Nouveau Parti Anticapitaliste 29

Npa29 Expression des comités Npa: Pays Bigouden, Brest, Carhaix-Kreiz Breizh, Châteaulin, Presqu'île de Crozon, Morlaix, Quimper, et Quimperlé. Seuls les articles signés "Npa" engagent le parti.

25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

mouvements (street press)

mouvements
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Pourquoi les mouvements sociaux se radicalisent-t-ils?

Comment percevez-vous la dynamique contestataire en France ?

Comme plus incertaine que jamais. Je suis aussi convaincu que le monde que l’on connaît est en train de s’effondrer. 8% de votes blancs et 25% d’abstention au second tour des présiden- tielles, c’est un record ! On n’assiste plus à une simple méfiance vis-à-vis des institutions de la Ve République, mais à leur rejet massif. On a beaucoup à craindre ou à rêver de l’avenir. Ce qui est sûr, c’est que cela ne va pas rester en l’état.

Dans votre bouquin, vous dites que les mobilisations s’orientent de plus en plus vers des modes d’action « extra-légaux », c’est-à-dire ?

C’est une autre dynamique que l’on observe. Les plus déterminés agissent de plus en plus en dehors de la loi. Je préfère parler d’« extra-légalité » plutôt que d’« illégalité », car ils ne sont pas majoritairement contre la loi, mais contre le légalisme : ils refusent d’obéir de manière aveugle ou inconditionnelle aux lois. Quand ils désobéissent, c’est pour remplacer une loi par une autre plus juste, plus équitable. Je fais cette différence car ce ne sont pas des « hors-la-loi » selon moi, ou de mauvais citoyens. Au contraire, ils désobéissent et prennent des risques face à des situations qu’ils jugent anti-démocratiques.

Qui sont ces « nouveaux désobéissants » ?

Les combats se multiplient et se diversifient. J’en distingue trois types.

1 Les Zad d’abord, les « zones à défendre » contre les grands projets inutiles. Il y a bien sûr les cas emblématiques de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), du barrage de Sivens, mais aussi le grand stade de Lyon, Europacity à Garges-lès-Gonesse, les déchets nucléaires à Bure, la ligne Lyon-Turin, etc. Ça foisonne ! Il y a toujours eu des mouvements que l’on appelle « nimby » pour « Not in my backyard » [pas dans mon jardin], refusant le projet d’une centrale ou d’une décharge pour ses propres intérêts. Mais ces nouvelles mobilisations territoriales ont une dimension publique et politique forte. On ne se bat pas seulement contre l’aéroport à NDDL, mais aussi contre le monde qui va avec.

2 Émergent aussi de plus en plus d’actions de désobéissance civile, comme les mouve- ments anti-pubs qui barbouillent ou déchirent des affiches dans l’espace public ou encore les actions spontanées de collectifs féministes comme les Femen, pour ne citer que les plus connues.

3 Il ne faut pas non plus oublier que certains contestataires se retrouvent extra-légaux, sans l’avoir choisi. Le droit de grève est remis en question depuis la mise en place du service minimum. En 2015 ou 2016, des manifestations ont été interdites, comme lors de la Cop 21 ou au printemps dernier. Sous prétexte d’État d’urgence, nous vivons dans un monde de plus en plus sécuritaire. Ces actions deviennent extra-légales, non pas parce que les contestataires se radicalisent, mais parce que l’État est de plus en plus autoritaire. On vit en réalité une période de radicalisation des différentes forces politiques et sociales. D’un côté, le racisme d’État, les violences policières, la criminalisation des mouvements sociaux ; de l’autre, des militants de plus en plus déterminés.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’un des gros dossiers du gouvernement, est à l’arrêt. La mobilisation a marché ?

L’échec cuisant du quinquennat Hollande, c’est bien NDDL. On ne le souligne peut-être pas assez. L’ancien Président voulait à tout prix que le dossier aboutisse, tout comme son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes. Pourtant, 300 irréductibles et tous leurs soutiens en France, ont réussi à faire échec au gouvernement, malgré un préfet de Bretagne, Patrick Strzoda [de 2013 à 2016] particulièrement déterminé. L’homme est surnommé « Monsieur Flashball » depuis sa gestion des manifs contre la loi travail à Rennes (un étudiant a été éborgné par un tir de lanceur de balle de défense le 28 avril 2016.

Patrick Strzoda est ensuite devenu préfet de la région Île-de-France, en charge de la manif du 1er mai à Paris. De bonne augure pour les futures manifestations ?

Cette nomination est un signe fort. D’ailleurs, au lendemain du 1er mai, les médias ont relayé la photo du policier en train de brûler, mais n’ont pas cherché à en savoir plus sur le bilan des équipes de street medic. Ils ont pourtant relevé près de 130 manifestants blessés ce jour-là. Et puis quelques jours plus tard, lors du débat contre Marine Le Pen, le candidat a dit qu’il allait démanteler « toutes les associations qui invitent à la haine et à la violence . Il a dit ça, oui ! L’expression est terriblement vague. On peut imaginer qu’il va dissoudre une ou deux sectes djihadistes, mais il annonce aussi qu’il peut s’en prendre aux assos militantes pas assez «  Charlie», et donc aux opposants politiques. Je pense qu’on a toutes les raisons de le craindre.

De craindre Emmanuel Macron ?

Le plus inquiétant, c’est justement l’image plutôt libérale de cet homme sur le plan des mœurs et dans la sphère sociale, même au sein de la gauche radicale. On sait qu’il va détricoter le droit des salariés, mais on se dit que pour les musulmans ça va aller, que dans la rue, il ne sera pas trop vénère. Rappelons qu’il a soutenu les maires et leurs arrêtés anti-burkinis l’été dernier. Son défilé d’intronisation sur les Champs-Élysées était particulièrement militaire. Le front social sera aussi un front anti-répression. D’ailleurs, on a vu le 8 mai à Paris les CRS fendre en deux le défilé, de façon complètement arbitraire, pour isoler le cortège de tête. Il n’y avait pourtant pas eu de débordement avant.

Le front social a manifesté le 8 mai à Paris contre son élection. 70 unions syn- dicales ou collectifs (CGT, SUD, DAL, Urgence notre police assassin), mais à peine 7 000 personnes dans la rue, selon les organisateurs. Pourquoi cette manifestation a été peu suivie ?

À ma connaissance, c’est la première fois qu’une manifestation appelle le Président à démis- sionner dès le lendemain de son élection. C’est un rejet symbolique fort de Macron. En même temps, il vient d’être élu et de nombreuses personnes attendent de voir. Les énergies ont été canalisées dans les urnes cette année. Les élections ne sont jamais propices aux actions directes. C’est une forme de délégation, de dépossession : tant mieux si notre candidat gagne et si ce n’est pas lui, tant pis, c’est le jeu démocratique, se dit-on.

Printemps 2016. La mobilisation dure plusieurs mois contre la loi travail. On observait déjà une baisse du nombre de manifestants. Pourquoi ?

Il y a eu une vingtaine de manifs nationales en 2016, mais on n’a pas dépassé le million de manifestants sur une même journée en France. Contre la réforme des retraites en 2010 ou en 2006 contre le CPE, les cortèges étaient beaucoup plus massifs. On atteignait souvent les 3-4 millions de personnes. Ce seul critère numérique fausse la vue.

