Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

23 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Kanaky

img-20240522-wa0006

23 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Splann!

fnsea

Le lobbying agricole de la FNSEA à la loupe

https://splann.org/lobby-agricole-fnsea/

23 mai 2024 ~ 0 Commentaire

La Brèche (NPA)

rencontre_gaudichaud

23 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Strasbourg

visuel_conference_2

23 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Garde à vue (Carhaix)

Correspondant NPA-Cornouaille
Hebdo L’Anticapitaliste – 709 (23/05/2024)

Carhaix : Toujours pas d’urgences à l’hôpital… mais des gardes à vue

« Carhaix, Carhaix, Résistance ! ». Depuis le 14 mai, entre 100 et 200 personnes lancent ce cri quasi quotidiennement devant le commissariat de Quimper (Finistère). Ce sont à nouveau les défenseurEs des urgences de l’hôpital de Carhaix qui battent le pavé quimpérois. 

Ils et elles sont doublement en colère. D’une part, le protocole pour la réouverture des urgences de leur hôpital du Kreiz Breizh (Centre Bretagne) — signé le 27 octobre par l’Agence régionale de santé (ARS), le département et la préfecture — n’a toujours pas vu la moindre mise en œuvre. D’autre part, et c’est le motif de leurs rassemblements devant le commissariat, les mêmes qui avaient signé le protocole ont porté plainte pour séquestration et violence en réunion, à la suite de l’occupation des locaux de l’ARS à Quimper le 14 septembre 2023.

Une dizaine de personnes (il semble que la liste pourrait s’allonger) dont le porte-parole du comité de vigilance de l’hôpital de Carhaix Matthieu Guillemot, des militantEs syndicalistes (six de la CGT et trois de la CFDT) ont ainsi été convoquéEs à partir du 14 mai pour être entenduEs sous le régime de la garde à vue.

Mobilisation contre la répression

Mardi 14, c’est notre camarade Matthieu Guillemot qui « ouvrait le bal ». Pour l’accompagner, quelque 200 personnes, pour une part venues en car depuis Carhaix, des militantEs syndicaux (CGT, CFDT, Sud Santé Sociaux/Solidaires), des militantEs du Comité de défense des hôpitaux de proximité, et des éluEs et responsables politiques. Parmi lesquels Christian Troadec, maire de Carhaix, Mélanie Thomin, députée socialiste du Finistère et Philippe Poutou. En termes d’organisations politiques, hors quelques drapeaux de l’UDB, le NPA-l’Anticapitaliste semblait être le seul à avoir appelé ­largement au rassemblement.

Au sortir de son audition, et après un passage par la case cellule, Matthieu Guillemot a réaffirmé que « le 14 septembre dernier, il n’y a pas eu de violence ni de dégradation dans le bâtiment de l’ARS. À Carhaix, nous avons l’habitude de nous battre et nos méthodes sont connues : la détermination et la non-violence », et que son audition, comme celles à venir des neuf autres militantEs, participait d’une tentative de « criminalisation des mouvements sociaux et syndicaux ».

Faisant référence à la condamnation pour apologie du terrorisme à l’encontre de Jean-Paul Delescaut, secrétaire départemental de la CGT du Nord, ou à la plainte pour « diffamation et injures publiques » de Darmanin contre le militant de Sud Éducation du Finistère, Olivier Cuzon, Philippe Poutou a dénoncé une « répression du mouvement social et militant qui se généralise. Dès qu’on milite, qu’on conteste, qu’on est en opposition au pouvoir ou que l’on défend les services publics, on est menacé et entravé par des convocations policières, par des menaces judiciaires ».

La lutte continue

Loin de se laisser intimider, chaque jour donc et jusqu’au 28 mai les manifestantEs continueront de soutenir Matthieu, Cathy, Sandrine, Rachel, Andréa, David, Caroline, Thomas, Bahar et Stéphanie, leurs camarades de lutte pour les urgences de l’hôpital de Carhaix. Ainsi, la CFDT, la CGT et SUD Santé Sociaux du CHRU de Brest/Carhaix ainsi que leurs unions syndicales départementales appellent respectivement à faire du 21 et du 22 mai (dates auxquelles ce sont leurs militantEs qui passent en audition au commissariat de Quimper) de belles journées de mobilisation contre la répression et la judiciarisation de la lutte. À la fin du mois, nul doute que panneaux et poteaux seront recouverts de l’autocollant « Karaez Rezistañs ! ».

Jeudi 23 mai 2024

https://lanticapitaliste.org/

22 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Juifs et Gaza (ESSF)

pal

Les juifs et juives aux États-Unis à l’heure de la guerre à Gaza

Warren Montag est professeur des Humanités à Occidental College, une université de la région de Los Angeles. Ses études portent notamment sur la pensée de Spinoza et d’Althusser.

