire comme si l’épisode de la contestation de sa contre-réforme était clos. Le gouvernement et le patronat cultivent ces derniers jours la répression patronale et policière contre des animateurs et animatrices du mouvement, et s’insurgent contre les dérives radicales du mouvement.

Mais ni le climat politique ni les nouvelles informations sur le contenu réel de son projet ne lui apportent la moindre sérénité.

Aucun ministre, et encore moins Macron lui-même ne peuvent participer tranquillement à une inauguration ou une manifestation publique sans rencontrer l’hostilité populaire. Emmanuel Macron et sa femme, eux-mêmes, ont dû s’enfuir piteusement du théâtre parisien où ils assistaient à une représentation le 18 janvier : plusieurs dizaines d’opposants à sa réforme s’étaient rassemblés devant le théâtre.

De même, plusieurs permanences de députés En Marche ont été taguées ces dernières semaines, comme il y a un an, lors des importantes mobilisations des Gilets jaunes.

L’hostilité à la contre-réforme ne faiblit pas, bien au contraire, elle progresse dans l’opinion. Plusieurs sondages indiquent que près de 2/3 de la population veut le retrait pur et simple du projet de Macron et l’inquiétude gagne quant aux conséquences de la réforme.

Au fur et à mesure que sont révélés de nouveaux éléments de ce nouveau système, le rejet s’accroît. Purement et simplement, Macron et son gouvernement ont totalement perdu cette bataille politique : leur projet est désormais bien connu et totalement impopulaire.

Cette impopularité, concerne évidemment tous ceux et toutes celles qui, subissant une pénibilité non reconnue, devraient travailler deux ou trois ans de plus pour toucher une retraite dont ils ne connaîtraient pas le montant.

La ministre du Travail a clairement indiqué qu’elle refuserait de rétablir les critères de pénibilité supprimés par Macron en 2017, à la demande du patronat. Ces critères accordaient (de façon très sélective par ailleurs) des départs anticipés pour manutention de charges, postures péni-bles, exposition à des vibrations mécaniques, à des agents chimiques dangereux. Cela concerne des ouvriers et techniciens de l’industrie, des personnels de santé, des salarié-e-s du bâtiment, entre autres.

Ces derniers jours, le ministre de la Fonction publique a clairement annoncé que, tout en accordant des dérogations aux personnels des forces de répression, aux douaniers et aux pompiers, il supprimait purement et simplement les « catégories actives » présents dans les Fonctions publiques (permettant jusqu’à aujourd’hui un départ anticipé), à l’instar des égoutiers, qui ont un taux de mortalité précoce très élevé, et 7 ans d’espérance de vie inférieure à la moyenne des ouvriers (17 inférieures à celle des cadres).

Tout le monde a à perdre. La réprobation est massive chez les avocats, et se traduit par des dizaines de « jets de robe noire », manifestation symbolique dont la ministre de la Justice a fait elle-même les frais à Caen début janvier.

Ces manifestations de jets d’outils, de blouses, d’instruments de travail, se sont multipliées de la part des agents hospitaliers, des contrôleurs du travail, des enseignants. Dans de nombreu-ses manifestations, des groupes de femmes habillées en « Rosie the riveter » (image de l’ouvrière américaine de l’industrie de l’armement pendant la Deuxième Guerre mondiale) organisent des flash mobs et chantent une chanson détournée par l’association ATTAC pour dénoncer les diminutions programmées des retraites des femmes.

Dans un tout autre registre, une critique frontale du projet vient même d’un côté où on l’attendrait le moins, celui de l’armée.

Le Conseil supérieur de la fonction militaire, organisme très officiel de concertation avec le Ministère, vient de publier une lettre catégorique. Alors que les militaires et gendarmes semblaient épargnés par le régime « universel », ce Conseil déclare tout bonnement ne pas pouvoir donner un avis favorable au projet, « la mise en place d’une règle de calcul assise sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les six derniers mois engendrera inexorablement une baisse des pensions », jusqu’à 20% selon leurs calculs.