Au printemps 2016, les personnes mobilisées étaient beaucoup plus déterminées. Certaines ont passé trois mois, nuits et jours sur une place. C’est un tout autre engagement que de marcher deux heures en manif. Des raisons plus profondes expliquent aussi la baisse du nombre de manifestants d’année en année. Les plus combatifs, à savoir les collégiens, les lycéens ou les étudiants, sont de plus en plus précaires et inquiets pour leur avenir. La jeunes- se est plus divisée géographiquement, entre centres villes, banlieues et campagnes. Tous ces facteurs structurels, liés à la société capitaliste dans son ensemble, a pour effet de casser les collectifs. Une société fragmentée ne favorise pas les luttes.

Les syndicats contestataires perdent du poids en France, au profit de la CFDT, réformiste. Comment l’expliquez-vous ?

Les difficultés du syndicalisme français sont très anciennes. Du lendemain de la seconde guerre mondiale, où il y avait 50% de syndiqués en France, jusqu’aux 8% recensés aujour-d’hui, ils n’ont cessé de perdre en représentativité. Il existe de nombreuses raisons pour expli- quer ce déclin. L’une d’elles est très forte : ils sont passés à côté d’un certain nombre de thématiques, comme l’écologie ou le chômage. Dans de nombreuses entreprises, il est aussi risqué d’être syndiqué. Donc la contestation s’exprime de plus en plus en dehors des structures syndicales.

Parallèlement, on observe une radicalisation de leaders de terrain, comme Mickaël Wamen de la CGT Goodyear pour ne citer que lui. Ils appellent au front social et prennent la main dans certaines fédérations. Fermement anticapitalistes, trotskystes ou anarchistes-libertaires, ces militants sont désormais plus proches de partis comme le NPA ou LO que du PCF, leur parti d’antan. D’ailleurs, l’élection de Philippe Martinez marque un tournant. Il a durci le discours de la CGT et tenu tête au gouvernement pendant le mouvement contre la loi travail.

Le Black Bloc mobilise-t-il plus qu’avant ?

Les Black Blocs existent depuis les années 90. On les a toujours vus en queue de manifesta-tions, mais ils étaient peu nombreux. L’année dernière, ils sont passés devant les cortèges syndicaux et le mouvement s’est densifié. On a dénombré jusqu’à un millier d’autonomes sur certains rassemblements. Quelque chose de nouveau émerge. Ces idées prennent dans les mouvements lycéens. Le Mili, constitué au moment de l’affaire Leonarda, est très présent lors des blocages de lycée ou en manifestation. À en croire l’inventivité des slogans sur les murs, cette dynamique n’est pas prête de s’arrêter: «Une pensée pour les familles des vitrines», «Nous sommes un peuple de casseurs-cueilleurs», « La France bout à 49.3 ». Je crois que la créativité artistique va de pair avec la créativité politique. Je pense que les moments de grande invention littéraire, picturale – on peut penser au dadaïsme, au surréalisme – sont aussi des mouvements d’ébullition politique. Tout ça est circulaire.

Comment ces nouveaux désobéissants justifient l’usage de la violence ?

Certains ne la justifient pas. Et il faut faire la différence entre jeter un cocktail molotov – ils sont peu nombreux en réalité à le faire – et donner un coup d’épaule à un policier, casser une vitrine de concessionnaire ou taguer la vitrine de HSBC. Beaucoup d’entre eux ne considèrent pas ces actes comme violents. Au contraire, lorsqu’une banque aide ses clients à planquer deux milliards d’euros dans les paradis fiscaux, alors c’est violent, selon eux. Parle-t-on de violence physique ou de violence structurelle, de violence directe ou indirecte ? Pour les autonomes, la violence est économique, institutionnelle et sociale.

D’autres admettent qu’ils pratiquent une forme de violence. Au moins trois justifica- tions existent.

La première, c’est la légitime défense, contre l’État et le capitalisme.

La deuxième, celle de l’efficacité : l’affrontement physique direct permet de remettre en cause la substantifique moelle de l’État. Max Weber, qui citait Trotski, disait : « l’État, c’est le monopole de la violence physique légitime ». Donc, si l’État c’est la violence, il faut utiliser la violence pour le faire tomber.

Le troisième argument affirme que cette violence va permettre de révéler la vraie nature de l’État que nous avons en face de nous. Cet État n’est pas démocratique, mais autoritaire ; en l’obligeant à nous réprimer, il dévoilera sa vraie nature.

Ces arguments sont des classiques des mouvements anarchistes, ils sont utilitaristes. Il existe une autre réalité, plus existentielle, presque indicible : faire partie du cortège de tête procure une montée d’adrénaline, un sentiment d’être soi, d’être là où je dois être, d’être vivant ! On retrouve une densité, on sent le moment. Le capitalisme, au contraire, c’est la mort, l’assèche- ment. C’est pour cette raison que les textes du Comité Invisible trouvent un tel écho au sein du cortège de tête : ils posent des mots justes sur une expérience singulière, c’est « Maintenant » et avec « nos amis » aussi. Quand on court au milieu des lacrymos, on perd un peu les potes, mais on se retrouve ensuite, on débriefe. On est liés par une expérience, dont on se souvien- dra. On fonctionne par petits groupes affinitaires, avec des personnes que l’on connaît ou qui deviendront nos amis.

« Tout le monde déteste la police » est sans doute le slogan le plus scandé en manifestation. Avec lui, la rue porte une critique très forte de la démocratie et des institutions…

Oui et il faut être prudent. Il existe plusieurs critiques de la démocratie. Celle portée par Nuit debout qui consiste à dire que la Ve République est un régime quasi monarchique, qui se prétend démocratique, mais qui ne l’est pas. Il faut donc remplacer cette oligarchie par une vraie démocratie participative, délibérative, horizontale. Le deuxième discours, porté de maniè- re limpide par le Comité invisible, vient compliquer ce tableau : la Ve République est un leurre, tout comme le sont les assemblées étudiantes, les grèves ou Nuit debout. Tous ces « démo- crates des AG » prétendent prôner la vraie démocratie, mais s’enferment dans un formalisme démocratique, fait de prises de parole minutées qui nuisent à la spontanéité de la politique. Remplacer les vieilles institutions par de nouvelles, n’a aucun sens, car dès lors qu’il y a institution, la verticalité et la rigidité portent atteinte à la liberté.

Que pensez-vous de cette critique ?

Je ne suis pas d’accord. Dire que toute institution est nuisible pour la liberté semble avoir une conséquence pratique dommageable. Un certain nombre d’adeptes de l’insurrection que j’ai rencontrés et vus intervenir lors de rassemblements étaient souvent des personnes blanches, des hommes qui coupaient la parole à des femmes, par exemple. Au nom d’une idéologie réfractaire à toute verticalité, on réintroduit des rapports de domination. Je ne suis pas sûr que le mouvement soit aussi émancipateur qu’il prétend l’être. C’est une discussion que j’aimerais lancer. Il y a aussi une faiblesse théorique selon moi, celle de dire que toute institution est forcément étatique et autoritaire. Le seul moment émancipateur est celui de l’insurrection, de la destitution, selon le Comité invisible. C’est LA liberté. Or, la boulangerie de Tarnac est une institution. Les éditions de La Fabrique, dirigées depuis 20 ans par Éric Hazan ? Une institution. Lundi matin, le site internet et la revue : une autre institution.