ContreTemps : Une partie de l’opinion publique française pense, soit par ignorance, soit dans la logique d’idées antisémites, que le soutien américain à Israël est dû au poids énorme de ce qu’ils appellent le « lobby juif » aux États-Unis. Or, tout le monde a remarqué que l’état d’esprit de la population juive des États-Unis à l’égard d’Israël est en pleine évolution. De quand date ce changement ?

Warren Montag : C’est une histoire compliquée, mais avant de l’aborder une clarification sur la question du « lobby juif » et du contrôle juif de la politique étrangère américaine s’impose.

L’explication de la politique étrangère américaine en tant qu’instrument d’un pouvoir juif est une conception erronée à tous points de vue. L’idée que les nations impérialistes sont dirigées par de petites entités essentiellement étrangères agissant en secret est non seulement absurde d’un point de vue empirique, mais incarne aussi une approche grossièrement réductrice de la politique, le plus souvent liée à l’une des nombreuses théories du complot qui confèrent aux juifs des pouvoirs surnaturels de tromperie et de manipulation.

Lorsque, comme cela n’est que trop prévisible, « l’entité étrangère » ou « l’ennemi de l’intérieur » se trouve être la communauté juive ou simplement « les juifs », l’erreur théorique relève de l’antisémitisme, pour la satisfaction de forces très différentes et souvent opposées.

Pour que les juifs jouent le rôle que leur assignent ces théories, ils devraient être capables de penser (élaborer des stratégies, conspirer et comploter) et d’agir comme un seul homme. Dans cette perspective, les apparentes différences politiques et culturelles internes à la communauté juive seraient expliquées comme des épiphénomènes au regard d’une communauté unie par le sang et façonnée par deux millénaires de haine implacable du monde non-juif.

L’unité supposée de la communauté juive américaine n’a jamais existé ; la population juive a toujours été extrêmement hétérogène, linguistiquement, culturellement et politiquement.

Même les formes d’observance religieuse variaient de manière significative. Par apport à cette diversité, le sionisme a consisté en une tentative d’homogénéisation, militant pour que les langues et les cultures du « ghetto », et surtout des juifs parlant le yiddish, la majorité (avant la Seconde Guerre mondiale), tout comme les diverses cultures des juifs iraniens, marocains, d’Asie centrale, soient abandonnées en faveur de l’hébreu et laisse la place à une nouvelle culture israélienne qui se présentait comme un retour à un passé mythique.

Ces efforts sionistes se sont heurtés à une forte résistance ; même la question de savoir ce qui fait d’un juif un juif, et quelles formes d’observance devaient être intégrées dans le droit civil, n’a pas été résolue.

Mais le fantasme d’un parti des juifs, secret homogène, uni et discipliné, n’est pas seulement faux et invoqué au service de la haine, il aboutit aussi à absoudre l’impérialisme américain (et tous les autres impérialismes) de toute responsabilité pour ses guerres, son pillage des ressources mondiales et la richesse qu’il a accumulée au prix de la misère de la classe ouvrière internationale, toutes choses qui sont maintenant attribuées aux juifs.

Les conséquences de cette position sont assez claires : la dernière décennie a vu un renouveau rapide et généralisé des déclarations exterminationnistes, telles que celles qui figurent sur les teeshirts portés par un certain nombre de partisans de Trump lors de l’occupation du Capitole à Washington le 6 janvier 2021 : « 6MWE », acronyme de « six millions, ce n’était pas assez ».

Aux États-Unis, la population juive n’a jamais été aussi divisée politiquement qu’aujourd’hui, et au centre de cette division se trouve non seulement la conduite d’Israël dans la guerre actuelle contre Gaza, mais plus fondamentalement la question du sionisme.

Une minorité significative de juifs (principalement ceux âgés de moins de quarante ans) constate une différence notable entre le sionisme qui leur a été enseigné et le sionisme réellement existant de l’État israélien.

Il ne s’agit plus (en fait, il ne s’est jamais agi) d’un sionisme fondé sur l’Exode et la Délivrance de la Maison de servitude, mais d’un sionisme, comme Netanyahou nous l’a récemment rappelé, dont l’inspiration est tirée de l’histoire des Amaléchites du Livre I Samuel 15 : 3 : « Maintenant, allez frapper Amalech, et détruisez tout ce qu’ils ont, sans les épargner ; tuez hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et moutons, chameaux et ânes ».

