Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

barrages (reporterre)

pipeau

La privatisation des barrages menace la gestion de l’eau

Le 30 mai dernier, Marie-Noëlle Battistel, députée (PS) de l’Isère, présentait devant la commis-sion des Affaires économiques les conclusions du groupe de travail sur les concessions hydro-électriques. La rapporteuse s’alarme notamment de la possible mise en concurrence des 662 barrages qui représentent 10 % à 12 % de la production d’électricité en France.

Le 22 décembre 2015, l’Union européenne a adressé à la France une mise en demeure de favoriser la concurrence, dénonçant « la position dominante d’EDF ».

Dans une note datée du 22 janvier 2018, dévoilée dans la presse, le gouvernement semble aller dans ce sens en proposant l’ouverture à la concurrence de plusieurs lots de 3 à 5 con-cessions. 150 concessions hydrauliques arrivent en effet à échéance en 2023, dont les infra-structures nécessitent, pour la plupart, d’être rénovées. Si cette proposition se confirme, elle pourrait mettre à mal les objectifs de la loi de transition énergétique promulguée le 18 août 2015.

Un levier essentiel du développement des énergies renouvelables

Les grands ouvrages hydrauliques sont aujourd’hui l’un des seuls moyens de produire une énergie renouvelable fiable, efficace et rentable. Par le biais des stations de transfert d’énergie par pompage [1], l’énergie hydraulique est devenue stockable et on peut désormais la mobiliser en fonction des pics de consommation.

Représentant plus des deux tiers de la production d’électricité renouvelable en France, l’énergie hydraulique est un levier essentiel pour porter, comme inscrit dans la loi de transition énergétique, les énergies renouvelables à 32 % de la consommation finale brute d’énergie contre seulement 18,4 % en 2017.

Cependant, comme le souligne Marie-Noëlle Battistel, « la gestion des conces-sions ne doit pas être abordée sous le seul angle de la production d’énergie ».

Les barrages tiennent en effet un rôle structurant dans la gestion de la ressource en eau. Ils sont des instruments de régulation de la ressource pour l’irrigation agricole ou encore l’eau potable.

On oublie bien souvent que les barrages stockent 75 % des réserves d’eau douce de surface en France.

Les concessionnaires doivent impérativement prendre en compte les contraintes de l’amont et de l’aval des centrales également pour les enjeux touristiques. Au barrage de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes, par exemple, EDF et les collectivités territoriales sont en contact per-manent pour définir des niveaux d’eau satisfaisants tout à la fois pour les besoins de turbinage et pour les diverses pratiques nautiques. Les barrages jouent également un rôle fondamental dans la sécurité des populations en aval, en régulant les crues, en évitant les inondations et sont notamment en lien avec Météo France. À ce jour, toutes ces prérogatives incombent pour plus des deux tiers à un seul opérateur, qui n’est autre qu’EDF, détenu par l’État à plus de 80 %. Et c’est là où le bât blesse pour l’Union européenne.

Acteur historique, EDF est reconnue pour son expertise et son travail avec les collectivités pour préserver l’intérêt général. La mise en concurrence ouvrirait la porte à de nouveaux exploitants n’ayant pas la même connaissance du parc hydraulique français.

« Un risque pour la souveraineté énergétique et la maîtrise de la production » 

En fragmentant le réseau, il existe un risque de « désoptimisation » des chaînes de production hydraulique existantes. Disposées au gré des rivières et des fleuves, les centrales composent de véritables vallées hydrauliques en interface avec les collectivités territoriales pour la gestion du débit et des sédiments. Ouvrir à la concurrence les barrages imposerait d’écrire des cahiers des charges, prévoyant les usages futurs de la ressource en eau dans un contexte de change-ments climatiques.

Or cet exercice semble difficile.

Par ailleurs, pour s’assurer que les contrats de concession seront bien respectés, les pouvoirs publics devront se doter d’un outil de contrôle inexistant à ce jour. L’enjeu est de taille : assurer une qualité de service équivalente à celle des exploitants historiques, garantir la sûreté des barrages et prévenir les risques naturels.

L’autre pierre d’achoppement est la question de l’ouverture des marchés.

Comme le martèle Marie-Noëlle Battistel, « Elle introduit un risque pour la souveraineté énergétique et la maîtrise de la production ». Si des entreprises étrangères venaient à exploiter les grands ouvrages hydrauliques français, l’État pourrait ne plus être en mesure de garantir l’indépendance énergétique du pays.