Il peut donc exister des institutions démocratiques selon vous ?

Au Chiapas au Mexique, les zapatistes mènent une expérience de démocratie réelle, avec ses imperfections certes, mais le pouvoir est aux mains des communautés locales. Des assemblées se réunissent régulièrement. Les délégués ont des mandats révocables à tout moment. Ils touchent une indemnité faible, semblable au salaire du reste de la population. Ce mécanisme politique institue une égalité forte de revenus et de modes de vie. C’est une démocratie au sens social, pas juste politique et institutionnelle. Il me semble que ce que recherchent les zadistes est très proche en France, même s’il ne s’agit pas de transposer ces modèles, mais certains militants de NDDL sont allés au Chiapas. Ils discutent entre eux.

On aspire à quoi chez ces nouveaux désobéissants ?

C’est pas juste une quête d’alternance, mais d’alternative. L’aspiration est révolutionnaire. Le mot peut paraître usé, mais il est irremplaçable pour décrire le changement fondamental des structures économiques, sociales, politiques, éducatives, familiales, sexuelles et j’en oublie ! La grande absente, c’est l’utopie. Au XXe siècle, il y avait le capitalisme et le communisme. Ces deux-là ne tiennent plus. Pour se mobiliser, il ne suffit pas d’avoir des affects négatifs, il faut aussi une adhésion, un enchantement vers quelque chose qui donne envie d’aller au-delà de l’existant. Ce quelque chose, je ne le vois pas aujourd’hui.

L’écologie peut-être ? Rappelons-nous de ce mot d’ordre des manifestants de la Cop 21 : « Il faut changer le système, pas le climat ». Peut-être que ce changement est profond. Il y aura toujours des gens pour défendre le vieux monde, mais dans la mesure où l’on a tous un vécu ou des rapports concrets, bon ou mauvais, avec l’environnement, on peut imaginer que cette expérience serve de socle à la construction d’une utopie commune.

Dans nos sociétés occidentales, on ne réfléchit plus les territoires, où l’on vit. On y passe. On ne prend plus le temps d’y être. Pour de nombreux mouvements contestataires, la nature n’est pas une toile de fond que l’on viendrait gouverner ou exploiter. Au contraire, on l’habite au sens premier du verbe, on est en affinité avec.

Propos recueillis par Sarah Lefèvre 23 Mai 2017
Manuel Cervera-Marzal, chercheur en sociologie et philosophie politique, s’intéresse de près aux mouvements sociaux et aux différentes formes contemporaines de contestations : désobéissance civile, zad, occupation de places. L’enseignant à l’EHESS est l’auteur de l’essai Les Nouveaux désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ?, paru en 2016 aux éditions Le Bord de l’Eau. On a causé manif, ZAD, black bloc, syndicats et utopies avec le sociologue Manuel Cervera-Marzal. Il nous explique pourquoi « on vit une période de radicalisation des forces politiques et sociales en France ».

25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

état espagnol (alternative libertaire)

 Cartel 27-Mayo-animacion

Tod@s à la calle, tous et toutes dans la rue !

Malgré l’effet délétère de Podemos sur le mouvement social ibérique, le Bloc syndical combatif (CGT, Intersindical Aragon, CO.BAS, Solidaridad Obrera …) montre la voie avec des Marches de la dignité le samedi 27 mai, qui convergeront sur Madrid).

De premières Marches de la dignité, décentralisées, s’étaient tenues le dimanche 25 février, dans plusieurs villes de la Péninsule. Le mouvement social ibérique, en retrait depuis deux ans, reprend l’initiative et le chemin de la résistance.

Un réveil qui constitue une vraie bonne nouvelle, tant « l’effet » Podemos a fait du mal, au point de faire oublier que la lutte des classes se situait dans la rue et dans les entreprises, et non dans les urnes. Ce poison du « débouché politique » a, hélas, pénétré de nombreux cercles militants sincères (y compris dans les rangs du mouvement libertaire). Ce poison a eu des conséquences évidentes sur le niveau de combativité, alors que le mouvement social outre-Pyrénées a toujours été caractérisé par sa créativité, son caractère de masse (entre autres le mouvement des Indignad@s) et sa radicalité.

Un recul confirmé et résumé par Irène de La Cuerda, du secrétariat à l’action sociale de la centrale anarcho-syndicaliste espagnole CGT : « L’irruption de Podemos et ses prises de position ont largement contribué à la démobilisation en faisant croire que l’on pouvait changer les choses de l’intérieur du système. Que pénétrer les rouages des institutions pouvait changer la donne. » Cette journée des Marches de la dignité du 25 février entrouvre une nouvelle ère de mobilisations. C’est qu’elle a été couronnée de succès, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue, et ce dans plusieurs villes.

Taux de chômage largement supérieur aux 20%

Comme pour les marches antérieures, celles-ci ont des revendications propres au contexte du moment. Assuré d’une majorité parlementaire, le président du gouvernement Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) entend approfondir la contre-réforme des retraites initiée par les socialistes du PSOE en 2011. Une telle attaque contre les droits sociaux aura des conséquences gravissimes pour la population tout entière.

Dans un pays où le taux de chômage est largement supérieur aux 20% et atteint les 40 % chez les moins de 30 ans, dans bien des ménages la pension des retraité.es est la seule ressource fixe des familles.

De premières marches, décentralisées, ont eu lieu le 25 février.

D’autres revendications étaient mises en avant dans les cortèges des manifestations : la fin de l’impunité des politiques et de la corruption, l’abrogation de la loi Mordaza (loi Bâillon) [1] qui entend criminaliser le mouvement social ou encore l’exigence de l’amnistie des militantes et militants emprisonnés ou poursuivis par la justice. « De nouvelles marches sont prévues pour le 27 mai, avec l’idée qu’elles convergent toutes vers Madrid », conclut Irène de la Cuerda. Le mouvement social ibérique n’a donc pas dit son dernier mot…

Jérémie Berthuin (AL Gard) 25 mai 2017

http://alternativelibertaire.org/

25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

législatives (jdd)

solferino

Le PS va essayer de ne pas disparaître (50 sièges)

Nombre actuel de députés dans le groupe PS et alliés : 284

Si l’on se fie uniquement au score de Benoît Hamon au premier tour de la présidentielle 6,36%, le PS n’aurait plus aucun député à l’Assemblée nationale le mois prochain. C’est bien sûr ne pas tenir compte de la popularité de candidats locaux et surtout des configurations politiques. Une dizaine d’élus de gauche n’auront en effet pas de « marcheur » face à eux, avec donc des chances de succès plus élevées…  Pour le reste, Solférino se prépare à la Bérézina. Les esti- mations officieuses des cadres du parti vont bon train dans la presse : le seuil des 80 députés semble le plus optimiste, celui des 20 serait synonyme de déroute totale. Entre les deux, la barre des 50 ferait figure de moindre mal. Ce serait en tout cas au niveau de la plus grosse déroute du PS jusqu’à présent, lorsque seulement 52 députés avaient survécu aux législatives de 1993.