Cela a conduit une nouvelle génération de juifs à déclarer leur soutien à la cause palestinienne non pas en dépit de leur judéité, mais à cause d’elle.

lundi 13 mai 2024 BARZMAN John, MONTAG Warren (Extrait)

https://www.europe-solidaire.org/

22 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Afrique du Sud (NPA)

Crédit Photo DR -Nosiviwe Mapisa-Nqakula Paul Martial
Hebdo L’Anticapitaliste – 709 (23/05/2024)

En Afrique du Sud, élections désenchantées

Les prochaines élections du 29 mai risquent d’être un tournant dans la vie politique de l’Afrique du Sud avec la perte pour l’ANC de sa majorité absolue, nécessitant pour la première fois de nouer des accords de gouvernement avec d’autres partis.

Trente ans après la première élection post-apartheid, l’ANC risque de passer en deçà de la barre des 50 % lors des élections générales et provinciales. L’organisation nationaliste qui gère le pays, en alliance avec le Parti communiste sud-africain (SACP) et la principale centrale syndicale la COSATU (Congress of South African Trade Unions), paie sa politique libérale.

Austérité et corruption

L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus inégalitaires au monde, conséquence de décennies de politique libérale. Le chômage s’élève à près de 33 % de la population active et de plus de 45 % pour les jeunes. Les services de l’État assurent de moins en moins les prestations sociales, d’éducation et de santé pour les plus pauvres. Les coupures d’électricité sont en augmentation et durent plus longtemps. La société demeure violente particulièrement contre les femmes.

Dans le même temps, les gouvernements successifs de l’ANC ont été éclaboussés par de nombreuses affaires de corruption. Récemment Nosiviwe Mapisa-Nqakula, présidente de l’Assemblée nationale, a été arrêtée et accusée d’avoir touché des pots-de-vin lorsqu’elle était ministre de la Défense. Des corruptions qui ont des conséquences néfastes pour les populations. Ainsi le conseil d’administration du National Student Financial Aid Scheme, qui gère les bourses étudiantes, est dissout pour des contrats de sous-traitance douteux et pour son incapacité à remplir sa mission. Des milliers d’étudiantEs sont sans bourse depuis des mois.

Mêlée électorale

Face à cette crise sociale, l’offre politique n’est guère réjouissante. L’ANC qui détient la majorité absolue avec 230 sièges sur 400 s’est fragmenté avec l’apparition d’un nouveau parti MK (uMkhonto we Sizwe) conduit par Jacob Zuma, l’ancien président obligé de démissionner à cause de ses nombreuses implications dans des affaires de corruption. Très implanté dans le KwaZulu-Natal, il est crédité de 13 % de voix.

Les Economic Freedom Fighters de Julius Malema seraient autour de 10 % et développent une rhétorique populiste. À cela s’ajoutent d’autres petites formations dirigées par d’anciens membres de l’ANC à l’honnêteté contestable. Le principal parti d’opposition Democratic Alliance est de droite et, selon les sondages, connaîtrait une progression pour atteindre 27 %. Enfin, élément nouveau qui témoigne du délitement social, l’apparition d’organisations ouvertement xénophobes.

C’est le cas d’Action SA qui espère capitaliser sur les éruptions de violences récurrentes contre les étrangerEs. À l’issue des élections, il est probable que la question des alliances se posera, risquant d’aggraver les politiques d’austérité. La gauche radicale trop affaiblie ne participe pas à cette échéance électorale et concentre ses efforts dans un travail de recomposition en lien avec les acteurs et actrices des luttes sociales et environnementales.

Paul Martial Mardi 21 mai 2024

https://lanticapitaliste.org/

22 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Transphobie ( RDF)

transphobie
.

Contre la transphobie, « il faut que la mobilisation s’amplifie »

Au lendemain d’une journée de mobilisation regroupant des milliers de manifestant.es partout en France pour les droits des personnes trans, un rassemblement s’est organisé à Paris, lundi 6 mai, contre la transphobie à l’université. Les personnes concernées font face à une séquence d’offensives transphobes particulièrement marquée dans les médias et le monde politique.

Face à ce climat délétère, la lutte s’organise. Une date est déjà en construction pour le week-end du 25 et 26 mai, à la veille de l’examen au Sénat d’une loi contre les droits des mineurs trans.

Une quinzaine de fourgons de police encercle la place Jeanne d’Arc, dans le 13ème arrondissement de Paris. Entre 100 et 200 manifestant.es se tiennent là, à quelques pas du centre Charcot, annexe de l’université Paris-Panthéon Assas. Parmi la foule, deux amies, Anaëlle et Margot, issues de la même filière info-com, à l’université d’Assas. Il y a quelques jours, elles ont appris que la Cocarde, syndicat étudiant d’extrême droite, organisait une conférence avec Dora Moutot et Marguerite Stern, autrices du livre Transmania. Ce livre, « un ramassis de conneries » résume Anaëlle, fait l’objet entre autres d’une plainte de SOS Homophobie et Stop Homophobie pour injure et appel à la haine contre les personnes trans.