Nouveau camouflet

Le Conseil d’État, la plus haute instance du droit administratif, devant donner un avis consultatif sur tout projet de loi, vient de rendre un avis très négatif sur le projet de loi des retraites.

Il critique frontalement un projet de loi « avec des projections financières douteuses », un recours ultérieur à des dizaines d’ordonnances non encore écrites. Mais, sur le fond, il indique que le nouveau système ne peut se prévaloir de « l’universalité » et de l’égalité de traitement, puisqu’il prévoit en son sein cinq régimes différents (fonctionnaires, magistrats, et militaires, marins, salariés agricoles et exploitants agricoles) et de nombreuses règles dérogatoires dans ces 5 régimes.

De plus, il lance deux bombes à retardement dans le jardin du gouvernement. Le Conseil rappelle que la loi ne peut pas prévoir des dispositions qui seraient adoptées ultérieurement, dans une autre loi, concernant la revalorisation des salaires des enseignants et il indique aussi que le projet ne peut pas prévoir de subventionner la Caisse de retraite complémentaire des navigants.

Sur ces deux derniers points, ce sont deux piliers de l’échafaudage branlant du gouvernement qui sont sapés : ceux visant à calmer les enseignants et les personnels navigants.

De plus, les gestionnaires de l’actuel système collectif de retraite complémentaire (ARRCO-AGIRC) viennent de calculer que le futur régime, avec l’arrêt des cotisations des hauts salaires ( supérieurs à 1,2 millions euros par an) va générer un déséquilibre de 3,7 milliards annuel pendant 15 ans. Il faudra en effet continuer à payer des pensions élevées pour des cadres retraités, alors que les cadres actifs auront supprimé toute une part de leurs cotisations.

Donc, politiquement, ce gouvernement n’a pas repris son souffle, tout en voulant liquider très vite un dossier qui devait être pour lui un triomphe social.

Un autre piège qu’il s’est lui-même tendu approche aussi à grands pas : celui de la Conférence sur le financement, manœuvre trouvée début janvier pour rompre son isolement et obtenir l’aval de la CFDT et de l’UNSA.

Nous sommes déjà devant un paradoxe : le gouvernement est confronté à un mouvement de grande ampleur et avance sa volonté de négocier… avec les deux seuls syndicats qui ne sont pas partie prenante de la mobilisation !

Mais le piège va se refermer rapidement puisque cette conférence ne pourra que remettre en selle « l’âge pivot à 64 ans » forçant partir en retraite deux ans plus tard, ou allonger le nombre d’années travaillées nécessaires pour partir à la retraite (43 ans aujourd’hui). Deux épées de Damoclès sur les salarié-e-s partant en retraite à partir 2022.

Au total, nous sommes donc bien loin de l’habillage de la propagande gouvernementale vantant un projet de justice sociale et limité à la suppression des « 42 régimes spéciaux ». Mais cet isolement politique, ce rejet majoritaire du projet de Macron, cette mobilisation de centaines de milliers de salarié-e-s et militant-e-s du mouvement social ne créent toujours pas le rapport de force suffisant pour faire céder Macron.

On paye aujourd’hui l’absence de préparation de cette bataille, dès septembre, dans beaucoup de secteurs professionnels, à l’inverse de ce qui a été le cas à la SNCF et à la RATP. Il n’y avait pas, jusqu’à peu une large conscience des conséquences désastreuses de cette réforme, y compris dans des secteurs de la Fonction publique ou de l’Energie, des grandes entreprises de l’automobile, de l’aéronautique ou de la Chimie qui pourraient peser dans le rapport de force.

De nombreux secteurs des ports et de l’énergie sont entrés en mouvement ces derniers jours, mais avec un réel décalage par rapport au ferroviaire. L’enjeu des semaines à venir est d’entretenir et approfondir l’isolement politique du gouvernement, par de nombreuses actions spectaculaires, des blocages, des manifestations, occupant le maximum d’espace politique.