La France insoumise peut capitaliser (15 à 30 sièges)

Nombre actuel de députés FI : officiellement 0, mais 2 députés sortants investis

Officiellement, Jean-Luc Mélenchon veut toujours être le Premier ministre de cohabitation d’Emmanuel Macron. Le quatrième homme de la présidentielle (19,58%), qui s’est installé à Marseille, espère amplifier la dynamique de La France insoumise pour les législatives en se posant comme la seule alternative crédible à La République en marche. Dans le détail, Mélen- chon était arrivé en tête du premier tour dans 67 circonscriptions et avait dépassé les 30% des voix dans 30 d’entre elles. Ce dernier chiffre est une bonne base de départ pour pouvoir l’em- porter à l’issue du second tour des législatives car, sur le papier, les éventuels duels face à des candidats LREM ou LR ne l’avantageraient pas. Il faudra en tout cas trouver des reports de voix chez les communistes, dans les cas où des candidats PCF se présentent face à eux, et les socialistes.

Le PCF espère résister (5 à 10 sièges)

Nombre actuel de députés PCF et alliés : 9

Le patron des communistes, Pierre Laurent, a dit lundi espérer « une vingtaine de députés » de son parti. Mais sans accord national avec la France insoumise, les candidats PCF ont une redoutable concurrence de la part de Jean-Luc Mélenchon. Seuls quatre députés sortants n’ont rien à craindre de ce point de vue, dont Marie-George Buffet en Seine-Saint-Denis. Dans 25 autres circonscriptions, LFI ne présente pas non plus de candidats face au PCF, sans que ce soit gagnable pour autant. Les autres bastions communistes sont menacés.

EELV en danger (1 à 3 sièges)

Nombre actuel de députés EELV : 9

Leur groupe, divisé entre pro et anti-gouvernement, avait éclaté au cours de la dernière légis- lature. Les députés EELV sortants ont beau être protégés par un accord avec le PS, cela risque de ne pas suffire. La plus connue d’entre eux, Cécile Duflot, est ainsi menacée dans sa circonscription à Paris. Avec son investiture La France insoumise, Sergio Coronado est davantage protégé chez les Français d’Amérique latine.

http://www.lejdd.fr/

25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

psa rennes (lutte ouvrière)

peugeot 68

La colère s’exprime

Avec le lancement de la fabrication de la nouvelle Peugeot 5008 à l’usine PSA de Rennes, la production a augmenté et la direction de l’usine a remis les ateliers en deux équipes, alors que depuis un an et demi ceux-ci fonctionnaient en une seule équipe de jour.

Avec ce changement de rythme de travail et la volonté de produire beaucoup plus, les conditions de travail se sont durcies. La production est poussée au maximum, à la limite du faisable, et la flexibilité des horaires est utilisée en permanence pour rattraper les retards dus aux pannes et autres aléas d’approvisionnement. Cela a pour conséquence des journées à rallonge et des samedis travaillés parfois décidés deux jours avant. Des samedis travaillés ont été aussi décidés pour rattraper les jours fériés du mois de mai.

Ces méthodes brutales pour réaliser coûte que coûte la production sont très mal vécues. Le mécontentement est unanime et le malaise touche aussi l’encadrement intermédiaire, qui ne sait plus où donner de la tête pour répondre aux exigences de la direction, d’autant que, du fait des conditions de travail, une énorme proportion des voitures produites doivent être reprises en bout d’usine à cause de défauts de fabrication.

C’est dans ce contexte que l’idée d’un arrêt de travail à l’occasion d’un samedi travaillé a circulé dans l’usine, proposition soutenue par la CGT, qui a appelé tous les salariés présents le samedi 13 mai à un débrayage.

Immédiatement, les syndicats comme le SIA et FO ont fait de la propagande contre le débrayage, disant que tout arrêt de travail provoquerait immanquablement plus d’heures supplémentaires.

Par contre, le samedi matin, la CFDT s’est associée à l’appel de la CGT. À 11 h 30, après la dernière pause, une centaine d’ouvriers, dont une vingtaine d’intérimaires, sont venus au point de rassemblement prévu, sur un effectif de 300 à 350 au Montage. La production a quasiment été arrêtée.

Ce débrayage a été considéré comme une réussite par tous ses participants, mais n’a pas suffi à faire comprendre à la direction qu’elle devait revoir ses façons de faire. Elle s’est même crue capable d’annoncer que le jeudi de l’Ascension et le lundi de Pentecôte seraient travaillés. Cela a fait monter un peu plus la colère dans les ateliers et un nouveau débrayage a été organisé le vendredi 19 mai Et, cette fois, les deux équipes ont pu se retrouver pour dire non aux abus de la direction.

Histoire de faire peur, quelques cadres se sont permis de menacer des ouvriers en expliquant que, si la production ne se fait pas de façon satisfaisante, la nouvelle voiture pourrait être fabriquée en Espagne. Voilà le dialogue social dans cette usine : les dirigeants peuvent décider du jour au lendemain d’annuler deux week-ends de repos bien mérités mais, si les travailleurs protestent, ils sont menacés de fermeture de l’usine. Il n’est pas sûr que cela suffise à étouffer la colère.

Correspondant LO 23 Mai 2017

25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

stw (lutte ouvrière)

Manara-marre

Chantier naval STX Saint-Nazaire : six semaines de protestations

Le 10 avril, une quarantaine d’ouvriers de l’atelier Panneau plan sont partis en débrayage et ont fait la tournée des ateliers, pour exprimer leur ras-le-bol face à une énième provocation de la direction.

Après des augmentations générales de 0,7 % cet hiver, c’est l’absence de versement de la prime d’intéressement qui a fait déborder le vase et conduit à réclamer une prime de livraison de navire.

Durant les six semaines qu’a duré le conflit, des débrayages de 59 minutes ont eu lieu tous les jours dans les trois équipes. L’habitude a été prise de se réunir tous les jours pour discuter des différentes actions et des points forts de la semaine. Assemblées générales, tournée des popotes (manifestations qui passent d’atelier en atelier), ont rythmé ce conflit.

Au bout de quatre semaines, les ateliers du sud ont décidé de manière très majoritaire de se mettre en grève totale. C’est donc plus d’une quarantaine de travailleurs qui ont cessé le travail, dans un secteur qui se trouve au début de la chaîne de production. Très vite, la direction a essayé de diviser en menaçant de mettre au chômage partiel les secteurs de production en aval. Mais la solidarité entre les différents secteurs a rendu sa menace inefficace et elle a finalement abandonné son projet.

Au cours des deux semaines suivantes, des équipes de différents secteurs ont cessé le travail, plusieurs jours de suite dans différents ateliers, à bord et dans un atelier qui fabrique les cabines des bateaux. Parallèlement, les débrayages quotidiens ont continué.

Tous les subterfuges possibles ont été employés par la direction, menaces de sanction, huissier, accusation de manipulation des grévistes par la CGT, menaces de chômage partiel. Elle a même essayé de demander aux chefs et aux cadres de faire redémarrer les machines. Des dizaines de tôles à plusieurs milliers d’euros pièce ont ainsi été gâchées, avant de réussir à en sortir quelques bonnes !