La mise en concurrence ne pourrait-elle pas pourtant permettre de réduire les coûts de l’électricité ? Rien n’est moins sûr.

« Le consommateur, pour sa part, ne souffre en aucune manière de l’absence de concurren-ce. » Pour Marie-Noëlle Battistel, « la situation actuelle permet à l’usager français de bénéficier de tarifs acceptables et parfois plus accessibles que dans les pays ouverts à la concurrence ». Il faut admettre que les Français sont plutôt bien lotis au regard de leurs voisins européens et en particulier allemands, qui ont payé en moyenne, sur l’année 2017, deux fois plus cher leur électricité ! À ce jour, aucune étude n’a été menée pour prouver les effets potentiellement positifs sur les tarifs d’une mise en concurrence des barrages.

Le gouvernement semble donc avancer à l’aveuglette pour répondre à une exigence de la commission qui tiendrait davantage du dogme économique que d’une décision raisonnée. Espérons que cette tentative ne sera pas la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

Sous l’impulsion de l’Union européenne, le gouvernement français prépare la mise en concur-rence des concessions des barrages hydroélectriques. Ce projet inquiète l’auteur de cette tribune, qui rappelle le rôle joué par les barrages dans la régulation des eaux, dans la transition énergétique et dans l’indépendance du pays. Nathan Méténier est étudiant à Sciences Po Grenoble.

17 juillet 2018 / Nathan Méténier

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

broglie (npa)

revolution

Broglie : les réactionnaires en marche

Samedi 16 juin, une scène assez surréaliste s’est déroulée dans les rues du village de Broglie (27). Une procession descend du château pour se rendre à l’église. En regardant de plus près, on y voit le préfet de l’Eure, un ministre macronien (Lecornu), des maires locaux, un sénateur, d’autres élus de la République, des aristocrates, dont Philippe Maurice de Broglie (gros propriétaire terrien), des charitons, un évêque, un curé traditionaliste, un aumônier des armées, des officiers de gendarmerie, des anciens combattants portes-drapeaux et les habituelles grenouilles de bénitier de la campagne….

Un héros royaliste et contre-révolutionnaire 

Cette cérémonie autorisée par dérogation administrative avait pour but de retirer Victor François De Broglie (1718-1804), duc De Broglie et maréchal de France, de son tombeau en la chapelle du château pour le loger dans l’église du village de Broglie. Cette initiative incon-grue de la famille De Broglie visait à célébrer le glorieux ancêtre traîneur de sabre.

Mais qui était ce Victor sorti de la naphtaline ?

Un aristo mouillé au plus haut degré dans la monarchie des Bourbons, qui a fui comme un courageux militaire lors de la révolution de 1789, et qui a participé, à partir de la Russie, puis de l’Allemagne, aux assauts des troupes royalistes coalisées contre la République naissante. Émigré royaliste et contre-révolutionnaire, mort en exil, gommé par l’histoire, il fallait bien que sa famille, nostalgique d’une grandeur passée, lave l’affront…

Valeurs rances et conservatrices

Après une bonne messe en latin, où religieux, militaires, aristos, représentants de l’État, élus républicains, ont joyeusement communié ensemble, la dépouille a trouvé sa place, face à l’autel, au cœur de l’église. On connaissait le mariage du sabre et du goupillon, on y ajoute la participation des élus de la République. Cette collusion sent les valeurs rances et conservatri-ces de la vieille France.

La mascarade orchestrée par nobles et hobereaux est une véritable insulte faite à la Révolu-tion de 1789, à la République, aux droits humains, à la levée en masse du peuple pour abattre les partisans du vieux régime, aux valeurs d’égalité sociale. La Libre Pensée a organisé un rassemblement le jour même, et des habitantEs de Broglie ont exprimé leur surprise et leur colère par une campagne d’affichage. Vigilance face à la montée du conservatisme rural !

Correspondants Vendredi 6 juillet 2018

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

gaz (reporterre)

 Vache

Les grandes firmes productrices de viande émettent énormément de gaz à effet de serre

L’IATP (Institute for Agricultural and Trade Policy) et l’ONG Grain ont publié mercredi 18 juillet un nouveau rapport qui évalue les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur de la viande et des produits laitiers à l’horizon 2050, et analyse la façon dont les entreprises du secteur communiquent sur leur empreinte GES.

Les émissions de GES dont sont responsables les cinq premières entreprises du secteur de la viande et des produits laitiers sont déjà supérieures à celles d’Exxon, BP ou Shell.