Et propager de façon la plus unitaire possible les solutions indispensables pour en finir avec des vies de précarité et de bas salaires débouchant sur des retraites de misère. Ce travail est celui que mènent systématiquement des dizaines de milliers de militant-e-s, véritable avant-garde politique de ce mouvement, présent dans les interpros et intersyndicales de terrain.

Mais toutes et tous sont aussi conscients de développer des grèves dans des secteurs, du secteur public notamment, qui n’ont pas sur les épaules de nombreux jours de grève ces dernières semaines.

Concernant le renforcement de la mobilisation et du rapport de force, Olivier Besancenot a fait la proposition ces derniers jours que l’ensemble du mouvement ouvrier se mette d’accord pour organiser une montée nationale, une manifestation à Paris organisée à partir de toutes les villes du pays pour imposer la volonté populaire du retrait de cette contre-réforme. Cette proposition va peut-être faire son chemin.

Léon Crémieux dimanche 26 janvier 2020

https://www.europe-solidaire.org/

25 janvier 2020 ~ 1 Commentaire

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (révolution permanente)

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Bordeaux en Luttes.

Philippe Poutou à la tête d’une liste de lutte anticapitaliste

L’ancien candidat à la présidentielle vient d’annoncer lors d’une conférence de presse le lancement d’une liste intitulée Bordeaux en Luttes pour les élections municipales qui auront lieu en mars. 

La date n’avait pas été choisie au hasard. C’est ce vendredi 24 janvier, jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites que le collectif Bordeaux en Luttes a décidé de lancer officiellement sa campagne des municipales. La conférence de presse donnée à Bordeaux a permis de clarifier la confusion entretenue par les grands médias sur la nature et le contenu de la liste.

La plateforme d’accord de lancement de la campagne affiche dès les premières lignes la pers-pective de la campagne : une liste du mouvement social, associant des étiquettes politiques et syndicales variées qui participent « toutes et tous aux grèves, aux manifestations et aux bloca-ges contre la réforme des retraites ». Elle affirme sa perspective anticapitaliste « parce que nous luttons contre ce système qui exploite sans limite la majeure partie de l’humanité et la nature ».

Cette liste souhaite se délimiter de tous les autres « gros » candidats qui représentent le camp de la bourgeoisie. Elle aura pour vocation de défendre les intérêts du monde du travail et des classes populaires exclus de la vie politique dominante. La liste exclut d’emblée toute possibilité d’alliance de la liste d’union de la gauche menée par Hurmic (EELV, PS, PCF, Génération.s) qui ne représente en rien une alternative au néolibéralisme et au capitalisme vert.

Pour porter cette perspective, l’ancien candidat du NPA, seul ouvrier des présidentielles, a fait l’unanimité. Philippe Poutou portera l’idée que les « élections municipales, pas plus que les autres, ne modifient l’ordre social que nous nous entendons renverser ».

Ce qui reste déterminant, ce sont nos luttes collectives et c’est en ce sens qu’une large place sera donnée au mouvement social. Si plusieurs organisations ont déjà annoncé leur soutien à la liste (FI et NPA), elle sera présentée sans logo distinctif pour incarner cette diversité.

Les axes programmatiques de la campagne porteront la question de la lutte contre les inégalités, pour une écologie « populaire » et pour une vraie démocratie qui représente les intérêts des classes populaires.

Entre autres revendications, on trouve la réquisition des logements vides, une augmentation générale des salaires, la gratuité des transports en commun ou encore une enquête indépendante sur la répression policière à Bordeaux.

Une assemblée générale de la liste sera organisée mercredi prochain pour préciser les contours de la liste et développer les points programmatiques.

vendredi 24 janvier

https://www.revolutionpermanente.fr/

Commentaire:

Révolution Permanente est un courant du NPA

25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

l’état (révolution)

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Qu’est-ce que l’Etat ?