Rien de tout cela n’a entamé la solidarité, et tous les jours des travailleurs de secteurs différents sont venus exprimer leur solidarité avec le mouvement. La grève est cependant restée minoritaire, n’entraînant qu’une minorité des 800 ouvriers du chantier STX, et sans que les bureaux d’étude ne rejoignent le mouvement.

Les travailleurs des ateliers du sud ont finalement voté la fin de leur grève le vendredi 19 mai au matin. Un protocole de fin de conflit a été signé par la CGT, mandatée par les grévistes et seul syndicat à avoir soutenu le mouvement. Il comporte l’absence de poursuites disciplinaires et judiciaires, l’étalement des retraits pour jours de grève pour ceux qui le souhaitent et l’absence d’impact des jours de grève sur le 13e mois et sur les congés payés. La direction a également cédé à l’ensemble du personnel la restitution anticipée de cinq jours de RTT, qu’elle avait confisqués à la faveur d’un accord de compétitivité.

Bien sûr, les revendications des travailleurs en lutte n’ont pas été satisfaites, mais une direction qui clamait partout qu’elle n’avait pas un sou vaillant a trouvé comme par miracle deux millions d’euros pour rendre les RTT qu’elle avait volées.

De nombreuses démonstrations ont été faites, la plus précieuse étant que, sans le travail des salariés, tout s’arrête et que le géant se paralyse. Beaucoup de travailleurs ont pris conscience de leur force collective, de leur pouvoir d’organisation et de la puissance de la solidarité. Dans quelques équipes, les intérimaires ont participé aux débrayages, conscients que les différences de statut sont une barrière qu’il faudra dépasser si l’on veut gagner plus tard !

Correspondant LO 23 Mai 2017

25 mai 2017 ~ 0 Commentaire

mélenchon (lutte ouvrière)

cleopatre

Mélenchon : être fort, mais dans quel but ?

Le 21 mai, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de l’émission Dimanche en politique, sur France 3. Interrogé sur ses intentions de mobiliser les travailleurs en cas de nouvelles attaques contre le Code du travail, il a répondu qu’il espérait que ce ne serait pas nécessaire.

En effet, selon Mélenchon, il suffirait de bien voter aux élections législatives – entendez : pour les candidats de la France insoumise – afin qu’une majorité parlementaire fasse échec aux plans du gouvernement. « Si nous sommes assez forts, nous sommes capables d’entraîner ce qu’il reste du PS et faire une majorité à l’Assemblée », a-t-il aussi déclaré.

En quoi cette majorité pourrait-elle changer quoi que ce soit à l’application des lois, alors que Macron a déjà annoncé que le gouvernement imposerait ses mesures antiouvrières par ordonnances ? En outre, sans remonter loin dans le passé, la mandature de Hollande a largement montré que, même lorsque le Parlement avait une majorité dite de gauche, cela n’avait pas été un frein aux attaques du patronat contre les travailleurs.

Mais le problème de Mélenchon n’est pas tant le vote de bonnes ou de mauvaises lois que son avenir personnel. S’appuyant sur son bon résultat à l’élection présidentielle face à celui du PS, il se voit déjà en leader incontesté d’une nouvelle gauche, capable de faire le balancier avec la droite dans le jeu traditionnel de l’alternance politicienne, même si les acteurs ont changé.

Dans cette comptabilité mesquine du nombre de députés élus, les préoccupations de l’ensemble des travailleurs, emploi, salaire, logement, santé, éducation, sont bien oubliées.

Marianne LAMIRAL 23 Mai 2017

24 mai 2017 ~ 0 Commentaire

« thèses d’avril » (npa)

theses avril

Lénine (ré)arme le Parti bolchevique

Le 4 avril 1917(1) à Petrograd, Lénine présente ses « Thèses d’avril » devant une assemblée de bolcheviks, de mencheviks et de socialistes indépendants. « Délire, délire d’un dément ! » l’interrompt l’ancien bolchevik Bogdanov.(…)

Le Parti bolchevique en mars 1917

Ce parti avait été extrêmement désorganisé et affaibli par la répression étatique et policière. La majorité des militants s’étaient retirés ou avaient perdu le lien avec les structures clandestines,  mais beaucoup reviennent militer après Février,  tandis que l’essentiel des cadres se trouvent soit en exil à l’étranger (comme Lénine en Suisse), soit relégués et assignés à résidence en Sibérie, soit en prison.

Lorsqu’éclate la révolution de Février, la direction effective en Russie est assurée par un « bureau russe du comité central » composé d’Alexandre Chliapnikov (un cadre expérimenté, qui deviendra quelques années plus tard le principal dirigeant de l’« Opposition ouvrière »), flanqué de deux jeunes militants, Molotov (futur bras droit de Staline et qui a par ailleurs, suite à une plaisanterie finlandaise, donné son nom au célèbre « cocktail ») et Zalou- tsky. A la traîne face aux journées révolutionnaires de Février, comme tous les autres courants socialistes, cette direction maintient cependant une politique indépendante de la bourgeoisie.

Elle tâtonne, n’a pas de ligne et de perspective claires, ne parvient pas à dépasser vraiment la conception selon laquelle la révolution en cours est « bourgeoise », mais n’en dénonce pas moins, dans les premiers numéros de la Pravda (« La Vérité ») qui réapparaît début mars,  le gouvernement provisoire comme « un gouvernement de capitalistes et de propriétaires fonciers », en réclamant la formation d’un « gouvernement révolutionnaire provisoire » et en appelant le soviet à convoquer une assemblée constituante afin d’instaurer « une république démocratique ». Le 10 mars, elle appelle à transformer la guerre inter-impéria- liste en une guerre civile qui libérera les peuples du joug des classes dominantes.

Beaucoup change cependant lorsque, le 12 mars, reviennent de leur relégation en Sibérie deux membres du comité central, Léon Kamenev et Joseph Staline, qui pren- nent alors le contrôle des instances dirigeantes et de l’organe central du parti. Dans la Pravda du 15 mars, Kamenev renverse la position adoptée précédemment sur la guerre et se rallie à la position de « défense nationale » partagée, avec des nuances, par le gouvernement provi- soire et par la direction réformiste du soviet de Pétrograd.(…) Staline, de son côté, approuve le manifeste que le soviet vient d’adopter « pour une paix sans annexions ni compensations ». Cela suppose une politique de pression « pacifique » sur les bourgeoisies et gouvernements impérialistes qui sont en train de s’affronter au prix de millions de morts

Selon Chliapnikov, ces prises de position sont accueillies avec jubilation au sein du gouvernement provisoire comme a la direction du soviet, tandis qu’une opposition de gauche se lève au sein du parti, notamment dans son bastion ouvrier de la capitale, le district de Vyborg, dont le comité « demande même l’exclusion du parti de Staline et de Kamenev ».