Il a pourtant fait l’objet d’une recension dans la presse et a été présenté sur des plateaux médiatiques, notamment celui de CNews : « Marguerite Stern, on lui a donné beaucoup trop de visibilité dans les médias, signe de la transphobie ambiante. Alors qu’on a trop peu entendu les paroles des personnes trans elles-mêmes », soupire Anaëlle. Alors elle est venue, comme la centaine d’autres personnes autour d’elle, pour protester contre ce climat transphobe. Et aussi « pour montrer qu’Assas n’est pas qu’une université de fachos », ajoute Margot dans un sourire.

« Pour rappel, la transphobie et l’homophobie sont des délits punis par la loi, l’existence des personnes trans n’est pas un point de vue et n’a pas à être débattue ! Nous ne pouvons accepter que ces deux militantes réactionnaires puissent propager leur idéologie à l’université d’Assas », écrit dans son communiqué sur le sujet Sud Éducation Paris, l’une des organisations ayant appelé au rassemblement du jour (avec Solidaires Etudiant-e-s Assas, Assas in Progress, Assas LGBT+ et l’Union des Féministes d’Assas).

La veille de ce rassemblement, dimanche 5 mai, un appel à la mobilisation pour les droits des personnes trans et contre les offensives transphobes a réuni plusieurs milliers de manifestant.es à Paris. Une cinquantaine de rassemblements ont connu un succès similaire partout ailleurs : dans de grandes villes comme Lyon, Marseille ou Montpellier où se sont réunies près de 500 personnes ; mais aussi dans de plus petites comme Chambéry ou Angers qui dénombraient une centaine de manifestant.es. La journée a même été reproduite en Belgique, avec des rassemblements à Bruxelles et à Liège.

L’extrême-droite à la manœuvre, relayée par la droite parlementaire

Au milieu de la place, une personne s’empare du micro et rappelle le manque de prise en compte des vécus des personnes trans dans le monde universitaire français. « Une personne trans sur six doit arrêter ses études à cause des discriminations. Ces discriminations produisent de la précarité sur le plan social, psychologique, économique. La transphobie détruit des vies ».

Soudain, un mouvement d’agitation dans la petite foule. Séparées des manifestant.es par un cordon policier, les autrices passent près de la place, pour se rendre à la conférence. Les huées pleuvent, les chants antifascistes et les slogans – « pas de transphobes à la fac ! » – aussi. Moutot et Stern « sont hyper dangereuses dans les discours qu’elles portent. On leur donne beaucoup trop de place dans les médias alors qu’elles vont à l’encontre des valeurs républicaines », insiste Beverly, brandissant une pancarte. « Tout cela reflète la situation critique de la France, la montée de l’extrême droite qui met en danger les droits de toutes les minorités ».

Un peu à l’écart de la foule, Camille* complète « Dora Moutot et Marguerite Stern sont assez proches de l’extrême droite et de jeunes cadres du RN. Pour le côté institutionnel, on a l’Observatoire de la petite sirène. Tous ces gens sont liés ». Surtout, cette sphère trouve des relais politiques dans la droite parlementaire. Nos consœurs chez Mediapart ou encore Les Jours ont enquêté sur le sujet et sur l’offensive contre les droits des mineurs trans menée par l’Observatoire de la petite sirène.

Preuve récente de cette influence : suite à un rapport sénatorial, une proposition de loi a été déposée le 11 avril par des sénateurs LR pour interdire « tout traitement médical et hormonal de transition de genre » aux mineurs. Cette proposition de loi débute, dans son exposé des motifs, par ces mots : « Mesdames, Messieurs, la mode sociétale du wokisme déferle sur la France, après avoir essaimé aux États‑Unis, en Angleterre et dans les pays nordiques depuis quinze ans. » Le ton est donné.

Des médias à l’hémicycle, « on refuse ce déballage de la parole transphobe »

« Il faut comprendre que cette proposition de loi fait du bruit sur rien », réagit Anaïs Perrin-Prevelle, co-présidente d’OUTrans. Après avoir collecté les données hospitalières disponibles, elle rappelle que les enfants trans qui ont eu une consultation avec des endocrinologues ne sont que « 1200, sur 10 ans. Parmi eux, seuls 10 à 15 % ont été mis sous bloqueurs de puberté. On parle donc de 100, 150 personnes sur 10 ans ; et on fait une proposition de loi ! Tout cela est idéologique : ça ne répond à aucun problème concret ».