Cette question est délibérément embrouillée par les intellectuels bourgeois. Ils présentent l’Etat comme le garant de « l’intérêt général ». Il serait une institution indépendante des classes sociales, surplombant les classes – et assurant même leur conciliation.

Les réformistes de gauche – les dirigeants de la FI et du PCF, par exemple – reprennent et diffusent cette théorie. Simplement, ils insistent davantage sur le rôle prétendument « social » de l’Etat. Ce faisant, ils aggravent la confusion, car ils caractérisent l’Etat par des éléments (services publics, etc.) qui n’en constituent pas la fonction fondamentale.

Quelle est la véritable fonction de l’Etat ? C’est un instrument par lequel la classe dominante assure sa domination sur les classes exploitées. Il en a toujours été ainsi – ou plutôt, il en est ainsi depuis que la société est divisée en classes aux intérêts inconciliables. C’est cette division, il y a des milliers d’années, qui a déterminé l’émergence de l’Etat.

A l’époque de la Grèce et de la Rome antiques, l’Etat assurait la domination des propriétaires d’esclaves.

A l’époque du féodalisme, il assurait la domination de l’aristocratie.

De nos jours, il assure, défend et protège la domination de la bourgeoisie, qui possède les grands moyens de production (banques, multinationales, etc.) et exploite la classe des salariés.

Ainsi, loin de garantir on ne sait quel « intérêt général », l’Etat moderne défend les intérêts d’une poignée de milliardaires.

C’est vrai en France, aux Etats-Unis, en Suisse, en Egypte et dans tous les pays capitalistes, qu’ils soient « démocratiques » ou dictatoriaux. On comprend, dès lors, que la bourgeoisie cherche à embrouiller cette question !

Des hommes en armes

Comment l’Etat assure-t-il sa fonction ? Par le monopole de la violence. En dernière analyse, derrière ses divers décorums, l’Etat consiste en détachements spéciaux d’hommes en arme (polices et armées permanentes), qui sont liés à tout un système répressif, avec ses tribunaux et ses prisons. C’est très clair dans les dictatures militaires. Mais c’est aussi le cas dans les démocraties bourgeoises, comme la France.

Il est vrai que dans les Etats « démocratiques », la domination de la bourgeoisie ne repose pas toujours directement et systématiquement sur la répression violente des masses exploitées.

En fait, la plupart du temps, la propagande capitaliste, le poids des traditions et la corruption des sommets du mouvement ouvrier suffisent à garantir la domination de la bourgeoisie.

Mais lorsque, sous l’impact de la crise du capitalisme, la lutte des classes s’intensifie et s’oriente vers une révolution, l’Etat bourgeois apparaît dans toute sa nudité, sous la forme d’escadrons de CRS, de matraques, de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de LBD.

Les Gilets jaunes en savent quelque chose. Et quand ces « techniques de maintien de l’ordre » ne suffisent pas, l’Etat bourgeois tire à balles réelles, comme on l’a vu récemment au Chili et en Iran.

Nous consacrerons un autre article à l’Etat ouvrier, c’est-à-dire au type d’Etat dont les travailleurs auront besoin dans la foulée d’une révolution socialiste. A ceux qui veulent étudier cette question (et celle de l’Etat en général), on conseille vivement de lire L’Etat et la révolution, de Lénine.

24 janvier 2020

https://www.marxiste.org/

Commentaire:

La différence entre les marxistes et les anarchistes et libertaires, c’est que pour les marxistes l’état doit dépérir (être remplacé par l’autogestion) seulement après que la révolution soit installée. Cela n’a jamais eu lieu vu que les révolutions ont toujours entraîné une guerre civile et /ou une intervention militaire des autres pays et cela dès 1792. Les monarchies envahirent la France ! Un climat peu favorable au dépérissement des institutions coercitives. Cela pose la question de l’internationalisme pour faire face aux interventions extérieures.