Le 29 mars s’ouvre à Pétrograd la première conférence nationale, depuis le bouleversement de février, des organisations bolcheviques de Russie. La direction du parti y est confrontée, d’une part, à une aile « défensiste » alignée sur la position des mencheviks et des SR, d’autre part, à une forte opposition de gauche. Pour cette dernière, « la révolution russe ne peut obtenir un maximum de libertés démocratiques et de réformes sociales que si elle devient le point de départ d’un mouvement révolutionnaire du prolétariat occidental », pour cela « il faut préparer la lutte contre le gouvernement provisoire », le soviet étant « un embryon de pouvoir révolutionnaire » et la « garde rouge ouvrière » (issue des milices ouvrières constituées durant l’insurrection de février, et au sein desquelles l’influence bolchevique a été prégnante dès le départ) un outil central afin de l’imposer.

Confronté à cette situation, Staline ouvre la conférence en prononçant un rapport qui est politiquement aussi inepte qu’incohérent, typique du « centrisme » hésitant entre réforme et révolution : le gouvernement provisoire « a pris en fait le rôle de consolidateur des conquêtes du peuple révolutionnaire. (…).

Le choc des Thèses d’avril

C’est dans cette situation que le 3 avril, après un long voyage à l’intérieur du « train scellé » des révolutionnaires russes émigrés, notamment à travers l’Allemagne et la ligne de front, Lénine fait son retour à Pétrograd. Des milliers de personnes l’accueillent dans l’enthousiasme à la gare de Finlande. Chliapnikov, Kamenev et Alexandra Kollontaï sont les principaux diri- geants bolcheviques présents. D’emblée, Lénine tance Kamenev en ironisant sur ses articles dans la Pravda.(…)

 Il affirme que la révolution de Février n’a pas résolu les problèmes fondamentaux du prolétariat, que l’on ne peut s’arrêter à mi-chemin et qu’en alliance avec la masse des soldats, la classe ouvrière doit transformer la révolution démocratique en une révolution prolétarienne socialiste. Avant de conclure : « d’un moment à l’autre, chaque jour, on peut s’attendre à l’écroulement de tout l’impérialisme européen. La révolution russe que vous avez accomplie en a marqué les débuts et a posé les fondements d’une nouvelle époque. Vive la révolution socialiste mondiale ! »(…)

il s’agit de lutter pour « tout le pouvoir aux soviets », pour un gouvernement révolution- naire et une « république des Soviets de députés ouvriers, salariés agricoles et paysans dans le pays tout entier, de la base au sommet » qui supprimera la police, l’armée et le corps des fonctionnaires, expropriera les banques, garantira le contrôle ouvrier de l’industrie et nationa-lisera toutes les terres ; tant que les bolcheviks restent minoritaires au sein des soviets, leur tâche est cependant d’« expliquer patiemment » la situation aux masses, qui se convaincront peu à peu grâce à l’action des bolcheviks et à travers leur propre expérience ; enfin, il faut « prendre l’initiative de la création d’une Internationale révolutionnaire, d’une Internationale contre les social-chauvins et contre le « centre » » (la tendance « du milieu » de la social-démocratie internationale).

Une grande majorité des cadres bolcheviques accueillent ces positions avec stupeur et consternation.(…)

Après des échecs initiaux, Lénine parvient cependant à retourner le parti avec une rapidité surprenante. Réunie du 14 au 22 avril, la première conférence des organisations bolcheviques de la ville de Pétrograd finit par adopter la plupart de ses positions, par un vote massif de 37 voix contre 3. Le mois suivant, à l’issue de la septième conférence pan-russe du POSDR (bolchevique) tenue du 24 au 29 avril, la résolution politique présentée par Lénine est égale- ment adoptée, quoique avec une marge plus faible témoignant de la persistance de fortes oppositions, 71 pour, 39 contre et 8 abstentions.

Pourquoi l’a-t-il emporté aussi aisément ?

La plupart des auteurs mettent en avant trois raisons. La première est la force des idées et l’extraordinaire capacité de conviction de Lénine. La seconde, le processus de transformation du Parti bolchevique, qui se remplit de milliers puis dizaines de milliers de nouveaux militants lesquels, pour beaucoup, ne connaissent pas grand-chose au marxisme et ne veulent qu’une chose : imposer « le pain, la paix, la terre » et pour cela, en découdre avec le gouvernement et les capitalistes.

Une troisième raison a à voir avec l’évolution et la radicalisation brusque de la situation qui intervient précisément au cours de ce mois d’avril. Le ministre cadet des affaires étrangères, Milioukov, avait rédigé une note secrète, destinée aux gouvernements français et britannique, les assurant que non seulement ils pourraient toujours compter sur leur allié russe mais qu’une offensive était en préparation sur le front oriental afin d’aider leur propre effort de guerre. La divulgation de la « note Milioukov » provoque un énorme scandale et la première crise du gouvernement provisoire. A Pétrograd, des dizaines de milliers d’ouvriers et de soldats en fureur descendent dans la rue. Les 20 puis 21 avril, les manifestations massives tournent à l’émeute et, comme en février, des affrontements sont sanglants. Le processus révolutionnaire a franchi un pas.

Des conséquences durables

Toujours est-il que le Parti bolchevique se trouve maintenant en ordre de marche. Une aile droite (dont Staline s’éloigne précautionneusement, pour se ranger peu à peu derrière Lénine) se maintint toutefois autour de Kamenev, Zinoviev et Rykov. Les deux premiers s’opposeront – y compris publiquement, à l’insurrection d’Octobre, ce qui amènera Lénine à les traiter de « briseurs de grève » et à demander leur exclusion du parti, qu’il n’obtiendra pas. (…)

Le tournant représenté par les Thèses d’avril facilite également le rapprochement puis la fusion, fin juillet, avec Trotsky et les 4 000 militants de l’Organisations Interrayons (au nom officiel de « POSDR internationaliste »). Au-delà de la « thèse » largement répandue6 selon laquelle Lénine aurait alors changé de position pour se rallier de fait aux conceptions de la révolution permanente de Trotsky, il faut signaler que les positions sur ce point des deux grands dirigeants de la révolution d’Octobre n’étaient en réalité pas aussi éloignées qu’il pouvait y paraître.

« La révolution démocratique faite, nous aborderons aussitôt, dans la mesure précise de nos forces, des  forces du prolétariat conscient et organisé, la voix de la révolution socialiste. Nous sommes pour la révolution ininterrompue. Nous ne nous arrêterons pas à mi-chemin », écrivait ainsi Lénine dès 1905.7(Résumé)

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue du Parti.

Samedi 20 mai 2017 Jean-Philippe Divès

https://npa2009.org/

24 mai 2017 ~ 0 Commentaire

manchester (npa)

NPA

npa 29 vertic

L’attentat de Manchester, une saloperie

Au moment où cet éditorial est écrit, on ne dispose pas de toutes les informations sur l’attentat de Manchester, déjà revendiqué par l’organisation « État islamique ». Ce qui est certain, c’est que cet attentat qui a fait au moins 22 mortEs et 59 blesséEs est une saloperie. S’attaquer sciemment à une salle de concert avec un spectacle pour des jeunes n’a rien à voir avec une quelconque lutte de libération des oppriméEs.

Au contraire, ce sont précisément les oppriméEs, plus précisément ceux d’origine immigrée, qui vont en payer le prix. Déjà, en France, du côté de Marine Le Pen et des Républicains retentissent les habituels discours anti-immigrés et islamophobes. Ceux qui les tiennent jouent leur partition haineuse et raciste en phase avec l’objectif de Daesh : creuser en Europe le fossé entre les « musulmans » (ou considérés comme tels) et les autres populations.