Dans un avis rendu lundi, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a estimé qu’en interdisant « l’accès à des soins pouvant être utiles au bien-être de mineurs », cette proposition de loi « méconnaît leurs droits au regard de la Convention internationale des droits de l’enfant ».

De fait, « il y a un vrai enjeu d’accès aux soins, central, pour les adultes trans. Alors pour les mineurs, je n’en parle même pas. Il y a 10 000 médecins généralistes en activité en Île-de-France. Parmi eux, seuls 30 acceptent d’engager des transitions pour les femmes trans », souligne Anaïs Perrin-Prevelle, après avoir centralisé les annuaires de toutes les associations franciliennes accompagnant des personnes concernées. « Trouver ces médecins est déjà d’une difficulté extrême. C’est quasiment impossible sans passer par les associations. Pour des mineurs, c’est encore plus un parcours du combattant. ». Au passage, il n’est question ici que de l’Île-de-France. Dans les autres régions, les médecins engagés et formés sur le sujet se font encore plus rares.

Face à ce relais politique des offensives transphobes, les organisations de défense des droits LGBTQIA+ comptent bien amplifier la lutte. « Des mobilisations, il y en aura d’autres, jusqu’à ce que l’on ait gain de cause. Notamment pour que cette proposition de loi ne soit ni débattue ni votée », insiste James Leperlier, président de l’Inter-LGBT, qui regroupe plusieurs associations et collectifs. Des médias à l’hémicycle, « on refuse ce déballage de la parole transphobe. On ne veut pas que nos droits et nos choix soient ainsi débattus sur la place publique ».

Au-delà de la lutte contre la transphobie : avancer vers « des droits supplémentaires »

L’examen en séance publique du projet de loi aura lieu le 28 mai. Pour s’y préparer, les associations de personnes trans planchent sur une date de mobilisation le week-end précédent, le 25-26 mai, annonce Anaïs Perrin-Prevelle. « Il faut que la mobilisation s’amplifie », défend pareillement la co-présidente d’OUTrans. « Nous avons beaucoup de combats sur lesquels il faut que l’on avance et que l’on gagne des droits supplémentaires ». Parmi les objectifs de lutte : simplifier le changement d’état civil (pour qu’il puisse se faire sur un mode déclaratoire comme cela se fait dans un grand nombre d’autres pays européens) ; améliorer l’accès aux traitements hormonaux, objets de pénuries récurrentes, ainsi qu’au suivi médical ; mettre fin aux discriminations persistantes à l’école…

« La parole autour de la transition de genre se libère. On avance doucement : l’Organisation mondiale pour la santé a enfin sorti en 2022 la transidentité de la liste des maladies mentales… Nous sommes dans une période de bascule. Mais comme toute période de bascule, cela amène une période d’offensive », explique-t-elle. Un phénomène de « backlash » (« retour de bâtons », en anglais) mené par les forces conservatrices après chaque grande séquence d’avancées des droits des minorités – comme cela a été analysé après la vague MeToo par exemple.

La veille de l’examen en séance publique, le 27 mai, les associations et collectifs de personnes trans ont obtenu une rencontre avec la ministre Aurore Bergé. D’abord pour évoquer le positionnement du gouvernement sur la proposition de loi. Mais aussi pour proposer des mesures à ajouter au plan national de lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT+, qui ne contient aucun chapitre sur les droits des personnes trans.

Les associations s’étaient d’ailleurs vues promettre la réunion d’un comité de suivi de ce plan en janvier : « mais ça a été reporté pour juin. On nous avait même proposé octobre », soupire James Leperlier. « On ne les sent pas très investis. Encore moins sur la transphobie : ils refusent de prendre cette question à bras-le-corps. C’est très compliqué d’avoir un dialogue avec eux. D’autant qu’Aurore Bergé a refusé de revenir sur son soutien publiquement apporté à Dora Moutot et Marguerite Stern », rappelle-t-il.

Le rassemblement contre ces deux autrices s’achève, justement, sur la place Jeanne d’Arc. Désormais, la police forme une nasse. L’ambiance est fébrile. Plusieurs personnes se sentent oppressées par l’important dispositif des forces de l’ordre. Lutter dans ce climat de tension, « c’est usant. Mais on n’a pas trop le choix », résume en conclusion Beverly, avant de s’échapper de la nasse.

7 mai 2024 Maïa Courtois

https://rapportsdeforce.fr/

22 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Karaes ( RDF)

soignants hôpital

.