 

25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

syndicats (npa)

tous ensembel

Les organisations syndicales face à une nouvelle étape

Si l’envahissement des locaux de la CFDT par des grévistes de la coordination SNCF-RATP sature l’espace médiatique en même temps que l’exfiltration de Macron du théâtre des Bouffes du Nord, ce n’est pas seulement parce qu’il fournit un prétexte pour dénoncer des « violences » des grévistes, c’est aussi parce qu’il se produit à l’entrée d’un tournant dans la mobilisation.

Un an après avoir semblé définitivement marginalisées par le mouvement des Gilets Jaunes, les principales organisations syndicales se sont retrouvées en première ligne dans une mobilisation d’ores et déjà qualifiée d’historique contre la «contre-réforme» des retraites.

Désaffiliations

La perte de visibilité et de crédibilité des organisations syndicales est la conséquence d’évolu-tions largement interpénétrées. D’abord, celle de l’organisation de l’appareil économique, productif : externalisations, délocalisations, diminution de la taille des établissements assortis du bouleversement des processus de production et de précarisation de l’emploi.

De l’autre, un vaste processus de privatisations dans des secteurs qui constituaient souvent des bases essentielles des organisations syndicales et où l’introduction des méthodes managériales calquées sur celles du privé a largement contribué à déstructurer des collectifs de travail et briser les résistances sociales, y compris au travers de la répression.

Un ensemble d’évolutions qui ont déstabilisé et affaibli les organisations syndicales dès la fin des années 1970 dans un contexte de montée du chômage et de « disparition » du « socialis-me réellement existant ». Un mouvement syndical que son fonctionnement bureaucratique, plombé par une institutionnalisation centrée sur le dialogue social, a rendu incapable de s’adapter aux changements des conditions d’exploitation du prolétariat.

Ensuite, se placent les positionnements de la bourgeoisie et des partis politiques au pouvoir face aux corps intermédiaires en général et aux organisations syndicales en particulier. Après l’accompagnement des reculs sociaux des gouvernements de « gauche », sous Sarkozy les reculs sociaux s’accompagneront des nouvelles modalités de calcul de la représentativité.

Amorcée sous Hollande avec le significatif refus d’accorder la traditionnelle amnistie pour les militantEs syndicaux, la cassure du dialogue social (hors CFDT et « amies »), avec notamment le boycott des conférences sociales, va s’amplifier avec Macron et sa volonté de faire l’impasse sur les corps intermédiaires et autres partenaires sociaux.

Une stratégie qui semblait payante au regard des échecs des mouvements, mais qui a brutalement été mise en question par les Gilets jaunes, bousculant les rites ­habituels des mobilisations.

Faire face à un affrontement délibéré 

C’est dans cette situation que le gouvernement Macron-Philippe a décidé d’engager la réforme du système de retraites, dans l’espoir que les organisations syndicales seraient incapables de s’y opposer. À tel point qu’il s’est permis de faire l’unanimité contre lui en matière de concertation et de dialogue social.

Son principal atout résidait dans l’acceptation par certaines organisations (CFDT, CFTC et UNSA) du cadre global de la réforme, à l’opposé de FO, la CGT, Solidaires, FSU et la CFE-CGC. Contrairement à 1995, la mobilisation n’a pas été préparée en profondeur par les structures confédérales ou fédérales.

Le départ de la grève le 5 décembre a été initié par l’intersyndicale de la RATP, suite à l’impressionnante grève du secteur en septembre. Dans la foulée, toute une série de structures syndicales, notamment CGT et Solidaires, se sont associées à cet appel.