Ces firmes sont : JBS (Brésil), Dairy Farmers of America, Tyson et Cargill (États-Unis) et Fonterra ( Nouvelle-Zélande) – Si la croissance du secteur de la viande et des produits laitiers se poursuit au rythme actuellement prévu, le secteur pourrait absorber, en 2050, plus de 80 % du « budget » annuel d’émissions de gaz à effet de serre compatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C (soit 13 Gt d’équivalent CO2).

À l’exception de quatre entreprises qui fournissent des estimations complètes de leurs émissions de GES, les 35 plus grosses entreprises du secteur ne sont pas transparentes sur leurs émissions et notamment sur celles de leur chaîne d’approvisionnement.

Les opérations des 35 plus grosses entreprises du secteur sont fortement concentrées dans certains pays : les États-Unis, les pays de l’UE, le Canada, le Brésil, l’Argentine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Chine sont responsables de plus de 60 % des émissions de GES du secteur, avec un niveau moyen de consommation par tête deux fois supérieur au reste du monde.

Pour les auteurs, « Les plus grosses entreprises de viande et de produits laitiers visent des taux de croissance qui sont totalement incompatibles avec l’accord de Paris [sur le climat] ».

18 juillet 2018

https://reporterre.net/

Source : Rapport de l’IATP (Institute for Agricultural and Trade Policy) et l’ONG Grain

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

poste 92 (paris luttes)

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Fête des postières et postiers grévistes du 92

À PRES DE 4 MOIS DE GRÈVE LES POSTIÈRES ET POSTIERS DU 92 NE LÂCHENT PAS L’AFFAIRE !

Venez les soutenir dans une ambiance festive et combative à la fois !
Tous les dons sont reversés à la caisse de grève

Depuis le 26 mars dernier, 150 postiers et postières du 92 sont en grève, soit plus de 20% des effectifs du département. L’élément déclencheur de la grève a été le licenciement de Gaël Quirante, délégué syndical SUD-PTT, licencié avec l’autorisation express de la ministre du tra-vail Muriel Pénicaud. Rapidement, se sont ajoutées les revendications concernant les condi-tions de travail, le refus des réorganisations, la précarité et la perte de sens du métier de facteur.

Face à cette grève, la direction de la Poste avait jusqu’ici choisi de jouer la carte de la répression totale, en espérant que cela ferait plier les grévistes 

Intervention de la police sur les centres pour obliger à reprendre le travail, convocations de grévistes au commissariat, payes à 0 euros pour les grévistes… en réponse au mouvement des postiers du 92, la droite sénatoriale a même déposé un projet de loi pour restreindre le droit de grève à La Poste ! Le 5 juillet dernier, cette répression a atteint son paroxysme avec l’interpellation violente et la garde à vue de Nordine, postier gréviste, alors qu’il participait pacifiquement à une prise de parole pour appeler aux côtés du comité Vérité pour Adama à la manifestation du 21 juillet contre les violences policières.

Mais cela n’a pas suffi à faire plier la détermination des grévistes.

Ils restent unis et soudés, car, bien que la boite continue à montrer les crocs, la grève l’a obligée en réalité à d’ores et déjà céder du terrain sur une série de questions : titularisation d’une trentaine d’intérimaires en CDI, reconnaissance par la justice du droit pour Gaël de continuer à exercer son mandat syndical et de participer aux négociations, et report des réorganisations sur le département. Mercredi 18 juillet, une réunion a lieu avec des repré-sentants du Siège national de La Poste, de la direction départementale d’un côté et des gré-vistes ainsi que de la fédération SUD-PTT de l’autre. Alors c’est maintenant plus que jamais qu’il faut montrer le large soutien dont bénéficie cette grève.

19 juillet 2018

https://paris-luttes.info/

Il faut aider financièrement les grévistes à tenir en versant à la caisse de grève :

https://www.lepotcommun.fr/pot/kgmfkl66

Par chèque :

Sud Poste 92, 51 rue Jean Bonal 92250 La Garenne-Colombes, à l’ordre de SUD Poste 92, mention « Solidarité grévistes » au dos.

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

européennes fi (npa)

jean luc

France insoumise : les places de la discorde pour les élections européennes

La liste France insoumise pour les prochaines élections européennes n’en finit plus de créer des discordes en interne. Au-delà des luttes de places, le manque de démocratie est pointé du doigt par de nombreux militantes et militantes, et pas des moindres.

Depuis sa création, La France insoumise a parmi ses leitmotive celui de « faire de la politique autrement ».

Et ce leitmotiv était supposé être sa boussole pour la constitution de sa liste aux élections européennes de 2019 en choisissant « une méthode d’élaboration […] totalement innovante en rupture avec les mécanismes des organisations politiques traditionnelles », comme on peut le lire sur leur site internet. C’est ainsi qu’a été mis en place un comité électoral de 32 membres, dont 18 tirés au sort parmi les Insoumis, et 14 représentantEs des différents secteurs du mouvement.

Pour constituer la fameuse liste ordonnancée rendue publique début juillet, un appel à candidatures a été ouvert sur internet où 131 femmes et 506 hommes ont postulé, parmi lesquels 200 candidatures ont été retenues. Puis, en juin, une liste de 70 candidatEs non définitive et non ordonnancée a été arrêtée par le comité électoral. Enfin, une liste de 66  membres non définitive, ordonnancée, avec des candidatures femmes d’un côté et des candi-datures hommes de l’autre, a été arrêtée et rendue publique le 4 juillet dernier. À y regarder de loin, ce dispositif peut paraître attractif et démocratique mais à priori au vu de ces derniers jours, c’est un peu plus compliqué.

La liste de la discorde

En effet, depuis la publication de cette « short list », La France insoumise connaît sa première crise interne majeure. Depuis le 4 juillet, les contestations, les retraits de candidatures, les tribunes se succèdent. Les premiers à dégainer ont été les « socialistes insoumis » qui ont décidé de « suspendre » leur participation à La France Insoumise suite à la mise en position non éligible de Liêm Hoang Ngoc.

Puis ce fut le tour de Sarah Soilihi, l’une des « oratrices nationales », candidate aux législatives à Marseille, de retirer sa candidature, tout comme Corinne Morel-Darleux, cadre du Parti de Gauche. Toutes deux n’étaient pas en position éligible. Et plus récemment, c’est François Cocq, orateur national, qui n’est pas non plus en position éligible mais qui indique dans un long texte publié sur son blog qu’il s’agit pour sa part de désaccords stratégiques et quant à la « méthode ».

Face à ce mouvement de contestation, la direction fait la sourde oreille, défendant coûte que coûte sa méthode de travail, et vantant sans relâche la dynamique du mouvement. Par rapport à Liêm Hoang Ngoc et Corinne Morel-Darleux, on apprend que ces derniers n’auraient pas été placés en positions éligibles car ils étaient déjà élus localement. Or il semble que cette règle du non-cumul des mandats n’aurait pas été indiquée en ­préalable, et surtout non ­respectée lors des législatives 2017.

Pas de sauveur suprême

Au-delà des états d’âmes de toutes celles et tous ceux qui se voyaient en haut de l’affiche, la critique, venue des des militantEs, concernant la démocratie interne, devient de plus en plus importante. En ce sens, l’interview de Lilian Guelfi dans Libération du 4 juillet est symptoma-tique. Membre tiré au sort du comité électoral, il y décrit des façons de faire « malsaines », « manipulatrices » et « totalement verrouillées », loin, très loin du leitmotiv initial de faire autre-ment de la politique. Et, contrairement à ce que voudrait indiquer la direction de la FI, Lilian Guelfi n’est pas seul, comme en témoigne par exemple un long article publié sur Mediapart le 13 juillet1. Aujourd’hui de nombreux militantEs appellent les Insoumis à voter contre la liste proposée ; ils ont jusqu’au 20 juillet pour le faire.

La crise ouverte n’est pas récente.

Déjà, pendant les législatives de 2017, certains militantEs étaient montés au créneau devant des candidats imposés par le haut. À y réfléchir, la situation actuelle n’est pas une surprise quand Mélenchon indiquait que « le but du mouvement de La France Insoumise n’est pas d’être démocratique mais collectif » : tout est dit ou presque.

Joséphine Simplon  Jeudi 19 juillet 2018

https://npa2009.org/

  • 1. Pauline Graulle, « Un an après la présidentielle, des « insoumis » confient leurs doutes », Mediapart, 13 juillet 2018.

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

langueux (fr3)

Langueux : François Ruffin apporte son soutien au boucher licencié de Carrefour

Les salariés de Carrefour à Langueux ont à nouveau débrayé ce 18 juillet, pour protester contre le licenciement de l’un des leurs. Ce dernier avait déposé un emballage de gode-michet sur la voiture de son directeur. Le député François Ruffin est venu apporter son soutien.

François Ruffin, député de la Somme proche de la France Insoumise se trouve au Carrefour de Langueux, pour soutenir le salarié licencié après avoir déposé l’emballage d’un godemichet sur la voiture du responsable de son magasin. Une cinquantaine d’autres salariés sont présents pour ce débrayage. Avec François Ruffin et autour d’une table ils simulent un procès, François Ruffin jouant le juge, entouré de témoins, une manière de dénoncer ce licenciement qu’ils considèrent comme excessif.

Une réintégration

Jimmy, âgé de 27 ans travaillait depuis huit ans au Carrefour de Langueux comme boucher, sans n’avoir jamais eu de problèmes ou de sanctions de la part de sa hiérarchie. Il demande aujourd’hui sa réintégration au sein de l’entreprise même s’il reconnaît que l’ambiance sera « fraîche » au début.

Une commission d’enquête officieuse et décentralisée sur l’affaire du godemichet

François Ruffin avait annoncé sa venue sur Twitter, indiquant qu’il se rendait à Langueux pour une commission d’enquête officieuse et décentralisée sur cette affaire.  Sur place, il critique la disproportion entre le salaire d’une caissière et celui des actionnaires principaux de Carrefour.

Emilie Colin Publié l18/07/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

guingamp hôpital (ouest france)

manifestants-hopital-sud

Guingamp. La CGT poursuit la grève de nuit à l’hôpital

La grève continue dans les services de nuit de l’hôpital guingampais (Côtes-d’Armor). Des agents, représentés par la CGT, refusent toujours la nouvelle organisation du travail proposée par la direction.

« Il n’y a aucune avancée », s’insurge un membre du service de nuit de l’hôpital. Réuni autour de la table par la CGT, le personnel vient aux nouvelles des dernières négociations entre les représentants de la CGT et la direction. Si la CFDT a levé son préavis de grève, la CGT, elle, poursuit son mouvement. Le bras de fer dure depuis janvier. Les services de nuit ne digèrent pas les propositions de la direction visant à changer l’organisation de leur temps de travail. Des réunions, organisées les 9 et 10 juillet, devaient permettre d’éviter un mouvement social. Il n’en est rien…

« Manque de confiance »

Si la CGT admet « un changement de ton » de la part des dirigeants, elle demande plus que « le gel de la question portant sur la nouvelle organisation de travail ». Entre le personnel et le syndicat, les discussions fusent mais, très vite, la principale revendication revient : « Nous voulons l’abandon de cette nouvelle trame de nuit et rester à l’ancienne », expliquent tous les membres présents.

Un autre problème arrive rapidement sur la table par l’intermédiaire de Laurence Kerguiduff, représentante du syndicat. Elle assène : « Nous avons expliqué aux dirigeants que le personnel n’avait plus confiance en lui ».À l’origine des maux et de cette perte de confiance du personnel, la volonté de la direction de réunifier les deux équipes de nuit en une seule. Cette réunification s’ajouterait, selon eux, au changement profond de leur mode de fonctionnement

Tenu d’assurer le service minimum, le personnel de nuit reproche au directeur une mauvaise gestion de l’épisode. Laurence Kerguiduff déplore : « Il y a eu plusieurs couacs dans la remise des assignations au personnel ». Ces assignations servent à mobiliser les agents pour garantir la continuité des soins, y compris en cas de mouvement social. La CGT pointe du doigt « certaines assignations qui n’ont pas été remises en bonne et due forme ».

« Pas de casse sociale »

La direction admet « Il y a pu avoir un souci mineur dans une remise d’assignation ». Gaël Cornec, directeur des ressources humaines se dit « profondément étonné de la poursuite de la grève ». Il défend le projet directionnel : « Je ne vois rien dans cette nouvelle trame qui s’appa-rente à de la casse sociale. » Le responsable invoque « une nouvelle organisation qui remet plus d’équité et de règles dans le service de nuit. »

Celui qui pense que les négociations « se sont bien passées » ne cache pas son abattement. Seul point de consensus entre les deux partis, l’augmentation du personnel. De leur côté, les patients ne sont pas impactés par ce mouvement car la continuité des soins est assurée.

Mathis Lescanne 18/07/2018

https://www.ouest-france.fr/

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

privé public (politis)

eton-formal-school-uniform

Privé ou public : une lutte des classes

À l’entrée au collège, les familles favorisées sont de plus en plus tentées par le privé, au nom de la réussite individuelle. Des parents se mobilisent contre cette forme de ségrégation.

Réforme du collège et des rythmes scolaires, classes surchargées, enseignants en sous-effectif, grèves… Craintes de problèmes de sécurité, d’encadrement, de niveau… Quelles qu’en soient les causes, l’érosion de l’école publique se poursuit. En élémentaire, un élève sur six est scolarisé dans le privé ; dans le secondaire, un sur cinq. Ce qui situe la France parmi les pays européens où l’enseignement privé est le plus présent.

Qui dit privé sous contrat dit enseignement catholique pour l’immense majorité.

Le privé hors contrat, quant à lui, se développe au rythme de quelques dizaines d’établis-sements par an, sur un millier existant, avec parfois une étiquette « pédagogies alternatives » qui séduit de plus en plus de déçus de l’école classique, dont certains enseignants du public eux-mêmes. Choix individuel contre choix collectif, réussite personnelle contre défense de la mixité, conflits de valeurs : l’inscription en sixième est source de tensions révélatrices d’enjeux politiques et sociétaux, a fortiori dans des villes de banlieue en pleine gentrification.

Entre Parcoursup et l’alerte sur la baisse des effectifs enseignants, la rentrée 2018 va-t-elle renforcer la tendance ? Les meilleurs lycées raflant le maximum de réponses favorables à l’inscription à l’université, bon nombre de parents pourraient être tentés d’anticiper en inscri-vant leur enfant dans le collège antichambre du lycée le mieux coté. Qui n’est pas forcément le collège de secteur. « Dans une société qui mise toujours plus sur la réussite individuelle depuis une dizaine d’années, ce ne sont plus la mixité sociale et la laïcité qui prévalent », analyse Rémy-Charles Sirvent, secrétaire national chargé du secteur « société, laïcité » au syndicat enseignant SE-Unsa.

Seuls 10 % des parents choisiraient le privé pour des raisons religieuses.

Les motivations qui arrivent en tête seraient la ­proximité, quand le collège privé est plus proche du domicile. Mais surtout le « niveau » et la promesse d’une « autre pédagogie », alternative ou traditionnelle. Sauf qu’aucune étude ne prouve que le niveau est réellement meilleur dans le privé. La plus-value apportée serait nulle, d’après une étude de décembre 2017 intitulée «Qui choisit le privé et pour quels résultats scolaires (1)?». «Il apparaît qu’en moyenne, et toutes choses égales par ailleurs, les résultats scolaires en CE2 ainsi que la probabilité de redoubler le CP ou le CE1 ne diffèrent pas significativement entre public et privé sous contrat.» En 2011, l’OCDE avait même publié une étude démontrant que les écoles privées étaient moins performantes, à situation sociale égale, que le public…

Quoi qu’il en soit, l’étude de 2017 établit qu’une « comparaison directe des résultats entre les deux secteurs n’est pas pertinente, car leurs élèves n’ont pas les mêmes caractéristiques ». Comprendre : si les élèves du privé ont de meilleurs résultats, c’est qu’ils appartiennent massi-vement aux classes sociales aisées et supérieures. De fait, la proportion d’élèves d’origine aisée est nettement plus forte dans les collèges privés que dans ceux du public (35,8 % contre 19,3 %). Inversement, les enfants d’origine populaire sont deux fois plus présents dans les collèges publics que dans le secteur privé (41 % contre 19,5 %). (… payant)

https://www.politis.fr/

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

1er mai (bfm + libération + jdd + huff’)

Un collaborateur de Macron discrètement sanctionné pour avoir frappé un manifestant le 1er Mai

La vidéo avait circulé sur les réseaux sociaux peu après l’incident. On y voyait un homme coiffé d’un casque de policier débarquer en trombe vers un jeune manifestant du 1er Mai interpellé par les CRS et s’en prendre à lui.

Le Monde révèle ce mercredi que l’auteur de ces violences est un ancien responsable de la sécurité pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, aujourd’hui chargé de mission pour l’Elysée. Il se trouvait sur les lieux de la manifestation ce jour-là parce qu’il avait demandé à assister à la gestion d’une grande manifestation par la police. Cela expliquerait pourquoi il portait un casque de policier. L’Elysée a été informé de l’incident puisque ce collaborateur de Macron a été discrètement mis à pied pour 15 petits jours.

http://www.liberation.fr/

Lire aussi:

Après les violences commises par un collaborateur de Macron, l’étonnante défense de l’Elysée (JDD)

Alexandre Benalla: L’Elysée et Macron accusés d’avoir failli à l’article 40 du code de procédure pénale (Le Huffington Post)

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

répression lgbt (libération)

lgbt

Les condamnés pour homosexualité, une réalité exhumée

Une étude menée par deux sociologues révèle pour la première fois l’ampleur de la répression subie par les homosexuels en France : de l’après-guerre à 1982, près de 10 000 peines ont été prononcées, presque toutes à l’encontre d’hommes.

C’est une vue de l’esprit tenace. Parce que la France a dépénalisé les relations entre person-nes de même sexe dès 1791, elle serait depuis cette date à l’avant-garde mondiale en matière de tolérance de l’homosexualité. Pour preuve : seuls deux alinéas aux articles 330 et 331 du code pénal, respectivement inscrits en 1942 puis en 1960, permettaient de poursuivre en principe les actes homosexuels réalisés entre des personnes majeures et des mineurs de moins de 21 ans – contre 15 ans pour les relations hétéros – et de faire de l’homosexualité une circonstance aggravante. Loin des lois répressives longtemps en vigueur au Royaume-Uni, où 65 000 hommes ont été condamnés pour des actes homosexuels entre 1861 et 1967, et en Allemagne, où 50 000 gays et bisexuels ont fait de la prison après 1945 – sans compter les 42 000 homos condamnés à des travaux forcés ou déportés dans les camps sous le IIIe Reich.

«Ambiguïté»

Poursuivis pour d’autres motifs et notamment «outrage public à la pudeur» lorsqu’ils étaient coincés par la police dans les lieux de drague depuis la fin du 19è siècle, les homosexuels français auraient donc été assez peu inquiétés par la justice – s’ils ne faisaient pas de vagues – jusqu’à l’abrogation de ces délits spécifiques entre 1978 et 1982. «L’ambiguïté vient du fait qu’il n’y avait plus d’infraction ou de délit d’homosexualité en France depuis la Révolution, pointe Jérémie Gauthier, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il existait néanmoins dans la loi une discrimination entre hétéros et homos depuis Vichy sur l’âge de la majorité sexuelle qui, d’un côté, servait à condamner des homosexuels et, de l’autre, à officiellement « protéger » la jeunesse de la propagation du « vice ».»

Autre biais, cette fois identifié par l’historienne Florence Tamagne : en France, depuis que les universitaires se sont progressivement emparés de l’étude des homosexualités à partir des années 90, très peu d’entre eux, et encore moins les historiens, se sont intéressés à la répres-sion de l’homosexualité, qu’elle soit pénale, administrative ou policière. Conséquence : jusqu’à ce jour, aucun travail historique ou sociologique ne l’a quantifiée en France préalable à une politique de réparation comme il en existe aujourd’hui au Canada, en Allemagne ou en Nou-velle-Zélande. «Jusqu’ici, la littérature sur la répression pénale de l’homosexualité portait sur les textes de loi et les mouvements homosexuels pour leur abrogation (1), mais pas sur les chiffres capables d’évaluer son ampleur, résume Jérémie Gauthier. C’est là qu’on pense apporter quelque chose de nouveau.»

Avec son collègue de l’école du boulevard Raspail, le sociologue Régis Schlagdenhauffen, auteur du très renseigné Homosexuel·le·s en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale (2), ce jeune chercheur spécialiste de l’institution policière (3) s’est donc penché depuis le mois de janvier sur les archives de la justice pénale, en particulier le Compte général de l’adminis-tration de la justice civile et commerciale et de la justice criminelle. En épluchant ce registre, qui recense les condamnations et les peines prononcées dans les tribunaux français année par année, les deux chercheurs sont tombés sur une ligne «homosexualité», intercalée entre les délits pour «outrage public à la pudeur» et «proxénétisme». «Cette entrée est assez fascinante car il a toujours été dit que les statistiques prenant en compte l’orientation sexuelle n’existaient pas en France et qu’il n’y avait jamais eu aucune condamnation pour homosexualité», souligne Régis Schlagdenhauffen.

«Croisade morale»

Leur deuxième découverte porte sur le nombre de condamnations pour ce motif : entre 1945 et 1982, près de 10 000 peines, dont une grande majorité en métropole, ont été prononcées en France pour «homosexualité» (pour «outrage public à la pudeur sur personnes du même sexe» à compter de 1976), des données préliminaires qui ne prennent pas en compte les affaires entre deux jeunes de moins de 18 ans, réservées à la justice des mineurs. «Dans les années 60, il y a un pic de condamnations, qui déclinent après 1968, expliquent à Libération les deux sociologues, rencontrés dans leur étroit bureau de l’Institut de recherche interdis-ciplinaire sur les enjeux sociaux. C’était une période de croisade morale liée à la peur généralisée d’une contamination homosexuelle.»

Durant ces années de plomb, les peines sont par ailleurs «lourdes». Jusqu’en 1978, 93 % des condamnations pour «homosexualité» prononcées en métropole se soldent par des peines de prison. Plus de la moitié d’entre elles sont supérieures à trois mois ferme et un cinquième à plus d’un an d’emprisonnement. Sans compter les fortes amendes de plusieurs milliers de francs. «Mais on ne sait pas encore si ce sont des condamnations pour des chefs d’inculpation multiples», précise Régis Schlagdenhauffen. Les archives de Libération donnent néanmoins un aperçu de cette fermeté. Une chronique judiciaire bien connue à l’époque relate par exemple la condamnation, le 2 juillet 1978 par la 23e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, de deux hommes à de la prison pour «outrage public à la pudeur» après des galipettes dans les fourrés d’un bois parisien.

Dans la chronique «Flagrants délits», on lit ceci : «L’outrage public à la pudeur est en hausse : « Vous avez été surpris l’un sodomisant l’autre », lança le président. Comme à chaque fois dans ce genre d’affaires, c’était évidemment la pudeur de la police qui était outragée, les prévenus s’étant fait interpeller de nuit dans un bosquet du bois de Vincennes. Chacun se verra infliger trois mois de prison avec sursis et 2 000 francs d’amende (la semaine dernière avec le procu-reur Versini, cela valait tout simplement 1 000 francs d’amende, pourquoi cette hausse des cours ?)»

Ce n’est pas tout : malgré des informations lapidaires faute d’avoir accès aux PV de police, les archives de la justice criminelle ont permis aux deux chercheurs de dresser le profil des milliers de condamnés pour «homosexualité» de l’après-guerre. Il s’agit pour la quasi-totalité d’hom-mes, bien qu’une centaine de femmes aient fait l’objet de cette répression. «Les articles 330 et 331 du code pénal s’appliquaient autant aux femmes qu’aux hommes, même si, dans les faits, très peu de femmes ont été condamnées», souligne Régis Schlagdenhauffen. Par ailleurs, environ 70 % des condamnations concernent soit des célibataires de 20 à 30 ans, ouvriers ou salariés agricoles, soit des jeunes hommes issus des classes populaires.

«On émet l’hypothèse que les homos des classes supérieures avaient la capacité de passer entre les mailles du filet», avancent les deux chercheurs, ajoutant qu’un tiers des condamna-tions pour «homosexualité» touchent des hommes mariés ou veufs, 25 % avec des enfants. Enfin, un quart des jugements a été rendu en Ile-de-France, 8 % dans le Nord-Pas-de-Calais, Seine-Maritime et Rhône (entre 3 % à 5 % des condamnations), des «territoires ouvriers et populaires». Ce qui fait dire à Jérémie Gauthier que «des parquets ont pu être mobilisés à certains moments dans certains départements pour réprimer l’homosexualité».

«Jugement d’apaisement»

La machinerie de la répression s’enraye cependant à partir des années 70, sous l’effet de la libéralisation des mœurs comme de la mobilisation de militants homosexuels, des Groupes de libération homosexuelle au Comité d’urgence antirépression homosexuelle contre la répression pénale de l’homosexualité.

En octobre 1978, le procès de l’affaire du Manhattan, relayé par la presse, dont le Monde et Libération, s’achève par exemple par un «jugement d’apaisement» (des amendes) après la mobilisation d’intellectuels (Marguerite Duras, Michel Foucault, Patrice Chéreau ou Guy Hocquenghem) et d’élus (le sénateur radical de gauche Henri Caillavet) en faveur des onze prévenus inculpés pour «outrage public à la pudeur sur personne du même sexe» après une descente de police dans un bar du Ve arrondissement parisien, le Manhattan. «La répression de l’homosexualité va progressivement laisser la place à la répression de l’homophobie, les homos passant d’une catégorie à réprimer à une catégorie à protéger», analyse encore Jérémie Gauthier. A quand une loi de réhabilitation ?

Florian Bardou 17 juillet 2018

http://www.liberation.fr/

(1) Lire par exemple les Alinéas au placard : l’abrogation du délit d’homosexualité (1977-1982) d’Antoine Idier éd. Cartouche, 2013.

(2) Ed. Nouveau Monde, juin 2017.

(3) Auteur de Police : questions sensibles, codirigé avec Fabien Jobard, éd. PUF.

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