Neuf soignants syndiqués de l’hôpital de Carhaix en garde-à-vue

Neuf soignants du milieu hospitalier syndiqués – six à la CGT, trois à la CFDT – sont convoqués au commissariat de Quimper pour des gardes-à-vue. Leurs convocations font suite au dépôt de plainte de la part de la direction du centre hospitalier universitaire (CHU) Brest-Carhaix contre eux. Motif : les neuf soignants faisaient partie d’une action d’occupation des locaux de l’Agence régionale de santé, située à Quimper, le 14 septembre 2023.

Huit mois plus tard, une dizaine de personnes selon Ouest France, dont ces neuf syndiqués, ont reçu des courriers de convocation et seront entendus par la police pour « séquestration » et« violences en réunion ».

Le premier, Mathieu Guillemot, porte-parole du comité de vigilance de l’hôpital de Carhaix et également militant NPA, est entendu ce mardi 14 mai.

En septembre 2023, ces soignants demandaient la réouverture 24 heures sur 24h de l’accueil du service des urgences de leur hôpital de Carhaix. L’ARS venait d’annoncer sa fermeture de nuit. Des habitants avaient manifesté à leurs côtés, en ressortant pour l’occasion une catapulte factice, fabriquée en 2008 pour incarner, déjà, la lutte contre la fermeture de leur maternité et de leur hôpital.

Cette catapulte est de nouveau dehors, ce mardi 14 mai : un rassemblement de soutien aux soignants convoqués est en cours. Entre 150 et 200 personnes sont dans les rues de Quimper, selon le Télégramme et Ouest France. « Mettre les soignants en cellule est-ce la seule réponse de nos dirigeants face au manque de moyens dans les hôpitaux ? » s’enquiert la CGT locale dans un communiqué. « Nos militants n’ont fait que défendre leur hôpital, l’offre et l’accès aux soins pour la population, face à une direction et des pouvoirs publics incapables d’assurer la continuité et la qualité des soins ».

Deux manifestations entre l’ARS et le commissariat de Quimper sont aussi à venir. La première, le 22 mai, sera en soutien aux militants CGT de Carhaix. La seconde aura lieu le lendemain, le 23 mai, en soutien à ceux de Brest, avec le même parcours dans la ville.

14 mai 2024 Maïa Courtois

https://rapportsdeforce.fr/

21 mai 2024 ~ 0 Commentaire

La Commune (Contre temps)

commune

« Les communards n’étaient pas communistes » ?

Nouvelle historiographie contre « grille de lecture marxiste »

Dans un article récent consacré à l’historiographie de la Commune, Quentin Deluermoz crédite à juste titre Robert Tombs d’avoir « tout particulièrement contribué à sortir la Commune des grands schémas interprétatifs qui en orientaient le sens : avant tout la grille de lecture marxiste »[1].

La nouvelle historiographie ne se contente pas, en effet, de réfuter « les mythes marxistes », elle prétend également disqualifier la « grille de lecture marxiste » appliquée à la Commune. L’accusation est plus ou moins toujours la même : les « analyses marxistes » auraient plaqué sur la Commune une « grille de lecture » du XXe siècle pour en faire une révolution prolétarienne et socialiste préfigurant la révolution bolchévique d’octobre 1917.

La tentative de disqualification du marxisme entreprise par les nouveaux historiens est évidemment guidée par la volonté de nier que la Commune puisse être lue comme une révolution socialiste.

Pour cela, ils s’appuient sur le légalisme avéré du conseil de la Commune et sur son respect de la propriété privée, dont l’illustration la plus frappante est son attitude vis-à-vis de la Banque de France. Quentin Deluermoz assure ainsi, on l’a vu, que « contrairement à ce qu’ont espéré un temps les analystes marxistes, les communards dans leur ensemble n’ont pas voulu abolir la propriété »[22].

Robert Tombs, quant à lui, écrit que « la Commune ne manifesta pas un désir doctrinaire de réguler, comptant beaucoup sur les entreprises privées et sur le marché. (…) Aucun décret ne contesta le droit général de la propriété, et la Commune refusa explicitement les mesures d’expropriation »[23] et affirme péremptoirement que « les communards n’étaient pas communistes » [24].

Disons-le tout net, ces affirmations n’ont aucune pertinence historique. Dire que les « communards n’étaient pas communistes » n’a pas plus de sens que d’affirmer qu’ils l’étaient. Le problème n’étant pas de répondre par l’affirmative ou par la négative, mais bien de comprendre ce qu’était le « communisme » de 1871, avant de vérifier dans quelle mesure les communards l’étaient ou ne l’étaient pas.