Les directions de la CFDT et de l’UNSA ont joué les mouches du coche autour de la question de l’âge pivot même si le gouvernement n’a pas valorisé leur attitude en faisant une conces-sion qui paraît largement comme une entourloupe. Mais ceci semble avoir suffi à la plus grande partie des structures et adhérentEs, notamment dans une confédération CFDT où le centralis-me bureaucratique est particulièrement efficace. Seules des structures de la SNCF et de la RATP, sous la pression des grévistes, ont forcé les consignes confédérales.

FO, affaibli par les crises internes, n’a pas été en capacité de structurer en profondeur et dans le long terme sa participation au mouvement, et laisse son secrétaire général en porte-voix soutenu par peu de troupes.

La FSU tente de se reconstruire une légitimité après des années passées à avaler les couleu-vres des gouvernements successifs. De ce fait, alors que les personnels de l’éducation sont parmi les plus touchés par la réforme, c’est lentement que la mobilisation des enseignantEs s’est construite sous le double refus des pseudo compensations financières et le rejet des réformes, notamment celle du bac.

Du côté de la CGT, de Solidaires et de… la CFE-CGC

Si surprise il y a dans cette mobilisation, c’est bien le positionnement de la CFE-CGC. Une confédération généralement au côté de la CFDT, dans une modération respectueuse du dialogue social et d’un libéralisme éclairé.

Les bouleversements dans l’appareil productif et l’organisation de l’économie ont particuliè-rement impacté ceux qu’on désigne sous les vocables d’employéEs ingénieurEs, cadres et technicienEs.

Croissance des effectifs, écartèlement du fait des politiques des directions d’entreprise qui vont d’une taylorisation croissante à une volonté d’intégration aux politiques ultra-libérales, en passant par l’accroissement du rôle de garde-chiourmes.

Dans ce maelström, la CFE-CGC a conquis des positions électorales importantes, qui ne correspondent certes pas à une grande combativité mais à une exigence de représentation des intérêts de ces couches dont la retraite fait partie. Ce qui se traduit par un corporatisme radical.

En ce qui concerne la CGT, moins que toute autre confédération, difficile de se contenter des certitudes globales. Au niveau confédéral, l’existence d’une intersyndicale rend parfois difficile la lecture des positions de chaque syndicat.

Sur le strict déroulé de la mobilisation, on doit pointer la lenteur à rejoindre l’appel « RATP », l’acceptation du trou dans les propositions d’actions entre le 19 décembre et le 9 janvier. Mais, au total, ce qui reste visible, ce sont une dénonciation claire du projet Macron et l’exigence de l’extension à d’autres secteurs.

Quant au soutien à l’auto-organisation, cela est (très) loin de l’ADN cégétiste, y compris (surtout ?) dans certains secteurs parmi les plus radicaux (dockers, raffineries, mines-énergie, certaines UD…).

Mais ce qui domine c’est la grande difficulté à mobiliser largement dans toute une série de secteurs hors RATP et SNCF. En ce qui concerne le privé, globalement, les causes « objec-tives » sont identifiées. Mais, tout de même, l’absence ou la faible présence de secteurs comme le bâtiment, l’agro-alimentaire, la chimie, le commerce interroge car ces fédérations sont généralement perçues comme « radicales ».

Comme dans d’autres secteurs (territoriale, banques, finances publiques… ) pertes de repères, désaffection de militantEs semblent avoir limité les possibilité de mobilisation notamment par la grève.

Pour Solidaires, calée sur un rejet clair du projet Macron-Delevoye, la taille des structures dans beaucoup de secteurs, l’ostracisme du pouvoir, de certains syndicats et des médias, limite la visibilité. Cependant, tant dans les manifestations qu’au travers d’initiative de blocages et autres, les militantEs apportent souvent des savoir-faire et un dynamisme pas toujours partagés.

Comme le pointait Annick Coupé, « nous n’avons pas entretenu collectivement l’idée que la grève générale pouvait être un outil notamment pour bloquer l’économie et établir un rapport de forces pour faire avancer les choses. »(1)

La façon dont les directions syndicales accompagneront, assumeront le passage d’une guerre de position, la grève reconductible, à une guerre de mouvement avec notamment des actions « coup de poing », ciblant davantage les responsabilités politiques (ou syndicales !) et la visibi-lité médiatique, pourrait impacter les bilans qui ne manqueront pas d’être tirés à l’issue du mouvement.

Robert Pelletier  Samedi 25 janvier 2020

https://npa2009.org/

25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

classe sauvage (le télégramme)

Après avoir participé à la manifestation interprofessionnelle, une cinquantaine d’enseignants se sont réunis, ce vendredi en début d’après-midi, devant la direction départementale de l’Éducation nationale, à Quimper. Un rendez-vous organisé, sous forme humoristique, à l’initiative de deux collectifs cornouaillais (Concarneau-Rosporden et Quimperlé). L’occasion « de montrer que nous n’avons aucune confiance après les promesses de revalorisation de nos salaires », explique Yannick Lesné, professeur au collège Pensivy de Rosporden, également inquiet de la mise en œuvre du nouveau Bac, comme ses confrères présents à la cité administrative de Ty Nay.

https://www.letelegramme.fr/

 

25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

sdn lannion (le télégramme)

3 singes nucléaire

Le film « Retour à la normale » ou la vie après un accident nucléaire, présenté à Lannion

Le film « Retour à la normale » sera projeté le jeudi 30 janvier, au cinéma Les Baladins, à Lannion, à l’initiative de Sortir du Nucléaire-Trégor. Ce documentaire d’anticipation de Christina Firmino démonte « le mythe du nucléaire sans danger ».

Octobre 2021, un grave accident nucléaire se produit en France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce scénario catastrophe sert de trame au film « Retour à la normale » qui sera projeté le jeudi 30 janvier, au cinéma Les Baladins, à Lannion.

Christina Firmino, la réalisatrice de ce documentaire d’anticipation, sous-titré « Le mythe du nucléaire sans danger », imagine les conditions de vie des habitants, sous la menace de la contamination par la radioactivité et les questionnements auxquels ils seraient confrontés. Deux spécialistes du risque nucléaire, Roland Desbordes et Yves Lenoir, invités ces dernières années par Sortir du nucléaire (SDN)-Trégor, apportent leur éclairage.

Une « épée de Damoclès au-dessus de notre tête »

« Personne ne peut dire qu’on est vraiment prêt à faire face à une telle catastrophe », estime Laurent Lintanf, porte-parole de l’association qui milite pour la sortie du nucléaire civil et militaire. « Il est inadmissible d’avoir cette épée de Damoclès au-dessus de notre tête ».

Deux événements survenus en fin d’année 2019 renforcent la conviction des militants de SDN-Trégor. Le 26 septembre, l’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen : « Et si un tel accident se produisait au complexe nucléaire de la Hague ? », s’inquiètent-ils.

Le 11 novembre, le tremblement de terre de magnitude 5,4, à une dizaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas en Ardèche : « Et si l’épicentre avait été juste au niveau de cette centrale qui n’est conçue que pour supporter une magnitude de 5,2 ? », s’interrogent-ils.

SDN-Trégor profite de cette projection pour revendiquer « la sobriété énergétique » et « le développement des énergies renouvelables ». « Changeons nos orientations et on peut s’en sortir. C’est vrai pour le nucléaire comme pour le climat », exhorte Laurent Lintanf.

sdn

Pratique

Projection du film « Retour à la normale », jeudi 30 janvier à 20 h 30, aux Baladins, à Lannion. Tarif : 6,70 €. Contact : tél. 06 86 22 58 88 ; courriel : sdn-tregor@laposte.net

https://www.letelegramme.fr/

25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

cfdt (le canard rp)

canard

Source: Le Canard Enchaîné Mercredi 22 Janvier

« Même si Berger ne veut pas, la base est là », un cortège de militants CFDT (Révolution Permanente)

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