Du côté du gouvernement, les premières déclarations ne marquent pas la moindre réflexion sur le bilan de la stratégie sécuritaire et guerrière de Hollande.

Dans un ouvrage publié cette année, le chercheur Jean-François Bayart dénonce l’« état d’exception et de surveillance de masse » et ajoute : « cette politique sécuritaire a échoué. Elle n’a pas évité les attentats qui n’ont jamais été aussi nombreux. Elle n’a pas tari le vivier des djihadistes ». Jean-François Bayart, comme d’autres, critique à juste titre l’idée qu’on peut lutter contre le terrorisme en faisant la guerre à l’extérieur, ou en faisant ami-ami avec des régimes comme l’Arabie saoudite.

Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense de Hollande et à ce titre proconsul de l’Afrique et représentant en Rafale et armes diverses, est désormais ministre des Affaires étrangères. Il a déclaré après l’attentat : « Les efforts en matière de coopération internationale doivent se poursuivre afin de défaire le terrorisme, sur nos territoires comme à l’étranger. » Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement est plus précis : « Il faut faire le maximum. Le maximum, c’est d’abord frapper à l’international, au Sahel, au Levant, là où on a l’origine du mal. »

Sans la moindre complaisance, vis-à-vis des auteurs d’attentats, nous continuerons pour notre part à dénoncer l’état d’urgence, à nous opposer à son renouvellement et à refuser les guerres extérieures et le business des exportations d’armes.

Henri Wilno Mercredi 24 mai 2017

https://npa2009.org/

24 mai 2017 ~ 0 Commentaire

langues (street press)

dibujos de castelao de su album de niños nenos editado por Galaxia

En défense de (toutes) nos langues maternelles

Les institutions tentent parfois de décourager les parents immigrés non-européens de transmettre leur langue maternelle à leurs enfants. Une erreur, pour la militante Fatima Ouassak. Elle raconte une histoire vécue qui en dit long.

Doit-on ou non transmettre notre langue maternelle à nos enfants ? Dans ce domaine, il y a deux poids deux mesures. Quand il s’agit des langues européennes, l’espagnol, l’anglais, l’italien, etc., ça fait chic. On pense que c’est une richesse et on l’encourage.

Quand il s’agit des langues de l’immigration post-coloniale, peul, arabe, wolof, bambara, soninké, tamazight etc, tout est fait pour dissuader les parents de transmettre leur langue maternelle à leurs enfants. Notamment au sein des institutions, et l’école en premier lieu.

Laissez moi vous raconter une anecdote (vraie), qui peut paraître anodine, mais qui en dit long. Et qui est partagée par de nombreux parents avec qui j’ai l’occasion d’échanger.

A la crèche, on lui a demandé de ne plus parler arabe

Une maman allaitait sa fille à la crèche, le cadre était calme, c’était pratique. Pendant ce temps là, elle lui parlait en arabe, qui est sa langue maternelle. Elle sentait déjà que le climat était lourd. Un jour, la puéricultrice est venue la voir. Une hypothèse de départ était posée « votre fille a toujours autant de mal à s’adapter ».

Et l’explication était toute trouvée :

« On s’est réuni et on s’est dit que peut-être votre fille était déstabilisée par le fait qu’ici à la crèche tout le monde parle français, et que vous, vous lui parlez arabe. Les choses ne sont pas harmonisées, le mieux pour un bébé c’est que les choses soient harmonisées, vous comprenez Madame ? » Le sous-entendu était : « Il faut arrêter de parler arabe à votre fille, ça l’empêche de s’épanouir et de se construire correctement. » Alors la maman, qui ne s’est pas laissé démonter, lui a répondu : « oui je comprends très bien, et je suis d’accord pour harmo- niser… Mais qu’est-ce que vous comptez faire? Vous seriez prête à apprendre l’Arabe ? » Cela a gentiment bloqué la puéricultrice, et a mis fin au débat. La puéricultrice aurait-elle posé la question du « problème d’harmonie » à un parent parlant allemand ou anglais à son enfant?

C’est la stigmatisation de la langue, pas le bilinguisme, qui est néfaste

Dans un rapport parlementaire paru en 2006, Alain Bentolila préconisait pour les parents issus de l’immigration de ne pas parler leur langue maternelle (à peine qualifiée de «langue», plutôt assimilée à un «dialecte»), car selon lui, cela provoquait plus de risques de troubles du langage et de retard scolaire. Cela traduisait à l’époque une croyance profonde portée par une partie des pouvoirs publics, et qui persiste aujourd’hui.

En réalité, ce n’est pas le fait de parler la langue maternelle qui peut porter préjudice aux enfants issus de l’immigration post-coloniale, mais le fait que cette langue soit stigmatisée par l’institution. Les enfants ressentent cette stigmatisation très jeunes.

Quand on sait l’importance de la langue dans la construction psychique et identitaire de l’enfant, en particulier quand il s’agit de la langue maternelle, il n’est pas compliqué de com- prendre que la stigmatiser (ne pas la reconnaître comme langue à part entière, ne pas l’ensei- gner, exprimer une gêne quand elle est parlée dans l’espace public, etc) peut provoquer des difficultés chez l’enfant.

Parce qu’à travers la langue, on stigmatise le locuteur, en l’occurrence les parents et l’enfant. En hiérarchisant les langues, considérant que les langues de l’immigration sont inférieures, on renvoie cette infériorité sur ceux qui la parlent. D’ailleurs la langue arabe par exemple est surtout stigmatisée quand elle est parlée par des Arabes. Quand elle est parlée par des diplomates blancs travaillant au quai d’Orsay, tout de suite c’est valorisé, ils ne sont pas «arabophones», mais «arabisants ».

Les parents ont parfois honte de parler leur langue à leurs enfants

Il peut arriver que les parents qui parlent tamazight, arabe, wolof, soninké etc baissent d’un ton à l’extérieur, ils peuvent avoir l’impression (souvent juste) de gêner l’entourage. Les enfants sentent cette gêne. Certains répondent en français à leurs parents qui parlent leur langue maternelle, d’autres refusent qu’on leur parle à l’extérieur. Pour la petite histoire, la maman dont je parlais tout à l’heure a réussi à convaincre la puéricultrice et l’ensemble de l’équipe de la crèche. Elles ont compris que cela faisait du mal aux enfants de stigmatiser la langue des parents.

A tel point que cette histoire est à l’origine du projet de l’année de la crèche. Peu de temps après, l’équipe a en effet invité tous les parents qui avaient des origines étrangères à venir enregistrer, dans une pièce transformée en studio, des berceuses de leur pays d’origine. Il y a avait plein de langues, du turc, du peul, c’était très beau. Et maintenant, le CD est utilisé pendant la sieste des enfants. Comme quoi, il y a de l’espoir.

Il faut s’organiser politiquement

Avec d’autres mamans, on a fondé un réseau de collectifs locaux de parents, Front de mères, pour parler notamment de cette question-là, et promouvoir la transmission de nos langues d’origine. Car la transmission de la langue maternelle est fondamentale pour transmettre à nos enfants le lien qui les lie à nos familles, à nos pays d’origine, à nos cultures, à nos religions. Cela participe de leur construction psychique, identitaire et intellectuelle, de la confiance qu’ils ont/auront en eux. En réalité, la transmission de nos langues maternelles participe à lier nos enfants à nous.

Il ne faut pas se laisser déposséder de l’éducation de nos enfants, il faut s’organiser politique- ment pour réfléchir aux meilleurs moyens de leur transmettre nos langues, y compris quand nous ne les parlons pas ou plus nous-mêmes. C’est l’une des questions qui seront travaillées en atelier lors des « États Généraux des Familles, contre les discriminations à l’école » (link is external) qui auront lieu à Montreuil le 24 mai.

Propos recueillis par Alice Maruani
« En hiérarchisant les langues, considérant que les langues de l’immigration sont inférieures, on renvoie cette infériorité sur ceux qui la parlent. » Fatima Ouassak, militante et maman.
Fatima Ouassak, politologue, coordinatrice du réseau Genre/Classe/Race, elle a co-fondé le Front de mères avec Diariatou Kebe.
23 Mai 2017

24 mai 2017 ~ 0 Commentaire

législatives (essf)

cleopatre

Le Parti Communiste tente de sauver ses meubles

Confronté à son inexorable déclin, la formation politique tente de se trouver un espace que Jean-Luc Mélenchon lui refuse.

Réussir à exister quand on est donné pour mort. Voilà le défi du Parti communiste pour les législatives des 11 et 18 juin. Entre une alliance avortée avec La France insoumise et des élections qui s’annoncent compliquées pour la gauche, le PCF tente de se frayer un chemin. Lundi 22 mai, Pierre Laurent, secrétaire national, a tenu une conférence de presse pour marteler qu’il faudra encore compter avec sa formation.

Cette dernière aborde pourtant cette échéance en difficulté. En 2012, le Front de Gauche n’avait pas réussi à transformer le bon résultat de Jean-Luc Mélenchon à la présiden- tielle (11,1 % des voix) et seuls dix députés, dont sept PCF, sur les dix-neuf sortants avaient pu être sauvés. Cinq ans plus tard, la situation est encore plus délicate.

L’excellent score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (19,6 % des suffrages), soutenu par les communistes, pouvait faire espérer de nombreuses conquêtes mais la rupture est consommée avec l’ex-socialiste. M. Laurent a donc dû revoir ses ambitions à la baisse et espère désormais « une vingtaine de députés ». Dans son viseur, les circonscriptions de ses sortants mais aussi des fiefs perdus en 2012, le plus souvent au profit du PS, notamment dans l’ex-ceinture rouge de Paris.

Pour y parvenir, le PCF compte se poser en opposant au nouveau président de la République et à ses ordonnances faites, affirme M. Laurent, « pour casser le code du travail ». « Nous voulons mettre en débat un choix de société : ou l’asservissement au travail et à la précarité à vie ou une vie digne faite d’un travail reconnu, correctement payé avec un bon salaire, permet- tant le droit au repos pour tous », a expliqué le sénateur de Paris, dénonçant le « coup de force du gouvernement ».

De rares accords locaux

Parmi les 524 candidatures présentées ou soutenues par le PCF, 452 communistes porteront ce message. Quatre députés sortants souhaitent rempiler : André Chassaigne (Puy-de-Dôme), Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis), Nicolas Sansu (Cher) et Patrice Carvalho (Oise). Le parti soutient également 72 candidatures, dont celles du journaliste François Ruffin dans la Somme, de la féministe Caroline De Haas à Paris ou de la sociologue Monique Pinçon-Charlot dans les Hauts-de-Seine.

Des accords locaux ont également été noués avec d’autres forces de gauche. Ainsi, le PCF ne présente personne face à 16 candidats d’Europe Ecologie-Les Verts, 11 d’Ensemble, dont Clémentine Autain, qui espère prendre la relève de François Asensi en Seine-Saint-Denis, et 12 « hamonistes », comme Barbara Romagnan dans le Doubs. Après avoir annoncé le contraire, le PCF a rétropédalé en indiquant au Monde qu’il y a bien un communiste face à Benoît Hamon dans les Yvelines.

Dix-huit candidats de La France insoumise n’ont pas non plus de candidat PCF face à eux, dont M. Mélenchon à Marseille. A l’inverse, 11 communistes ne subissent pas de concurrence de leur ex-partenaire. C’est le cas dans trois circonscriptions de députés commu-nistes sortants qui ont parrainé le député européen pour la présidentielle. Outre Mme Buffet, il s’agit de M. Sansu et de Pierre Dharréville, qui tentera de succéder à Gaby Charroux, qui sera son suppléant (Bouches-du-Rhône). Hormis ces quelques exceptions, les deux formations seront en concurrence partout ailleurs – l’enjeu financier lié à ces élections n’étant pas étranger à ces choix.

La « faute » de La France insoumise

M. Laurent n’a cependant toujours pas digéré l’échec des négociations nationales avec le mouvement de M. Mélenchon qui pourrait très sérieusement contrecarrer ses prétentions. Pour le numéro un communiste, son parti a essuyé « un refus de principe » de la part de La France insoumise, ce qui constitue à ses yeux « une faute ». « Nous regrettons très profondément le maintien de candidatures La France insoumise dans près d’une vingtaine de circonscriptions où se joue l’élection possible d’un ou d’une député(e) communiste sans que La France insou- mise ait en revanche une chance de l’emporter », a déclaré le patron du PCF, invitant les électeurs à réfléchir « pour éviter d’offrir (…) un député supplémentaire à En marche !, la droite ou le FN ».

Plusieurs proches de M. Mélenchon se présentent en effet dans des bastions histo-riques du PCF comme à Ivry (Val-de-Marne), Grigny (Essonne) ou Montreuil (Seine-Saint-Denis), où la bataille sera rude. M. Laurent a également cité le cas de Mme De Haas, à l’origine de la pétition contre la loi travail qui avait récolté plus d’un million de signatures en 2016. Elle affrontera, dans la 18e circonscription de la capitale, l’ex-ministre chargée de cette réforme, Myriam El Khomri, candidate officielle du PS mais officieuse de La République en marche.

« Caroline De Haas est soutenue par tout le monde, le PCF, les forces sociales, EELV, le NPA, des militants de Benoît Hamon mais pas par La France insoumise, s’est-il désolé. Ça n’a aucun sens ! » Cela n’avait en revanche pas l’air de chagriner M. Mélenchon venu encourager, lundi en fin de journée, son candidat dans la circonscription, Paul Vannier, un cadre du Parti de Gauche.

Raphaëlle Besse Desmoulières* LE MONDE | 23.05.2017

http://www.lemonde.fr/

http://www.europe-solidaire.org/

Commentaire: Tout le monde semble avoir compris que les députés de gauche seront rares et les groupes (PS, PC, Verts) encore plus. Résultat, on se tourne vers l’argent de l’état: 1euros 60 par voix (seulement aux législatives) pendant 5 ans, qui ont rapporté des dizaines de millions au PS et aux Républicains. maintenant chaque voix, chaque euro compte: chacun pour soi!

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