Et qu’était-ce au juste que ce « communisme » de 1871 ? Pour le savoir tendons de nouveau l’oreille à ce que disent les communards. Écoutons d’abord le citoyen Roulleau, cet ouvrier cloutier qui écrit (à sa façon) à la Commune le 26 avril 1871 pour se plaindre :

« Citoyens, la Commune donne des commende de clous aux Patron cela nais pas bien et elle doi fair appel aux ouvrier avent, moi je suis communiste garde national et inscrit depuis longtemp a la chambre du travail [syndicat des ouvriers cloutiers, membre de l’Internationale] et je ne travail pas parce que je ne veux pas travailler sous la commune pour un patron car on ais trop esclave »[25].

 « Communiste », « garde national » et membre du syndicat. Dans cet ordre. L’identité communiste est donc bien revendiquée, parmi d’autres, par certains communards, certes minoritaires. Mais la revendication communiste n’est-elle pas plus largement partagée, même lorsqu’on ne s’en revendique pas explicitement ? Écoutons cette oratrice du club de la Délivrance :

« Les ateliers dans lesquels on vous entasse vous appartiendront ; les outils qu’on met entre vos mains seront à vous ; le gain qui résulte de vos efforts… sera partagé entre vous »[26] ; ou ce « citoyen » qui prononce un discours pendant le siège au club de la Cour des miracles : « à l’avenir, ce ne sera plus le travail qui sera l’humble serviteur du capital ; non, ce sera le capital qui deviendra l’esclave du travail.

Autre conséquence : tous les outils dont l’ouvrier se sert appartiendront à l’ouvrier. Même chose pour le local, même chose pour la terre »[27] ; ou encore « le citoyen Schneider », qui lors d’une réunion publique à l’Élysée-Montmartre en décembre 1870 explique que la Commune à venir « commanditera des associations ouvrières qui remplaceront les patrons, les grandes compagnies, et en particulier les compagnies de chemin de fer, dont elle congédiera les actionnaires, les administrateurs et autres parasites »[28]. Le mot « communisme » n’est certes pas prononcé, quant à l’idée on peut difficilement contester qu’elle y soit. Jacques Rougerie en explicite le contenu :

« Les ouvriers, formés en syndicats, entendent s’emparer dans chaque profession du monopole de la production, devenir “maîtres de leur travail”. Ils ne prétendent pas le faire par une dépossession brutale des patrons (notre collectivisation), mais par une opération savamment progressive (…) jusqu’à l’élimination totale du patronat »[29].

Comment nommer cette ambition de se rendre maîtres des outils de production jusqu’à élimination du patronat, sinon, pour paraphraser Marx, de « possible » communisme ?

Un « communisme » qui n’est certes pas celui du XXe siècle et coexiste avec des identités du passé, comme l’illustre cette lettre d’un ouvrier se réclamant de « l’hébertisme » à destination des élus de la Commune :

« Cela ne marche pas, citoyen, la Commune est en-dessous de sa mission (…). En ce moment il n’y a qu’un droit, c’est celui du prolétaire contre le propriétaire et le capitaliste, du pauvre contre le riche et le bourgeois (…). Qu’on ne nous berne plus avec ces mots vides de sens et vieux de probité, respect de la propriété, de droit, de produit du travail et de l’épargne ; tout nous revient, à nous prolétaires, tout est à nous, et nous le prendrons, entendez-le bien, beaux parleurs de l’Hôtel de Ville »[30].

On voit par cet exemple qu’il est faux de vouloir opposer, comme le font systématiquement les nouveaux historiens de la Commune, l’héritage sans-culotte au « communisme » ou au « socialisme » du communard.

En effet, comme l’explique Marx, « la tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c’est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu’ils évoquent craintivement les esprits du passé, qu’ils leurs empruntent leurs noms, leurs mots d’ordre, leurs costumes, pour apparaître sur la nouvelle scène de l’histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage emprunté »[31]. Jacques Rougerie ne dit au fond pas autre chose :

« Peut-il s’agir des mêmes hommes qui veulent la Terreur ou le maximum des subsistances, et l’expropriation du Capital ? (…) le socialisme ne se fait vigoureux et conscient que chez un petit nombre de cadres ouvriers de l’insurrection, tandis que plus on est peuple, plus foncièrement on est encore sans-culotte. Mais tout compte fait, ces deux aspects ne sont-ils pas confondus, à la fois confusément et profondément ? (…) Il y a mille exemples, en 1871, de cette intime union, contradictoire seulement en apparence, contradictoire pour des idéologues, de la vieille tradition révolutionnaire de 93 et du socialisme en train de naître »[32].

Un « socialisme en train de naître » que Georges Bertin, par exemple, ouvrier typographe membre de l’Internationale et secrétaire de la commission du Travail et de l’Échange, entend contribuer à édifier en favorisant le développement des associations ouvrières de production pour « soustraire le travail à l’exploitation du capital », « soustraire le travailleur à l’influence des capitalistes monarchistes »[33] et réaliser « la révolution de l’égalité sociale »[34].

De nombreux communards inscrivaient donc leur action dans une perspective clairement « socialiste » ou « communiste », et la Commune elle-même, en dépit de son légalisme avéré, a parfois parlé un langage clairement socialiste.

Le texte adressé « Au travailleur des campagnes » – rédigé par André Léo, signé « les travailleurs de Paris », mais imprimé par la Commune (qui se reconnaît donc dans la présentation qu’il fait de son combat) à 100.000 exemplaires pour être diffusé dans les provinces – ne dit-il pas explicitement « ce que Paris veut, en fin de compte, c’est la terre au paysan, l’outil à l’ouvrier, le travail pour tous » ?

La grande majorité des élus au conseil communal, y compris parmi ceux qui ne faisaient pas partie de l’Internationale, se définissaient d’ailleurs comme « socialistes »[35]. Rougerie est donc tout à fait fondé à écrire que « l’insurgé de 71 est bien aussi un socialiste, en son temps, à sa façon »[36], ce qui sous-entend que son « socialisme » n’est évidemment pas celui du XXe siècle, mais aussi et surtout qu’il est anachronique de rechercher dans la Commune ce socialisme du XXe siècle, que ce soit pour la réduire à un prélude de la révolution bolchévique ou, au contraire, pour lui refuser toute dimension socialiste.

On touche là à un problème de méthode historique. Ce n’est pas le seul. Outre l’anachronisme, les travaux de la nouvelle historiographie sont aussi marqués par ce qu’il faut bien appeler un « objectivisme » forcené. Le nouvel historien de la Commune ne croit en effet que ce qu’il voit, et il ne voit que ce qui « est », c’est-à-dire ce qui est réalisé. Pour lui, en toute logique, en toute objectivité, une chose « est » ou « n’est pas », c’est aussi simple que ça. Et comme il ne voit pas « le socialisme » réalisé durant les 72 jours de la Commune, il conclut qu’elle n’est « pas communiste ».

On lui objectera que suivant cette méthode, il faut également refuser la qualité de « communiste » à la révolution d’Octobre 1917 qui non seulement ne collectivise pas les terres mais les distribue aux paysans, comme la première « révolution bourgeoise » venue, et attend juillet 1918 (autant dire une éternité à l’échelle de la Commune) pour exproprier les capitalistes[37]. Nul doute que si la révolution bolchévique avait, comme la Commune, péri après 72 jours, il se trouverait aujourd’hui des historiens pour expliquer doctement, qu’au regard de son « maigre bilan », elle n’était « pas communiste »…

A juste titre, Jacques Rougerie récuse cette lecture « objectiviste » et montre qu’il faut aborder la révolution communarde comme un processus. Si au début la « Révolution ne s’est pas encore tout à fait reconnue elle-même »[38] et si « à la lettre (…) le Comité central dans sa grande majorité, sauf quelques hommes décidés, ne voulait [pas] de “révolution”, au sens exprès du terme (…).

Plus en profondeur, plus réellement si l’on veut, l’évidence est non moins forte, ce qui progressivement se dévoile à travers tant de péripéties, c’est l’exigence d’infiniment davantage. La République qu’entend Paris, “avec toutes ses conséquences”, c’est le gouvernement du peuple par le peuple, c’est “la Sociale” (…). Tout ceci confusément encore, mal défini, difficilement exprimé, suffisamment toutefois pour apeurer sérieusement les bourgeois, même républicains : à preuve leur hâte à quitter maintenant la capitale. Ce qui n’avait été au premier chef que le combat républicain de la Ville contre les royalistes ruraux se transformait, ne pouvait que se transmuer inexorablement en révolution politique et sociale »[39].

La preuve la plus irréfutable de la dynamique socialiste engagée par la Commune, ne réside-t-elle pas, en effet, dans la réaction qu’elle provoque « en face », du côté des possédants ? Citant le républicain versaillais Jules Favre le 21 mars – « Est-ce que nous ne savons pas que les réquisitions commencent, que les propriétés privées vont être violées » – Rougerie commente malicieusement : « celui-là a bien compris que c’est une guerre sociale qu’on vient de déclarer. (…) Souvent, ce sont ses adversaires qui comprennent le mieux, le plus vite, le sens d’une révolution »[40].

(Extraits)

Auteur: Stathis Kouvélakis

https://www.contretemps.eu/

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin